Pédologie 12

VIII Etude de la fraction organique des sols

VIII.1 ORIGINE DE LA MATIERE ORGANIQUE

On peut faire un paralléle entre l'évolution de la matière organique et celle de la matière minérale 

La matière organique fraîche (MOF) engendre l'humus un peu de la  même manière que les minéraux primaires donnent naissance à l'argile. La matière organique fraîche donne donc naissance à l'humus.

Cette matière organique fraîche constitue donc la matière première de l'humus : elle est formée de débris animaux et végétaux de toutes natures, qui se superposent au sol minéral (litières forstières), ou lui sont incorporés ( champs cultivés )

- Essentiellement débris et substances issues des végétaux  ( +/- 90% )

- Accessoirement : excréments et cadavres d'animaux.

 

litière forestière

 

Dès leur arrivée au sol, ils subissent une transformation par les activités biologiques et les facteurs physico-chimique, ce sont des débris finement divisés constituant le fond de la couche de litière.

Nous pouvons nous faire une idée des retombées de matière organique fraîche au sol en tenant compte des exemples suivants :

- Les forêts ardennaises restituent +/-  3,5-4 tonnes/ha/an de matière sèche.

En forêt feuillue, : retombées principales en automne; en forêt résineuse ( sauf mélèzes) répartition plus régulière toute l'année

- Les restitutions en forêt tropicale semi-humide et surtout en forêt équatoriale humides sont beaucoup plus importantes.

D'après duvigneaud ( 1967 la synthèse écologique - Doin, page 121 ) : 2,5 T de matière sèche par Ha sont abandonnées par un champs de fertilité moyenne. soit environ 25 tonnes de matière fraîche à l'Ha.

 

 

Ceci laisse présumer  que les sols agricoles contiennent trop peu de matières organiques  ( restitutions insuffisantes et oxydation par le brassage des instruments aratoires) ,la publication de Duvigneaud date, la situation s'est depuis dégradée, et actuellement en 2011, un sensibilisation au problème semble émerger. Nous verrons en suivant les information de ce document sur la pédologie, les conséquences funestes que cela peut entraîner sur les sols, essentiellement dans les exploitations agricoles où l'on ne pratique plus que la spéculation végétale sans apport de matière organique sous forme de fumier.

VIII.2  MATIERE ORGANIQUE ET HUMUS, UN PROBLEME DE DEFINITION

EXTRAIT DE :

Jean-Claude Tissaux

PUBLICATION Nº 60 JUIN 1996 publié par le  Groupe de Coordination sur les Bois Raméaux   Département des Sciences du Bois et de la Forêt Université Laval Québec G1K 7P4 QUÉBEC Canada

Dans le langage courant, on a tendance à faire un amalgame des termes matière organique, litière et humus. Cette confusion glossologique se

doit d'être éclaircie dans le présent texte.

Matière organique

Ce terme est de loin le plus largement répandu dans la littérature. Il est très général et beaucoup trop vague. En effet, on ne fait pas la distinction

entre matière organique vivante (biomasse) ou morte (nécromasse). On ne fait pas non plus la distinction entre les différentes strates de l'humus et des

adjectifs sont donc nécessaires pour les définir (matière organique fraîche,matière organique humifié...). Pour les besoins du texte, le terme matière

organique employé seul englobe la litière, l'humus au sens large et l'ensemble des micro-organismes qui y vivent.

Litière

Les végétaux (producteurs), organismes majoritairement autotrophes,font la synthèse de la matière vivante à partir du CO2 et d'éléments biogènes

(N, P, K...). Ce processus est connu sous le nom de photosynthèse. Cela conduit à la formation de chaînes de carbone, liée à divers groupements.

Cette matière vivante, selon une échelle de temps variable, retourne au sol sous forme d'exsudats racinaires et foliaires ainsi que de débris (feuilles,

rameaux, fruits, graines...). L'ensemble constitue la litière (Mangenot,[1980]). Elle est essentiellement végétale en rapport avec la proportion de la

masse animale que l'on y retrouve (Frontier et Pichot-Viale, [1993]). La litière est constituée de deux fractions (Dommergues et Mangenot, [1970}):

- La fraction hydrosoluble, rapidement entraînée vers les horizons minéraux après la chute des feuilles et riche en substances complexantes

(processus de chéluviation).

- La fraction non-hydrosoluble, décomposée par la microflore et la pédofaune. La litière prend aussi l'appellation de matière organique fraîche

(Duchaufour, [1991]). C'est elle qui engendre l'humus (Duchaufour,[1991]). De sa qualité (teneur en nutriments, teneur en polyphénols) dépend

la formation de chaînes trophiques plus ou moins complexes (Swift et al.,1979; Heal et Dighton, [1985]). Associée aux facteurs abiotiques du milieu

dont le pH, la quantité d'argile et la teneur en fer libre (Duchaufour et Jacquin, [1975]), la qualité de la litière oriente donc le type d'humification,

donnant des humus de type mull, moder ou mor. Il est difficile de généraliser l'équation litière = nécromasse, puisque, débris organiques

morts et micro-organismes vivants se côtoient et sont intimement liés pour assurer la transformation de cette litière.

Humus

L'humus, au sens large, est constitué d'humus libre (= matière organique non-humifiée) et d'humus lié (matière organique humifiée) (Dommergues et Mangenot,

[1970]). L'humus libre est une fraction légère à rapport C / N élevé, facilement biodégradable et faiblement liée aux argiles (litière en cours de décomposition).

L'humus lié est l'humus au sens strict. Il est constitué d'une fraction dense à C / N voisin de 10, difficilement biodégradable et fortement liée aux argiles. L'humus

lié est composé de trois fractions humiques dont le poids moléculaire varie entre 1 000 et 300 000 daltons (Visser, 1987).

VIII.3 EVOLUTION DE LA MATIERE ORGANIQUE FRAICHE DE LA LITIERE

Evolution globale de la M.O

La matière organique fraiche fragmentée en composés simples le plus souvent soluble (Duchaufour-abrégé) par les activités biologique que nous avons évoquée plus haut, va être à l'origine de deux processus originaux :

- Une partie de cette matière initialement transformée subit un processus dit de "minéralisation primaire " donnant naissance à des composés minéraux solubles ou gazeux ( par exemple CO2 ) , cette minéralisation peut être assez rapide dans des milieux biologiquement actif (voir notion d'humus biologiquement actif plus haut dans ce document).Certains des composés minéraux générés peuvent d'ailleurs, à l'inverse, être réorganisés au cours de l'humification. 

- L'autre partie échappe à la minéralisation et sert de matériau à l'édification de molécules nouvelles, de plus en plus complexes, de nature colloïdale et de coleur foncée dont l'ensemble constitue l'humus au sens strict, c'est l'humification

Ces composés humiques contractent des liens de plus étroits avec la matière minérale ( argiles et oxydes) , ce qui constitue les complexes organo-minéraux évoqués dans le chapitre précédent, puis se minéralisent à leur tour, mais de manière plus lente que la matière organique fraîche, c'est la minéralisation secondaire.

 


 

La quantité globale de matière organique du sol est évaluée de approximative par le dosage du carbone organique : M.O. = C x 2, dans les sols à végétation permanente et Cx 1,72 dans les sols cultivés

La vitesse de minéralisation du carbone s'effectue en général au laboratoire par incubation d'un sol humifère dans des conditions optimales de température et d'humidité, la description de laméthode sera exposée dans un chapitre relati à la chimie du sol.l'humus fait partie d'un cycle que l'on appelle turn over de la matière organique :

Si le turn over est rapide pour un apport déterminé de litière, le stock d'humus incorporé au sol reste faible, le taux de minéralisation annuelle restant élevé ( cas des humus actif des sols bruns faiblement acides). 

Si le turn over est lent , le stock d'humus incorporé est beaucoup plus élevé et le taux de minéralisation est faible ( cas des humus carbonatés de rendzines en milieu calcaire).

Dans les deux cas, une même quantite de CO2  est émise par unité de surface de sol forestier, elle équilibre les apports annuels decarbone organique et assure la permanence du profil humique.

Dans d'autres milieux à faible activité biologique , forte acidité et manque d'oxygène, c'est la minéralisation primaire qui est fortement ralentie , la MOF, mal décomposée s'accumule à la surface du sol en formant un horizon A0  ou (O) superposé au sol minéral( humus brut ou mor, tourbes)

NB : Le terme humus présente globalement deux significations distinctes :

a) Fraction humifiée, de nature colloïdale ( HUMUS sur lr schéma)

b) Matière organique globale ( sens profane)par exemple l'humus brut , peu humifié. Il est cependant plus adéquat d'employer le terme "matière organique" pour le total et "humus" pour le transformé.

Si le milieu est favorable, la minéralisation se réalise en deux étapes :production de NH3 ( ammonification ) puis oxydation de NH3 en HNO2 puis HNO3 (nitrification) .

Si le milieu est défavorable  (forte acidité, anaréobiose) , l'ammonification st le seul stade véritablement actif.

D'autre part, la vitesse de décomposition des débris à structure organisée est fonction des conditions du milieu, comme nous avons vu plus haut.

Composition et propriétés de la matière organique

La matière organique des sols est en évolution continuelle. On peut distinguer dans tout horizon humifère, et en proportions variables :

1) Des dbris encore peu attaqués , à structure organisée ( structure fibreuse, cellulaire, .....)

2) Des produits intermédiaires ( celluloses, hemicelluloses, lignines, protéines, glucides, etc ...)

structures élémentaire de la cellulose, faite d'un regroupement linéaire de dimères de glucose, le cellobiose, cela donne une structure fibrillaire, de l'hémicellulose et de la lignine

 

3) Des complexes colloïdaux d'origine résiduelle ou de synthèse microbienne : c'est la fraction humifiée de la matière organique ou humus proprement dit.

 

4) Des composés solubles  se minéralisant ( ou se polymérisant ) plus ou moins rapidement.

 

L'humus est donc le reflet fidèle de l'ensemble des activités biologiques elles-même conditionnées par l'ensemble des facteurs écologiques . Ceci permet de considérer que le type d'humus peut servir à caractériser des stations naturelles.

Pour identifier les principales fractions de l'humus, il importe de séparer les composés humiques de la matière organique d'une part, de fractionner les divers complexes humiques d'autre part. En pratique, ces opérations sont délicates, et on en est réduit à utiliser des méthodes conventionnelles de laboratoire en faisant appel à des réactifs d'extraction capables d'isoler sélectivement et sans trop les altérer les divers composés humiques. La plupart des auteurs emploient des réactifs alcalins : soude, oxalate d'ammonium, fluorure de Na. Ultérieurement , la séparation repose sur l'action d'un acide : HCl ou H2SO4 .

                                .............................................................................

Schéma global du fractionnement

 

 

Explicitons ce schéma :

Le fractionnement de l'humus peut s'établir comme suit :

1) Fraction soluble dans les solutions alcalines ( soude, pyrophosphate ........

- Non précipitable par H2SO4

ACIDES FULVIQUES

- Précipitable par H2SO4

PRECURSEURS DES ACIDES HUMIQUES ( complexes humo-lignine)

ACIDES HUMIQUES    GRIS      BRUNS

2) Fraction insoluble dans les solutions alcalines, ce sont les humines

- hydrolysable par HCl 6 N

POLYURONIDES

CERTAINS ACIDES HUMIQUES LIES AUX ARGILES

- non hydrolysable par HCl 6N

LIGNINE PEU TRANSFORMEE

COMPLEXES PEU CONNUS A N HETEROCYCLE

ACIDE HUMIQUES LIES AU ARGILES ET A N HETEROCYCLIQUE (réfractaire aux traitement précédents)

RESINES ET CIRES ( solubles dans un mélange benzene alcool)

Retenons les principales fractions de ce schéma :

- Les acides fulviques : fraction soluble dans les solutions alcalines et non précipitable ( floculable) en milieu acide. Composés les plus acides, relativement mobiles dans le sol. Ils percolent facilement a travers celui-ci et peuvent entrainer l'argile et les sesquioxydes : d'où leur rôle important dans le phénomène de podzolisation. Les acides fulviques comprennent plusieurs fractions que l'on peut séparer par chromatographie. ils sont incolores.

- Les acides humiques : substances à poids moléculaire élevé (+/- 100.000), extractibles par les réactifs alcalins  (soude, fluorure, pyrophosphate sodique) et floculables par les acides. Ils comportent un noyau relativement dense provenant de composés phénoliques et sur lequel se greffent des chaines latérales de polysaccharides ou d'acides aminés. Ils sont plus riches en N que les acides fulviques, et moins mobiles ; forment des complexes avec les colloïdes minéraux ( argiles) : importance pour la structuration du sol.

Il faut distinguer :

1) Les précurseurs des acides humiques : complexes homu-ligneux ou acides ligniques, forpés en milieux très acides. De couleur noire. Il s sont dispersés dans les podzols en entraînant le fer.

2) Les acides humiques bruns dérivent de l'oxydation de la lignine par certains enzymes. Ils forment des composés peu stables avec l'argile , sont pauvres en N et floculent lentement par Ca++ à concentration élevée. Couleur brun rouge ; caractérisent surtout les mulls forestiers.

3) Les acides humiques gris sont plus foncés, sont riches en N et floculent facilement par les ions Ca++. Ils sont liés intimement aux argiles avec lesquelles ils forment un complexe argilo-humique très stable. C'est l'humus calcique caractérisant certains sols ( chernozems, rendzines).

- Les humines constituent la masse de la matière organique insoluble dans les réactifs alcalins ; on y distingue une partie hydrolysable par HCl 6N et une partie non hydrolysable.

Les humines seraient des acides humiques semblables aux précédents, mais non extractibles en raison de leur liaison intime avec l'argile, ou encore diverses matières organiques +/- fraîches ayant contracté des liaisons chimiques avec les argiles. 

VIII.4. FORMATION DES COMPOSES HUMIQUES

1 Matière organique d'origine.

En milieu naturel, les débris végétaux s'accumulent en une litière qui se décomposent plus ou moins rapidement selon la nature des plantes qui la fournissent.

- décomposition rapide et incorporation dans le sol: humus actif de type « mull » qui se forme à partir de précurseurs solubles issues de la décomposition (néoformation).

- décomposition lente et accumulation sur le sol: humus peu actif de type « moder » et « mor » contenant des molécules intermédiaires entre la matière organique d'origine et les composés humiques au sens strict (héritage).

Les résineux, les Ericacées (bruyère) donnent des litières qui se décomposent difficilement et forment une couche noire et épaisse (« Terre de bruyère »). Le calcaire ralentit l'humification.

En agriculture, l'apport de débris végétaux est plus réduit; d'autres matières organiques sont ajoutées (fumier, lisier, boues de stations d'épuration...) La décomposition et l'incorporation de la matière organique au sol est activée par le travail de la terre.

La décomposition des feuilles commence dès leur jaunissement. Elles sont fragmentées et enfouies par la faune du sol puis finalement décomposées par les bactéries et les champignons.

2. Décomposition des organismes végétaux et animaux

Les biopolymères sont décomposés en oligomères et monomères qui servent de source d'énergie pour les micro-organismes. Ils sont fournis par les parois cellulaires des végétaux (celluloses, hémicelluloses, pectines), la lignine, les chlorophylles, les protéines...La contribution des animaux reste minoritaire.

Cellulose,

Matière principale à l'origine de l'humus.

polymère (C6 H10 O5)n

l'hydrolyse donne du glucose uniquement:

 

(C6 H10 O5)n + n H2O ---> n C6 H12 O6

 cellulose                     a ou b glucopyranose

 

 

                                                                                              Glucose ( Alpha ou Beta glucopyranose)

 

Composant principal des fibres textiles (lin, coton...), la cellulose s'imbibe d'eau: la fibre gonfle de 20 à 30 %.

Le degré de polymérisation varie selon les fibres.

La cellulolyse se fait en présence de cellulase de bactéries ou de champignons. Les bactéries possédant de la cellulase appartiennent à de nombreux groupes; elles sont généralement aérobies mais il existe des anaérobies (Clostridium) dont l'action est moins rapide sauf s'il s'agit de bactéries thermophiles. Les champignons sont aérobies stricts; leur action est plus lente (Penicillium, Aspergillus, Polyporus...) Un cas particulier est celui de la microflore intestinale des ruminants et des termites.

La dépolymérisation de la cellulose passe par des produits intermédiaires comme le cellobiose.

Hemicelluloses

Ce sont des glucides polymérisés qui donnent à l'hydrolyse des oses variés (hexoses, pentoses) et des acides uroniques.

Pectines

Polymères de l'acide pectique

 

 

Abondantes dans la pomme (17%), l'écorce d'orange (25 %), la feuille de tilleuil (20%).

La pectinolyse correspond au rouissage des fibres textiles: trempées dans l'eau, les fibres sont attaquées par les agents pectinolytiques, la cellulose résiste. Ce sont des bactéries anaérobies et des champignons; ils sont abondants dans les d'éjections de lombric.

Lignines

substances ternaires polymèrisées de haut poids moléculaire, trés stables, à base de motifs phénylpropane (C6-C3); elles peuvent constituer jusqu'à 40% de la matière humique. Les lignines incrustent et cimentent les fibres cellulosiques du bois et de nombreuses autres plantes (pailles). Sa dégradation est lente; elle libère des noyaux phénoliques. La ligninolyse est effectuée par des bactéries et de nombreux champignons (Polypores, Agarics).

Chorophylles

on en retrouve les noyaux tetrapyrroliques dans l'humus.

Protéines

Dans le cytoplasme, elles sont hydrolysées par des protéases et des polypeptidases sécrétées par la cellule elle-même au cours de sa sénescence (autolyse).

 

 

Acides nucléiques

Ils sont incomplètement dégradés dans le sols; les bases libérées sont adsorbées sur les argiles.

Chitine

Composant des carapaces d'Arthropodes; décomposées en glucose et NH3.

L'interaction entre oligo- et monomères donne des polymères colorés sombres qui sont les précurseurs des molécules humiques s.s. Les oses s'associent aux amino-acides puis polymérisent en substances sombres, les mélanoïdines. Les phénols provenant de la lignine et des pigments cellulaires s'oxydent en quinones puis polymérisent en polyphénols. L'addition des groupements NH2 des protéines sur les noyaux aromatiques aboutit notamment à des mélanines. La polycondensation des phénols est particulièrement rapide en sols carbonatés (humus trés noir des rendzines).

Dans la pratique, on peut distinguer 4 fractions dans l'humus:

- l'humine héritée (lignine transformée)

- les biomolécules (humine microbienne)*

- les acides fulviques et humiques facilement extractibles

- les acides humiques et l'humine de fort poids moléculaire.

Les composés humiques de néoformation sont des molécules de fort poids moléculaire.

Dans les composés à noyaux aromatiques, des chaines protéiques ou polypeptidiques sont fixés sur un nucléus central formé principalement par la polymérisation de noyaux aromatiques. Les noyaux phénoliques proviennent de la décomposition de la lignine et des tanins ainsi que de la cyclisation de chaînes linéaires (aliphatiques) par les micro-organismes.

 

 

Les humines microbiennes (ou biomolécules) sont des chaines aliphatiques non extractibles par solvants alcalins: polyosides, polypeptides, acides gras. Elles sont produites par les micro-organismes et sont facilement biodégradées.

L'humine héritée a une structure proche de la matière organique d'origine, généralement la lignine. On la trouve dans les mor et les moder ainsi que dans les milieux riches en calcaire.

VIII.5 RESUME DES PHASES DE DECOMPOSITION HUMIFICATION

 

 

phases agents actions, effets
lessivage

eaux météoriques

minéraux, sucres

dissolution des composés solubles

: sels, acides aminés, etc

désagrégation faune pulvérisation des débris organiques
bioréduction

microbes ( enzymes du

tube digestif des animaux

cellulolyse,protéolyse, lignolyse etx..

oxydation complète des produits formés ( jusqu'à minéralisation).

Production de substances préhumiques 

humogénèse proprement dite microbes

élaboration de produits de synthèse et de déchets de métabolisme

( acides humiques, acides fulviques...)

Condensations purement chimiques

complexation

vers fouisseurs ( principalement

endogés)

Formation de complexes organo-minéraux ( humines)
minéralisation microbes ( flore autochtone humivore)

minéralisation lente des composés facilement

biodégradables avec production

1) Ces diverses phases s'interpénètrent dans le temps et l'espace

2) Il faudrait distinguer les conditions écologiques , milieu +/- actif, +/- aéré ou non.

3) Il convient de bien distinguer l'humification , processus de synthèse conduisant à l'édification des composés humiques, et la minéralisation,ou décomposition

VIII.6 CARACTERISTIQUES COURAMMENT UTILISEES DE L'HUMUS

1) Observation de la microstructure

2) Analyse microbiologique; activités diastasiques dont celles de la déshydrogénase. Une bonne activité de ces enzymes implique une bonne activité biologique du sol .

3) Etude quantitative et qualitative des organismes animaus et végétaux et de leur rôle dans la transformation de la matière organique.

4) Détermination par voie chimique de l'importance relative des divers complexes ( voir le fractionnement de l'humus, plus haut)

En pratique, on se contente des mesures de :

- Description morphologique ( type d'humus ) 

humus.pdf

- Dosage de C. et acides humiques

-pH,   N minéral/N total-C/N 

-Capacité d'échange cationique ( voir plus loin)

Le pH renseigne sur le degré de saturation en bases de l'humus. On peut admettre que la décomposition de la litière reste active tant que le pH dépasse 5, les autres conditions étant favorables.

A moins de 5 , évolution vers un humus de type mor

Aux environs de 5 : humus de transition /moder .

Il y a cependant de nombreuses exceptions  comme l'existence de mull acides ( pH 4,5-5) et de mor calciques ( pH 5,5 - 6). Le rapport N min/N tot donne une indication sur l'activité actuelle de l'humus. Le rapport C/N caractérise l'humus.

En gros, mais avec exceptions :

- C/N = +/- 10 : MULL

- C/N = +/-   10 - 15 : MODER

- C/N = +/-   15 - 20 : MOR

Et d'autre part, la signification de C/N varie selon les horizons.

Il importe de donner aux résultats des diverses mesures et évaluation une interprétation globale et objective, en reliant avec les indications et les descriptions relevées au moment du prélèvement des échantillons.

VIII.7 FACTEURS AGISSANT SUR LA DECOMPOSITION DE LA MATIERE ORGANIQUE 

a) Facteurs externes

1. Le climat général

T° optimale  30 - 35 °C;   humidité du sol élevée sans excès ( optimum 60 à 70% équivalente ); ces deux conditions sont réalisées en régions équatoriales humides où la matière organique , même très acide , disparaît rapidement.

Par contre en climat froid ( montagnes, hautes latitudes), la matière organique s'accumule dans le sol.

2. Le microclimat

Les radiations solaires doivent être suffisantes, sans excès (UV) Par exemple en altitude, les forêts à  couvert dense sont caractérisées par un humus brut épais, mème sur sol calcaire à forte activité biologique.

3. L'exposition 

Elle agit d'une manière différente selon l'altitude :

- Basse altitude : acidification de l'humus sur les versabnts chauds

- Haute altitude : (étage alpin) : acidification de sur les versants exposés au nord, plus froids (insuffisances de radiations).

4. Action alternée du froid et de la chaleur ( Thermopériodisme)

Améliore la décompsition de l'humus ( application de fumier sur les terres avant l'hiver de préférence ), un phénomène parallèle est l'alternance des périodes d'ombre et de lumière ou photopériodisme ( décomposition brutale de la matière organique après une coupe en forêt, surtout en montagne).  

L'influence des variations rapides du microclimat dans le temps sont un ensemble de circonstances permettant d'accélérer le cycle normal d'évolution de la matière organique dans le sol).

5. La richesse du sol en bases échangeables ( voir les bases échangeables plus loin ) 

Elle intervient généralement dans la mesure ou elle permet la saturation +/- rapide ou +/- complète des acides humiques formés par par l'activité microbienne . Réciproquement , les complexes humiques formés sur sols filtrants et pauvres en bases se dispersent et migrent en profondeur.

6. L'aération

- Insuffisante : Les champignons et bactéries aérobies ne peuvent vivre ; les seules anaérobies sont actives, d'où tendance à la formation de tourbe ( calcique si sol riche en bases).

- Excessive : décomposition très active de l'humus et dilapidation des réserves humiques ( d'où ne pas travailler les sols de manière excessive ).

 b) Facteurs internes

1. La végétation est à la base de la composition de la litière :

- Certaines espèces donnent des résidus peu lignifiés, riches en cendres ( surtout Ca) et en N , dou le C/N est faible: elles produisent un mull à décomposition rapide.

Exemple : Papilionnacées , en général les feuillus exigeants, (Ormes Frènes), les espèces des pelouses pâturées (mélanges graminées,papilionnacées).

On constate que dans la plupart des plantes, les richesses en Ca et N des feuilles vont de pair.

- D'autres espèces ( résineux dont les pins, Ericacées) donnent une matière organique très acides de type mor

- Tous les intermédiaires existent entre  ces extrêmes ( humus moder).

2. Le substrat influence directement la composition des cendres des plantes qu'il a portées.

Exemple : Le Hêtre = taux de Ca entre 1,5 et 2,5 % selon la richesse en calcium du sol

               L'Epicéa : taux de Ca 3,5 % sur calcaire contre 0,5 % sur Granite  ( D'après Duchauffour )

3. Le mélange organique se transforme mieux que des substances provenant d'une même espèce. D'où l'intérêt de composer des fumiers avec des pailles d'origines différentes , de favoriser les peuplement mélangés ( feuillus, résineux, sous étages, ...) etc ...

Remarquer que les matières organiques animales se décomposent plus rapidement que les matières végétales , et à fortiori les mélanges  ( fumiers à base de défécations animales et de litière ! )

Remarquer aussi que le purin appliqué en excès détruit la structure ( sels de K.)

4. Matières toxiques , absence ou pauvreté ( résines, etc )

 

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