ecologie végétale 7

NOTION DE SYNCHOROLOGIE

C . NOTIONS DE SYNCHOROLOGIE

I. Les territoires synchorologiques 

a) Elargissement de la notion de territoire synchorologique

Dans le chapitre précédent, les régions, domaines, secteurs et Districts ont été définis à l'aide de critères exclusivement floristiques.

On étend actuellement ces critères au climat , à la physionomie, à la pédologie , à la phytosociologie.

La liaison avec le climat est aisée, car c'est un des facteurs principaux réglant la distribution des végétauxd'où superposition des unités territoriales climatiques et floristiques  : domaines, Régions, secteurs.

- Ainsi la région méditerranéenne, au point de vue floristique, correspond au territoire à climat méditerranéen , défini par un été sec.

- Le Domaine atlantique européen : - climat océanique ( = distribution +/- régulière des pluies dans l'année et des saisons sans températures excessives , froides ou chaudes. Dans ce Domaine atlantique, le secteur armorico-aquitain se marque par un climat hivernal très doux.

Il est connu que le climat général influence la structure des formations végétales : d'où les territoires occupés par les différentes formations sont +/- similaires à ceux définies par leur flore. c'est surtout le cas pour les régions et les Domaines dont les aires correspondant à des formations originales.  

Par ex. - Région arctique-subarctique : correspond à la Toundra et des bois de Bouleaux, Saules,...

- Région Eurosibérienne : formations forestières résineuses/ (Domaine boréal) ou feuillues ( autres domaines )

- Région aralo-caspienne : steppes.

- Région méditerranéenne : forêts à feuilles persistantes.

- Domaine atlantique connaît un grand développement des landes.

Il est aussi connu que les grandes unités de sol sont aussi la conséquence du climat et de la végétation . D'où les territoires phytogéographiques sont aussi signalés par des sols particuliers

Par ex. podzol sous lande en climat océanique

Sols de steppe : A1 très épais : Région aralo-caspienne.

Les associations phytosociologiques ( et autres unités phytosociologiques ) sont aussi notées dans des territoires floristiques déterminés: d'où une association est reconnue dans beaucoup de cas dans un territoire qui correspond à un secteur. ( ex. la lande humide est propre au secteur boréo-atlantique du Domaine atlantique de l'Europe).

les unités phytosociologiques d'un rang supérieur à celui des associations , soit : alliances, ordres, classes sont habituellement distinguées dans des territoires bien définis recouvrant soit plusieurs secteurs, soit un Domaine , voire une région.

Par conséquent, on peut dire qu'un territoire phytogéographique est non seulement défini par sa flore, mais aussi par son climat, la physionomie de la végétation, les caractères du solet enfin par les associations ,alliances, ordres et classes.

b) Les territoires synchorologiques

 sont dénommés avec les mêmes adjectifs que les territoires phytosociologiques d'associations , d'alliances ou autres unités.

On parlera d'associations méditerranéennes si elles existent uniquement en Région méditerranéenne etc...

c) Les groupements azonaux

ce sont des groupements qui apparaissent en dehors des zones de végétation qui devrait être la leur

On les rencontre souvent dans des stations isolées , avec des caractères particuliers.

ex. Xerobrometum mosanus : pelouses sur sols superficiels riches  en carbonates ( bassin mosan ) contient de nombreuses espèces méditerranéennes . Dans la Région eurosibérienne , cette association accupe des stations à  caractères microclimatiques et pédologiques aberrants par rapport aux caractères normalement réalisés dans ce territoire.

2. La variabilité des associations dans l'espace.

La confrontation des relevés floristiques notés dans plusieurs territoires et attribués à une même association montre que la composition d'un groupement est rarement uniforme à l'intérieur de l'aire qui correspond à un ensemble de territoires considérés : des climats distincts même avec des différences faibles : la nature du substrat, les vicissitudes du peuplement végétal qui ne s'est pas effectué partout de la même façon expliquent la présence de telle espèce içi et son absence ailleurs.

D'où des difficultés pour le botaniste qui se propose de décrire des territoires étendus.

Certains auteurs considèrent que la variabilité du couvert végétal est une réalié qui oblige soit à subdiviser les unités phytosociologiques en sous-associations signalées par des espèces qualifiées d'espèces différentielles géographiques  

ex. Latyrus maritimus = différentielle phytogéographiue pour la sous association la plus nordique de l'Elymo-Amophyletum. La même association a pour différentielles méridionales Catistega soldanella et Euphorbia paralla.

- Mais d'autres auteurs préfèrent réduire l'étendue géographique des associations qui sont donc plus homogènes , avec des caractéristiques locales.

Les associations voisines forment alors un groupe d'associations ou sont réunies en une alliance.

3. La variation du degré de fidélité d'une espèce à une association .

Le degré de fidélité d'une espèce à une association déterminée peut varier d'un territoire à un autre .

A 500km de distance, telle caractéristique d'une association , d'un groupement se retrouve dans un groupement différent. Ou encore : telle plante caractéristique intervient là-bas dans plusieurs associations sans manifester aucune fidélité quelconque l'une ou l'autre de ses associations.

Ex. nombreux Circon lutetiana et Scrophularia nodosa sont des alluviales exclusives dans la région méditerranéenne ( Aulnaie à Fraxinus oxycarpa). Mais au nord , dans le Domaine médioieuropéen --> forêts à humus doux dans des situations topographiques très différentes.

- Il appert qu'une espèce végétale présente surtout une certaine indifférence sociologique dans un territoire où son aire est continue , mais vers la limite de son aire et dans des parties séparées de l'aire principale , la même espèce est fréquemment fidèle à un groupement déterminé et devient alors caractéristique d'une alliance ou d'une association. La fidélité d'une espèce à une unité du système phytosociologique n'existe donc que dans un territoire limité.µLa cause de la variabilité du degré de fidélité d'une espèce à un groupement déterminé :

+ exigences écologiques de l'espèce

+ conséquences des effets de concurrence entre différentes espèces

+Ecotypes.

4. Les associations de remplacement .

 a) Communautés végétales homologues isolées

Des stations dont les caractères écologiques sont identiques apparaissent parfois dans des territoires séparés dans l'espace ( Latitude-altitude par exemple ) 

Les groupements reconnus dans ces stations homologues ont souvent un certain nombre d'espèces en commun...On appelle groupements vicariants ceux occupant des stations écologiques semblables dans des territoires distincts ; associations ou alliances ou ordres vicariants selon le cas .

b) Communautés végétales homologues continues

dans les pays de plaine , les stations ayant une certaine homologie écologique sont rarement séparées par des solutipons de continuité importantes : les caractères du climat général varient progressivement, selon la latitude et la longitude : d'où échanges floristiques sans grosses difficultés.

On comprend alors qu'il est difficile de définir des alliances et des associations nettement caractérisées au point de vue floristique , et aussi à délimiter les aires occupées par les unités phytosociologiques qui auraient été reconnues . Obligation d'un travail de synthèse important à partir de beaucoup de relevés.   

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Date de dernière mise à jour : 10/10/2015