Monocotylées 6

I.7 Ordre des Héliobiales

( Alismatales ou Fluviales )

Ordre aberrant, aquatique ( eaux douces ou marines )

Fleurs à ovaire apocarpe ( plantes dans lesquelles les carpelles ne sont pas soudés entre eux), tétramère dans beaucoup des cas, hétérochlamydées et spiralées avec tendance A∞, G∞.

Fruits, follicules ou akènes.

Intérêt biologique, mais non agronomique.

Ce sont des plantes vivant le plus souvent totalement dans l’eau douce ou salée. Les fleurs, solitaires ou en cyme, sont trimères-tétramères et possèdent un périanthe à deux verticilles bien distincts. Ces plantes présentent de nombreuses particularités biologiques, surtout en ce qui concerne la reproduction. Ainsi, chez les Vallisnéries, les petites fleurs mâles (plusieurs centaines) se détachent de leur inflorescence, émergent et flottent au fil de l’eau ; elles s’épanouissent, et leurs étamines explosent, projetant le pollen sur les fleurs femelles, qui, longuement pédonculées, sont à la surface de l’eau. La fécondation faite, la fleur femelle est de nouveau immergée (spiralisation du pédoncule), et la maturation du fruit se fait sous l’eau, comme chez la plupart des espèces de cette famille. Elodea canadensis, introduite accidentellement en Europe, n’existe dans nos ruisseaux que sous la forme de pieds femelles. Comme genres principaux, il faut citer Elodea, Vallisneria, Hydrocharis. Quelques-unes de ces plantes sont employées pour décorer les aquariums, Elodea canadensis pouvant servir à la nourriture du bétail.

fa Alismatacées

Les Alismatinées (deux familles) ont des fleurs hypogynes trimères pourvues généralement d'un calice et d'une corolle et de trois étamines et trois carpelles ou davantage.

Les plantes de la famille des Alismatacées comportent des laticifères schizogènes ; les carpelles n'ont que peu d'ovules ou même qu'un seul se transformant à maturité en nucules monospermes. Cette famille compte cent dix espèces, des zones tempérées et chaudes, surtout de l'Amérique du Nord, groupées en seize genres dont les plus importants sont : Alisma (six espèces des zones tempérées et chaudes, l'espèce la plus connue étant A. plantago-aquatica, le plantain-d'eau) ; Echinodorus (vingt espèces, surtout américaines) ; Damasonium (cinq espèces, d'Europe, du bassin méditerranéen, d'Asie centrale et occidentale, d'Australie et de Californie) ; Sagittaria (vingt-cinq espèces surtout américaines, mais en Europe une espèce, S. sagittifolia, remarquable par son hétérophyllie : les feuilles complètement immergées sont rubanées, les feuilles flottantes ont un limbe ovale, celles qui se dressent au-dessus de l'eau ont un limbe sagitté).

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Sagittaire à feuilles en flèche (Sagittaria sagittifolia) et
Plantain d'eau (Alisma plantago-aquatica)
 

I.7.1 fa Bustomacées

La famille des Butomacées se distingue de celle des Alismatacées par les carpelles à nombreux ovules, et par les fruits formés de follicules à nombreuses graines. Cette famille compte quatre genres groupant treize espèces, surtout tropicales. Citons les genres Butomus (seule espèce : B. umbellatus, le jonc-fleuri, d'Europe et d'Asie tempérée) et Hydrocleis (neuf espèces, d'Amérique tropicale, dont H. nymphoides souvent cultivé en aquarium).

Feuilles immergées, ansiformes.

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 Ex : Butomus ombellatus = Jonc fleuri

 I.7.2fa Hydrocharitacées

La famille des Hydrocharitacées ou Hydrocharidacées, comprend une centaine d'espèces réparties en une vingtaine de genres. Trois de ces genres, Enhalus, Halophila et Thalassia, sont exclusivement marins et comptent une vingtaine d'espèces.

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 Hydrocharis des grenouilles (Hydrocharis morsus-ranae)

Types biologiques : herbacées aquatiques.
Feuilles : simples alternes ou verticillées.
Inflorescences : isolées ou en grappe.

Fleurs : unisexuées dioïques, actinomorphes. Diclines
Formule florale : 3 S + 3 P + 1-3, 3+3 A + (2-15) G. Ovaire infère à 1 loge et à 1 style.
Fruits : baie.

Le Faux Aloès [StratiotesaloidesL.] fait partie de la famille des Hydrocharitacées. C'est une plante hydrophyte à feuilles submergées.

Dans beaucoup de langues, cette plante porte le nom d'Aloès aquatique (cf. l'allemand : Wasseraloë, le français Faux Aloès). Le nom scientifique de l'espèce, aloides, évoque lui aussi la ressemblance des feuilles et de toute la rosette avec celles de quelques plantes du genre Aloe.

Il s'agit pourtant d'une plante aquatique dont la rosette de feuilles s'ouvre tout près de la surface de l'eau. Dans les eaux profondes, on trouve parfois des rosettes submergées, aux feuilles plus fines et bien enracinées dans le fond. Normalement, les rosettes semi-immergées, flottent et les longues racines massives ne se fixent que parfois dans l'eau.

Le Faux Aloès pousse dans les eaux dormantes ou à faible courant, dans les mares, les bras morts, formant parfois des peuplements très étendus et impénétrables ; il concourt ainsi au comblement des pièces d'eau et des canaux. Il s'agit néanmoins de plantes assez rares dont le domaine est l'Europe centrale et l'ouest de la Sibérie ; on les trouve isolément dans le nord et le nord-ouest de l'Europe.

3249139262.jpgFaux Aloes

L'Élodée du Canada [Elodeacanadensis] fait partie de la famille des Hydrocharitacées. C'est une plante hydrophyte à feuilles submergées.

L'Élodée a reçu, dans plusieurs langues, le nom injurieux de "peste d'eau". Les premières plantes sont arrivées en Europe, venant d'Amérique du Nord, vers 1840. Dix ans après, les jardins botaniques d'Europe échangeaient ces plantes intéressantes. Mais il ne leur fallut pas un si long temps pour envahir toutes les eaux qu'elles pouvaient rencontrer. Bien qu'on n'eût fait traverser l'océan qu'à des fleurs femelles incapables de produire fruits et graines, cette peste aquatique se répandit rapidement. Tout fragment de tige voguant sur l'eau donnait rapidement des pousses nouvelles de plusieurs mètres de long, étroitement enchevêtrées. Elle devenait un fléau pour les pêcheurs et la navigation fluviale.

L'Élodée pousse à toutes les profondeurs. À l'état frais, c'est un excellent fourrage vert dont la valeur alimentaire vaut celle du Trèfle. On la cultive en aquarium avec l'espèce voisine Elodea densa . qui provient de l'Amérique du Sud subtropicale ; en passant par l'Amérique du Nord, elle a été introduite sur les autres continents. On a constaté, en Allemagne, sa présence dans certains canaux.

E. canadensis est une plante vivace, immergée, à tiges articulées, très ramifiées, portant de nombreuses feuilles. Les feuilles poussent en verticilles, généralement par trois (1) ; elles sont sessiles et légèrement dentées. La plante femelle introduite en Europe (la population européenne actuelle est vraisemblablement un clone) fleurit rarement et ses petites fleurs sont pratiquement invisibles de la rive.

E. densa a de grandes fleurs femelles (2) d'un blanc lumineux et les feuilles sont groupées par cinq dans des verticilles.

Les Elodées fleurissent rarement, de mai à août.

2619327265.jpgI.7.3 fa. Potamogétonacées

Les potamogétonacées sont des plantes herbacées aquatiques, à feuilles flottantes ou immergées, attachées à de très longs pédoncules et engainante à la base. Les fleurs de potamots sont le plus souvent des épis hermaphrodites, également longuement pédonculés et le plus souvent émergés. Polymorphisme foliaire. La famille des Potamogétonacées est une famille de plantes monocotylédones qui comprend 100 espèces réparties en 3 genres.

Les fleurs sont vert rougeâtre ou blanc verdâtre , petites,hermaphrodites, à symétrie radiaire. Le périgone est formé de 4 pétales libres. Les étamines présentent un filet très court et sont insérées sur les segments du périgone. Les carpelles sont généralement libres et au nombre de 4, chacun contient un ovule. Les stigmates sont plus ou moins sessiles (Lambinon et al., 1992).Le fruit est un akène de 4 mm sur 3 (Collectif, 1997). Il peut y en avoir 1 à 4 par fleur (Lambinon et al.,1992).

P. natans = Potamot; eaux douces

Rupis et zostera ; eaux marines et saumâtres
 
Les Potamots
 
On trouve des espèces à larges feuilles flottant à la surface (P. natans), des espèces au limbe en filaments et à la manière d'un peigne (P. pectinatus) ou linéaires allongées (P. rutilus).

Ce sont des plantes habituellement immergées ou flottant à la surface mais toujours bien enracinées dans la boue du fond. Leurs feuilles et leurs tiges renferment suffisamment de tissus aériens qui alimentent en air les parties immergées de la plante. Elles se multiplient végétativement avec une grande facilité, les parties cassées produisant rapidement des racines. Les oiseaux concourent à leur dissémination : les graines du Potamot ne sont pas digérées et sont ainsi rejetées avec la plante dans les eaux éloignées ou isolées.

L'économie des étangs tire profit des peuplements de Potamot (flore molle) et ils sont un abri convenable pour le frai des poissons. Par contre, les colonies cachées de Potamot crépu sont très désagréables pour les nageurs. En grec, potamos signifie fleuve ; geiton, voisin, proche ; Potamogeton désignait jadis certaines plantes aquatiques et ne désigne plus aujourd'hui que le Potamot.

Les Potamots sont des plantes vivaces aux rhizomes solidement fixés dans la boue et aux longues tiges flottantes. Les feuilles de P. natans (1) mesurent jusqu'à 12 cm de long et 6 cm de large ; elles sont longuement pétiolées, coriaces, et nagent à la surface. P. fluitans ROTH. est un Potamot à deux types de feuilles : les feuilles immergées sont étroites, lancéolées, celles qui nagent à la surface sont largement ovoïdes (2). Les feuilles de P. crispus L sont ondulées sur les bords (3).

Les fleurs s'épanouissent de juin à août sur des épis dressés émergeant au-dessus de la surface. Elles sont hermaphrodites et le connectif vert assume la fonction du périanthe qui n'est pas développé.

Source : V. Vetvicka (1981). - Plantes du bord de l'eau et des prairies. Ed. Gründ.

 potamot-noueux-visoflora-16111.jpg

 
I.7.4 fa Scheuchzeriacées ( ou Juncaginaceae pour mémoire)
 
Triglochin palustris
Triglochin maritima  
 
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Famille de plantes monocotylédones qui comprend une grosse vingtaine d'espèces réparties en 2 à 4 genres.

Ce sont des plantes herbacées aquatiques, généralement pérennes, des régions froides à sub-tropicales, largement répandues dans les zones tempérées et froides.

Dans cette famille on peut citer le troscart maritime (Triglochin maritimum L.) des marécages maritimes et prés salés.

Les espèces du genre-type Juncago sont incluses dans le genre Triglochin (Triglochin palustris ex Juncago palustris, Triglochin maritimum ex Juncago maritima).

 La famille est subcosmopolite, mais essentiellement répandue dans les régions tempérées et froides des deux hémisphères, et principalement le long des cotes en régions marécageuses.

 

Appareil végétatif des Juncaginaceae

 
Les Juncaginaceae sont des plantes herbacées annuelles et vivaces, aquatiques ou amphibies. Le rhizome vertical produit des racines fibreuses ou tubéreuses et des feuilles plus ou moins lineaires, alternes, engainantes à la base, et généralement radicales et dressées, parfois flottantes.
 

Reproduction des Juncaginaceae

 
L'inflorescence est une grappe ou un épi pédonculé et dépourvu de bractées. Exceptionellement, les fleurs peuvent être solitaires. Elles sont actinomorphes, bisexuées ou unisexuées, avec dioecie ou polygamie. 
Les fleurs ont un périanthe vert ou rouge, formé de 1 ou 6 tépales uni- à biseriés, libres et pafois absents. Il y a 1, 4 ou 6 étamines libres et épitépales, uni- à trisériées, aux anthères subsessiles, biloculaires, à dehiscence extrorse et longitudinale. L'ovaire est supère et consiste en 1, 3 ou 6 carpelles libres ou partiellement soudés, subsessiles, contenant chacun 1 ovule unique anatrope et basal, rarement apical et orthotrope. Les styles sont courts ou absents, et les stigmates sont souvent plumeux.
Les fleurs sont pollinisées par le vent, et chez une espèce de Triglochin, il y a des poches naviculiformes sous les anthères qui recueillent le pollen avant qu?il ne soit dispersé par le vent.
Le fruit est un follicule ou est schizocarpique, et les graines ont une embryon droit et n'ont pas d'albumen.
 

Phylogénie des Juncaginaceae

 
Les genres Triglochin, Maundia et Tetroncium sont très proches les uns des autres, mais aussi des Lilaeaceae. Ils ont une certaine ressemblance avec d'autres plantes aquatiques et marécageuses parmi les Aponogetonaceae et les Najadaceae. Le double verticille de carpelles est considéré comme un caractère primitif et indiquerait une éventuelle parenté avec les Alismataceae et les Butomaceae.
 

Intérets des Juncaginaceae

 
Les feuilles de Triglochin maritima, des régions tempérées de l'hémisphère nord, sont comestibles, et les arborigènes australiens consomment le rhizome de T. procerum.

 

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Date de dernière mise à jour : 23/12/2016