Faunistique 9

 

II. CYCLE DE DEVELOPPEMENT

Nous allons maintenant résumer les principles données écologiques sous formes de tableau pour les espèces les plus courantes :

Cycle de développement : reproduction-ponte/métamorphose

 

 

 

 

III. ETHOLOGIE ET DESCRIPTION voir photos page précédente

A Tritons

 

 

 

 

Les Tritons fréquentent les zones peu profondes des fonds des mares et se réfugient à de plus grandes profondeurs dès qu'ils se sentent menacés. Il se nourrissent de vers, mollusques et larves d'insectes, voire de têtards d'Anoures récemment éclos. Ils hivernent sous l'eau en altitude et en plaine lors des hivers rigoureux. Sinon, ils hivernent en plaine sous des souches ou dans des terriers. Le mode de reproduction de toutes les espèces de Tritons est semblable: le mâle dépose sur le fond d'une mare un spermatophore qui est ensuite capté par les lèvres du cloaque de la femelle. La ponte a lieu généralement en mai. Les femelles replient des feuilles de plantes aquatiques avec leurs pattes postérieures et y déposent 1 ou 2 œufs blancs. La vie larvaire dure de 2 à 3 mois. La métamorphose se déroule de la fin d'été au début de l'automne, puis les jeunes Tritons sortent de l'eau. Ils se réfugient sous les pierres à proximité du point d'eau où ils sont nés. Ils sont sensibles à l'écrasement sur les routes près des points d'eau qu'ils fréquentent. Tritons et Salamandres ne chantent pas.

 

Triton alpestre (Triturus alpestris Laurenti 1768) 814

( Famille des salamandridés, Classe des Amphibiens, Ordre des Urodèles )

Répartition Le Triton alpestre est réparti dans toute l'Europe, de l'Espagne aux Carpathes, et en région Balkanique. On peut le rencontrer jusqu'à 3000 m d'altitude. En France, il occupe les régions du Nord et de l'Est. On le trouve près des points d'eau et leurs abords dans la zone subalpine.

Description Le Triton alpestre mesure 8 à 11 cm (mâle 8 cm, femelle 11 cm). Son ventre est orangé, la queue est plus courte que le corps et aplatie (comprimée). La tête est un peu plus longue que large, avec un museau large et arrondi. Les doigts sont courts et libres.

- Le mâle a un corps trapu de section subquadrangulaire, un dos bleu, gris ardoise bleuté à bleuâtre, légèrement marbré de noir, tandis que son ventre est uni, de jaune-orangé à rouge vif, sans taches. Ses flancs sont clairs, tachetés ou réticulés de noir sur un fond blanc argenté, avec une bordure bleu ciel absente chez la femelle. Sa crête dorsale est petite, non dentée, blanchâtre ou jaune avec des rayures ou des taches noires qui la ponctuent, et courte (1 à 2 mm). Sa crête caudale inférieure est terne, maculée de gros demi-cercles noirs.

- La femelle présente un dos sombre à verdâtre, bleu-gris, brun, olive ou noirâtre avec des marbrures sombres, son ventre est jaune-orangé à rouge vif. Le sillon vertébral est peu distinct, et sa queue est ourlée de jaune-orange, tachetée de noir.

Identification Petite crête claire dorsale ponctuée de noir, large bande ventrale orange vif sans aucune ponctuation (excepté sous la gorge), rangée de points noirs entre les flancs et le ventre.

Reproduction Le cycle de reproduction du Triton alpestre est annuel, mais à très haute altitude il peut être biennal ou annuel avec des cas de néotonie (maturtié sexuelle atteinte à l'état larvaire). La période de reproduction se termine dès fin mai. Il retourne alors à terre mais reste près de l'eau où il tend à retourner en autmone. Les plantes aquatiques servent d'abri et de supoprt de ponte.

Chant Ne chante pas, comme les autres Tritons et Salamandres.

Ponte Le mode de reproduction de toutes les espèces de Tritons est semblable: le mâle dépose sur le fond d'une mare un spermatophore qui est ensuite capté par les lèvres du cloaque de la femelle. La ponte a lieu généralement en mai. . Les femelles replient des feuilles de plantes aquatiques avec leurs pattes postérieures et y déposent 1 ou 2 œufs blancs.

Larves Les oeufs de libèrent des larves de 7 à 8 mm. La vie larvaire dure de 2 à 3 mois. La métamorphose se déroule de la fin d'été au début de l'automne. Les larves mesurent de 40 à 50 mm (plus en cas de néoténie) et possèdent une crête dorsale et caudale. Puis les jeunes Tritons sortent de l'eau. Ils se réfugient sous les pierres à proximité du point d'eau où ils sont nés. Ils sont sensibles à l'écrasement sur les routes près des points d'eau qu'ils fréquentent.

Dimorphisme sexuel En période nuptiale, le mâle est bleu-grisâtre avec une crête à taches noires et jaunes et des points noirs sur les côtés. Il mesure de 8 à 10 cm, alors que la femelle mesure de 10 à 12 cm de long. Elle est donc plus grosse, et possède sur le dos des marbrures (comme une tenue de camouflage militaire).

Habitat On rencontre le Triton alpestre dans de toutes sortes de points d'eaux stagnantes, étangs, fossés, abreuvoirs, ornières de chamins forestiers, flaques d'eau, carrières, ballastières, tourbières, marécages, ruisseaux à cours lent. Il préfère les endroits où la température de l'eau reste fraîche, et les lacs alpins très froids.

Comportement Cette espèce au comportement très aquatique fait preuve d'un erratisme important. Il apparait dès février dans les eaux courantes et stagnantes (mares, étangs, lacs de collines et lacs des montagnes).

Hibernation Les Tritons alpestres hivernent sous l'eau en altitude et en plaine lors des hivers rigoureux. Sinon, ils hiverent en plaine sous des souches ou dans des terriers.

Alimentation Le Triton alpestre se nourrit d’insectes, d’araignées, de vers et d’escargots. Les Tritons fréquentent les zones peu profondes des fonds des mares et se réfugient à de plus grandes profondeurs dès qu'ils se sentent menacés.

Triton crèté  (Triturus cristatus Laurenti, 1768) 815

Famille des Salamandridae (Classe des Amphibiens, ordre des Urodèles).

Description: Le Triton crêté a un dos très sombre gris noir, ponctué de noir et de petites granules blanches. Son ventre est jaune vif, jaune-orangé ou orange tacheté de gros points noirs. C’est le plus grand Triton de notre région, puisqu'il atteint 15 cm de long (18 cm pour les femelles). Sa tête est aussi longue que large, le museau est arrondi, la queue se termine en pointe. La peau verruqueuse est noire sur le dos, alors que les flancs sont piquetés de petits points blancs. Le ventre est rouge orangé avec des taches noires.

- Le mâle a un dos grisâtre, brunâtre, bleu-noir avec des taches plus sombres, et un ventre jaune ou jaune-orangé, avec de grosses taches noires. Sa gorge est gris-noir, ponctuée de blanc.

- La femelle a un dos grisâtre, brunâtre, bleu-noir avec des taches plus sombres et un ventre jaune-orangé ornée de grandes taches noires. Le sillon dorsal est parfois jaune.

Répartition: On rencontre le Triton crêté en Europe jusque dans l'Oural. Il est plus rare que le Triton alpestre. En France il occupe les 3/4 Nord du pays.

Dimorphisme sexuel. Le mâle est plus petit (14 cm) que la femelle (16 à 18 cm de long). Seule le mâle porte une crête dorsale très haute, en dents de scie, interrompue au niveau de la région pelvienne. Sa queue large et frangée porte une bande latérale nacrée ou argentée. Celle de la femelle est ourlée de jaune-orange.

Reproduction: Le Triton crêté recherche les zones marécageuses durant l'été. Le mâle dépose une poche emplie de semence sur les feuilles des plantes aquatiques, et la femelle vient ensuite y déposer ses oeufs, comme chez les autres Tritons.

Chant: Ne chante pas.

Identification: C'est le plus grand des Tritons. Au printemps, le mâle a une haute crête dentelée en scie. La peau a un aspect granuleux. Les longs doigts sont jaunes barrés de noir. Il y a de gros points noirs sur les flancs et le ventre.

Alimentation: Cette espèce se nourrit de larves d'insectes, de vers, de petits poissons, de mollusques, de limaces ou de chenilles.

Habitat: Le Triton crêté vit à proximité des eaux dormantes et des étangs, mais aussi dans les terres. Il recherche des eaux stagnantes relativement chaudes, riches en végétation, comme des mares et des plans d'eau bien ensoleillés dans des paysages ouverts, parfois les abreuvoirs, les carrières.

Comportement: L'espèce est plus aquatique que les autres Tritons, et peut être observée dans l'eau toute l'année.

Les larves: Les larves subissent une métamporphose à trois mois. La maturité sexuelle n'est atteinte qu'à l'âge de 3 ans.

Protection et statut: Le Triton crêté est écologiquement très exigeant et plus sensible que les autres à la pollution de l'eau. Sa rareté, sa grande taille et ses couleurs le rendent plus vulnérable car il est plus recherché et menacé par les prélèvements. Cette espèce régresse également à cause de la pollution des eaux et de l'assèchement de certains milieux.

Le Triton palmé= Triton helvétique (Triturus helveticus Razoumowski, 1789) 816

Famille des Salamandridae (Classe des Amphibiens, ordre des Urodèles).

Description: Le Triton palmé est brun clair et mesure environ de 6 à 8 cm. Sa queue lui sert de palette natatoire. Son allure est anguleuse à cause d'un repli cutané plus ou moins développé de chaque côté du dos. La tête est plus longue que large, le museau est arrondi.

- Le mâle présente un dos brun-ocre, verdâtre avec de petites taches noires et un ventre jaune-orangé au centre, blanc-rosé sur les côtés, avec parfois des taches de points sombres. Sa tête est finement mouchetée de brun, avec une ligne sombre barrant l'oeil.

- La femelle a un dos brun-ocre, verdâtre et finement tacheté de noir (parfois, ces taches sont reliées et forment une ligne sur chaque côté du dos). Le ventre est blanc-rosé, avec une bande jaune orangé au centre et parfois des taches sombres latérales. La gorge est banc-rosé, généralement sans taches.

Répartition: Le Triton palmé est assez répandu. Il est distribué dans l'ensemble de la France et Belgique.

Dimorphisme sexuel. Au printemps, le mâle a une queue tronquée prolongée par un filament de 4 à 7 mm (quand elle n’est pas coupée) et ses pattes arrière noirâtres sont nettement palmées. Il est également plus petit (7 à 8 cm) que la femelle (jusqu'à 9 cm de long) et possède alors une petite crête non dentée.

Reproduction: Le Triton palmé migre vers une mare de reproduction.

Chant: Ne chante pas, comme les autres Tritons.

Identification: Ce triton est de petite taille (8 cm), à ventre jaunâtre parfois tacheté. Les femelles de Triton palmé se distinguent de celles du Triton ponctué par leur gorge rose, généralement sans taches. Les pattes arrière sont palmées, et il y a un filament au bout de la queue.

Alimentation: Le triton palmé se nourrit d’insectes, d’araignées, de vers et d’escargots.

Habitat: On le rencontre dans tous les types d'eaux stagnantes, mares, ornières de chemins forestiers.

Comportement: Cette espèce hiberne fréquemment dans l'eau. Ses moeurs sont assez comparables à celles du Triton alpestre.

Triton ponctué = Triton vulgaire = Triton lobé (Triturus vulgaris Linné, 1758) 817

Famille des Salamandridae (Classe des Amphibiens, ordre des Urodèles).

Description: Le Triton ponctué atteint 10 cm de long (habituellement de 7 à 9 cm). Sa silhouette est élancée avec des membres fins. Sa queue est plus longue que le corps, fortement comprimée et terminée en pointe effilée.

- Le mâle a un dos et des flancs brun-jaune-verdâtre avec de nombreuses taches circulaires sombres, un ventre orange vif à jaune-orangé ou jaunâtre avec une zone médiane jaune-orangé ornée de grandes taches sombres et circulaires. Sa tête est striée longitudinalement de jaune et de noir. La crête dorsale est lobée, et se prolonge sans interruption sur la queue. La crête caudale inférieure est plus ou moins bleutée, rouge vers le cloaque. Les orteils sont pourvus d'une frange cutanée. Les pattes arrière ne sont pas entièrement palmées (comme le Foulque ou le Grèbe).

- La femelle a un dos et des flancs brun-jaune-brunâtre finement tachetés de sombre, un ventre jaunâtre, avec une zone médiane jaune-orangé, tachetée et parsemée de petites taches sombres plus fines sur la gorge.

Répartition: En Europe on le trouve jusqu'à 1000 m d'altitude. Il vit dans les mares, trous d'eau et abreuvoirs peu profonds dans la moitié Nord de la France.

Dimorphisme sexuel. Le mâle est plus parfois plus grand (de 9 à 11 cm) que la femelle (elle ne dépasse pas 9,5 cm). La différence entre les sexes est faible car les caractères sexuels du mâle s'estompent.

Reproduction: La ponte a lieu fin mai.

Chant: Ne chante pas, comme les autres Tritons.

Identification: Au printemps, le mâle est recouvert de points noirs. L'espèce est difficile à distinguer du Triton palmé le reste de l'année. La gorge est ponctuée (contrairement à celle du Triton palmé), et il y a de nombreux points sombres sur le corps.

Alimentation: Le Triton ponctué se nourrit de vers de terre, d’insectes.

Habitat: Il vit généralement en plaine, dans les petites mares, les étangs et les fossés ensoleillés. Le Triton ponctué recherche l'humidité, pour ne pas dessécher sa peau à la chaleur. On le trouve aussi dans les gravières, carrières, et fossés.

Comportement: Ses exigences écologiques sont comparables à celles du Triton crêté. Sa crête et sa large queue font de lui un excellent nageur. Les Tritons adultes quittent généralement l'eau et reprennent une vie terrestre après la reproduction.

Les larves se métamorphosent en septembre.

Les jeunes se rendent à terre après le métamorphose et atteigent leur maturité sexuelle à 3 ans.

B. Crapauds

 

 Accouplement Crapaud commun ( Bufo bufo ) chez moi ( avril 2011)

Crapaud commun (Bufo bufo Linné, 1758) 802 

Famille des Bufonidae (Classe des Amphibiens, ordre des Anoures).

Description: Le crapaud commun est trapu, fortement couvert de verrues saillantes de grandeur variable avec de grosses glandes parotoïdes obliques. Il mesure de 7 à 13 cm à l'âge adulte (jusqu'à 15 cm). Sa couleur est variable selon son milieu de vie, grisâtre: verdâtre, roussâtre parfois marbré de brun-rouge, parfois presque noir. Le ventre est jaune sale ou blanc-gris, parfois tacheté de sombre, tandis que la face interne des cuisses est rose chair. La tête est large et arrondie. L'iris des yeux est doré-cuivré (orangé) avec une pupille horizontale. Derrière les yeux, se grosses glandes parotoïdes s'écartent vers l'arrière. Les orteils sont presque entièrement palmés. Le liquide transparent qui suinte de son corps est sans danger pour l'homme.

Dimorphisme sexuel: La femelle présente des pustules dorsales plus saillantes que le mâle. Sa taille de 11 à 13 cm est nettement plus grande que celle du mâle (de 5 à 8 cm). Ce dernier a des membres antérieurs robustes et le bord interne des trois doigts présente des pelotes copulatrices noires.

Identification: Le mâle émet un cri faible, il n'y a pas de sacs vocaux. Sa peau est très verruqueuse, la pupille est horizontale, les glandes parotoïdes sont bien visibles et convergentes (non parrallèles).

Répartition: On rencontre le Crapaud commun de l'Ouest de l'Europe jusqu'au Japon. Il est présent partout en France et en Belgique.

Hivernage: Après les premières gels, les Crapauds communs migrent vers leurs gîtes d'hivernage. Ils hivernent à terre d'octobre à mars, sous les feuilles ou dans des terriers de rongeurs, dans les mêmes gîtes d'une année à l'autre.

Reproduction: Le Crapaud commun effectue de véritables migrations au printemps pour se rendre de son lieu d’hivernage à son lieu de reproduction: mares, flaques, ornières forestières, ruisseaux, bras morts de rivières, étangs, et points d'eau divers. La ponte suit immédiatement. La période de ponte est la plus précoce des Crapauds, de la mi-mars à la mi-avril, parfois dès la fin février si le temps est particulièrement doux. L'accouplement s'effectue par amplexus axillaire.

La femelle accroche ses oeufs (2.000 à 7.000) groupés en deux grappes à des plantes aquatiques. Les couples tournent autour des herbes pour enrouler les cordons noirs emplis d'œufs. Les mâles les fécondent en libérant dans l'eau leur semence (fécondation externe).

Lieux de ponte: Le Crapaud commun reste fidèle à ses frayères et retourne à son l'étang de ponte. Cette espèce ne retourne dans le milieu aquatique que pour la période de reproduction. Comme la profondeur et l'étendue des points d'eau de ponte lui importent peu, on le trouve dans les plans d'eau stagnante, les ornières, les trous, les carrières inondées, les abreuvoirs, ou les fossés et champs.

Chant du mâle: Les cris et appels spécifiques des mâles permettent d'identifier aisément l'espèce dans les frayères. Le cri ne s'entend pas de loin ("cout, cout, cout").

Habitat: Cette espèce vit dans les bois et jardins, jusqu'à 2000 m d'altitude. Le Crapaud commun préfère les endroits frais et humides des collines boisées et des forêts. Sa préférence pour les milieux de type forestier est nette. Peu exigeant, il peut vivre un peu partout (forêts, friches, carrières) y compris en zone urbaine, dans les jardins et les parcs boisés. Son habitat est donc très variable.

Alimentation: Le Crapaud commun est vorace. Il mange des limaces, des vers de terre, des araignées et divers insectes qu'il chasse au sol. Il est donc très utile dans les jardins. Il chasse à l'affût, au crépuscule et pendant la nuit, en bordure des layons et chemins.

Comportement: Ce Crapaud est essentiellement terrestre, plutôt nocturne ou crépusculaire, mais son activité peur se prolonger le jour. Le milieu aquatique n'est fréquenté qu'en période de reproduction et durant la vie de l'animal en tant que têtard. Des brindilles restent accrochées sur son corps par temps humide, témoignant de son itinéraire. Cette espèce se déplace habituellement en marchant ou par petits bonds. Les Crapauds communs sont digitigrades et utilisent leurs doigts en tant que support et non leur main en entier.

Les têtards: Ils sont très petits (3 cm) et noirs. La distance entre les yeux correspond à la largeur de la bouche, elle est deux fois plus grande que la distance entre les narines. Leur queue est d'un tiers plus longue que le corps. Ils mangent des déchets organiques et des algues.

Les jeunes: La métamorphose des tétards a lieu au bout de deux mois. Les jeunes quittent l'eau en masse en juin ou juillet pour mener leur vie terrestre. Ils mesurent alors 1 cm et se nourrissent de proies diverses (collemboles, pucerons, acariens) qu'ils chassent dans la litière végétal

Crapaud calamite = Crapaud des joncs (Bufo calamita Laurenti, 1768) 801

Famille des Bufonidae (Classe des Amphibiens, ordre des Anoures).

Description: Ce crapaud d'allure massive mesure de 6 à 8 cm (ou 9 cm). La tête est plus large que longue, avec un museau court. Le ventre est gris jaunâtre, parfois finement tacheté de brun. Le dos est gris olivâtre, brun verdâtre et marbré de taches vertes ou brunes. L'espèce présente en général une bande jaune sur le dos. Cette fine ligne vertébrale jaune débute entre les yeux et s'étend sur tout le dos. Les verrues dorsales piquetées de rouge sont des glandes à venin (afin d'être non commestible, mais il n'est pas venimeux pour l'homme). Son œil est jaune verdâtre avec un iris doré réticulé de noir, la pupille est horizontale. Les glandes parotoïdes, derrière les yeux, sont parallèles. Les orteils sont palmés uniquement à la base.

Dimorphisme sexuel: La femelle est très légèrement plus grande que le mâle. Le mâle en position de chant présente une gorge rosâtre-violet, tandis que la gorge de la femelle est blanchâtre avec parfois de rares et minuscules taches sombres. Le mâle possède des pelotes copulatrices sur le pouce et l'index. Sous son menton, un sac vocal se gonfle pendant le chant.

Chant du mâle: Le cri du Crapaud calamite est nocturne, très puissant et s'entend à 1 km à la ronde. Il ressemble à un bruit de crécerelle: "èrrrrp...èrrrrp". Il est particulièrement impressionnant par sa puissance, presque insupportable de près.

Reproduction: Le Calamite se reproduit de fin avril à juin. L'accouplement s'effectue par amplexus axillaire. La ponte est formée de 2 cordons constitués de 3.000 à 4.000 oeufs. Il se reproduit dans des étangs, zones innondées, mares diverses.

Identification: On reconnaît le Crapaud calamite à la ligne vertébrale jaune clair qui remonte sur le haut de la tête, parfois peu visible (ou même absente). Sinon, il est reconnaissable à la disposition parallèle des deux grosses glandes parotoïdes et la palmure peu développée aux pattes postérieures qui le différencient du Crapaud commun. Sa démarche (course rapide) est aussi très caractéristrique, unique chez les Anoures. La peau est très verruqueuse, les pattes, le dos et les flancs sont souvent marbrés.

Répartition: On rencontre cette espèce du Portugal jusqu'à l'Ouest de l'URSS dans les terrains sableux, les joncs. Il est distribué dans une grande partie de la France.

Habitat: Le Crapaud calamite recherche les points d'eau peu profonds et ensoleillés. Le développement larvaire est très rapide chez cette espèce, qui peut donc bien s'accomoder de mares temporaires (parfois de petites ornières), sablières, gravières, sols sableux, carrières, roselières.

Les têtards: Ils sont petits et bruns, avec une bouche moins large que la distance qui sépare les yeux, et un peu plus large que la distance entre les narines. Leur queue est arrondie à l'extrémité, ourlée d'une membrane supérieure et inférieure de même taille. La métamorphose totale a en effet lieu après 6 à 7 semaines.

Les jeunes: Ils mesurent de 10 à 15 mm et ont déjà une ligne vertébrale jaune.

Comportement: Le Crapaud calamite est actif de jour comme de nuit, mais plutôt nocturne. Il se cache le jour sous les pierres ou s'enfouit dans des terrains meubles tels que les dunes, les sablières, les carrières et gravières, les terrils, etc. Ce crapaud est incapable de sauter car il est muni de pattes trop courtes mais cependant vigoureuses. Il ne se déplace donc qu'en marchant à une vitesse vraiment surprenante, ou en courant. Il se gonfle pour impressionner ses adversaires afin de sembler plus gros.

Alimentation: Il mange des insectes, des vers de terre, des escargots et des limaces.

Crapaud accoucheur = Crapaud Alyte (Alytes obstetricans Laurenti, 1768) 800

Famille des Discoglossidés (Classe des Amphibiens, ordre des Anoures). Bufonidae

Description: Cette espèce est assez petite, les adultes mesurent de (3) 4 à 5 cm (jusqu'à 6 cm). La tête est plus large que longue, avec un museau arrondi. Les yeux sont très proéminents, avec un iris doré, vermiculé de noir avec une fente verticale.

Le dos est grisâtre, brun clair ponctué de vert sombre, avec parfois de petits points rouge-orangé ou noirs en arrière des yeux. Le ventre est gris, blanc bleuté marqué de points blanc crème, la gorge est blanchâtre marbrée de brun clair et le dessous des cuisses rose chair.

Le tympan est plus petit que le diamètre de l'oeil. Le corps petit et trapu est couvert de petites verrues, avec une série longitudinale de petites glandes proéminentes de la région post-oculaire à l'aine. Les doigts et les orteils sont libres, la paume des mains présente trois tubercules.

Dimorphisme sexuel: Il est faible. Il n'y a pas de sac vocal ni de pelotes copulatrices chez le mâle.

Répartition: Cette espèce recherche les vieux murs, carrières, sablières, gravières, talus. Elle se rencontre toujours près d'un point d'eau même temporaire, mares, ruisseaux, et flaques un peu partout en France et Belgique.

Reproduction: Le Crapaud accoucheur s'apelle ainsi car le mâle aide la femelle à expulser les œufs en lui massant l'abdomen. L'accouplement est terrestre, et la ponte est effectuée à terre. Elle a lieu de fin mars à août (surtout de mai à juillet). Pour féconder les oeufs, mâle asperge les oeufs de son urine diluée pour permettre le déplacement des spermatozoïdes et la fécondation externe. Il garde ensuite les oeufs enroulés en chapelet (de 20 à 70 oeufs) autour de ses pattes postérieures jusqu’à l'éclosion des tétards (après de 24 à 44 jours). Il trempe les oeufs de temps en temps dans une mare ou une flaque voisine pour qu'ils ne se dessèchent pas. Les larves développées s'échappent lors de ces baignades et continuent leur développement dans l'eau. ("Alyte" vient du grec "alutos", qui signifie enchaîné, et "obstetricans" signifie accoucheur).

Identification: On observe chez cette espèce une série longitudinale de glandes proéminentes latéro-dorsales, mais pas de glandes parotoïdes bien apparentes, une pupille en fente verticale et un oeil doré. Le mâle est reconnaissable à coup sûr lorsqu'il porte un chapelet d'oeufs. On ne s'observe pas dans l'eau. Une ligne de glandes sépare le dos et les flancs. Le dos grisâtre est couvert de petites verrues.

Alimentation: Le Crapaud acoucheur mange des limaces, vers de terre, insectes, araignées, escargots.

Habitat: Le Crapaud acoucheur se cache le jour dans des endroits ensoleillés, sous des pierres ou entre des dalles, sous le bois mort, au pied de vieux murs, entre des racines, ou dans des galeries de micromammifères. Il aime s'enfouir dans les terrains meubles (argile, sable) tels que les terrils, les anciennes carrières et les sablières inondées. Il recherche des points d'eau proches d'une étendue à végétation quasi absente. Il s'établit également le long d'eaux courantes dont les berges sont en pente douce. A la tombée de la nuit, il quitte sa cachette à la recherche d'un partenaire et de nourriture.

Chant du mâle: Il est flûté, assez faible, et inlassablement émis les soirs de printemps et de début d'été. Il est très caractéristique et ressemble à celui du Hibou petit-duc ("toû...toû..." espacés). Chaque mâle chante quand les autres se taisent pour mieux se faire entendre.

Comportement: Ce Crapaud grimpe, marche, saute et nage.

Les tétards: Leur spiracle est situé en avant du milieu du corps. Certains ne se métamorphosent qu'au printemps suivant, et sont alors très grands (jusque 80 mm) de couleur gris clair.

Les jeunes: Après la métamorphose, les jeunes quittent l'eau quand ils mesurent de 18 à 20 mm.

Sonneur à ventre jaune = Sonneur à pied épais (Bombina variegata (Linné, 1758) 813

Famille des Discoglossidae (Super-famille des Archeobatrachia, Classe des Amphibiens, ordre des Anoures).

Autres noms: Le Sonneur à ventre jaune est également appelé Sonneur à pied épais en français, Gelbbauchunke en allemand, Ululone a ventre giallo en italien, Yellow-bellied Toad en anglais.

Description: Ce petit crapaud aquatique, verruqueux, a un corps trapu et aplati, un museau arrondi, des yeux proéminents avec une pupille en forme de coeur. Un adulte mesure de 4 à 5,5 cm environ, pour un poids de 4 à12 g. Le dessus est brun gris ou olivâtre, terne, souvent à taches foncées entremêlées, avec de nombreuses verrues munies d'aiguilles cornées (verrues épineuses). Le dessous, les bras et les jambes sont gris-bleu à bleu-noir, avec des taches jaunes bien visibles mais sans petits points blancs. La membrane des pattes palmées atteint la pointe des orteils et le bout des doigts est jaune. La face ventrale et l'intérieur des pattes sont colorés en jaune vif ou orangé et gris bleuté, avec de grandes taches noires ou gris bleuâtres irrégulières. Ceci informe un éventuel prédateur de la toxicité du Sonneur (couleurs vives aposématiques). En effet, son tégument (glandes cutanées) sécrète un liquide visqueux à odeur d'ail, irritant pour les yeux, et répulsif pour les autres animaux. Ses sécrétions sont d'ailleurs toxiques pour de nombreuses espèces de Grenouilles et Tritons. La membrane tympanique n'est pas visible. Les dessins formés par les taches ventrales permettent de reconnaître chaque individu (comme pour les Salamandres).

Dimorphisme sexuel: Les mâle n'ont pas de sacs vocaux. En période de reproduction ils ont des pelotes cornées noires sur les doigts, les orteils et les avant-bras. Les femelles sont un peu plus lourdes. Adultes et jeunes sont semblables.

Identification: Sonneur a un ventre et le dessous des pattes jaunes tachetés et maculés de noir, la pupille est en coeur. Le dos est couleur terre et très verruqueux.

Répartition: En Europe, le Sonneur à ventre jaune n'a recolonisé qu'une aire réduite à partir refuges glaciaires (probablement dans les Balkans). Il ne dépasse pas une ligne allant de la Frise à la Moldavie, n'atteint pas la péninsule Ibérique, ni la plupart des îles méditerranéennes. Sur ses limites orientales, il s'hybride avec le Sonneur à ventre de feu qui le remplace plus à l'est. On le rencontre dans les Balkans, en Allemagne et jusque dans les Pyrénées, aussi bien à 200 mètres qu'à 1600 m d'altitude. Il vit dans des eaux peu profondes et apparaît temporairement dans de petites flaques. Cependant , il préfère à la plaine les collines et montagnes d'altitude moyenne . En Suisse on le trouve également dans les zones les plus basses. En Allemagne, on le nomme également le «sonneur des montagnes». Les Pays-Bas et la Belgique sont en limite nord-occidentale de son aire de répartition. Il occupe les eaux stagnantes situées à proximité de bois et bien ensoleillées, dans la majeure partie de la France. Il est cependant rare dans le Sud-Ouest, et plus fréquent dans l'Est et le Nord-Est du pays.

Longévité: Elle peut atteindre 36 ans en captivité, mais elle est évidemment beaucoup plus courte en milieu naturel (probablement de 4 à 5 ans).

Déplacements et migrations: Les adultes, peu mobiles, ne s'éloignent que de quelques centaines de mètres de leur site de reproduction. Les juvéniles et les subadultes se déplacent davantage, à la recherche de nouveaux sites. La distance de dispersion maximale connue est de 4 km.

Hivernage: Le Sonneur hiberne, et sort relativement tard (à la mi-avril) de sa cachette hivernale située dans le sol.

Reproduction: La maturité sexuelle est probablement acquise vers 2 ou 3 ans. La reproduction de cette espèce, assez tardive, a lieu d'avril à août, surtout de mai à juillet. L'accouplement est lombaire (le mâle embrasse la femelle en avant des pattes-arrière), dans de petits points d'eau. L'espèce est ovipare.

Lieux de ponte: Après l'accouplement, une femelle peut pondre plusieurs fois des oeufs isolés ou groupés en paquets d'une vingtaine, déposés sur les parties immergées de brindilles et plantes aquatiques ou dans le fond des mares. Il y a 3 à 4 pontes par an, chacune comptant de 80 à 100 oeufs. La femelle choisit de petits points d'eau, la présence de végétation aquatique ne lui semble pas indispensable. par contre, les mares qui ne sont pas occupées par d'autres amphibiens semblent préférées.

Chant du mâle: Le mâle coasse souvent en flottant jambes écartées à la surface de l'eau. Son cri discret n'est pas très fort, il n'est audible qu'à une dizaine de mètres seulement. Il est donc difficile à localiser malgré de petites vagues qui indiquent sa provenance (remous causés par sa plongée). Le son est une succession de petits cris plaintif ("hou hou hou"). Il est mat et agréable, musical (d'où le nom de l'espèce), émis à la cadence d'un ou deux appels par seconde, plus rapidement s'il fait chaud. Il est émis pendant la période de reproduction au printemps (d'avril à août), de jour comme de nuit, mais c'est le soir qu'il se fait entendre le plus. Pendant la période de reproduction, les mâles se placent à une certaine distance les uns des autres pour chanter et éloignent leurs rivaux à coups de patte.

Habitat: On rencontre cette espèce dans les plaines alluviales et tous les petits points d'eau peu profonde en forêts humides, ou tout au moins à proximité d'un couvert végétal (mares de prairie ou de carrières peu éloignées des bois). Il apprécie les flaques dépouillées et les fossés plus ou moins temporaires, les mares boueuses, les ornières situées en forêt, les flaques et mares forestières, les carrières, les marais parsemés de plantes aquatiques, les abreuvoirs et même dans les gouilles au bord des routes ainsi que dans les ruisseaux. On le rencontre aussi dans les flaques d'eau des forêts touffues. Les fossés en bordure des chemins sont très fréquentés. D'autres populations dans les Alpes ou dans le Massif central vivent dans les vasques d'eau au bord des torrents. On le rencontre souvent à basse altitude en Europe occidentale (jusque 700m en France, maximum 2100 m dans les Balkans).

Alimentation: Il se nourrit de divers petits invertébrés: vers de terre, limaces, crustacés, mollusques, insectes, petits coléoptères, collemboles.

Comportement: Il est aquatique, plus actif de nuit mais s'observe couramment de jour. On peut le voir se laissant flotter à la surface des petits points d'eau, jambes écartées. Il nage très bien la brasse avec les pattes arrières et disparaît rapidement sous l'eau où il s'envase lorsqu'il se sent en danger. Il reste longtemps dans ou près des points d'eau. Le Sonneur à ventre jaune se retourne et exhibe ses couleurs ventrales voyantes pour avertir un éventuel prédateur de son caractère venimeux suintant à fleur de peau.

Hibernation: Le Sonneur ne quitte le milieu aquatique qu'en septembre ou octobre pour hiberner sous les feuilles ou dans les anfractuosités du sol (jusqu'à 70 cm de profondeur). Son hibernation est assez longue, d'octobre à fin mars - avril. Certains abris sont à la fois utilisés en été et pour hiberner.

Les têtards: Ils sont roussâtres, ponctués de brun, végétariens, et consomment des algues et diatomées. Le Sonneur à ventre jaune affectionne surtout les eaux peu étendues, peu profondes et temporaires, aux abords dégagés (végétation peu abondante). Se réchauffant vite, elles peuvent ainsi assurer le dévelopement des têtards. L'incubation est rapide (8 jours).

Les jeunes: La sortie de juvéniles se produit de juillet à septembre (selon la chaleur de l'été), la métamorphose survenant après environ 2 mois de vie larvaire quand les têtards mesurent de 3 à 5 cm.

Les prédateurs: Le Sonneur est protégé par son venin contre de nombreux prédateurs, mais serait toutefois consommé par plusieurs rapaces (Chouette hulotte).

Statut et protection: Cette espèce est menacée par le comblement des mares (remplacées par des citernes), le curage ou le drainage intempestifs des fossés forrestiers, le débardage fréquent des bois en toute saison, particulièrement pendant la période de reproduction, avec de gros engins. Le tarrissement des petites mares, flaques et fossés drainées lors d'années humides détruisent ses milieux de vie plus ou moins temporaires. Il n'y aurait plus suffisamment de nombreuses petites mares proches (ses populations sont isolées et réduites).

Des facteurs climatiques ont également pu le défavoriser (faibles températures, pluies insuffisantes, moindre ensoleillement?).

Populations: La régression du Sonneur est générale en Europe ainsi qu'en France où il se fait de plus en plus rare. Il a disparu de Flandre après 1981 (provinces d'Anvers et du Brabant, Fourons). En Wallonie, les populations des provinces de Namur et Liège se sont éteintes après 1987. (Les sites belges se trouvaient tous en Haute Belgique). Le Sonneur subsiste encore en Allemagne à proximité de la Wallonie (régions d'Aix-la-Chapelle et Bonn).

Protection et statut: Cette espèce menacée est inscrite à l'annexe 2 de la Directive Européenne (92/43/CEE) sur la conservation de la faune sauvage (espèces animales d'intérêt communautaire qui nécessitent la désignation de ZSC), inscrit à l'annexe 2 de la directive "habitats" et de la convention de Berne (engagement à protéger son milieu de vie), et inscrit dans la liste des espèces prioritaires du Plan d'action national pour les reptiles et les amphibiens en Belgique. Il est intégralement protégé en Wallonie ( Natura 2000), en Flandre (depuis 1980) et doit faire l'objet d'un plan de conservation particulier.

Pélobate brun = 'Crapaud à couteaux' (Pelobates fuscus Laurenti, 1768)

Famille des Pelobatidae ou Crapauds à couteaux (Classe des Amphibiens, ordre des Anoures).

Répartition: Le Pélobate brun est le plus rare des Batraciens belge. En Isère (38), le Pélobate brun (Pelobates fuscus ) a été noté dans *** communes.

Description: Le Pélobate brun mesure 5 à 7 cm (jusqu'à 8 cm) de long. On observe sur sa boîte cranienne un renforcement bombé entre les deux yeux, qui témoigne de son adaptation à une vie enterrée. Une excroissance claire et tranchante sur la patte arrière (tubercule appelé "couteau") lui sert à s'enterrer dans le sol ou le sable. Ses yeux sont globuleux, à pupille verticale. Le dos est généralement marbré de brun, la peau d'aspect lisse.

Reproduction: La ponte a lieu en avril, dans des mares, trous d'eau peu profonds avec de la végétation en milieu ouvert.

Identification: La présence d'un couteau sur la patte arrière est caractéristique des Crapauds à couteaux.

Alimentation: Il cherche sa nourriture la nuit: insectes, limaces et vers.

Habitat: Il vit enfoui dans la terre meuble des plaines pendant la journée. Son habitat est donc formé de zones sableuses, de sols meubles, sablières, gravières, ou cultures d'asperges.

Chant du mâle: Lorsqu'il est agressé, le pélobate brun se gonfle, se dresse et émet un cri sonore.

Hivernage: L'hibernation dure plusieurs mois, d'octobre à mars.

Comportement: Cette espèce est strictement nocturne et passe la journée enterrée dans le sable.

Les tétards: Ils sont très grands (10 à 18 mm) et peuvent également hiberner.

Les jeunes: La métamorphose des tétards a lieu en juillet-aôut.

C. Salamandre

Salamandre tachetée = S. terrestre = S de feu (Salamandra salamandra Linné, 1758) 812

Famille des Salamandridae (Classe des Amphibiens, ordre des Urodèles).

Description: La Salamandre tachetée mesure de 12 à 20 cm de long. Sa peau lisse et luisante est noire avec des bandes ou taches jaunes ou oranges, irrégulières, plus ou moins larges et nombreuses sur le dessus, comme une peau de banane très mûre. Le ventre est plus clair, grisâtre, parfois piqueté de points clairs. La tête est large, avec de grosses glandes parotoïdes à l'arrière, bien visibles, le museau arrondi et les yeux saillants très noirs. Les doigts et les orteils sont libres. Le corps ferme et trapu a un aspect boudiné avec des sillons verticaux plus ou moins distincts sur les côtés et autour de la queue, dont la section est circulaire. La queue est ronde. Cette espèce peut vivre une dizaine d'années. Son venin est sans danger pour l'homme, simplement irritant pour les yeux.

Répartition: L'espèce est commune dans toute la France et Belgique dans beaucoup de régions forestières et humides y compris en Corse.

Dimorphisme sexuel. Il est peu marqué : Le mâle a un tronc plus court et plus svelte, des pattes plus longues. Son cloaque est une fente longitudinale présentant deux paires d'épaisses lèvres cloacales, tandis que celui de la femelle ne dispose que d'une seule paire de lèvres, plus minces. Le dessin formé par les taches jaunes sur fond noir permet de reconnaître chaque individu (comme chez le Sonneur à ventre jaune).

Reproduction: La recherche des partenaires se fait à l'automne, et l'accouplement a lieu au sol entre septembre et mai selon les régions. La femelle ne s'approche de l'eau que pour y pondre, sans jamais s'aventurer en eau profonde, car elle nage mal et peut se noyer. Elle choisit des bords des ruisseaux et des flaques d'eau. La gestation dure de juin à fin septembre ou avril de l'année suivante. Les femelles, ovovivipares, déposent au printemps de 30 à 40 (10 à 50) larves de 20-30 mm dans les ruisselets forestiers calmes, à l'eau fraîche et oxygénée, les eaux stagnantes, les mares naturelles et artificielles, les bassins de décantation, les eaux souterraines. La membrane autour de chaque larve se déchire avant ou après la ponte. Les larves nagent immédiatement et sont pourvues de branchies externes.

Identification: La Salamandre tachetée a une "peau de banane" jaune et noire caractéristique et ne peut être confondue. Ses larves se distinguent de celles de Tritons par la présence d'une tache petite jaune clair à la base de chaque patte. La queue est ronde (les Tritons ont une queue aplatie).

Alimentation: La Salamandre adulte est très vorace, et consomme surtout des lombrics (jusqu'à 15 à 20 cm de long) qu'elle capture aisément, et toutes sortes d'autres invertébrés (limaces, insectes, araignées, mollusques et myriapodes).

Habitat: On observe cette espèce dans les forêts feuillues humides et ombragées de moyenne altitude, également en forêt résineuse et les forêts mixtes. Elle fréquente les bois humides au sol moussu, se cache sous les pierres et les vieilles souches, dans les vieux murs, les anfractuosités humides et les sites souterrains naturels ou artificiels. C'est le batracien le plus observé dans nos grottes. Elle atteint 1000 à 1800 m d'altitude. Elle ne s'éloigne jamais beaucoup des ruisseaux, des sources forestières, des flaques ombragées en forêt ou des zones un peu boisées ou vivent les larves, parfois déposées dans des lacs ou des mares. Elle aime un sol recouvert de mousses et de feuilles mortes.

Comportement: La Salamandre tachetée gite dans une anfractuosité dans le sol, sous une pierre ou un bois mort. Elle est plutôt nocturne et sort surtout après la pluie. Ses moeurs sont particulièrement terrestres, comme son surnom l'indique. Elle est ordinairement calme mais peut faire des mouvements rapides à l'oocasion. Le jour elle se cache sous des pierres et la mousse.

Hivernage: Les jeunes et adultes mènent une vie hivernale ralentie en fonction de la température, mais sans léthargie profonde, entre octobre et mars.

Les larves: Elles sont très voraces, souvent cannibales, et dévorent quantité de tubifex, chironomes et autres animalcules. Leur tête est grosse et aplatie, ornée de trois paires de branchies externes plumeuses, quatre petites pattes et une queue aplatie latéralement; une crête dorsale prolonge la membrane caudale.

Prédateurs des larves: Les larves sont dévorées par des insectes aquatiques (Dytique), par des larves de Libellules, des poissons (Truites), des oiseaux d'eau, la Couleuvre à collier... parfois même par canibalisme.

Prédateurs des adultes: Des petits carnivores (Hérisson, Blaireau), la Couleuvre à collier, et très exceptionnellement des rapaces nocturnes (Chouette chevêche...) ou des Buses peuvent prendre la Salamandre pour proie, malgré son venin. La Salamandre peut aussi se faire écraser sur les routes par divers véhicules.

Les jeunes: Les larves quittent le milieu aquatique pour devenir terrestres 3 à 4 (6) mois après la ponte. Les jeunes mesurent alors entre 4 et 6 cm et ressemblent aux adultes.

Mythologie: Dans l'Egypte ancienne, la Salamandre dessinée en hiéroglyphe représentait un homme mort de froid. Noire et jaune, nocturne, appaissant soudain après les pluies, la Salamandre inquiétait. Les croyances populaires en ont fait un animal pouvant traverser le feu sans se brûler, l'accusaient d'être venimeuse, d'empoisonner les ruisseaux et la croyaient capable d'éteindre le feu par projection de son venin. Les alchimistes en ont fait un symbole. C'était aussi l'emblème par François 1er, (au 16ème siècle) représenté à Chambord de plus de 330 façons différentes, avec la devise nustrico et extinguo (je nourris [le feu] et je l'éteins")

D. Grenouilles

Ponte de grenouille rousse ( avril 2011), dans ma dernière mare (création 2009) : Rana temporaria

 

 

 

 

Les Grenouilles sont actives tôt le matin ou le soir et s'éloignent peu du milieu aquatique. Elles consomment des vers de terre, des orthoptères, des escargots et divers insectes marcheurs. Elles hivernent dans la vase des étangs d'octobre à février - mars. Les jeunes nés dans l'année s'enfouissent dans le sol pour hiverner, tandis que les Grenouilles plus âgées recherchent les sources, mares ou étangs. Les Grenouilles se regroupent pour se reproduire et des centaines de pontes peuvent être observées au même endroit. 

Les Grenouille "vertes"

Il existe en Europe occidentale quatre espèces de Grenouilles "vertes" difficiles à distinguer avec précision: la Grenouille rieuse (Rana ridibunda), la Grenouille de Lesson (Rana lessonae), la Grenouille de Pérès (Rana perezi), autrefois considérée comme une simple sous-espèce de Rana ridibunda, et la Grande Grenouille verte (Rana esculenta). Elles peuvent facilement s'hybrider, ce qui rend leur reconnaissance difficile, mis à part avec leur chant et quelques critères morphologiques distincts.

Famille des Ranidae (Classe des Amphibiens, ordre des Anoures).

Description (Caractères communs): Leur tête est allongée et les yeux sont rapprochés. La Grenouille verte mesure 10 cm de long et n'est d'ailleurs pas toujours de couleur verte. La zone tympanique est de même couleur que la tête. Le dos varie entre les tons clairs ou vifs de vert, exceptionnellement bleu ainsi que brunâtre tacheté de noir. Il est marqué d'une ligne vertébrale claire. Le ventre et la gorge sont blanc crème uni ou tacheté de brun sombre. L'arrière des cuisses est marbré de jaune et noir. Rana lessonae et Rana esculenta sont assez semblables dans leur coloration.

Répartition: Les Grenouilles vertes sont largement répandues mais moins communes que les Grenouilles rousses. On les rencontre partout, de France-Belgique jusqu'aux rives de la Volga, en dessous de 800 m d'altitude.

Dimorphisme sexuel. Les mâles sont plus petits que les femelles, avec des membres plus longs et plus robustes. Ils possèdent de grands sacs vocaux blanchâtres situés de part et d'autre des commissures labiales (ils sortent d'une fente en arrière des angles de la bouche). Leur tête et leur dos sont souvent jaune vif avec des taches noires très prononcées, des pelotes nuptiales se développent à la base du pouce.

Reproduction: L'accouplement est axillaire. La femelle pond de 2.000 à 6.000 oeufs marqués d'un pôle brun et d'un pôle jaune. Ils tombent dans le fond de la mare.

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Date de dernière mise à jour : 09/11/2015