Anatomie 2 Phanérogames

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PROFIL  LONGITUDINAL AXIAL DE LA RACINE

L’organographie nous a permis de distinguer successivement  et de bas en haut :

R IV / Région subéreuse : étirement nul

R III/ Région pilifère : étirement ralenti

R II/ Région lisse : étirement actif

RI / coiffe : méristématique

Schéma d’une racine de ficaire, le long de deux lames vasculaires

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De bas en haut, on observe respectivement pour chaque région :

Coiffe : Cellules méristématiques

R. lisse : étirement actif d’où contre les rangées verticales de cellules-vannes : des vaisseaux annelés descendant
très loin dans le région lisse. Vers l’intérieur de la lame vasculaire , les vaisseaux spiralés plus rigides que les annelés , apparaissent plus haut, d’autant plus haut que les spirales sont serrées ou multiples…

R. pilifère : étirement ralenti . D’abord des vaisseaux réticulés , ensuite des vaisseaux striés qui sont limités à la
partie supérieure .

R. subéreuse : Contient des vaisseaux ponctués au centre , les autres vaisseaux ont été en tout ou en partie détruits par
l’étirement, selon le cas.

La différenciation des lames vasculaires suit une évolution de bas en haut et de l’extérieur vers l’intérieur  (= centripède ou exarche)

Les massifs criblés présentent les mêmes disposition en coupe longitudinale axiale ; Les premiers tubes criblés formés dans la racine apparaissent vers le péricycle et à un niveau situé généralement plus bas que les vaisseaux annelés.
L’ordre de différenciation est généralement centripète , les tubes criblés les plus gros étant généralement situés vers le centre des massifs criblés.

On sait par l’étude de la coupe transversale ( région pilifère) que l’intervalle compris entre les massifs criblés et les lames vasculaires est occupé par du parenchyme améatique ; il en est de même vers le bas, dans les intervalles compris entre le
conducteur et la coiffe.

FORMATION DES RADICELLES

Nous savons par l’organographie que les radicelles ou racines latérales apparaissent sur la racine principale au niveau
de la région subéreuse, où elles se succèdent en rangées verticales ( pour autant que la racine principale soit pivotante, non ramifiée etc…).

L’assise du péricycle demeure méristématique.

Les cellules péricycliques situées en face des pôles de vascularisation sont des cellules vannes ; il existe autant de rangées verticales de cellules-vannes que la racine compte de lames vasculaires.

La racine principale se sert de certaines cellules-vannes pour constituer ses radicelles.

Les cellules vannes concernées  subissent des divisions de manière à former les assises d’initiales radiculaires.

Les cellules filles issues de ces initiales  prolifèrent au travers du cylindre cortical dont elles ont percé l’endoderme, le cylindre cortical puis l’assise subéreuse, elles s’extériorisent en développant successivement leur coiffe, région lisse, pilifère et subéreuse.

Rien n’empêche les radicelles de produire à leur tour des racines secondaires au niveau de leur région subéreuse.

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 REMARQUES 

1. Les racines latérales les plus anciennes sont celles qui se trouvent le plus haut dans l’assise subéreuse, puisque celle-ci grandit par sa partie inférieure, aux dépens de la région pilifère.

2.Il existe autant de rangées verticales de radicelles que la racine principale comporte de lames vasculaires : l’anatomie du système vasculaire de la racine explique son organographie.

3. L’origine des radicelles est très profonde dans la racine mère. Elle est dite endogène.

4.Il est évident que toutes les cellules vannes ne produisent pas de radicelles.

5. Ne pas confondre radicelles et poils absorbants.

6. Les racines adventives possèdent , en principe, les mêmes particularités anatomiques que les radicelles , pour une même espèce végétale. Les différences entre radicelles et racines adventives sont surtout d’ordre organographique et
résultent de l’emplacement occupé par ces dernières. Les racines adventives ont généralement une origine profonde.

VI.3 LA TIGE

 

A. LES ROLES DE LA TIGE

 

  

1.     Support de la partie aérienne dont l’appareil chlorophyllien

 

2.    Conduction des deux sèves  - minérale, montante

 

                                                     - Organique , descendante

 

 A ce titre est l’élément de liaison entre les racines et les feuilles.

 

B.LE FAISCEAU LIBERO-LIGNEUX

 

Dans la tige , les éléments conducteurs sont rassemblés en cordons ou faisceaux  (fx), ce sont les « fils » des légumes ( haricots) ainsi dénommés par la ménagère.

 

Dans la racine nous avons vu que la fonction conductrice est assurée par les lames vasculaires (sève brute) et les massifs criblés (sève élaborée) ; les massifs criblés alternent avec les lames vasculaires  au travers d’un parenchyme améatique.

 

L’anatomie d’une tige gravite autour des faisceaux qui en sont l’élément fondamental. Les faisceaux se rencontrent non seulement dans la tige, mais dans l’ensemble de la pousse feuillée : feuilles, bourgeons, rameaux, pétioles…

 

Pour observer ces faisceaux à l’oeil nu, il suffit par exemple  d’étirer le pétiole d’une feuille de plantin ou d’un céleri.

 

Composition des faisceaux

 

Deux parties : le xylème : sorte de prisme à section triangulaire, à pointe tournée vers le centre de la tige ; le phloème : demi cylindre orienté vers l’épiderme.

 

Xylème : composé de vaisseaux et de parenchyme améatique

 

Phloème : composé de tubes criblés et de cellules compagnes avec du parenchyme améatique

 

 

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Les tubes criblés et les vaisseaux sont  donc accolés les uns aux autres d’où dualité de constitution du système conducteur de la tige. On dit que le faisceau est collatéral par allusion à cette double constitution.

Les faisceaux apparaissent comme la juxtaposition d’un massif de section triangulaire orienté vers le centre de la tige  ( le xylème) et d’un massif semi
cylindrique ( le phloème) vers l’épiderme. Puisqu’il y a symétrie, le faisceaux est dit bilatéral.    

Types de faisceaux

On distingue :

Le faisceau ouvert rencontré chez les plantes dicotylées et gymnospermes : le xylème (X) et le phloème (P) sont séparés par une
assise cellulaire méristématique appelée cambium ( C ).

On dit que le faisceau est ouvert parce que X et P sont séparés.

L’assise séparatrice, le cambium est un histogène qui, nous le verrons plus loin , va éloigner X et P par l’interposition de nouveaux tissus ( structure secondaire).

Le faisceau fermé : se rencontre chez les plantes monocotylées . Ici X et P sont en contact direct, le cambium n’existant pas.

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C. LE FAISCEAU OUVERT

Plantes dicotylées ( hêtre,chêne,renoncule) et Gymnospermes (épicéa, pin).

Le xylème :

Le xylème est composé essentiellement par une série de vaisseaux  disposés plus ou moins en files radiales ou se succédant d’une manière irrégulière, mais en manière telle que les vaisseaux les plus proches du centre de la tige sont du type annelé ; ensuite viennent successivement les spiralés, les réticulés,
les striés et les ponctués.

Tout cet ensemble conducteur de la sève brute plonge dans un parenchyme améatique.

La différenciation vasculaire au sein du xylème est donc centrifuge cet ordre de succession des vaisseaux étant inverse de celui que nous avons constaté dans les LV .

L’ensemble du faisceau est encadré par un anneau fibreux , plus ou moins développé au niveau du protoxylème ( pointe du xylème où sont développés les vaisseaux annelés).

Nous verrons que l’anneau fibreux circonscrit également le phloème ; au niveau du cambium , les fibres sont remplacées par du parenchyme améatique.

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Le phloème


Massif semi-cylindrique  ( en coupe transversale apparaît sous la forme d’un demi cercle).

Composé essentiellement de TC + cc ,l’ensemble de ce conducteur de la sève élaborée plonge dans un parenchyme améatique.Les tubes criblés et leurs cellules compagnes sont épars dans le phloème avec toutefois une disposition générale en ordre centripète.

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L’anneau fibreux déjà cité circonscrit le phloème. Le cambium apparaît comme une assise cellulaire composée de cellules méristématiques , allongées dans les plans tangentiel et longitudinal axial, étroites dans le sens radial .

L’ensemble des cellules cambiales apparaît sous la forme d’un arc étiré.

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Les cellules cambiales vont subir des divisions radiales de manière à fournir alternativement des cellules filles  vers l’extérieur ( côté phloème)
puis vers l’intérieur ( côté xylème), l’arc cambial de départ gardant une position centrale dans le tissus de cellules filles ainsi apparues.

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D.LE FAISCEAU FERME

Concerne uniquement les plantes monocotylées ; xylème et phloème sont accolés et contigus en l’absence de cambium ; ils présentent en outre des particularités remarquables qui les distinguent assez facilement des éléments du faisceau ouvert.

Le xylème

Son conducteur est généralement limité à deux énormes vaisseaux ponctués encadrés d’un parenchyme améatique ; une ouverture vers le bas qui est une poche schizogène , c'est-à-dire une déchirure des tissus montrant parfois des débris de vaisseaux annelés et spiralés, est assimilable à une bouche.

C’est cet aspect en « tête de mort » bouche et orbite ; du xylème qui constitue la grande caractéristique morphologique du faisceau fermé.

Noter cependant l’existence facultative d’un ou deux vaisseaux de type intermédiaire ( vaisseau réticulé, strié).

Le reste du xylème est constitué par du parenchyme améatique

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Le phloème

Le phloème est dit en carrelage en raison de sa grande régularité. Il est composé uniquement de tubes criblés et de cellules compagnes ; le parenchyme améatique phloémien est absent ; ce qui uniformise l’aspect du phloème et le dit en carrelage (différence avec le faisceau ouvert qui contient du parenchyme phloémien et ne donne pas l’image d’un carrelage).

L’anneau fibreux périphérique est présent,mais les fibres sont relayées par du parenchyme méatique en face des vaisseaux ponctués.


E.TISSUS INTERVENANT DANS LA CONSTITUTION D’UNE TIGE

Indiscutablement , les tissus les plus importants , eu égard au rôle d’une tige, sont le conducteur et les soutien .
Il faut toutefois élargir ces considérations et on distingue dans une tige :

Des tissus essentiels

- conducteur : réalisé par les faisceau et ce qu’ils contiennent

- soutien : sclérenchyme, collenchyme , fibres

- Protecteur : épiderme

- Remplissage : parenchymes divers


Des tissus accessoires


Essentiellement des tissus de sécrétion divers : latex, parfums, gommes, cristaux, résines…

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F.LES TYPES DE TIGES

Les deux grands types de faisceaux impliquent l’existence de deux grands types de tiges.

LES TIGES DES PLANTES DICOTYLEES ET GYMNOSPERMES SONT CARACTERISEES PAR

- Faisceaux ouverts = cambium présent

- Faisceaux disposés en un cercle inscrit à l’épiderme ; les xylèmes étant orientés vers le centre de la tige

LES TIGES DES PLANTES MONOCOTYLEES SONT POURVUES DE :

- Faisceaux fermés, c'est-à-dire sans cambium, d’où pas d’épaississement possible.

- Faisceaux dispersés, épars dans la tige ; les xylèmes étant orientés vers le centre

  1. LES TIGES DICOTYLEES ET GYMNOSPERMES


Les faisceaux ouverts et en cercle inscrit à l’épiderme peuvent être soit :

1)   Largement séparés les uns des autres = faisceaux indépendants ou isolés.

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Dans ce cas, les rayons médullaires sont plus ou moins larges. Un rayon médullaire est une bande de parenchyme réunissant le parenchyme central  (=
moelle) au parenchyme externe (externe au cercle inscrit des faisceaux c’à d entre ceux-ci et l’épiderme).

2) très rapprochés, formés en anneau continu. Dans ce cas, les faisceaux sont plus ou moins nombreux  et les rayons médullaires étroits.

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Entre ces deux cas extrêmes existent denombreux cas intermédiaires qui permettent de répartir les types de tiges en trois grands groupes , selon les caractéristiques qui viennent d’être présentées.

- Les tiges herbacées à faisceaux largement indépendants

- Les tiges de type liane à faisceaux indépendants ; mais moins distants que chez les herbacées

- Les tiges de type arbre , à faisceaux en anneau continu

- LES TIGES A FAISCEAUX INDEPENDANTS


LE TYPE HERBACE

Exemple : tige de renoncule

Les faisceaux sont du type ouvert et en cercle : les rayons médullaires très larges  sont composés de cellules parenchymateuses méatiques, parfois très méatiques.

Le soutien est assuré par les seules fibres périphériques à chaque faisceau

A l’extérieur de cette gaine fibreuse,le parenchyme est amylifère : amidon accumulé en période de végétation, et qui sera mobilisé au printemps  à la
reprise de la végétation.

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Remarques :

- La moelle peut disparaître au moins partiellement , laissant le centre creux

- Les assises cellulaires les plus superficielles du parenchyme externe peuvent être chlorophyliennes. Chez d’autre espèces, un parenchyme en barres biconcaves ou en pilastres peut apparaître  dans le parenchyme externe . Les tiges peuvent être pourvues à la fois de cellules chlorophyliennes et d’un soutien collenchymateux

LE TYPE LIANE

Ex : Menispermum, Aristoloche…

Les faisceaux sont ouverts et en cercle comme dans le cas précédent. Mais ils sont beaucoup plus rapprochés donc plus nombreux , surtout chez l’Aristoloche

Les rayons médullaires sont étroits et composés de cellules parenchymateuses peu différenciées

Le soutien est assuré non seulement par les fibres entourant chaque vaisseau , mais encore par un arc fibreux continu constitué d’une succession de calottes fibreuses  confluentes formant une sorte de feston autour des phloèmes. L’arc fibreux est le plus épais chez l’Aristoloche.

De part et d’autre de l’arc fibreux existe un parenchyme plus ou moins méatique

Le parenchyme extérieur à l’arc fibreux est de moins en moins évolué vers l’extérieur.

Une assise de parenchyme amylifère existe à l’extérieur de l’arc fibreux.

Parfois la moelle contient du parenchyme scléreux vers les protoxylèmes ; parfois même des fibres. Ce soutien sous tend les faisceaux vers le bas.

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On conçoit que les plantes de typeliane  peuvent acquérir des dimensions plus importantes que les herbacées.

- LES TIGES A FAISCEAUX CONTINUS  OU TYPE ARBRE

Dans ce troisième type de tiges à faisceaux ouverts , les faisceaux sont soudés latéralement de la façon la plus étroite ; ils forment par leur r éunion un anneau conducteur continu constitué lui-même de trois anneaux ( en réalité ce sont trois cylindres) s’emboîtant les uns dans les autres :
xylème cambium phloème.

Toutefois les vaisseaux se distinguent entre eux grâce aux pointes de xylème  (de protoxylème) faisant saillie dans la moelle Un anneau fibreux, parfois discontinu ,entoure le cercle des phloèmes  et il est lui-même enveloppé par une cercle amylifère à certaines époques de l’année.

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2. LES TIGES MONOCOTYLEES

Ex : plante de maïs

Les faisceaux sont du type tête de mort ; ils sont épars dans la tige et non disposés en cercle concentrique à l’épiderme ; les rayons médullaires n’existent pas ; les faisceaux plongent dans un parenchyme plus ou moins méatique , à toutes les profondeurs, mais ils sont généralement plus nombreux vers l’extérieur.

Tout au centre de la tige :parenchyme général – qui peut être sucré ( canne à sucre) – ou parfois la tige peut être creuse ( froment, graminées des prairies).

Vers l’extérieur contre l’épiderme , existence d’une assise fibreuse parfois importante . Exemple des bambous, du maïs, du froment.

G. LA STRUCTURE DU RACCORDEMENT TIGE-RACINE

La structure des deux organes est assez différentes, hors la tige et la racine doivent se raccorder afin d’assurer le transfert des deux sèves .

On peut dire qu’il existe un certain parallélisme entre  la structure anatomique de la tige et celle de la racine : le cylindre central est le système conducteur de la racine. Il est donc l’équivalent du système conducteur de la tige à savoir l’ensemble des faisceaux

Si l’on considère une tige de dicotylée, on peut avancer que la moelle, le xylème, le cambium, le phloème et l’assise fibreuse périphérique  au phloème correspondent au cylindre central de la racine.

La partie la plus externe de la tige serait alors assimilable au cylindre cortical, c'est-à-dire que :

- l’assise amylifère correspondrait à l’endoderme

- le parenchyme externe correspondrait au parenchyme cortical

- l’épiderme correspondrait à l’assise subéreuse

Le cylindre central serait ainsi assimilable en gros  à un unique faisceau.

Une telle comparaison serait acceptable pour des tiges de type arbre ou liane, mais difficile chez la tige herbacée  et impossible chez la tige monocotylée

RACCORDEMENT DES SYSTEMES VASCULAIRES

Le raccordement tige racine varie selon les plantes . Toutefois la jonction se fait au niveau de l’hypocotyle, donc à un stade très juvénile.

Différentes théories ont été émises  pour expliquer les structures anatomiques que l’on rencontre dans cette région. Exemple sur schéma

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VI.4LA STRUCTURE ANATOMIQUE DE LA FEUILLE

La feuille a été décrite précédemment comme un organe vert composé de deux parties essentielles , le limbe, surface plate et plus ou moins large et le pétiole , organe de liaison avec le rameau auquel la feuille est attachée.

Encore qu’elle ne soit pas le seul organe vert , le feuille est par excellence le laboratoire de synthèse de la plante , l’organe essentiel dans lequel s’effectue l’assimilation chlorophyllienne.

La réaction globale symbolisant cette fonction est la suivante :

6 CO2 + 12 H20 à C6H12O6 + 6 O2 +  6H20  en présence de chlorophylle et grâce à l’énergie solaire,

Sans cette réaction fondamentale, la vie à la surface du globe serait réduite sinon impossible pour de nombreuses espèces végétales et toutes les espèces animales.

Les végétaux verts seuls sont autotrophes grâce à leur fonction chlorophyllienne. C’est par l’exploitation de produits de photosynthèse ancienne (houille, pétrole, lignite, tourbe) ou actuelle (bois)  que l’homme a puisé jusqu’à ces derniers temps l’essentiel des énergies nécessaires à ses activités. C’est par la feuille que le monde vivant actuel existe tel que nous le connaissons.

La fonction chlorophyllienne émarge de la physiologie végétale. Elle dérive de sa composition anatomique.

E. COMPOSITION D’UNE FEUILLE .

Tissus essentiels

I . Epiderme et stomates = tissus protecteur

Les stomates sont porteurs de chloroplastes ; les épidermes n’en possèdent  pas ( sauf rares exceptions) .

2 . Parenchyme vert, méatique et même lacuneux = fonction chlorophyllienne

3 . Faisceaux = éléments conducteurs

Tissus accessoires ou secondaires

I . Tissus squelettique : fibres et collenchyme

2 . Tissus secréteur : variable selon les espèces ( résine, latex, essence, cristaux, parfum).

Position du conducteur de la feuille

Si l’on ramène par la pensée la feuille dans son bourgeon , on se rend compte que la feuille possède une face ventrale tournée vers le centre de la tige  et une face dorsale  orientée vers l’extérieur de la tige.

Or dans la tige, le xylème est toujours orienté vers le centre et le phloème vers la partie périphérique.

Dans la feuille, le xylème sera donc orienté vers la face ventrale  et les phloèmes vers la face dorsale , cette disposition étant conforme à l’orientation
des faisceaux dans la tige .

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L’ANATOMIE DU LIMBE D’UNE FEUILLE DICOTYLEE

 

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Soit une feuille d’Hellébore (Renonculacée)

Section générale du limbe (coupe transversale)

Les nervures foliaires correspondent aux faisceaux.

La nervure principale possède normalement le faisceau le plus développé ; les nervures latérales sont plus ou moins développées selon leur importance : les faisceaux ont un développement corrélatif à celui des nervures. Ce sont des faisceaux ouverts mais sans cambium car la feuille n’épaissit pas.

Sectionnons à présent le limbe entre deux nervures voisines :

L’épiderme central est dit supérieur  parce que la feuille de dicotylée  épanouie d’un rameau bien éclairé  prend une position horizontale. L’épiderme
supérieur est peu (pas) stomatifère  et revêtu d’une cuticule épaisse, réalisant une protection efficace contre l’atmosphère (dessication).

2. Le parenchyme  chlorophyllien orienté vers la face supérieure ( = ventrale) est constitué par un assemblage de longues cellules plus ou moins
cylindriques  à grand axe perpendiculaire au limbe. L’ensemble s’appelle une palissade d’où l’appellation de parenchyme palissadique : une seule rangée de
cellules chez l’Hellébore ; deux et parfois trois rangées de parenchyme palissadique chez d’autres espèces.

Le parenchyme palissadique est méatique comme tout tissus chlorophyllien ; les méats sont  perpendiculaires à l’épiderme. Il est en outre très verts car il contient beaucoup de chloroplastes.

Rappel : le parenchyme chlorophyllien est composé d’une vacuole centrale , d’un cytoplasme pariétal avec ses chloroplastes ; il est obligatoirement un tissus méatique et parfois lacuneux (circulation des gaz).

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  1. L’épiderme dorsal est dit inférieur ; il est très stomatifère ; la cuticule est relativement mince, plus mince qu’à l’épiderme ventral. En effet, cette face inférieure étant tournée vers le sol ; elle est le siège des échanges gazeux ; sa protection cuticulaire est faible , ne justifiant pas la protection existant
    à l’épiderme supérieur.


2.    Le parenchyme contigu à l’épiderme inférieur  est composé de cellules arrondies, séparées par des méats et des lacunes. En raison de son aspect, il
est nommé  parenchyme spongieux. Le parenchyme spo,gieux contient moins de chloroplastes et est donc moins vert que le palissadique parce que son orientation vers le sol ne lui permet pas un travail photosynthétique  aussi intense que le palissadique , ce dernier étant orienté vers la lumière directe.

EN RESUME

1.L’anatomie générale d’une feuille dicotylée s’explique par la position que prend la feuille dans l’espace (rameaux et feuilles bien éclairés). La face ventrale est mieux protégée ; cuticule plus épaisse et plus riche en chloroplastes que la face dorsale : cloisons « palissadiques » plus nombreuses,délimitant pour un  même volume  des surfaces latérales plus nombreuses donc un plus grand nombre de chloroplastes. Le palissadique peut contenir dans certains cas  jusqu’aux 4/5  de l’ensemble des chloroplastes de la feuille.

2.  La face supérieure est généralement plus verte et plus brillante que la face inférieure.

REMARQUES


- Le parenchyme chlorophyllien occupe le centre de la feuille : on l’appelle mésophylle. Le mésophylle d’une feuille dicotylée est hétérogène et bifacial

- L’épiderme des plantes dicotylées est composé de cellules isodiamétrales à contours plus ou moins sinueux.

- Il va de soi que de nombreuses variantes gravitent autour du schéma général

- Dans de nombreux cas, l’épiderme dorsal est muni de poils épidermiques : réduction de la transpiration du côté où se font les échanges gazeux.Certaines plantes vivant en sites secs peuvent être garnies de poils épidermiques sur les deux faces. Parfois, les poils épidermiques peuvent être spécialisés : urticants, glandulaires.

LA STRUCTURE DES NERVURES

Les nervures confluent entre elles et se rattachent à la nervure principale  qui prolonge le pétiole dans le limbe.

Elles forment un ensemble plus ou moins anastomosé que l’on distingue très bien lorsque le parenchyme a disparu , après la chute des feuilles 

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A ce titre , les nervures jouent unefonction squelettique qui vient en complément de leur rôle conducteur. Cette fonction de soutien reste accessoire : elle est assurée par les fibres périphériques au faisceau et par du collenchyme sous épidermique.

L’espace compris entre les faisceaux et le collenchyme est occupé par du parenchyme méatique incolore.

Coupe transversale dans la nervure médiane de l’Hellébore : un seul faisceau large.

Il arrive dans certaines espèces, que l’unique faisceau large soit remplacé par plusieurs faisceaux étroits et plus ou moins disposés en arc.

AU NIVEAU DES NERVURES SECONDAIRES, TERTIAIRES , QUATERNAIRES , etc…

On rencontre partout une disposition semblable à la précédente, mais les faisceaux sont de moins en moins développés. Ils deviennent même incomplets : le phloème manque, puis les dernières ramifications présentent un xylème de moins en moins complet, limité à quelques vaisseaux annelés et spiralés perdus dans le parenchyme.

LA STRUCTURE DU PETIOLE

La structure générale du pétiole rappelle celle de la nervure principale

On distingue généralement deux types de pétioles selon la disposition générale des nervures latérales par rapport à la nervure principale.

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1er cas

Exemple :  ortie , marronnier. La nervure médiane reste distincte des nervures latérales. Les faisceaux sont répartis symétriquement et en arc de cercle par rapport au faisceau central. Les éléments conducteurs sont représentés en nombre impair.

sans-titre-55.jpg2ème cas

Exemple du Houx  - cas le plus fréquent. Les faisceaux sont soudés latéralement et dessinent une sorte d’arc

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REMARQUES

1° Faisceaux ouverts mais sans cambium.

2° Parfois, parenchyme chlorophyllien en faible quantité.

L’ANATOMIE DE LA FEUILLE MONOCOTYLEE

Soit une feuille de Maïs

Les feuilles de monocotylées sont généralement disposées plus ou moins verticalement par rapport à la surface du sol

Pratiquement les faces ventrales et dorsales reçoivent la lumière solaire en quantités équivalentes , d’où :

1)   Le mésophylle est homogène , méatique et même très lacuneux à tous les niveaux  = cas général. Parfois grandes lacunes entre les faisceaux. Pas de parenchyme palissadique , ou alors, il est présent sur chaque face , le spongieux occupant la partie centrale de la feuille = cas particulier.

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1)    Le protecteur est constitué par des  épidermes revêtus d’une cuticule identique ; les stomates sont représentés numériquement en quantités égales sur chaque face épidermique. A noter que les cellules épidermiques sont du type allongé ( voir histologie) chez les monocotylées.

2)   Les faisceaux sont du type tête de mort , les xylèmes étant orientés vers la face ventrale. Des cordons fibreux sont parfois abondant contre les faisceaux et sous les épidermes. Les faisceaux (nervures parallèles) sont à peu près de même calibre ; parfois le faisceau médian est plus développé que les autres.

3)   Le pétiole est généralement absent, la feuille est plus ou moins engainante.

L’ANATOMIE D’UNE FEUILLE DE GYMNOSPERME ( type aiguille)

On distingue généralement trois types de feuilles chez les Gymnospermes (Coniférales) :

- l’aiguille : feuille plus ou moins étroite, rigide et piquante. Ex : Pins, Epicéas.

- l’alène : aiguille arquée. Ex : Cryptoméria japonica.

- l’écaille ou feuille squamiforme : la feuille est plaquée contre le rameau , qu’elle recouvre. Exemples : Thuya , Chamaecyparis. 
Schémas

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Le type le plus fréquent estl’aiguille, dont la section varie :

- demi-cercle exemples   les pins à « deux feuilles » : Pin sylvestre

- secteur de cercle plus ou moins large : exemple le pin à trois ou cinq feuilles

- quadrangulaire : exemples :Epicéa commun , douglas.

- Platte : exemples :certains épicéas ( Omorika, sitka)

Dans tous les cas, les structures anatomiques sont identiques et comprennent deux parties ou régions

- région interne : fonction conductrice

- région externe : fonction chlorophyllienne et protectrice

SECTION TRANSVERSALE D’UNE AIGUILLE DE PIN A DEUX FEUILLES .

Remarque importante


Les pins ont en réalité un caractère foliaire particulier, et la feuille telle qu’elle est décrite ci-après n’en est pas une au sens strictement anatomique.

Au moment où la graine de pin germe , elle se compose de 6 à 8 feuilles cotylédonnaires , ultérieurement l’épicotyle de la plantule développe une pousse feuillée dont les feuilles rappellent celles de l’épicéa, celles-ci sont disposées isolément et disposées en spirale sur la tige .

L’année suivante , les nouvelles feuilles qui apparaissent à partir  des bourgeons axillaire sont réduites à des bractées membraneuses, brunâtre à
l’aisselle desquelles se forment simultanément des rameaux courts  dont la base est flanquée de petites bractées membraneuses analogues à celles de la tige. L’ensemble se termine par deux aiguilles vertes longues de 4 à 8 cm très étroites et de section semi circulaire  ( dans le cas du Pin sylvestre et de tous les Pins à deux feuilles). Un groupe d’aiguilles de pin est donc morphologiquement  un rameau défini (dont le croissance est limitée)

Ces aiguilles ont les fonctions d’une feuille ; ce sont en réalité des pseudo feuilles groupées par deux ( pinsà deux feuilles), par trois ( pins à trois feuilles), par cinq ( pins à cinqfeuilles) ; elles ont l’anatomie d’une tige coupée en deux, en trois ou en cinq selon le cas.

LA REGION EXTERNE

1) Epiderme lignifié, parsemé d’interruptions, c'est-à-dire de discontinuités appelées cryptes

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2) sous l’épiderme : cellulesfibreuses, plus ou moins abondantessuivant la rigidité de la feuille ; apparaissant en festons épais d’une ou plusieurs cellules.

3) stomates au fond des cryptes , au niveau des cellules fibreuses. Chambre sous stomatique sous jacente à chaque stomate .

4) canaux résinifères plus ou moins nombreux, parallèles au grand axe de l’aiguille ( les canaux sont entourés de cellules secrétrices et d’une seconde assise cellulaire dite fibreuse , mais qui sont en réalité des trachéides transversales )

5) Parenchyme chlorophyllien : cellules méatiques plus ou moins sphériques mais avec de nombreux replis internes , d’où son appellation de parenchyme en doigts de gant. Le but de ce parenchyme est d’augmenter la surface latérale des cellules chlorophylliennes, et, partant, le nombre de chloroplastes . Ace titre, le parenchyme en doigts de gant est assimilable au parenchyme palissadique des feuilles dicotylées.

Notons pour ce type de feuilles un système protecteur renforcé par :

- Stomates enfoncés dans une crypte  = réduction dans l’intensité des échanges gazeux

- Epiderme lignifié , doù feuilles à protection rigide

- Fibres = soutien , renforcent l’épiderme , empêchant ou limitant les compressions et expansions de la feuille.

Ce sont des plantes adaptées à des climats rigoureux , déséchants…

LA REGION INTERNE 

1) La délimitation par rapport à la région externe est très nette grâce à l’endoderme et son cadre endodermique  = soutien

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2) A l’intérieur deux faisceaux ouverts, sans cambium, dont le xylème est tourné vers l’intérieur , en l’occurrence ici la face plane  de la feuille ;
le phloème est tourné vers la face arrondie .

3) Les deux faisceaux sont généralement sous tendus par des fibres , réunies en une sorte de pont fibreux.

4) Entre l’endoderme et les deux faisceaux : parenchyme améatique et incolore

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Date de dernière mise à jour : 15/01/2014