Phytosociologie 2

Système des formations végétales mondiales

CLASSES DE FORMATIONS

I . FORETS FERMEES.

II. FORETS OUVERTES

III FOURRES

IV.FORMATIONS D'ARBUSTES NAINS OU SUFFRUTESCENTS

V. FORMATIONS HERBEUSES

VI. FORMATIONS DES DESERTS

VII.FORMATIONS DES PLANTES AQUATIQUES

Revoir la notion de biome évoquée dans la première page de cette catégorie. Je présente les formations végétale selon une structure traditionnelle un peu datée, mais mon but est de donner une vue d'ensemble de ces formations végétales et non une classification trop élaborée  utilisée par des spécialistes. Les groupes végétaux ainsi présentés correspondent assez bien à la notion de biome. Ces biomes génétaux sont présentés dans la figure qui suit.

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Biomes2

1 : Toundra / 2 : Taïga / 3 : Forêt caducifoliée mixte / 4 : Forêt caducifoliée / 5 : Forêt sclérophylle méditerranéenne / 6 : Steppe graminéenne / 7 : Déserts / 8 : Steppes épineuses / 9 : Zones montagneuses / 10 : Forêt ombrophile / 11 : Forêt caducifoliée tropicale

 

I.FORETS FERMEES

 

Constituées d'arbres hauts de 5 m au moins

Sous - classe : A. FORETS SEMPERVIRENTES

Constituées essentiellement d'arbres à feuilles persistantes

1.groupe :Forêts tropicales ombrophiles = biome forêts ombrophiles tropicales

C'est à dire des régions très pluvieuses

Ce biome regroupe plusieurs types de forêts denses humides des régions tropicale et subtropicale.

La forêt tropicale humide est un biome des zones intertropicales caractérisé par une formation végétale arborée haute et dense ainsi qu'un climat chaud et très humide.

C'est la forêt la plus riche en diversité spécifique, tant pour les arbres que pour la flore ou la faune en général (jusqu'à plusieurs centaines d'espèces d'arbres par hectare, contre une dizaine au maximum en milieu tempéré). Elle est caractérisée par des arbres de grande taille à croissance lente tant qu'ils n'émergent pas sur la canopée, stade auquel ils se dotent souvent de puissants contreforts. Les espèces, genres ou familles endémiques y sont les plus élevés parmi les écosystèmes des terres émergées.

Le terme forêt équatoriale désigne également la forêt primaire qui occupe ce biome (dans les autres cas, on emploie le terme forêt secondaire)[2].

L'expression « forêt pluviale » est un anglicisme (traduction mot-à-mot de rain forest), l'expression française étant "forêt équatoriale". Les expressions « forêt ombrophile tropicale » ou « forêt tropicale humide » sont également employées.

La forêt ombrophile tropicale (ou forêt tropicale humide, ou encore forêt pluviale tropicale) est principalement composées d'arbres sempervirents, qui restent verts toute l'année et ne résistent ni au froid, ni à la sécheresse. Elle comprend notamment :

La forêt ombrophile subtropicale est rarement représentée et se confond souvent avec la forêt ombrophile tropicale. Elle connaît néanmoins des écarts de température nettement plus importants au court de l'année et sa strate inférieure comprend parfois quelques arbustes.

 

 

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-1.1 de plaine ( formation)

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la forêt ombrophile de basse altitude, formée de nombreuses espèces d'arbres à croissance rapide, dépassant souvent 50 m de haut

 

-1.2 submontagnardes (Martinique, petites Antilles ,Brésil.....) ( formation)

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-1.3 montagnardes ( formation)

la forêt ombrophile montagnarde, riche en plantes vasculaires et en épiphytes, et dont les arbres dépassent rarement 50 m de haut

 

Tropicale

a) riches en feuillus (sous formation);

b) riches en essences à feuilles en forme d'aiguilles ou très petites;

c) riches en bambous.

- 1.4 marécageuses ( formation )

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la forêt ombrophile marécageuse, qui se développe sur un sol très humide approvisionné en eau douce ou en eau saumâtre.

Certains auteurs distinguent une forêt ombrophile de brouillard (ou forêt de nuage), dont la cime des arbres, qui atteint rarement 20 m de haut, baigne dans une brume quasi-permanente

2. Groupe - Forêts tropicales et subtropicales sempervirentes saisonnières dont les arbres possèdent des bourgeons plus ou moins protégés et dont le volume du feuillage diminue durant la saison sèche. Par rapport aux grands biome, ce type se trouve à la limite des forêts ombrophiles tropicales et des forêts tropicales caducifoliées, on peut les classer dans l'un ou l'autre selon l'évolution du caractère décidu.

Leur éloignement de l’équateur marque des saisons distinctes, une saison sèche et une saison humide. La hauteur des arbres diminue et le pourcentage des arbres perdant leurs feuilles augmente. Le pourcentage d’arbres à feuilles persistantes dépend de la longueur de la saison sèche. C’est le cas de certaines forêts d’Amérique latine, des Antilles, mais aussi des forêts de mousson de l’Inde et du Sud - Est asiatique. De ces forêts nous arrivent de nombreuses espèces cultivées en pots ou pour la fleur coupée comme les anthuriums, les roses de porcelaine, les crotons, les poinsettias.Les forêts de mousson sont des forêts tropicales, humides ou saisonnières.

Trouvées également en'Afrique de l'ouest et de l'est, l'Australie Septentrionale, et l'est du Brésil. Dans ce type de forêt il y a 2 saisons distinctes : une sèche, plus fraîche et une saison humide. Ces forêts ont tendance à être moins diverses et a plus petites en taille d'arbre comparées aux forêts tropicales équatoriales typiques. 

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Les forêts de mousson du monde entier sont extrêmement menacées par le déboisement pour l'agriculture, surtout en Afrique de l'ouest, où plu de 90% des forêts tropicales côtières et des forêts de mousson ont été éclaircies. ,c'est une étape vers les forêts tropicales semi décidues qui suivent :

3. - Groupe : Forêts tropicales et subtropicales semi décidues, c'est à dire comportant des arbres à feuilles caduques. = biome des forêts tropicales caducifoliées

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Rappel :Les forêts denses sempervirentes se situent dans des zones où la pluviométrie annuelle est supérieure à 2,000 mm avec moins de trois mois secs par an. Elles sont caractérisées par une structure complexe, une grande richesse floristique et animale et une prédominance d'essences à bois dur pouvant atteindre 40-50 mètres de hauteur. La canopée reste feuillée toute l'année, chaque arbre ayant un rythme propre de défoliation.

La forêt semi-décidue tropicale et subtropicale est présente dans des régions connaissant une saison sèche plus ou moins marquée durant laquelle les arbres de la strate supérieure perdent leurs feuilles, alors que les strates inférieures sont occupées par des arbres et des arbustes majoritairement sempervirents et plus ou moins sclérophylles.

Les forêts denses humides semi-décidues correspondent à une pluviométrie annuelle comprise entre 1,000 et 2,000 mm/an avec moins de six mois secs. Leur structure et leur composition floristique varient beaucoup en fonction de la pluviosité et des sols. Moins riches en espèces animales et végétales que les forêts sempervirentes, elles sont caractérisées par une chute partielle des feuilles en saison sèche. On y note une grande richesse en essences commerciales de valeur à bois tendre (hauteur 40-45 mètres).

ex en Guadeloupe :

Cette forêt xérophile, appelée aussi forêt semi décidue, se développe entre 3 et 300 m d'altitude. La pluviométrie y dépasse rarement les 2m d'eau par an. La période de sècheresse y est longue (de 3 à 4 mois pendant le carème)
On la trouve principalement en Grande Terre dont la majeure partie est calcaire mais aussi sur les îles de Marie Galante et Désirade. Les zones volcaniques de la côte sous le vent et des Saintes sont aussi occupées par la forêt sèche. Faune et flore doivent donc s'adapter à la sécheresse. De plus, la forêt climacique d'origine a souvent été dégradée par l'impact des actions humaines (déboisement, culture de la canne à sucre...). On la retrouve aussi, souvent, en zone littorale.

 

et en Martinique :

La forêt xérophile se situe dans les zones où la pluviométrie est la plus faible: en dessous de 1500mm d'eau par an.Dans de nombreux endroits de la  Martinique, la forêt sèche est dégradée et a laissé la place à des savanes ou des fourrés. L'une des plus belles forêts sèches est celle de la presqu'île de la Caravelle La pluviométrie y est la plus faible de toute l'île!

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4.Groupe : Mangroves installées sur des substrats salés périodiquement inondés et exondés, ci dessous mangrove mexicaine

 

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Ce sont des formations sempervirentes côtières poussant en dessous du niveau de la mer. Les espèces végétales, peu nombreuses, doivent supporter l'immersion tem poraire en milieu halophile. Cet écosystème particulier offre un potentiel important de production diversifiée (bois, tanin, animaux marins...). Il est fragile, au même titre que les forêts marécageuses, ripicoles ou périodiquement inondées. Ces forêts sont étroitement liées à la dynamique hydrique du milieu qui les caractérise.

5. Groupe Forêts sempervirentes ombrophiles des régions tempérées et subpolaires, connues des régions au climat très océaniques, presque sans gelées, au Chili notamment.

La forêt tempérée humide, dites aussi forêt tempérées ombrophile est un type de forêt tempérée sempervirente. Composée de conifères ou de feuillus, on la trouve aux latitudes tempérées, dans des zones où la précipitation est abondante.Correspond plus ou moins au biome des forêts tempérées pluvieuses à l'exception peut être des régions subpolaires qui sont intermédiaire entre le caractère polaire et le caractère tempéré., ce biome reprend et galement la formation du point 6 des forêts sempervirentes saisonnières

La plupart de ces forêts se trouvent dans des climats océaniques humides :

  • Nord-ouest de l'Amérique du Nord, de la Californie au sud-est de l'Alaska ;
  • Ouest de l'Europe : îles Britanniques, Bretagne, Norvège, Galice ;
  • Sud du Chili ;
  • Sud-est de l'Australie (Tasmanie/Victoria) ;
  • Côte ouest de l'île sud de la Nouvelle-Zélande.

 

Certaines se trouvent en climat sub-tropical humide : Est de la mer Noire (Nord-est de la Turquie et ouest de la Géorgie), sud et sud-est de la mer Caspienne (Sud-est et nord-est de l'Azerbaïdjan et nord de l'Iran), île nord de la Nouvelle-Zélande, Garden Route d'Afrique du Sud, Sud et ouest du Japon, forêts de conifères des montagnes centrales de Taïwan.

Les forêts tempérées humides se distinguent des autres forêts tempérées par quelques facteurs :

précipitation : abondante (2 000 à 3 000 mm/an minimum, selon la latitude), principalement en provenance de vents marins saturés d'humidité ; proximité à l'océan : cela permet des variations saisonnières de température modérées, avec des hivers plus doux et des étés moins chauds que les zones à climat continental ; d'autre part des brouillards océaniques recouvrent périodiquement la plupart de ces forêts, ce qui les rend plus fraîches et plus humides en plein été ;montagnes côtières : ces forêts se développent lorsque des chaînes de montagnes se trouvent près des côtes, ce qui augmente la pluviosité sur les pentes face à la mer.

Ces forêts peuvent être à dominante conifère (avec des feuillus en sous-couvert), à végétation sempervirente à feuilles larges, ou mixtes avec des espèces décidues.

Les forêts tempérées humides de conifères abritent la plus forte densité de biomasse de tous les écosystèmes terrestres. Elles contiennent en particulier de nombreux arbres géants, dont : séquoias à feuilles d'if (Sequoia sempervirens), pins douglas côtiers (Pseudotsuga menziesii), épicéas de Sitka (Picea sitchensis), thuyas géants (Thuja plicata), cyprès de Patagonie (Fitzroya cupressoides), et goupilles de Kauri (Agathis australis). Ces forêts se trouvent uniquement dans quelques zones côtières de l'ouest de l'Amérique du Nord, du sud-ouest de l'Amérique du Sud, et du nord de la Nouvelle-Zélande

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6. Groupe - Forêts sempervirentes saisonnières des régions tempérées (  également présente à l'étage submontagnard tropical et subtropical ).

Ces forêts humides à la végétation luxuriante, bénéficient des brumes des alizés appelées « pluies horizontales ». Les mieux conservées d’entre elles sont aux Canaries. Certaines d’entre elles n’ont jamais été exploitées et existent depuis la formation des îles, il y a plusieurs millions d’années.biome des forêts tempérées pluvieuses ou tempérées pluvieuses.

 

 

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Ex : Laurisylve sur l'île de Palma

Il s'agit d'un type evoluant vers la Taïga au nord et vers la forêt décidue tempérée si l'aspect saisonnier augmente;

7. Groupe Forêts sclérophylles ( = à feuilles coriaces ) sempervirents des régions où les pluies tombent en hiver = biome des forêts sclérophyles: ex : la forêt de chènes verts, Quercus ilex, de la région méditerranéenne. C'est le cas des forêts  (chêne vert, chêne liège), des buxaies, des matorrals (fourrés à sclérophylles), des dehesas (forêts clairsemées et pâturées à chêne liège), des forêts sèches de Nouvelle Calédonie, etc. Ci dessous forêt de chênes lièges;

La végétation méditerranéenne comporte un nombre important de plantes annuelles qui accomplissent leur cycle végétatif souvent avant et après l’été. Les plantes xérophiles également très nombreuses, se sont adaptées par la possession de réserves dans les bulbes, la limitation de la transpiration par réduction de la surface des feuilles, par des stomates qui se ferment aux heures les plus chaudes… La lignification due à la forte luminosité est très répandue. Les sols sont très souvent calcaires, de type karstiques (favorisant le ruissellement et la disparition rapide des eaux en surface d’où cet aspect souvent « aride » du paysage) qui peuvent parfois se développer sur des sols rouges riches en argile kaolinique et teintés par l’hématite, qui sont des reliques du Quaternaire où l’humidité était plus accentuée.

La forêt méditerranéenne a été très attaquée par l’homme depuis des millénaires notamment par le feu permettant la conquête de nouveaux territoires agricoles et l’élevage intensif de capridés. Ainsi la « forêt originelle », plus humide, essentiellement composée de chênes blancs ne subsiste qu’en morceaux

l7.1 Formation- forêt de Chêne-liège (Quercus suber), sur sols siliceux et climat plus humide, souvent difficilement pénétrable comme dans le massif des Maures. L’accompagnent le Pin maritime (Pinus maritima), le Pin d’Alep (Pinus halepensis), le Pistachier (Pistachia lentiscus), le Myrte, des Cistes, la Lavande, la Callune (Calluna vulgaris).

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Forêt de chênes lièges : Massif des Maures  

7.2 Formation-la forêt de Chêne vert (ou Yeuse)(Quercus ilex), qui se développe sur tous les substrats pourvus qu’ils soient relativement secs. C’est une forêt de basse pente, la plupart du temps sur calcaire. Elle peut cependant atteindre des altitudes plus élevées (au Pic Saint-Loup par exemple ou encore sur les versants sud des montagnes jusqu’aux environs de 700 m). L’étage arbustif comporte des Pistachiers (Pistachia terebentthus) et (Pistachia Lentiscus), le Caroubier, le Laurier, le Sumac (Rhus) la Filaire (Phillyrea angustifolia), le Thym, le romarin, l’arbousier le Chêne kermès ( Quercus coccifera), le Genévrier, Romarin officinal, l’Érable de Montpellier, le Pin d’Alep, le pin « parasol » ou « pignon », le pin maritime, les cyprès, les Cistes, la coronille glauque de Montpellier, la Lavande (Lavandula stoechas), etc.

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 Forêt de chênes verts

La forêt sclérophylle méditerranéenne est la formation végétale la plus importante du bassin méditerranéen. Ses caractéristiques actuelles reflètent son évolution passée et les différentes adaptations qu'elle a connues en relation avec les changements survenus dans le milieu.

La végétation à caractère méditerranéen existe depuis au moins cinq millions d'années (début du Pliocène), mais sa présence était alors peu importante puisque les principales forêts étaient constituées par des espèces à feuilles larges et lustrées (Laurisilva), adaptées à un climat plus humide et plus chaud qu'actuellement, bien que comportant déjà une saison sèche (Suc, 1985). Les changements survenus avec l'arrivée des oscillations glaciaires sur la végétation furent radicaux. Le maximum de la dernière glaciation - Würm - se produisit il y a environ 20 000 ans, agissant de manière destructrice sur l'Europe moyenne.

Les aires plus méridionales de l'Europe furent toutefois peu affectées par les glaciations du Quaternaire, et elles ont servi de refuge pour une partie de la flore du Tertiaire, dont l'extinction fut évitée. Certaines enclaves d'Andalousie ont ainsi permis la sauvegarde de nombreuses espèces alpines et boréales (Blanca, 1993).On admet généralement que, durant une bonne partie de l'histoire de l'humanité, les groupes de chasseurs-cueilleurs agissaient sur la forêt, mais que leur comportement permettait l'homéostasie et la préservation du système forestier (Gonzalez, 1989). Pendant le Néolithique, les activités pastorales et agricoles eurent une incidence notoire et intense sur la forêt. Les sociétés préromaines, du début du Néolithique jusqu'à l'Age du fer, semblent avoir été celles qui entamèrent un processus de déforestation durable dans plusieurs régions. Avec l'intensification des pratiques agro-pastorales au Néolithique, coïncidant avec certaines valeurs de pluviométrie plus élevées pendant la période atlantique (il y a 8 000 ans), les forêts de Quercus qui prédominaient nettement dans l'espace forestier de la péninsule ibérique, en coexistence avec d'autres formations - principalement des pinèdes, des genévriers, des sabines et des oliviers sauvages (Costa, 1990) -, furent transformées.

Prenons l'exemple de l'Andalousie et développons un peu :

En Andalousie, située au sud de la péninsule ibérique, un peu plus de la moitié de la superficie (4,6 millions d'hectares sur 8,7) est considérée comme étant à vocation forestière, c'est-à-dire constituée de terrains plantés (51,3 %) ou de matorrales (48,7 %) qui sont impropres à l'agriculture (Junta de Andalucia, 1992). Au-delà d'une première impression positive quant à l'étendue des espaces arborés, nous devons constater qu'une grande partie d'entre eux ne peuvent être considérés comme d'authentiques forêts, au sens écologique du terme - où les diverses strates (arborée, arbustive, herbacée et lianoïde) maintiennent d'étroites relations entre elles et avec les facteurs géomorphologiques, climatiques et édaphiques. Dans les dernières décennies, en Andalousie tout comme dans d'autres régions de l'État espagnol, la forêt a souffert d'une profonde et intense transformation qui a entraîné la disparition d'immenses surfaces arborées originelles et l'implantation d'espèces à croissance rapide, provoquant des changements significatifs, tant dans le paysage que dans la dynamique naturelle des forêts (Castroviejo,1985 ; Groome, 1990).

La forêt originelle est fondamentalement constituée par des espèces du genre Quercus (famille des Fagaceae) qui couvriraient à peu près 1,2 millions d'hectares, et dont la plus grande partie est constituée de chênaies et de bois de chênes-lièges pâturés avec un taux de recouvrement inférieur à 25 %, qui représentent la formation végétale la plus étendue et la plus connue.

A côté des chênes (Quercus rotundifolia) et des chênes-lièges (Quercus suber) d'autres formations végétales, bien que moins étendues, remplissent diverses fonctions écologiques et paysagères. C'est le cas des forêts de pinsapos (Abies pinsapo) des hauteurs de Malaga et Cadix, découvertes pour la science à la fin du XIXe siècle par le botaniste suisse Boissier, qui sont un authentique joyau botanique pour l'Andalousie et l'Europe. Ces forêts, actuellement protégées par l'Agence de l'environnement d'Andalousie, sont apparentées, d'un point de vue taxinomique, aux forêts des montagnes marocaines, et elles montrent une nette préférence pour les adrets et pour une pluviométrie élevée (entre 2 000 et 3 000 mm par an).

Il faut aussi relever l'existence de bois d'oliviers sauvages (Olea europaea var. sylvestris) sur des substrats de vertisols, sols ayant une forte concentration argileuse, typiques de certaines zones comme la région de Cadix. Les oliviers sauvages y sont associés au lentisque (Pistacia lentiscus) et à d'autres espèces arbustives, formant ainsi un paysage typique du piémont.

Les pinèdes (on compte jusqu'à six espèces différentes du genre Pinus) couvrent 32 % de la superficie forestière arborée andalouse : c'est dire l'importance de leur étendue. Les pins ont acquis un poids important dans les repeuplements forestiers effectués au cours des dernières décennies par l'ICONA, l'organisme compétent pour les questions forestières au niveau national, mais leur présence antérieure est connue, dans les franges littorales des provinces de Huelva et Cadix, au moins depuis le premier tiers du XVIIIe siècle (Granados, 1987). Dans cet espace côtier, principalement dans la zone de Huelva, a dû exister une forêt de genévriers (Juniperus oxycedrus sous-espèce macrocarpa) et de genévriers de Phénicie (Juniperus phoenicea sous-espèce turbinata) qui a presque totalement disparu du fait de l'action destructrice de l'homme, seuls quelques spécimens subsistant aujourd'hui.

A côté de cette représentation variée de formations forestières méditerranéennes, nous trouvons aussi des formations de matorrales qui jouent un rôle écologique important dans les différents étages bioclimatiques de la région - formations bien associées dans leur étape juvénile, pionnières de la succession écologique, ou constituant le matorral noble  dans ses étapes climacique ou avancée.

8.Groupe-Forêts sempervirentes de conifères des régions tempérées et subpolaire; 

Les forêts de conifères tempérées (ou forêts tempérées conifériennes) correspondent à un biome terrestre situé dans les régions tempérées du monde aux étés chauds, hivers doux et pluviosité suffisante à la vie d'une forêt.

Biome map 05

Dans la plupart des forêts tempérées conifériennes, les conifères à feuillage persistant prédominent mais certaines sont un mélange de conifères, d'arbres caducifoliés sempervirents et/ou de feuillus caducifoliés. Ce type de forêt se trouve communément dans les zones côtières de régions à hivers doux et pluies abondantes, ou à l'intérieur des terres sous des climats plus secs ainsi qu'en montagne. De nombreuses espèces d'arbres habitent ces forêts : cèdre, cyprès, pseudotsuga, sapin, genévrier, Agathis australis, pin, podocarpus, épicéa, taxaceae. Le sous-bois abrite également une large variété d'herbacées et d'arbustes.

Structurellement, ces forêts sont assez simples, généralement constituées de deux couches : l'étage supérieur et inférieur. Certaines forêts ont également une couche intermédiaires d'arbrisseaux. Les forêts de pins ont un étage inférieur herbacé généralement dominé par des plantes vivaces et sont souvent sujettes à des feux naturels écologiquement importants.

Les forêts conifériennes représentent actuellement le plus grand biome terrestre sur la planète, bien qu'il soit près d'être surpassé par le désert dans un proche avenir; conséquences de la déforestation et de la désertification.

- 8.1-Formation- de conifères géants ( ex : forêts de séquoias de la californie )

Lorsque ce type de forêts se situe en milieu humide, il contient le plus haut niveau de biomasse de tous les écosystèmes terrestres et est remarquable par les proportions imposantes de ses arbres : Séquoia géant (Sequoiadendron gigantea), Séquoia à feuilles d'if (Sequoia sempervirens), Pseudotsuga (Pseudotsuga menziesii)…

Ces forêts conifériennes humides sont très rares, subsistant seulement dans de petites zones de l'ouest nord américain (Forêt de Conifères du littoral pacifique), au sud-ouest de l'Amérique du Sud et dans le nord de la Nouvelle-Zélande. Les forêts Klamath-Siskiyou du nord-ouest californien et sud-ouest de l'Oregon sont connues pour leur grande variété de plantes et animaux, dont de nombreuses espèces endémiques.

Meadow

- 8.2  Formation - de conifères de hauteur normale

- (sous formation)à cimes arondies ( ex : forêt de pins d'alep, en région méditerranéenne )

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- à cimes coniques ( ex des forêts de sapins et d'epiceas, Taïga boréale)

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Forêt de pis d'alep ( Pessière d'alep )

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8.3-Formation : Taïga sibérienne

La taïga, du russe тайга venant de l'altaï tayγa, ou forêt boréale est l'un des principaux biomes terrestres. Fortement liée au climat subarctique, elle consiste en une formation végétale de type forestière parcourue par un vaste réseau lacustre résultant de l'érosion fluvioglaciaire. Sa végétation a la particularité d'être formée d'une majorité de conifères adaptés au froid (pins, épicéas, mélèzes et sapins), associée à un mélange de feuillus principalement composé de bouleaux, d'aulnes, de saules et de peupliers.

Véritable désert humain, la taïga est la plus vaste continuité boisée de la planète et occupe à elle seule 10 % des terres émergées. Elle couvre la majorité des territoires intérieurs de l'Alaska, du Canada, de la Scandinavie, de la Finlande et de la Russie. Elle abrite une avifaune fortement diversifiée et sert de refuge à de nombreuses espèces animales par ailleurs menacées telles le loup, l'ours brun, le grizzli, l'ours kodiak, le lynx, le renard polaire, le castor, le glouton (ou carcajou), le renne (ou caribou) ou encore l'élan (ou orignal).La taïga dessine en fait une large bande sous la toundra des régions arctiques. La taïga apparaît dans l’hémisphère nord comme un vaste anneau circumpolaire, presque continu sur 12 000 km dont environ 7 000 km en Eurasie et 5 000 km en Amérique du Nord. La taïga est simplement interrompu par le détroit de Béring et par l’océan Atlantique. La taïga s'étend sur 15 100 000 km2 ce qui correspond à 10,3 % des terres émergées. Cette zone couvre donc la majorité des terres intérieures nordiques du Canada, de l'Alaska, de la Fennoscandie et du nord de la Russie. Elle est délimitée au nord par la toundra et au sud par la zone sub-taïga dans laquelle les conifères deviennent minoritaires mais continuent à dominer la strate supérieure de la végétation. Selon le climat la taïga s'étend de part et d'autre du cercle polaire arctique du 45e parallèle nord pour la part la plus méridionale au 70e parallèle nord pour la part la plus septentrionale.

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Forêt boréale canadienne ( taïga canadienne )

- à cimes cylindriques ( forêts observées en Amérique septentrionale, notamment ) 

Arbres comme l'Epinette noire

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Forêt mixte d'épinette et de Mélèze laricin Larix laricina (qui, lui, roussit et perd ses feuilles en automne (ici en octobre, au nord du Minnesota

B- Sous-classe : FORETS PRINCIPALEMENT CADUCIFOLIEES

C'est à dire principalement formées d'abres à feuilles caduques . Les feuilles de tous les arbres tombent simultanément , en relation avec l'existence d'une saison défavorable à la végétation. 

groupe : 1. Forêts caducifoliées des régions tropicales et subtropicales sêches = biome des forêts tropicales caducifoliées

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Forêt sèche à Porto Rico (Caja de Muertos).

Ce biome est le plus répandu dans les régions tropicales :

  • 5,5 millions de km2 en Afrique le long des deux parallèles tropicaux :
    • Sur le tropique du Cancer (au Nord) de la Guinée au Soudan.
    • Sur le tropique du Capricorne (au Sud) de l'Angola au Mozambique.
  • En Asie, elle occupe une partie de l'Est du Deccan, en Inde.
  • En Amérique, elle occupe une partie de l'Amérique centrale ainsi que la partie tropicale des Andes.

 

Plus précisément, on observe des forêts tropophiles dans les régions suivantes :

  • Dans l'écozone afrotropicale, les forêts sèches de Madagascar
  • Dans l'écozone australasienne :
    • En Indonésie septentrionale, les forêts sèches de Nusa Tenggara, îles de la petite Sonde)
    • les forêts sèches de Nouvelle-Calédonie
  • Dans l'écozone indomalaise :
    • Les forêts sèches d'Indochine
    • Dans l'Est de l'Inde : les forêts sèches de Chhota-Nagpur
  • Dans l'écozone néotropique :
    • Dans le Sud-Ouest du Mexique et au Guatemala : les forêts sèches Mexicaines
    • Les forêts sèches des vallées Andines et de Tumbesian (Colombie, Équateur et Pérou)
    • La forêt sèche de Chiquitano (Bolivie, Brésil)
    • Les forêts sèches du littoral Atlantique (au Nord-Est du Brésil)
  • Dans l'écozone océanienne, les forêts sèches d'Hawaii (Hawaii)

 

La saison sèche se situe en hiver dans l'hémisphère nord, en été dans l'hémisphère sud, et peut durer de 4 à 9 mois.

Les précipitations annuelles atteignent en moyenne 1000 à 2000 mm de pluie selon les régions.

La température annuelle est soumise à de faibles variations, son amplitude est de 5-10 °C et sa moyenne est de l'ordre de 25-30 °C, ce qui classe ce climat dans les climats dits "chauds".

Ce type de végétation comporte trois niveaux:

  • Au ras du sol on retrouve des herbes (graminées).
  • Au second « étage », on observe des arbustes et des buissons nombreux.
  • La cime est occupée par une futaie de 10 à 15 m de hauteur sur les plateaux et versants, sur les berges et dans les vallées alluviales on observe une forêt galerie à strate dite « haute ».

La jonction avec la savane s'effectue par une forêt sèche épineuse.

2. Groupe - Forêts caducifoliées des régions tempérées ou froides avec un mélange d'espèces caducifoliées et sempervirentes (=Aestisilvae)= biome des forêts tempérées comportant un intermédiaire avec la taïga

La forêt tempérée décidue couvre les endroits où les précipitations sont suffisamment abondantes et fréquentes pour permettre la croissance de ces grands arbres.

On rencontre ce type de forêt dans l'est des États-Unis, au Canada, dans le centre du Mexique, ainsi que dans le sud du Chili et de l'Argentine. Elle est aussi le biome original d'une grande partie de l'Europe, se prolongeant en Sibérie jusqu'au Kraï de Krasnoïarsk. Elle est également présente en Chine, en Mandchourie, en Corée du Nord et au Japon.

Ces forêts abritent une diversité très élevées de champignons et invertébrés notamment, ainsi probablement que de bactéries et autres microorganismes. Des cortèges d'espèces typiquement forestières ou strictement dépendante du bois mort sont en régression du fait de la rareté en bois mort et de la fragmentation forestière notamment.

Les forêts tempérées sont structurées de quatre strates :

  • Une canopée d'arbres matures de grandes tailles;
  • Un ensemble d'arbres en pleine croissance;
  • Une basse couche d'arbustes;
  • Une couche au sol constituée d'herbes.

 

La variété floristique et la luxuriance végétale permettent de distinguer plusieurs nuances :

  • La forêt de feuillus d'Europe et d'Asie occidentale
  • La forêt appalachienne
  • La forêt mixte laurentienne
  • La forêt mixte du sud-est chinois
  • La forêt mixte du sud-est des États-Unis

 

On les classe comme suit : 

2.1 Fomation - Forêts feuillues caducifoliées des régions tempérées avec des arbres et des plantes grimpantes sempervirentes, par exemple  Lierre, Hedera helix , en Europe occidentale et :

2.2 Formation -  Forêts feuillues caducifoliées des régions tempérées avec une strate inférieure sclérophyle, c'est à dire formée de plantes possédant des feuilles coriaces très lignifiées , ex : la hêtraie à houx, Ilex aquifoliu

Exemples importants :

a.La chênaie-hêtraie (ou chênaie sessiliflore silicicole) se développe dans les régions les plus humides du climat océanique tempéré, sur substrats sableux ou d'argile à silex.

Les sols sont acides (pH 4 à 5,5).

Les étés frais et les hivers doux favorisent le lessivage continuel du sol.

Les coupes d'arbres répétées peuvent aboutir à la podzolisation et à l'apparition de la lande atlantique.

La strate arborée est composée du chêne sessile (Quercus petraea), du hêtre (Fagus sylvatica) très abondant.

L'étage arbustif comporte la bourdaine (Rhamnus frangula), le houx (Ilex aquifolium), le bouleau (Betula pubescens).

La strate herbacée comprend beaucoup de plantes acidophiles : la callune (Calluna vulgaris), l'ajonc (Ulex europaeus), la myrtille (Vaccinium myrtillus), la fougère aigle (Pteridium aquilinum), la germandrée (Teucrium scorodonia), la potentille (Potentilla), ...

b.Les hêtraies. Le hêtre y est dominant, on le trouve en plaine mélangé aux chênes, mais dans les montagnes il se mêle aux conifères ; il est abondant au sommet des Vosges, du Harz ou du massif schisteux rhénan.

L'humus à minéralisation lente et le feuillage précoce réduisent la composition floristique de la strate herbacée.

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Une hêtraie

Selon le substrat on peut différencier : sur grès et alluvions anciennes,

b1 la hêtraie silicicole avec le hêtre (Fagus sylvatica), le chêne sessile (Quercus petraea), la myrtille (Vaccinium myrtillus), la fougère aigle (Pteridium aquilinum), le chèvrefeuille (Lonicera periclymenum)...

b2 la hêtraie sur sol brunSur argile à silex ou limons, la hêtraie sur sol brun, avec le hêtre (Fagus sylvatica), le charme (Carpinus betulus), l'érable sycomore (Acer pseudoplatanus), le houx (Ilex aquifolium), l'aspérule odorante (Galium odoratum), la mercuriale (Mercurialis perennis), le millet des bois (Milium effusum), la mélique (Melica uniflora), ...

b3 Sur calcaires grossier ou la craie, où les sols sont minces (type rendzine), le hêtre (Fagus sylvatica) est accompagné du troène (Ligustrum vulgare), du cornouiller (Cornus mas), du fusain (Euonymus europaeus), de nombreuses orchidées, de l'aspérule odorante (Galium odoratum), de la mercuriale (Mercurialis perennis), ...

3. groupe : Forêts caducifoliées des régions tempérées ou froides, sans espèces sempervirentes

3.1)la chênaie-charmaie, installée sur les substrats limoneux et argilo-limoneux.

Les sols ont un pH neutre ou légèrement acide.

Ce sont les sols bruns où les horizons superficiels sont peu gorgés d'eau et où l'humus est de bonne qualité.

La strate arborée est composée de chênes pédonculés (Quercus robur), de charmes (Carpinus betulus), de tilleuls (Tilia spp.) et d'érables sycomores (Acer pseudoplatanus).

La strate arbustive est formée par les sujets jeunes des espèces ci-dessus auxquelles s'ajoutent le sureau (Sambucus nigra), le noisetier (Corylus avellana)...

La strate herbacée est formée de plantes qui profitent de la luminosité printanière : anémone sylvie (Anemone nemorosa), les primevères (Primula), les renoncules, le sceau de Salomon (Polygonatum), les arums (Arum maculatum), la jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta subsp. non-scripta), ...

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3.2) La forêt mixte du Saint-Laurent est située en Amérique du Nord, entre les grands Lacs et les Appalaches (où elle occupe le bas des vallées). Cette forêt mixte est une variété de forêts tempérées d'arbres à feuilles caduques.

exemple :Les forêts des basses terres de l'est des Grands Lacs croissent dans les régions de faible altitude de l'état de New York, du Vermont, du sud du Québec dans la vallée du Saint-Laurent et dans le sud de l'Ontario entre les lacs Ontario, Huron et la Baie Georgienne.

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Les étés de cette écorégion sont généralement chauds et les hivers sont froids accompagnés de précipitations de neiges. La température moyenne annuelle varie entre 4,5⁰C et 6⁰C. La température estivale moyenne oscille autour de 20⁰C et la température hivernale moyenne varie entre -4,5⁰C et -7⁰C. Les précipitations annuelles se situent généralement entre 700mm et 1000mm

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Erablière des basses terres du Saint Laurent

Les forêts des basses terres de l'est des Grands Lacs abritent plusieurs phénomènes écologiques ou évolutionnaires rares ou distinctifs. Le relief peu accidenté favorise la formation de divers milieux humides, de forêts marécageuses et de tourbières minérotrophes et ombrotrophes. Les alvars de l'Amérique du Nord se trouvent principalement dans cette écorégion. Les Thuyas d'Occident les plus vieux de l'est du continent (700 à 800 ans) se retrouvent sur l'escarpement du Niagara. Au Québec, la vallée du Saint-Laurent abrite les populations les plus septentrionales de plusieurs espèces végétales. Les espèces habitant les marais longeant le fleuve possèdent un haut taux d'endémisme.

Elle bénéficie de sols peu lessivés et d'une saison végétative de 100 à 120 jours annuels. Elle est formée d'un mélange de conifères comme le pin blanc (Pinus Strobus), de sapins, la pruche (Tsuga canadensis), et de feuillus tels que l'érable à sucre, le chêne, le charme et l'ostryer.

3.3) La forêt appalachienne est une large bande forestière de direction Nord-Sud qui se situe dans l'Est des États-Unis.Elle fait partie du groupe des forêts tempérées d'arbres à feuilles caduques.

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 Les Appalaches sont une chaîne de montagnes située à l'est de l'Amérique du Nord qui s'étend de Terre-Neuve (Canada) au nord, jusqu'au centre de l'État de l'Alabama au sud (États-Unis). Elle culmine au mont Mitchell (2 037 mètres) en Caroline du Nord.

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Cette forêt est caractérisée par un très grande richesse floristique avec 31 genres de feuillus (contre 19 en France), ce qui lui donne une grande variété de couleurs en automne.

Les espèces sont très nombreuses, on dénombre 28 variétés de Chêne (sept en France), six variétés d'Orme (trois en France), s'y ajoutent une soixantaine d'espèces pour l'étage arbustif. Cette grande diversité est liée au climat humide (toujours plus de 50 mm d'eau par mois), même si les hivers sont moins arrosés.

Les modifications climatiques du Quaternaire n'ont pas fait dispariatre certaines espèces (bienfait de la disposition Nord-Sud ?). Les espèces ont une large distribution spatiale : le Chêne blanc (Quercus alba), le Chêne noir (Quercus velutina) sont présents sur 85 % de la surface, le Chêne rouge (Quercus rubra) et le Châtaignier (Castanea dentata) sur les trois quarts. Le Hêtre (Fagus grandifolia) est très présent, toujours en mélange.

C'est une forêt assez sombre car les strates de végétation sont nombreuses (deux arborées, deux arbustives, deux herbacées)

3.4 )La forêt mixte du sud est des états unis

Dans le sud-est des États-Unis, dans le bas-Mississippi, le sud des Appalaches et le nord de la Floride, se développent deux formations:

  • la pinède où dix espèces de pin croissent favorisées par l'humidité, l'humus acide et le sable, ainsi que par la répétition des feux de défrichement. Si on s'abstient d'intervenir, après deux ou trois décennies on voit apparaître le liquidambar et le nyssa, puis dix ou 20 ans plus tard les chênes et le carya.

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  • la forêt de magnolias sur les terrains surélevés avec le magnolia, le houx, le chêne, le hêtre d'Amérique. En revanche, dans les parties basses marécageuses domine le cyprès chauve (Taxodium distichum), qui échappe à l'asphyxie grâce à ses racines aériennes (les pneumatophores), l'érable lui tient compagnie. Le tout est surchargé de plantes épiphytes telle la mousse espagnole (Tillandsia usneoïdes).

     

3.5)La forêt mixte du sud-est chinois

Cette forêt mixte est installée sur les collines du Sud de la Chine, dans le Sud de la Corée et dans le Sud du Japon. Elle fait partie du groupe de forêts tempérées d'arbres à feuilles caduques

En Chine du Sud elle bénéficie d'un climat favorable avec une saison végétative comprise entre 230 et 275 jours annuels. Le total des pluies est important avec 1500 mm, l'hiver y est moins arrosé (moins de 60 mm pour le mois le plus sec). Les températures les plus basses sont comprises entre 2° et 5°.(station de Nankin).

Avec plus de 60 genres d'arbres cette végétation mélange des plantes tempérées et des plantes tropicales. Les espèces tempérées sont formées de 50 espèces de Chêne, 50 d'Érable, 32 de Sorbier, par contre les Palmiers et 15 espèces de Magnolia apportent la note tropicale. Les conifères tempérés sont représentés par les genres Pinus, Taxus, Tsuga. Fait exceptionnel on y rencontre des espèces endémiques et même reliques comme le Ginkyo biloba et le Metasequoia.

C. - Sous classe : FORETS EXTREMEMENT XEROMORPHIQUES 

 C'est à dire constituées d'arbres présentant des formes leur permettant de résister à un climat très sec

1. Groupe - Forêts sèches tropicales et subtropicales riches en plantes sclérophylles , c'est à dire à feuilles très coriaces

Exemple forêts sêches de Nouvelle-Calédonie Savane niaoulis nouvelle caledonie

Savane Niaoulis

Il y a 4000 ans la forêt sèche occupait presque toute la côte Ouest de la Nouvelle-Calédonie, c’est-à-dire environ 4500 km² (25 % du territoire environ). Aujourd’hui sa superficie est réduite à 50 km² soit seulement 1 % de la surface initiale.

Dans la nature, au fur et à mesure que le temps passe, d’adaptation en adaptation, les végétaux participent à un écosystème dont l’équilibre reste fragile. Ainsi, un seul petit facteur venant perturber cet écosystème, qu’il soit humain ou naturel, peut entraîner un déséquilibre au niveau de la croissance des végétaux. Ainsi, même la forêt sclérophylle, c’est-à-dire « aux feuilles coriaces », peut avoir du mal à se développer.

Plusieurs phénomènes naturels entrent dans la croissance de la forêt sèche :

  • La pollinisation, effectuée par les insectes tels que les abeilles ou encore les papillons, va permettre la fécondation des fleurs grâce au pollen transporté par ces insectes. Elle peut être aussi effectuée par les oiseaux. C’est un mode de dispersion.
  • La dissémination, est aussi un autre facteur de croissance. En effet lorsque les oiseaux ou autres petits animaux mangent les fruits de la forêt sclérophylle, dans leurs excréments les noyaux et pépins des espèces consommées vont entrer en contact avec le sol, et former, par la suite, une nouvelle pousse végétale.
  • La micorhyzation est un facteur très important dans la croissance des végétaux de la forêt sèche. C’est un phénomène dû à un champignon, qui est présent dans les cellules de la racine des plantes. En effet ce champignon va agir en symbiose avec les cellules de la plante : celui-ci va favoriser l’apport de l’eau et des sels minéraux à la plante. En échange la plante va procurer de la matière organique à ce champignon.

Ainsi, lors de la croissance on peut nettement distinguer à l’œil nu les plants micorhyzés et les plants non-micorhyzés.

Le climat doit être suffisamment sec, avec :

  • des précipitations inférieures à 1 m/an ;
  • des vents chauds et secs ;
  • une altitude comprise entre 0 et 400 mètres.

il est marqué par une alternance d'une saison humide et d'une saison sèche

La forêt sèche est l’un des écosystèmes les plus riches de la planète mais aussi l’un des plus fragiles. Elle regorge d’espèces variées : cette diversité se traduit par la présence de 435 espèces recensées. Les inventaires botaniques ont relevé un certain nombre d’espèces rares et menacées.

Dans cet écosystème, on peut noter l’absence de palmiers et de conifères (résineux) ainsi que la rareté des mousses et de certaines fougères et orchidées. Les arbres ne dépassent pas 12 à 15 mètres de haut et leur tronc ne mesure pas plus de 40 cm de diamètre. Notons également que la plupart des plantes ont des racines profondes pour aller puiser l'eau car celle-ci est rare dans les couches superficielles du sol.

les Euphorbiacées (plus de 25 espèces),codiaeum peltatum,Trigonostemon cherrieri,Bocquillonia sessiliflora,

les Myrtacées (plus de 25 espèces),Eugenia bullata,

les Rubiacées (22 espèces),Gardenia urvillei,Ixora margaretae,

les Apocynacées ( 19 espèces),Carissa ovata,Ochrosia inventorum,

les Rutacées (14 espèces),

les Sapindacées (13 espèces),

les Moracées (11 espèces),

les Ébénacées (9 espèces),Diospyros minimifolia,

les Asclépiadacées (8 espèces),

les Convolvulacées,Turbina inopinata,Polymeria pusilla,

les Combrétacées,Terminalia cherrieri,

les Graminées,Oryza neocaledonica,

les Araliacées,Schefflera veitchii,

les Verbénacées,Oxera pulchella,

les Pittosporacées,Pittosporum pancheri,

les Rhamnacées,Emmenosperma pancherianum,

les Flacourtiacées,Homalium deplanchei,

les Phyllanthacées,Breynia disticha,

les Légumineuses,Ormocarpum sennoides

2. Groupe - Forêts épineuses (= Spinisilvae ) 

 Exemple des forêts épineuses de Madagascar

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Les forêts épineuses de Madagascar  forment une écorégion terrestre à Madagascar. La région a un sol très pauvre et des précipitations faibles et irrégulières en hiver. Cet habitat couvre 44 000 km2 au sud-ouest du pays. L'écorégion contient une proportion exceptionnelle d'espèces végétales endémiques.

Beaucoup de plantes qui y poussent montrent des adaptations à la sécheresse extrême. Les plantes épineuses de la famille endémique des Didiereaceae en constituent un élément remarquable, en particulier dans l'est. Ce sont des plantes ligneuses, vaguement apparentées aux cactus (Voir Caryophyllales). Les autres principales familles des taillis sont les Burseraceae, Euphorbiaceae, Fabaceae et Anacardiaceae qui ont toutes des représentants ailleurs.

 

 

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Commentaires (1)

1. ngilinga nzalibuna 20/03/2014

je suis un ingenieur en eaux et forêts sans emplois en republique democratique du congo ,je suis ravi de voir sur votre site les differents classements phytosociologique qui me donne une idée sur les differentes formation forestière du monde.

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Date de dernière mise à jour : 10/10/2015