5. Les théories de l'évolution

5. Les théories de l'évolution

 III. LES THEORIES DE L'EVOLUTION

 

1.  LA GENESE HISTORIQUE DU TRANSFORMISME

Le "transformisme" désigne aujourd'hui indifféremment toute théorie impliquant une variation (ou transformation) des espèces au cours de l'histoire géologique. C'est vrai qu'à cette époque du XVIII ème siècle début IXX ème, c'est le la théorie de Lamarck dont il s'agit en particulier.

1.1 De l'Antiquité au Moyen-Age 

- Aristote ( 384 - 322 avant J.C )

1. Existence de chaque chose doit être attribuée à l'action d'une " entéléchie " idée finaliste.

2. Une certaine idée "transformiste" : la Nature passe d'un genre à l'autre par des gradations imperceptibles ......... toutes les productions semblent se tenir par une liaison continue.

3. Existence de variation secondaires dues aux conditions du milieu.  

- Lucrère ( 98-55 avant J.C ).

Influencé par la civilisation hellénistique, certaines de ses idées sont transformistes.

Dans son livre "de Nature rerum "

- La terre a enfanté les créatures

- Terme à la fécondité de la terre

- L'évolution du monde commence ( Influence des causes secondes ).

1.2 L'intuition transformiste 

- Leibniz ( 1646-1716 av. J.C ) 

1. L'idée de la gradation des êtres vivants sera exprimée de façon raisonnée dans la " loi de la continuité ", la  nature ne laisse point de vide dans l'ordre qu'elle suit.Une seule chaîne relie tous les êtres

2. Il est l'un des premiers a donner une définition de l'espèce.

3. Possibilité de modification des espèces . Modifications héréditaires.

1.3 Fixisme en difficulté.

LINNE (1707-1778)

Inventeur de la nomenclature binomiale.Fixiste

Preuve : " On comptera autant d'espèces que de formes diverses ont été créées à l'origine ".

Mais découverte de mutations brusques ........

Linaire vulgaire-----------------> Linaire pétiolée ?

Chélidoine à feuilles lobées-------------------> Chélidoines à feuilles laciniées ?

Explication avancée : Il ne s'agit pas de variations fortuites, mais le résultat d'hybridations. . .

Mais dans les derniers travaux du biologiste, l'indécision apparaît : "Toutes les nouvelles espèces sont elles filles du temps ou bien ont-elles déjà été formées à l'origine des choses " ?????

1.3 Poussée transformiste.

MAUPERTUIS  ( 1698 - 1759 )

1. Existence de variations dans les êtres vivants. Attention attirée par les résultats de la domestication de certaines espèces. ( Voir Darwin . Ch. 1759 ).

Origine des variations :

- Liqueur  séminale

- Effet également du climat, de l'alimentation. Milieu ambiant.

2. Elimination des inaptes - Voir sélection naturelle chez Ch. Darwin .

3. Hérédité des variations .

Les particules devant former le foetus seraient douées de mémoire .

4. Théorie sur les mutations : origine des espèces nouvelles. Perte de mémoire des particules . 

Conclusion : 1 2 3 = hypothèse fondmentale du transformisme classique.

Maupertuis : vrai précurseur du transformisme .

1.5 ERASME DARWIN ( 1731 - 1802 ).

1. Les modifications subies par l'organisme au cours de son existence sont héréditaires

Adaptations "actives" à l'environnement ( précurseur de Lamarck ).

2. Concurrence vitale et sélection sexuelle ( précurseur de Darwin ).

L'oeuvre d'Erasme Darwin est faite essentiellement d'"intuitions et de " croyances populaires "

Ce mode de pensée nécessite le développement scientifique de la doctrine transformiste qui sera apporté par Lamarck puis par Darwin .

2. DEVELOPPEMENT DU TRANSFORMISME SCIENTIFIQUE 

2.1 LAMARCK (1744-1829 )

- Ouvrage : Philosophie zoologique (1809 )

- Principaux points de la philosophie de Lamarck :

1) L'action des circonstances suscite de besoins nouveau ....... qui nécessitent l'acquisition d'habitudes nouvelles....... d'où production d'organes nouveaux.

2) L'usage répété des organes entraîne leur développement tandis que le défaut d'usage les affaiblit.

3) Hérédité des caractères acquis.

4) La gradation des êtres vivants. Reprise des idées de Leibnitz, du plus simple au plus complexe, pas de vide.

- Origine et distribution du monde animal : générations directes ou spontanées. Philosophie vitaliste.

Lamarck par rapport au fixisme 

En introduisant les données géologiques et le facteur temps, dû au grand âge de la Terre, Lamarck cerna la faille de la théologie naturelle et des explications antérieures de l'extinction des espèces. Selon lui, l'idée d'une création parfaite des organismes, qui seraient parfaitement adaptées à l'environnement, contredisait la modification avérée et continue de la Terre. Conséquemment, les espèces, se devant d’être en équilibre avec leur environnement pour survivre, devaient aussi changer, car les adaptations, dans de telles conditions de changements géologiques, ne pouvaient être maintenues que si les organismes s’ajustaient constamment aux circonstances, c’est-à-dire évoluaient.

La nouvelle conception de Lamarck faisait des extinctions un pseudo-problème : les espèces fossilisées que l’on croyait éteintes existaient encore ; elles avaient tout simplement changé dans de telles proportions qu’on ne les reconnaissait plus, sauf quand on pouvait suivre, en étudiant une série ininterrompue de fossiles, une évolution extrêmement lente.

Et c’est précisément de cette manière que plusieurs historiens, comme Ernst Mayr, expliquent le revirement de positions que Lamarck effectue entre son Discours d’ouverture pour son cours annuel sur les invertébrés en 1799 et celui de 1800. En effet, Lamarck, alors essentialiste, adopta des positions fixistes dans ses travaux pendant une trentaine d’année avant de modifier radicalement sa vision du monde, à plus de 50 ans, et de devenir le premier défenseur du transformisme en France, théorie radicalement révolutionnaire et à contre-courant. Comment expliquer cette mutation théorique chez Lamarck ?

Selon Ernst Mayr (1904-2005), Lamarck accepta de prendre en main, à la fin des années 1790, la collection d’invertébrés du Muséum de Paris, à la mort de son ami Jean-Guillaume Bruguière (1750-1798), une collection impressionnante qui contenait à la fois des mollusques récents et d’autres fossilisés. Lors de ses études sur cette collection, Lamarck réalisa que plusieurs espèces actuelles de moules et de mollusques possédaient des ressemblances étonnantes avec certaines espèces fossiles considérées comme éteintes.

Effectivement, il était souvent possible de ranger les fossiles des couches anciennes et récentes du tertiaire selon une série chronologique se terminant par une espèce actuelle. Dans le cas où le matériel était complet, il était même possible d’établir des séries phylétiques virtuellement sans rupture. Il finit par conclure que de nombreuses séries phylétiques avaient subi un changement lent et graduel au cours du temps.

Pour Lamarck, le changement évolutif était donc la seule réponse logique au problème des extinctions. Il élabora ainsi le premier une théorie scientifique systématique de l’évolution de la vie, qui formule, en postulant l’origine de la vie sur Terre consécutive à une génération spontanée, une progression graduelle des organismes les plus simples vers les plus complexes ou organisés – soit l’Homme, dans la vision de Lamarck - pour expliquer les transformations des êtres vivants. Ainsi, l’image linéaire de la Grande Chaîne des Êtres est, pour une première fois, remplacée par celle d’un arbre buissonnant : Lamarck postule deux principaux troncs évolutifs, l’un pour le règne végétal, l’autre pour le règne animal.

2.2 G.CUVIER ( 1769-1832 )

- Ouvrage : Leçons d'anatomie comparée ( 1805 )

Défenseur farouche du FIXISME.

Malgré celà, son oeuvre allait apporter à la philosophie transformiste quelques uns de ses arguments les plus décisifs. 

-   Grandes idées :

1) Le principe des corrélations : un être organisé est un ensemble , un système clos. Interdépendance de toutes les parties.

2) Les révolutions du globe : catastrophiste

3) Les créations successives ( idem Agassiz).    

Exemple :  L' intestin des carnivores entraîne des modifications adéquates :des mâchoires, des dents, des griffes, des pattes, des organes des sens.

Cuvier est opposé au transformisme :

Partisan de la fixité des espèces, il s'opposa violemment au transformisme de Lamarck. Chef de file du courant opposé au transformisme, il utilisa tous les pouvoirs que lui octroyait sa position de professeur au Muséum d'histoire naturelle et de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences pour entraver la diffusion des idées transformistes. Il bloqua l'accès de leurs partisans vers les carrières académiques, interdit l'accès aux collections du Muséum et aux colonnes des revues scientifiques dont il avait le contrôle.

Ces mesures ne suffirent pas à décourager les naturalistes opposés à Cuvier. Tout en restant des "amateurs" - c'est-à-dire non reconnus par une institution officielle - ils poursuivirent avec succès leurs travaux, enrichirent leurs collections et publièrent leurs ouvrages. Ils possédaient leurs propres revues qui, hors du cercle parisien étaient bien connues. L'acharnement de Cuvier contre les théories transformistes est aussi attesté par la tentative d'entraver la publication des Annales des sciences de l'observation. François-Vincent Raspail témoigne des méthodes employées à cette occasion :

Cuvier et plus d'un de ses illustres collègues prirent part aux secrètes machinations, dans lesquelles l'éditeur fut forcé de tomber, afin de récupérer sa liberté menacée par une condamnation politique

À la mort de Lamarck, Cuvier composa un "éloge funèbre où il ne se priva pas de tourner en ridicule et de déformer les idées transformistes de Lamarck. Cet éloge, qualifié "d'éreintement académique" ne fut lu à l'Académie des sciences que le 26 novembre 1832. Il fut également traduit en anglais et il constitue fort probablement l'origine de l'idée erronée selon laquelle Lamarck attribuait la transformation des animaux à leur "volonté" et à leur "désir".

Sur son lit de mort, Cuvier prit soin de désigner Pierre Flourens comme successeur au poste de secrétaire perpétuel à l'Académie des sciences. Jusqu'à sa démission en 1864, ce dernier y fut le défenseur le plus acharné de la doctrine de Cuvier dans le domaine des sciences zoologiques.

2.3 E.G. SAINT-HILAIRE. ( 1772-1844).

- Ouvrage : "Philosophie anatomique" et " Les principes de la philosopie zoologique "

Un des grand défenseurs du transformisme naissant 

- Grandes idées : 

1) Unité de composition organique et théorie des analogues.

" Tous les animaux ayant la moëlle épinière logée dans un étui osseux, sont faits sur le même modèle ".

2) Les lois de l'affinité sélective et du balancement des organes ( corrélation ).

3) Action lente du milieu.

"L'espèce n'est fixe et ne reparaît dans ces formes , semblable à ses parents, que sous la raisond maintien de l'état conditionnel de son milieu ambiant"   --------> Conflit violent avec Cuvier.

Ses idées quant à l’évolution s'apparentent au transformisme de Lamarck et le conduisent à affronter Cuvier, résolument fixiste, devant l'Académie des sciences. On réfère aujourd'hui à un de leurs plus fameux affrontements sous le nom de la controverse des crocodiles de Caen.

Dans la querelle qui oppose Saint-Hilaire à Georges Cuvier sur le sujet de l’unité de composition organique, Honoré de Balzac prend parti pour Saint-Hilaire  : « Ce serait une erreur de croire que la grande querelle qui, dans ces derniers temps, s'est émue entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, reposait sur une innovation scientifique [...]. La proclamation et le soutien de ce système, en harmonie d'ailleurs avec les idées que nous nous faisons de la puissance divine, sera l'éternel honneur de Geoffroy Saint-Hilaire, le vainqueur de Cuvier sur ce point de la haute science, et dont le triomphe a été salué par le dernier article qu'écrivit le grand Goethe » . Il va par ailleurs lui dédier Le Père Goriot.

Afin de trouver des arguments, Saint-Hilaire étudie la tératologie (ou étude des anomalies du développement embryonnaire).

Il reconnaît une action lente mais indiscutable du milieu sur l'évolution des espèces, ce qui nécessite un temps très long.

Il définit la notion d'homologie, ce qui jette un pont entre l'embryologie et l'anatomie comparée.

En juillet 1840, Geoffroy devient aveugle et subit, quelques mois plus tard, une attaque qui le laisse paralysé. Faiblissant, il doit démissionner de sa chaire au Muséum en 1841 à laquelle succède son fils Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805-1861).

Étienne Geoffroy Saint-Hilaire meurt à Paris (12ème arrondissement ancien) le 19 juin 1844. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 19).

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 04/11/2013