2. Arguments en faveur du transformisme

2.Arguments en faveur du transformisme

2.1 Données de l'anatomie et de l'embryologie comparées

En travaillant cette même zoologie, mais en disséquant les espèces et en comparant leurs organes, on a réalisé depuis deux siècles une anatomie comparative des structures qui constituent chaque espèce. Avec ce procédé, on a pu reconstruire la généalogie des organes indépendamment les uns des autres. On s’aperçoit alors que ces généalogies, celle du     rein, du système circulatoire du cerveau, du poumon, de l’intestin, de chaque partie du squelette, etc., se correspondent exactement ou surtout ne sont jamais contradictoires l’une par rapport à l’autre, ni contradictoires avec les philogenèses que l’on a construit avec la morphologie comparée des espèces. L’anatomie comparée confirme donc ce qui avait été vu par les premières classifications évidemment moins précises.

- Les animaux sont divisée en embranchements .

- Un embranchement = un plan d'organisation avec altérations plus ou moins importantes .

- Les Vertébrés présentent un plan d'organisation net, prenons le comme exemple :

2.1.1 Fentes pharyngiennes des Vertébrés

Poisson : coupe longitudinale à hauteur du pharynx .

 Lors du développement :

- embryon : présence de ces fentes chez tous les embryons de vertébrés

- poissons adultes : présentes, elles ont une fonction évidente : oxygénation des branchies

- vertébrés terrestres adultes : absentes ; elles n'auraient plus de fonction, mais sont transformées.

Conclusion : Les vertébrés terrestres ont eu des ancêtres aquatiques , perte d'organes inutiles, mais les grandes lignes du plan d'organisation ne sont pas altérées.

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2.1.2 Les arcs viscéraux des vertébrés.

Le crâne des vertébrés se compose de deux parties :

- Le neuro-crâne, organisé autour des organes sensoriels et de l'encéphale.

- Le splanchno-crâne organisé autour des cavités buccale et phryngienne.  

Ce squelettes d'abord cartilagineux ( le chondro-crâne ) deviendra osseux ( l'ostéo-crâne) . Exception faite pour les poissons cartilagineux ( ex des sélaciens : requins )

L'ossification peut présenter deux modalités :

- l'ossification enchondrale .

- l'ossification directe du conjonctif ou dermique .

Le splanchno-crâne 

 Il est constitué par 7 paires d'arcs viscéraux qui entourent les cavités buccale et pharyngienne.

( voir schéma ci-dessus du splanchnocrâne de requin )

- commentaires

- Ier arc viscéral : = arc mandibulaire constituant le squelette buccal, il comprend le cartilage ptérigo-carré ou mandibule supérieur attaché au neuro crâne par le precessus orbitaire et le processus carré et le cartilage de meckel (CM) ou mandibule inférieur

IIe arc viscéral : c'est l'arc hyoïdien séparé du précédent par la première fente branchiale qui est réduite ( spiracle ) . Il comprend entre autres l'hyomandibulaire (HM) qui attacle le mandibule supérieur au neurocrâne.Il comporte les rayons hyoïdiens qui supportent les lames branchiales des autres branchies. 

Evolution

1° Evolution de l'arc mandibulaire et de ses relations avec l'arc hyoïdien

- Chez les agnathes :  tous les arcs viscéraux sont semblables et d'une seule pièce , donc, pas de machoire mobile .

- Chez les prognathostomes : poissons acanthoïdiens de la seconde moitié du primaire; L'arc mandibulaire se différencie en deux machoires articulées de structure primitive . Tous les arcs suivant  sont encore identiques .

- Chez les gnathostomes : l'arc mandibulaire entre en connexion avec l'arc hyoïdien nettement différencié des arcs branchiaux .

2° Evolution des arcs post-mandibulaires .

Deux grands processus :

- régression du nombre des arcs viscéraux :

Lamproies : 7 paires

Ostéoichtyens : 5 paires

Anoures : 4 paires

Urodèles : 3 paires

Reptiles, mammifères : 2 paires

Oiseaux : 1 paire .

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 - Transformation des arcs post-mandibulaires des tétrapodes

Pourquoi ? disparition de la respiration branchiale .

Hyomandibulaire ne participe plus à la suspension des mâchoires : il est incorporé à l'oreille moyenne différenciée au détriment de la première fente viscérale : il devient la columelle tympanique .

Le reste de l'arc hyoïdien et les autres arcs branchiaux , atrophiés, réduits à leur portion ventrale édifient l'appareil hyoïdien ( soutien de la langue ,cartilage du larynx,soutien des premiers anneaux trachéens .

 conclusion : chez tous les vertébrés : ébauches homologues d'arcs viscéraux : "Unité de plan d'organisation.  

2.1.3 Les organes rudimentaires   

- Serpents : Boa : rudiment de bassin ( ilion ischion, pubis ), sur cette ceinture un os s'articule . fémur ? il s'agit d'organes relictuels .

- Lézards : pattes normalement développées .

seps : pattes réduites

orvets plus de pattes

- Cétacés : aussi un bassin rudimentaire.

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2.2. Données de la biochimie comparée

2.2.1 Les hémoglobines

Il existe des différences entre les hémoglobines des différents vertébrés.

Mais elles ont TOUTES la même structure de base :

Deux chaînes avec un hème au centre .

Les hypothèses fixistes seraient les suivantes :

- Tous les vertébrés auraient les mêmes hémoglobines

ou - il y aurait des transporteurs d'O2 propres à chaque espèce.

REMARQUE / On rencontre aussi de l'hémoglobine chez certains invertébrés : annélides, crustacés, quelques insectes .

améditer : quel serait le lien entre invertébrés et vertébrés.

2.2.2 Les cytochromes C

Il s'agit de protéines de chaînes respiratoires

Ici aussi tous sont homologues sauf quelques différences mineures entre-eux

Conclusion : en partant des hémoglobines ou des cytochromes, on peut établir le même arbre phylogénétique .

Si chaque espèce avait été " créée " avec son hémoglobine et avec  son cytochrome " de manière indépendante " des autres espèces , il n'y aurait aucune raison pour que ces deux classifications soient à peu près exactement le mêmes; elles seraient indépendantes .

2.2.3  Le code génétique  

 Il est universel à deux exceptions près petites différences pour les paramécies et les mitochondries.------------> voir Biologie moléculaire dans ce site ;

 2.3 Données paléontologiques

 Le rôle qu’a joué la paléontologie dans l’étude des preuves de l’évolution a été très important. Cependant, souvent les auteurs ne comprennent pas exactement les divers aspects     de ce rôle. Il est triple.     La paléontologie a d’abord servi à compléter les  lacunes souvent vastes que nous offre la zoologie des espèces actuelles.     Elle nous a permis ainsi de mieux bâtir nos phylogenèses, de mieux les comprendre. On avait soupçonné que les Oiseaux descendaient des Reptiles, puis on découvrit un fossile intermédiaire : l’Archéoptéryx  datant de 140 millions d’années. Depuis, on possède cinq autres Archéoptéryx, mais surtout on a trouvé d’autres fossiles plus récents qui sont encore en partie oiseaux, en partie reptiles, mais qui peu à peu se dirigent vers le stade oiseaux. On possède près de 500 de ces squelettes, il est vrai souvent très incomplets.
   

Le passage des Reptiles aux Mammifères est l’un des meilleurs que l’on connaisse sur la base des seuls fossiles, à partir d’un groupe bien précis. Le paléontologiste Kemp a pu en établir presque toute la série. Il en est de même pour le passage des Poissons aux Batraciens. On pourrait citer beaucoup d’autres exemples de passages entre groupes, notamment des ammonites (mollusques), dont les coquilles se conservent très bien.
Tout ceci a confirmé l’idée que les séparations entre deux grands groupes sont artificielles et seulement dues au manque de documents. La paléontologie complète souvent la zoologie.
Dans certains cas, en suivant des couches fossilifères accumulées au cours des âges, on a pu suivre des séries fossiles, espèce par espèce, et voir comment celles-ci passaient de l’un à  l’autre. Les travaux les plus précis en cette matière sont venus des biostatigraphes travaillant sur certains mollusques, les céphalopodes, qui sécrètent une coquille externe se fossilisant très bien.

Le paléontologue français, Jean-Louis Dommergues, travaillait au Portugal sur une falaise qui s’était inclinée sur la  mer, de telle sorte qu’il n’avait pas besoin de faire de l’alpinisme pour étudier la répartition des couches, et pouvait seulement  se déplacer sur la plage. Il fit des récoltes complètes de tous les fossiles des mollusques qu’il étudiait sur 30 mètres d’épaisseur, ce qui correspondait, à cet endroit, à environ un million d’années de dépôt. Dans ces 30 mètres, il a suivi 7 (ou 9) espèces d’ammonites qui se succédaient par petites modifications successives normalement très petites au moment de la séparation, et donc presque artificielles.Elles augmentent avec le temps. A un certain moment l’ornementation est formée de gros tubercules. Ensuite tous les tubercules s’allongent.     Entre les deux il est difficile de décider. Précisons bien qu’une     telle étude réalisée couche par couche demande un travail     de plusieurs années, ce fut pour Dommergues une thèse d’Etat qui dura 6 ou 7 ans pendant lesquels il ne fit que cela... Il faut préciser d’autre part que les points où l’auteur fixe la fin d’une     espèce et le début d’une autre étaient totalement arbitraires. Ils l’étaient tellement que Dommergues et son maître de thèse, Mouterde, n’étaient pas toujours d’accord pour savoir où ils devaient situer leur coupure. Celle-ci était conventionnelle.Cette remarque est importante car elle confirme ce qu’ont pu voir les zoologistes qui ont, toute leur vie, classé des espèces et qui ont suivi sur le terrain les modifications de ces espèces d’une région à l’autre.


La biochimie est venue depuis peu confirmer tous les faits déjà vus. La comparaison entre les observations des zoologistes et des paléontologistes amène l’idée que dans la nature les espèces ne sont pas séparées par des coupures brusques, mais se sont constituées au contraire par des flux d’individus qui vont d’une espèce à une autre. Ces flux se divisent en branches que nous ne pouvons voir que dans des cas exceptionnels. Plus ou moins longtemps après le début d’une division, les deux branches qui n’en constituaient qu’une seule avant l’embranchement, deviennent parfois vite, parfois en un million  d’années, par exemple, deux espèces différentes.Le naturaliste classificateur décrit, ou bien des sujets qui appartiennent au même flux et les considèrent comme de la même espèce,     ou bien des sujets qui proviennent de deux branches séparées     depuis plus ou moins longtemps, et les considèrent alors comme deux espèces différentes. Il y a sur ces sujets la discussion des  ponctualistes et des gradualistes. Elle est trop complexe pour notre étude. En somme, on peut dire aujourd’hui que la séparation des espèces est toujours à ses débuts arbitraire. La paléontologie a encore rejoint la zoologie ! Et rappelons que l’on a démontré aussi que le passage d’un grand groupe à un autre se réalisait espèce par espèce. L’image que nous avons de l’évolution est donc un immense continuum.


On a beaucoup écrit aussi que la paléontologie avait permis de dater l’apparition des espèces. On s’était basé pour cela sur le fait que les fossiles se trouvent à peu près à l’endroit où ils sont morts, et que les fossiles se sont entassés au cours des âges en formant des couches qui correspondent  à une époque déterminée. Un auteur récent, qui n’est pas paléontologiste de métier, a critiqué cette thèse avec des expériences extrêmement sommaires. Les faits décrits étaient exacts, mais leur généralisation naïve, et en outre la critique qu’il adresse à la paléontologie est connue et a été étudiée depuis longtemps. On a critiqué parfois les paléontologistes en disant par exemple  que les laves de volcan constituaient des couches en quelques heures. Il faut être sot pour penser qu’ils ignorent cela.


Il est évident que, malgré toutes les difficultés que l’on connaît, en matière de datation, celles-ci confirment encore la thèse évolutionniste car, malgré diverses approximations, les fossiles se sont toujours situés à peu près au rendez-vous du calcul, c’est-à-dire à l’époque où normalement ils devaient apparaître. Il y a bien corrélations entre la place d’un fossile dans le temps et la situation qu’il  doit occuper dans l’histoire de la vie. Ainsi, on n’a jamais trouvé de Mammifères au Cambrien .  Le seul problème que l’on a eu en cette matière réside  dans le fait que très souvent on a trouvé des formes à des dates plus anciennes que celle où l’on croyait qu’elles étaient apparues, mais ceci nous a simplement amené à rendre plus longue l’histoire du groupe pour lequel ceci est arrivé. Ainsi, on sait depuis peu de temps que de petits Mammifères existaient déjà au milieu du Secondaire.

Comme exemple l'arbre phylogénétique des equidés : de L'Hyracothérium aux Equus actuels , on enregistre des modifications continues, néanmoins certaines formes intermédiaires sont manquantes, serait-ce un argument pour le créationnisme ??? . pas nécessairement, la fossilisation est un évènement rare et la découverte du fossile également . Probabilités faibles . Remarquons cependant que les oursins du groupe micraster montrent un arbre phylogénétique complet, sans intermédiaires absents . 

2.4 La classification des espèces

L’aspect généalogique de notre classification n’est pas dû à des observations sommaires. D’immenses laboratoires de muséums se sont attachés à la description des espèces. Les faunes et les flores sont des traités gigantesques. On estimait par exemple que les insectes du groupe des Diptères (mouches, moustiques),représentaient environ 100 000 espèces connues lorsque fut publié le tome du Traité de Zoologie, sur ce sujet, en 1951.A mesure que progressait l’inventaire de la faune et de la flore du monde, et que l’on essayait de les classer, on confirma la première idée  de Lamarck. On reconnut que ces espèces étaient liées  l’une à l’autre et se classaient progressivement de l’une vers l’autre, comme si elles s’étaient construites progressivement. C’était une généalogie broussailleuse où tout partait en tout sens, mais où l’on reconnaissait sans conteste un arbre que nous avons dénommé arbre phylogénique. On     fait toujours des thèses sur ces sujets.


A mesure que progressait l’inventaire de la faune et de la flore du monde, on confirma la première idée de Lamarck. Ainsi la première conception de l’évolution biologique vint à l’esprit des chercheurs directement à partir de la vision de la classification issue de l’ensemble du monde vivant. D’abord, on comprit qu’à l’intérieur d’un même ensemble, genre, famille, ordre, classe, il y avait une évolution. Dans l’ordre des papillons par exemple, il y a des familles primitives et évoluées. Plusieurs des plus anciennes formées ont  survécu avec quelques modifications.  On s’aperçut que les caractères morphologiques ou anatomiques  que l’on avait attribués, en une première approximation,à un groupe, une famille ou une classe y apparaissaient seulement peu à peu . On dit couramment que les Mammifères sont caractérisés entre autre par la présence de poils, l’homéothermie, la constitution de leurs petits dans un utérus, un gros cerveau très  contourné, etc.Tout ceci représente la tendance de la lignée et non pas les caractères de tous les animaux de la lignée. Ainsi, pour la taille du cerveau, les Mammifères primitifs ont un cerveau qui n’est pas plus gros que celui des Reptiles dont ils sont issus. Il existe des marsupiaux, groupe très proche des vrais Mammifères , qui ont à peu près exactement la taille d’un chat, mais leur cerveau n’atteint pas le dixième du volume du cerveau du chat. De même le cerveau des Mammifères primitifs est beaucoup plus lisse que celui des Mammifères  évolués.De même les ornithorynques et les échidnés, encore très proches des Mammifères vrais, ont aussi des squelettes encore semblables à ceux des Reptiles et pondent des œufs, comme ces derniers. Comme de ces œufs il sort des animaux qui se nourrissent en léchant dans la région des glandes mammaires un liquide intermédiaire entre la sueur et le lait, et, comme ils ont des poils, on les maintint chez les Mammifères au sens large.
 

Souvent les classifications furent bousculées. L’ordre des Batraciens  urodèles, Batraciens avec queue (salamandre), fut à une époque divisé en deux ordres différents puis ramené à un seul. On a souvent considéré un ensemble comme espèce puis comme sous-espèce et inversement. Il arriva que dans un ordre défini par un classificateur, les familles les plus primitives de l’ordre s’avèrent si proches de l’ordre voisin dont elles paraissent descendre, qu’un autre classificateur travaillant ces questions, estima qu’il était plus logique de les ranger dans cet ordre voisin. Les papillons sont divisés en 16 super-familles. On a de nombreuses raisons de penser que le groupe s’est constitué à partir d’un ordre voisin, les Trichoptères, beaucoup     moins connu et qui n’a pas de nom vulgaire. Or, la famille la plus primitive des papillons, les Micropterygidae, est tellement proche des Trichoptères,  que certains auteurs ont préféré les ranger dans ce dernier ordre. Qui plus est, une autre super famille voisine des Micropterygidae présente encore de nombreux traits de Trichoptères. Les changements des Trichoptères     aux papillons sont pourtant très importants, ils portent sur plusieurs traits d’anatomie, on en connaît très bien les intermédiaires par chance actuellement encore vivants.


Les espèces [...] formées, de proche en proche, par voie d'évolution, et non comme si elles avaient été créées au hasard . Il arrive parfois, chez les insectes, surtout chez les coléoptères par exemple dont on connaît trois cent mille espèces, que les classificateurs ne distinguent deux espèces que par une forte touffe de poils ou en comptant des poils géants ou des épines sur des pattes. Chez ces animaux on ne connaît aucun autre caractère pour les distinguer. La différence entre ces deux espèces à  un détail près fait penser qu’elle est due à un très petit nombre de mutations.


Certains des auteurs qui ont critiqué l’évolution ont dit  que si l’on alignait des tables et des guéridons, on pourrait suivre leur transformation et passer lentement de l’un à l’autre sans que cela prouve qu’ils descendent l’un de l’autre. Mais les meubles ne se reproduisent pas, ils ne fabriquent pas de descendants. Les animaux se reproduisent, et, qui plus est, avec de petits changements,les mutations, souvent très dangereuses, mais parfois très utiles pour leur survie. Les arguments critiquant la possibilité évolutive de ces mutations date de 1930, 1935. Ces auteurs critiques de l’évolution recopient des livres qui datent de cette époque et ont souvent 50 à 100 ans de retard sur la connaissance scientifique actuelle. 

 2.5 L'argument géograhique de Darwin

 

Plusieurs faits doivent être cités. En 1859, Darwin publie l’origine des espèces. Parti comme naturaliste sur un navire qu’il rendra célèbre, le Beagle, il devait étudier les espèces des pays visités. Il étudia les îles Galapagos issues d’éruptions volcaniques sous-marines il y a quelques millions d’années. Lors de leur constitution il ne pouvait y avoir aucune espèce vivante. Il serait simpliste de penser qu’après la formation de ces îles, le Créateur soit venu une nouvelle fois créer des espèces sur une terre vierge, et les aurait créées très proches de celles du continent. Il était au contraire logique  de penser que ces nouvelles espèces étaient venues du continent  voisin, et Darwin remarqua qu’elles ressemblaient curieusement à celles de ce continent : l’Amérique du Sud. Il comprit qu’elles  étaient arrivées sur ces îles sans doute en très petit nombre, à l’occasion peut-être de tornades exceptionnelles, et qu’elles avaient subi ensuite peu à peu de petites transformations héréditaires qu’elle n’avaient pas pu échanger, par croisement, avec leurs sœurs du continent puisqu’elles ne pouvaient  plus se croiser qu’entre elles. Des changements un peu différents s’étaient en même temps produits aussi sur le continent. Les deux lots de sujets étaient donc devenus peu à peu différents. Darwin pensa que ce mécanisme de l’isolement géographiques, et donc sexuel, avec des petits changements dans les 2 lots des sujets séparés, était à la base de l’évolution et en même temps en démontrait la réalité. Dans les décennies qui suivirent, de tels faits furent établis sur la planète tout entière.
 Un cas très curieux est à citer. On sait par la géologie que l’isthme de Panama est très récent. Il y a dix millions d’années il y avait à sa place une mer immense. A cette époque elle était peuplée d’espèces qui se  croisaient entre elles directement ou indirectement. L’isthme s’est  constitué il y a 7 millions d’années environ. Or, aujourd’hui on constate que de chaque côté il y a des centaines d’espèces  (600 poissons, par exemple) qui sont différentes, mais voisines deux à deux. D’un côté on trouve a,b,c,d ; de l’autre  a’,b’,c’,d’. Cela ne peut s’expliquer que par le  fait qu’avant la formation de l’isthme il y avait dans l’océan des espèces A,B,C,D qui ensuite se sont transformées différemment     en donnant d’un côté a,b,c,d, et de l’autre a’,b’,c’,d’,      etc.
En somme les espèces changent peu à peu comme les langues.
Un autre argument géographique est très curieux. On s’aperçut que la répartition des espèces sur la terre ne paraissait pas s’être réalisée au hasard. Les espèces morphologiquement     voisines étaient toujours aussi géographiquement voisines, mais  presque toujours séparées l’une de l’autre par un large fleuve, une forêt, un désert. On pense qu’un petit lot a franchi, à une certaine époque, cette séparation, pour aller fonder une colonie nouvelle de l’autre côté, et s’y est un peu modifiée. En somme tout paraît s’être passé comme aux Galapagos
Il y eut même une observation réalisée sur les diverses espèces d’un genre végétal, les Crepis (pissenlits).Une espèce originelle de ce genre paraît s’être formée au Nord de l’Inde, en Asie centrale, et elle a envoyé des migrants, sans doute grâce à des graines transportées par le vent, à travers le monde entier. Les diverses espèces de cet ensemble ont suivi plusieurs trajets migratoires qui ont pu être reconnus, et il s’est formé des espèces, de place en place, par l’isolement de populations. Chaque lignée de migration a été suivie étape par étape vers l’Afrique, l’Europe et d’autres  régions de l’Asie.
Dans quelques cas, la règle qui suggère que les espèces voisines sont aussi géographiquement voisines a pu être perturbée.Dans ces cas, il s’est avéré que cette apparente anomalie     avait une raison logique souvent due à la dérive des continents.Il y a des espèces de type marsupial, c’est-à-dire portant leurs petits dans des poches ventrales, en Australie et en Amérique du Sud. C’est trop loin ! Or, on a démontré que l’Amérique du Sud, le Continent Antarctique, actuellement sous les glaces, et l’Australie,     constituaient il y a 60 millions d’années une même bande de terre qui s’est cassée par la suite en trois portions. On a donc supposé que les marsupiaux déjà présents avant la cassure sur la bande de terre originelle avaient survécu dans les régions maintenant très éloignées et disparu au pôle Sud à cause du climat. La preuve de cette théorie a été réalisée au début des années 80. A ce moment, avec des fouilles, on a découvert des fossiles de marsupiaux dans les régions antarctiques, une île isolée de ce continent et dégelée l’été.
On peut donc dire que l’étude géographique de la répartition des animaux sur la terre démontre que les espèces ont apparu sur notre planète comme si elles s’étaient formées, de proche en proche, par voie d’évolution et non pas comme si elles avaient été créées au hasard. Evidemment, le Créateur aurait pu s’amuser à cet exercice d’imitation de l’évolution, mais on ne voit pas la raison de cet acte de contrefaçon.

2.6 Croisement entre espèces 

 On croit en général que les espèces ne se croisent pas. A première vue c’est exact, mais en réalité beaucoup d’espèces très voisines se croisent, et de plus, contrairement à ce que l’on croit aussi, elles donnent des descendants parfaitement fertiles et parfois de belles lignées d’intermédiaires  qui peuvent aboutir à des espèces nouvelles. On a, en botanique des milliers d’exemples de ces faits. Autour du pôle Nord, les goélands d’espèces différentes se croisent de l’une à l’autre en allant de l’Angleterre vers l’Amérique à travers la Sibérie : A se croise avec B, B se croise avec C, C avec D, mais D ne se croise pas avec A. Nous simplifions ce schéma à l’extrême.
En somme les espèces changent peu à peu comme les langues. Les Français du Canada et de France se sont isolés il y a 250 ans.Il est apparu dans chaque pays des idiomes, des mots nouveaux, des accents qui font que, aujourd’hui les deux langues diffèrent un peu. Si les voyages fréquents aujourd’hui n’avaient pas à nouveau malaxé les deux pays, on peut gager que dans mille ans le français  et le québécois seraient devenus deux langues. Les espèces évoluent de la même façon, mais par petites mutations.Les plus voisines se croisent encore longtemps. Les plus éloignées se croisent plus difficilement, les très éloignées ne se croisent plus du tout. On possède des centaines d’observations de tels phénomènes qui sont le fruit de travaux considérables. Certains chercheurs y ont consacré leur vie. Il y a corrélations entre la place d’un fossile dans le temps et la situation qu’il doit occuper dans l’histoire de la vie.

Caractère particulier des preuves de l'évolution

En fait, le phénomène de l’évolution est devenu  aujourd’hui, pour tout biologiste, la seule explication possible du monde vivant, mais les preuves de l’évolution ne ressemblent pas aux     arguments que l’on utilise en général dans les sciences. En mathématiques, on démontre les faits par un système de déduction qui part d’un ensemble de postulats et d’axiomes.En physiologie, lorsque l’on veut savoir à quoi sert un organe, on l’enlève.
Ici, nous avons accumulé un certain nombre d’arguments qui se sont construits depuis deux siècles environ dans des laboratoires de zoologie, d’anatomie, de paléontologie, de biochimie, de physiologie,     etc. Cette série de faits, venant souvent de disciplines très diverses, a permis aux évolutionnistes un type de preuve souvent peu rencontré : une preuve par accumulation de faits, que nous avons appelée  : un effet de puzzle.
Ici comme dans un puzzle, on reconnaît que deux pièces s’enchaînent  l’une à l’autre pour deux raisons : d’abord, elles ont un engrenage géométrique correct avec les pièces voisines.     Ensuite, l’image qu’elles donnent paraît s’ajuster parfaitement avec les images de ces mêmes pièces voisines. C’est seulement après un long travail que le dessin d’ensemble apparaîtra,   on commencera par le deviner approximativement, puis il viendra un moment où, même si le puzzle n’est pas achevé, on devinera  ce dessin d’ensemble : une maison située au milieu d’un bois par exemple.
Ici, on a prouvé l’évolution en accumulant des faits pendant deux siècles et en rassemblant les pièces d’un puzzle qui a été le fruit du travail de milliers de chercheurs qui, dans  tous les pays du monde, ont travaillé ces questions. On démontre un théorème de mathématique en quelques minutes ; les cours que l’on devrait consacrer aux preuves de l’évolution  devant des étudiants en biologie demanderaient de longues heures. En fait, en général, le professeur aligne ces preuves tout au long  des cours qu’il effectue sur d’autres sujets, dans certains certificats spécialisés de zoologie ou d'anatomie comparée, par exemple. C’est de la naïveté intellectuelle que de vouloir discuter  de ces questions sans avoir passé des années à étudier   ces disciplines.
C’est sans doute pour cette raison que l’on voit souvent des scientifiques qui n’ont pas étudié le problème de l’évolution, des mathématiciens, par exemple, ne pas les comprendre et voire même ne pas y croire.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 07/08/2013