Ecologie explicative 3

Les facteurs biotiques

E. LES FACTEURS BIOTIQUES

Quels sont les rôles des animaux et de l'homme dans l'organisation des associations végétales ?

I. Les animaux ou facteurs zoobiotiques.

A la fois ceux qui vivent sur le sol et dans le sol . 

a) Pollinisation et dissémination. Abeilles, papillons, bourdons, mouchent qui transportent le pollen d'où fécondation croisée.

En région tropicale : des oiseaux avides de nectar, des chauves-souris interviennent de la même manière dans la pollinisation croisée .

La dissémination des graines et fruits : par les fourmis, oiseaux granivores, rongeurs, écureuils ( parfois grandes distances ) oiseaux migrateurs ou mammifères errants.

- Parfois certaines graines aux téguments durs ne peuvent germer qu'après passage dans l'intestin d'un oiseau ou d'un mammifère

- Certains endroits sont sont colonisés par la végétation à cause des animaux ; ex. Grive draine pour le gui, un verger abandonné etc... sont rapidement colonisés par l'intervention des oiseaux.

b) Destruction des organes aériens des plantes  

- beaucoup d'organes aériens sont la nourriture de beaucoup d'insectes etc...

- Certaines espèces végétales peuvent disparaître de régions étendues à la suite du parasitisme ex. feuilles d'aulnes glutineux en 1964 disparues des arbres d'un canton des Pyrénées atlantiques à la suite du parasitisme d'un insecte d'où nombreux arbres morts dont dont la place fut l'objet d'une compétition serrée entre les végétaux voisins.

- Certains rongeurs et ruminants , en choisissant leur nourriture , rendent certaines plantes plus rares tandis que d'autres peuvent être négligées  et sont ainsi protégées indirectement : elles prennent de plus en plus d'importance.

- Certains pâturages par les ovins , pendant des siècles sont responsables de l'aspect désolé de certains plateaux  ( ex. midi de la France dans les causses ) : certaines plantes ont une taille minuscule , tandis que d'autres , non broutées occupent des surfaces en extension; la forêt pourrait s'installer naturellement mais le pâturage par des moutons limite le recrû à mesure qu'il s'installe.

- Selon les troupeaux, des paysages botaniques différents peuvent apparaître sur des sols identiques d'une même région naturelle  --> bovins d'où pâturages à Agrostis trenuis. Ex  France ; --> Ovins d'où aspect de landes avec la bruyère commune , et ceci bien que les listes des plantes relevées ont un grand nombre d'espèces communes . C'est la nature du pâturage qui influence la composition quantitative de la végétation .

- myxomatose du lapin : métamorphose du tapis végétal par le retour rapide de la régénération naturelle et apparition de semis  --> fourrés --> jeunes arbres.

c) L'altération du sol

- Le piétinement des herbivores--> disparition d'espèces sensibles au profit des plus résistantes telles que : Ray-gras, Cretele, Trèfle blanc, Plantain moyen...

- Les sangliers en forêt : labours parfois sur plusieurs ares à la recherche de nourriture --> favorisent indirectement la région naturelle de certaines plantes.

- En Afrique : Eléphants ---> bains de boue au bord des eaux --> plantes nitrophiles  ( urine et excréments ).

d) Les animaux dans le sol : très nombreux, jusqu'à 5000 Invertébrés dans 1dm3 de substrat , protozoaires en plus ( vers nématodes, acariens,collemboles, ...)--> rôle important dans la formation des sols. Les Lombrics avec beaucoup d'espèces, sont caractéristiques de leur milieu  ( pH, texture, humidité ). Le volume de terre qu'ils déplacent est considérable  : estimé à +/- 20 T/Ha/an, d'où aération.

En régiopn tropicale, termites --> constructions nombreuses avec flore spéciale que l'on ne retrouve pas sur les sols voisins, non atteints.

2. Les facteurs humains

Leur influence est considérable, immense, dans les formations végétales les plus variées , même là où la densité des populations humaines est faible.

Mais l'intensité des actions humaines n'est pas partout pareille .

On distingue à ce point de vue :

- des groupements végétaux naturels : Influence humaine faible ou pas marquée d'avantage que celle des autres Mammifères.

Il en subsiste semble-t-il , très peu : végétations de rochers escarpés, des tourbières, de certains sites littoraux par exemple, qui ont gardé leur silhouette primitive.

- des groupements végétaux semi-naturels d'où agriculture et élevage soumis à des pratiques extensives . Ils apparurent au Néolithique : Homme chasseur et cultivateur et éleveur ---> troupeaux de Bovins, d'Ovins et Porcins dans les bois se nourrissant de glands , faînes, recrus et arbustes d'où régénération compromise , disparition progressive du couvert en forêt --> après quelques siècles , nombreux sites dégradés car en outre : taillis appauvrissant et apparition d'héliophytes et de broussailles touffues , souvent épineuses, de landes et pelouses sur sols secs : de prairies sur substrat humide.

- En régions méditerranéennes : on présume que les maquis et garrigues viennent probablement de la destruction de forêts de chênes verts.

- En Europe occidentale: on présume que les landes à bruyères de nos sols pauvres en bases ont remplécé les chênaies , hêtraies, ruinées par l'Homme via les parcours de son bétail, les incinérations etc...etc...A noter que ces peuplements étaient fragiles. Dans cette même zone,la destruction des peuplements de frêne ( sols frais ) et des aulnaies dans les plaines alluviales a permis l'extension des prairies de fauche .

- se rappeler les nombreux parcours " banaux" existant sous les anciens régimes et dont beaucoup en persisté jusqu'à ce siècle.

- Grande importance de l'action du feu ( incinération ) dans les transformations de la végétation

--> Les plantes qui ne pouvaient résister au feu étaient éliminées

--> Les groupements végétaux qui subsistent après incinération sont sensiblement différents de ceux qui ont été détruits

--> Persistance des essartages jusque la fin du XIX è en Ardenne notamment : incinération --> épandage des cendres et culture du Seigle . Partout en Europe.

--> Parfois, l'incinération était provoquée par les bergers ( feu courant ) afin de hâter l'apparition de l'herbe fraîche après l'hiver.

Idem encore en régions tropicales ( feux de broussailles).

Récolte de litière, de terreau, de bois de feu ( taillis ) , de fourrages pour l'hiver à partir de rameaux feuillés , d'où ici encore on a favorisé indirectement les héliophytes ( progrès en étendue des Chênes sur les Hêtres).

- Ultérieurement, l'on constate que les formations végétatives semi-naturelles sont souvent disposées en anneaux +/- concentriques autour des établissements humains :

a)

+ à proximité des cultures permanentesbien fertilisées.

+ nombreux nitrophytes au voisinage des tas de déchets , abreuvoir

+ prairies dans des fonds plus ou moins humides ( fauchées, pâturées ,...) de compositions différentes.

b)

+ friches, landes, pelouses ( = 2è aauréole ) autour des hameaux, jardins,... Plus quelques parcelles cultivées , suivies parfois de jachères avec héliophytes .Les landes sont parcourues par le bétail, d'où importance relative des rebutscomme par ex; Juniperus communis.

c) La 3è ceinture , la plus éloignée : taillis très clairs, révolution courte; récolte litière ou incinération , parcours etc... Les vraies forêtssubsistent dans les sites les plus éloignés.

Les associations de substitution sont créées par l'agriculture et l'élevage  intensifs: engrais chimiques,/ herbicides,...

--> prairies pâturées avec semences importées, fauchées ou paturées plusieurs fois /an, plus charge de bétail importante avec alimentation d'appoint à l'étable.

--> forêts exploitées rationnellement en favorissant les essences les plus rentables , les exotiques, etc ...Plantations monophytiques de résineux, de peupliers...

--> Idem pour les cultures où la jachère est abandonnée : l'assolement est réduit: engrais, herbicides,...sont appliqués intensivement.   

F. LE SPECTRE BIOLOGIQUE D'UNE ASSOCIATION   

Ce spectre met en évidence l'importance relative des différentes formes biologiques dans l'association, il donne l'image de la réaction globale d'un groupement végétal au milieu dans lequel il se développe

- Le spectre brut et le spectre pondéré

Le spectre brut enregistre la " présence" de plantes appartennant aux différentes formes biologiques :

On a relevé 11 fois des chamaephytes dans des relevés  : comme il y a en tout 44 plantes vasculaires dans les 5 relevés, le groupe des chamaephytes sera figuré au spectre biologique brut avec le pourcentage de : 11 x 100/44 = 25 % et ainsi de suite ...

D'où le spectre brut des formes biologiques des landes toubeuses à erica tetralix du nord de la Belgique est :

Phanérophytes : 14 %

Chamaephytes : 25 %

Géophytes : 2 %

Thérophytes : 2 %

Le spectre biologique pondéré tient compte en outre, de la "présence", de l'abondance dominance relative  

pour ce faire, il faut convertir ce coefficient d'abondance dominance en quantités moyennes.

Le spectre pondéré se présente alors comme suit :

Phanérophytes : 1,4%

Chamaephytes : 60,1 %

Hémicryptophytes : 37,9 %

Géophytes : 0,6 %

Thérophytes : 0,0 %

explications :

- rareté des phanérophytes --> fauchage, pâturage,

- Thérophytes --> ne peuvent e développer sur un sable tourbeux, acide, inondé une partie de l'année

- Géophytes --> asphyxie du sol

- Hémicryptophytes : --> abondance d'espèces frugales

- Chamaephytes : --> pourvus de mycoryses.

 

 

 

    

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Date de dernière mise à jour : 10/10/2015