Les premières techniques agricoles 9

 

 

 

 

 

 

 

On distingue plusieurs grands foyers de domestication. Ainsi en Amérique centrale se sont développées des cultures telles que le maïs, le haricot, la courge, la tomate, la pomme de terre, le tabac, et de nombreuses autres cultures végétales. L'Afrique fut le foyer de domestication du mil, sorgho, millet, et l'Asie de l'est du riz. En Nouvelle-Guinée, les peuples papous cultivent la canne à sucre et certains légumes-racine depuis environ neuf mille ans.

L'ORIGINE DES TRAVAUX DU SOL 

1. Introduction

 

Le sol sauvage en équilibre

Nous savons actuellement par l'intermédiaire des sciences agronomiques que le sol est un milieu physique chimique et biologique complexe réagissant de manière dynamique au conditions du milieu écologique par des modifications physiques (structure, texture...) chimiques ( pH, potentiel électrochimique, concentration en ions nutritifs assimilables...) et biologiques ( variation des populations microbiennes, végétales et animales y ayant élu domicile). Si le sol est laissé à l'état sauvage, il deviendra le support physique et nutritif d'une végétation adaptée aux caractéristiques de ce sol et du climat local, c'est un équilibre écosystémique qualifié de  climacique (voir notion écologique de climax). 

Dans un écosystème terrestre naturel, les éléments nutritifs prélevés au sol sont incorporés dans les différentes composantes vivantes ( plantes, animaux, microflore ), puis retournent au sol, sous forme de débris végétaux ( feuilles mortes, brindilles ), d'excréments et cadavres animaux. Ils y sont, ensuite, libérés, plus ou moins rapidement, au cours des processus de décomposition-humidification et sont, ainsi, à nouveau utilisables par les organismes vivants.
L'écosystème fonctionne en circuit quasi-fermé.

Un des cycles ayant lieu au travers du sol : le cycle de la matière organique

La productivité d'un écosystème, c'est-à-dire, la quantité de matière qu'il peut produire par unité de surface et par unité de temps ( tonnes de matière sèche par ha et par an ou, en termes économiques, mètre cube de bois par ha et par an ) est conditionnée, entre autres facteurs, par l'ETAT DE FERTILITE du sol.

Celui-ci est la RESULTANTE de l'influence de toute une série de propriétés du sol:

- physiques ( économie en eau, en air, sous la dépendance de la stucture ),
- chimiques ( compoition chimique du sol, présence d'éléments toxiques pour les végétaux,... ),
- physico-chimiques ( capacité d'échange, acidité,... ),
- biochimiques ( présence de substances inhibitrices ou d'activation,... ).

Il apparaît que, parmi les facteurs de fertilité, LES FACTEURS PHYSIQUES SE TROUVENT AU TOUT PREMIER PLAN.
Ce sont eux, en effet, qui permettent au système radiculaire de s'épanouir dans la masse du sol et d'y profiter des autres conditions, plus ou moins favorables.

Dans certaines limites de composition chimique, la vitesse de renouvellement, c'est-à-dire, la vitesse de
déroulement du cycle de la matière, explique mieux que la richesse chimique elle-même, les différences de productivité de l'écosystème.
Un sol relativement chimiquement pauvre peut manifester une fertilité supérieure à celle d'un sol plus riche, parce que, sous l'action de nuances dans les autres facteurs, la vitesse du cycle sol-plante est plus élevée.

Nous verrons en détails ces principes dans la rubrique "pédologie"

Effets de l'agriculture sur le sol sauvage

 Produire des végétaux comestibles à partir de notre environnement, nécessite de faire du sol un allié à long terme, c'est à dire qu'il faut lui conserver sa fertilité pour qu'il constitue un véritable capital dont les intérêts sont la production végétale.

Les pratiques relatives à la culture des végétaux signifient que l'homme se substitue à la nature pour déterminer la composition du couvert végétal. Ceci constitue par définition une action artificielle susceptible de placer le sol dans des conditions hors équilibre et menaçant, dès lors très vite, la stabilité et la fertilité de ce sol. 

Comme tout système en équilibre stable, le système sol peut supporter de légères variations de son contexte écologique et pourtant se maintenir dans ses limites de stabilité. L'agriculture devant être une activité conservatoire, l'art du paysan a de tout temps été de conserver, par des pratiques adaptées, la fertilité à long terme de son capital foncier en en tirant un maximum de ressources alimentaires. Jusque 1950 à peu près, cette équation a été respectée. 

Il faut cependant noter que l'agriculture dès son début et pendant très longtemps ( depuis le Néolithique jusque la moitié du 20 ème siècle ) était très peu agressive pour la composante édaphique ( facteur sol) en raison d'une faible intensivité de la culture. Pourquoi ?

- Travail du sol moins destructeur par l'utilisation des seules tractions humaines et animales.

- Culture de plantes sélectionnées progressivement et depuis très longtemps, et adaptées à nos facteurs écologiques.

- Non recours aux engrais industriels modifiant la structure chimique et biologique du sol, les réserves du sol étaient suffisantes si l'on restituait régulièrement des matières organiques issues de la spéculation animale ( fumier ).

- Travail du sol dans de bonnes conditions climatiques en fonction des saisons ( terres ressuyées), il était d'ailleurs impossible de travailler un sol détrempé avec l'énergie de traction disponible, ce qui n'est plus le cas actuellement ( tracteurs surpuissants et lourds).

- Tout au départ de l'agriculture, on défrichait de petites parcelles que l'on cultivait quelques années et que l'on laissait ensuite se reconstituer par réimplantation naturelle de la végétation climacique ( ancêtre de la jachère ).

 Depuis 1950, trois grandes nouveautés on tout bouleversé :

- Apparition de la traction par moteur thermique ( tracteurs esence, pétrole puis diesel)

- Production d'engrais ( N,P,K ) industriels  

- Utilisation de pesticides de synthèse ( DDT)

Pourquoi ?

- La motorisation de l'agriculture a intensifié la production et a permis de faire des travaux de préparation du sol lorsque celui-ci n'est pas prêt. Les engins lourds pemettent d'intensifier la culture moyennement un défoncement du sol et une certaine destruction de sa structure ( destruction et érosion des sols)

- Les engrais industriels ne se justifient que si la charge humique des sols est suffisante, ce qui n'est plus souvent le cas ( manque de retour de matières organiques fraîches au sol par séparation des exploitations à spéculation animale de celles à spéculation végétale).

- Les pesticides ont un effet létal sur des organisme microbiens, végétaux ou animaux vecteurs de maladies, mais tuent également une part des organismes utiles ou neutres au niveau de la plante et du sol. Ils sont susceptibles de détruire la vie dans le sol .

Conclusion, ces nouvelles techniques si elles ne sont pas raisonnées détruisent le sol au point d'en faire un simple support mécanique pour les racines,les éléments minéraux sont fournis par les engrais et ces sols sont morts.   

 Conclusion : Si les divers produits ont une certaine utilité et si les engins lourd du machinisme agricole ont également des avantages, il faut garder à l'esprit qu'un sol ça s'entretient :

- Travaux du sol en de bonnes conditions

- Utiliser des pesticides que lorsque cela est strictement nécessaire.

- Utiliser les engrais de manière parcimonieuse sur des sols bien pourvus en humus ( matières organiques transformées par le sol) 

     L'obtention de gros rendements ne se justifie que si le capital investi ( engrais, pesticides ) pour les obtenir ne dépasse pas les revenus générés par cette surproduction ( seuil de rentabilité maximal)  .  

Le travail du sol

En agriculture et agronomie, le travail du sol est réalisé par une série de façons culturales réalisés à l’aide d’instruments aratoires et destinées à créer dans le sol un milieu favorable au développement des plantes cultivées. Elles peuvent être exécutées avant la mise en place d'une culture, ou pendant son développement.

En général les façons culturales ont pour objectif d’améliorer l’état physique et mécanique du sol. Elles jouent également de façon indirecte et plus ou moins marquées sur ses propriétés chimiques et biologiques.

On peut citer parmi les objectifs principaux du travail du sol :

  1. amélioration de la structure du sol : cela consiste à réduire sa ténacité et sa compacité, créant ainsi les conditions plus adaptées au développement des racines et facilitant l'exécution d’autres façons culturales ;
  2. augmentation de la perméabilité et de la porosité : cela facilite l'infiltration de l'eau, ce qui a plusieurs effets : limiter les eaux stagnantes ainsi que le ruissellement en surface, source d'érosion, améliorer l'équilibre entre l'eau et l'air dans le sol grâce à l'écoulement plus rapide de l'eau en excès, et enfin favoriser la réalimentation des réserves d'eaux souterraines ;
  3. préparation du lit de semence : l'émiettement des mottes crée un environnement qui place les semences dans les meilleures conditions de germination en facilitant leur contact avec les particules du sol et leur humidification.

Le travail du sol peut également avoir de nombreux autres effets, comme par exemple :

  1. la limitation des infestations par les plantes adventices,
  2. la limitation des pertes d'eau par évaporation,
  3. l'égalisation de la surface du terrain, 

 

Les premiers agriculteurs seraient apparus sur le territoire de européen actuel au 5e millénaire. Le climat changea et la végétation se transforma (mise en place de la forêt de chêne) . Les grands troupeaux migrèrent vers le Nord. Face à cette crise, les premiers hommes durent s’adapter.

Ils pratiquent les cultures sur abattis brûlis, à l'aide du bâton à fouir (blé, orge, millet pour les céréales ; pois et fèves pour les protéines ). L'élevage se développe en parallèle ; le chien, les bovins (l'aurochs et le petit bœuf), le cheval et le sanglier (porc) sont domestiqués. Le tiers de la surface du territoire français actuel par exemple est colonisé, et la population serait passée de 20.000 habitants au dixième millénaire à 500.000 à la fin du cinquième.

2.Les premiers travaux et outils de travail du sol 

Au début, un seul travail du sol, avec le bâton à fouir puis la houe 

Quand l'homme préhistorique, ne vivant plus de cueillette, voulut commencer à remuer la terre pour semer, il utilisa un outil rudimentaire appelé bâton à fouir : durci par le feu, armé par la suite d'un fer, le bâton à fouir permet de planter en poquets (plusieurs graines dans un même trou) isolés dans des champs mal nettoyés de leur végétation. La surface travaillée à l'aide de cet outil se présente comme une succession de trous, ce qui peut d'ailleurs convenir à certaines cultures, notamment le mil et les tubercules de la zone tropicale humide. Il faut savoir que certaines civilisations n'ont jamais connu d'autres instruments aratoires que le bâton à fouir : c'est le cas notamment des Incas du Pérou, qui avaient simplement rajouté à cet outil une barre latérale pour appuyer le pied. Aujourd'hui encore, il est utilisé par les Bochimans du sud-ouest africain, par la plupart des peuples d'Océanie et dans certaines parties du Brésil.

Certains pensent que les houes sont une amélioration du bâton à fouir, dont la forme aurait été peu à peu recourbée jusqu'à atteindre un angle de 45°, caractéristique de la plupart de ces outils. On connaît en effet des houes qui sont de simples bâtons recourbés (en Abyssinie) ou fourchus (le hack de la Suède ancienne). Sans rejeter cette hypothèse, il faut cependant voir dans les houes une famille originale de l'outillage humain, permettant la culture de nombreuses céréales sur des sols légers, et pouvant très bien coexister avec le bâton à fouir : le bâton à fouir remue la terre sans la couper, mais y pénètre profondément ; la houe coupe la terre, l'émiette, la retourne, mais ne ramène pas en surface les couches profondes du sol.

On estime que la houe fut en usage dans nos contrées à l'époque néolithique, et qu'elle était employée en Palestine (la terre où est né le blé) au moins dès le huitième millénaire avant notre ère. Très vite, lorsque le métal eut remplacé le silex caréné des premières houes, on pratiqua l'emmanchement dans une douille perforée à l'extrémité de la lame, ce qui nous donne un outil dont les formes, pourtant multiples, n'ont guère varié depuis l'antiquité grecque et romaine.

Le geste du laboureur à la houe n'a pas changé non plus : le dos courbé, il fouit le sol en ramenant la terre entre ses jambes. En effet, quelle que soit la forme de la lame, celle-ci est disposée en oblique par rapport au manche, formant avec lui un angle de 45° environ. Comme le pic et la pioche, la houe appartient à la famille des outils à percussion lancée : le manche, qui allonge le bras, accompagne l'outil dans sa trajectoire et assure l'accélération de la partie percutante, qui arrive avec une grande force sur le point attaqué. Par contre, la bêche et la pelle sont d'abord posées sur le sol, puis enfoncées à l'aide du pied secondé par la poussée du bras : ce sont des outils à percussion posée, dont le résultat est évidemment différent quant à la profondeur de terre retournée.

Adaptée par excellence aux terres méditerranéennes, la houe possède pourtant un nom d'origine germanique, emprunté au francique *hauwa, lui-même dérivé d'un verbe signifiant sans doute "lancer", ce qui correspond parfaitement à la nature de cet outil. Mais les populations méridionales n'ont jamais entendu parler de la houe, elles connaissent plutôt l'eissado des Occitans ou l'aixada des Catalans, issues du bas-latin *asciata, un dérivé du nom ascia, qui désignait toutes sortes d'outils percutants et tranchants : l'ascia lapidaria du tailleur de pierre, l'ascia lignaria du bûcheron et du charpentier (la doloire), ou encore l'ascia fossoria du terrassier.

De même, chaque partie de l'outil possède des noms différents en français et en catalan : dans une aixada traditionnelle à lame pleine, l'ull est la douille qui reçoit le manche ; l'extrémité arrière s'appelle el cas, et le coll rattache l'ull à la lame proprement dite. La ligne centrale de la lame est l'espigó, les bords latéraux sont les galtes ; enfin, la partie tranchante se creuse souvent au milieu pour former la boca, tandis que les deux extrémités de ce tranchant sont les fogons.

Il existe autant de houes que de régions, et autant de houes que d'activités . Les tranchants seront tantôt droits, tantôt arrondis, tantôt légèrement creux, tantôt pointus (la lame prend alors la forme d'un coeur). Dans de nombreux cas, le revers de l'aixada s'allonge pour former un taillant (l'escarpell), ce qui permet d'accomplir deux activités avec le même outil. C'est le cas du magall (ou magall d'escarpell), sorte de houe à lame étroite utilisée dans les terrains pierreux et proche de la pioche. 

Le bâton est parfois lesté d'une pierre percée pour enfoncer l'instrument. Il travaille le sol superficiellement et brise la motte. Deux poids de bâton à fouir ont été découverts à la grotte Gazel (Sallèles Cabardès, Aude), dans un horizon du Cardial. Cet outil était encore en usage au XXe siècle chez les Bochimans d'Afrique du Sud.

F. Bourdier considère que certains bois de cerf ont servi de pioches pour le travail du sol . On en a découvert dans les puits d'extraction de silex, ce sont les premiers pics de l'histoire de la mine. Les pics en silex  sont connus sur les sites du Mésolithique et perdurent au Néolithique. Ils sont souvent cassés, à usage indéterminé, cependant ils sont considérés comme des instruments aratoires.

L'usage de la faucille est attesté par la découverte d'armatures de silex portant le lustré caractéristique de la coupe des céréales. C'est un outil composite, les pièces en silex sont fixées à l'aide d'un goudron végétal sur un support en bois ou en bois de cerf . Le procédé est connu au Paléolithique supérieur : les Magdaléniens armaient la pointe de leurs sagaies de pièces trapézoïdales en silex. Au Mésolithique, les microlithes géométriques, triangles, trapèzes, des pièces de 5 à 7 millimètres, arment les pointes des flèches. L'arc est une invention des Mésolithiques, il remplace la sagaie à tir courbe utilisée sur les espaces découverts ; c'est une arme à tir tendu qui permet de frapper le gibier entre les troncs de la forêt. Plus tard, au Chasséen, ce sont de longues lames de silex qui sont montées sur un support .

 Évolution et perfectionnement de l'outillage : les houes, faucilles, haches.

Il faut attendre l'avènement de la métallurgie du bronze, au IIIe millénaire avant J.C au Proche-Orient, vers 1800 en Europe occidentale, pour que progressent armes et outils. Les premiers objets en métal sont une imitation des modèles en silex, ensuite ils vont se diversifier. A vrai dire, ce perfectionnement concerne d'abord la panoplie du guerrier ou les objets de parure. Dans les tombes ou dans les cachettes de fondeurs qui se découvrent encore fortuitement, ce sont les haches qui figurent en grand nombre, avec les poignards, les pointes de lance, les bracelets. L'outil agricole connu est la faucille (fig. 11, 12, 13), aucune publication ne mentionne la houe, qui existe en Mésopotamie et en Egypte au moins dès le IIe millénaire.

Par contre, les représentations de faux existent au Mont Bégo . Franck Bourdier en signale plusieurs figurations sur les supports des dolmens bretons (fig. 14 à 16). L'exemplaire n°15 est remarquable du fait que l'on observe, au-dessus du talon, quatre traits horizontaux perpendiculaires à un cinquième trait vertical, vraisemblablement un petit râteau semblable à ceux qu'on trouvait dans nos campagnes sur les faux à moissonner, les restillos en occitan (fig. 24 à 26).

C'est aussi au Mont Bégo, dans les Alpes-Maritimes, qu'apparaissent les premières figurations d'attelages d'araires, parfois avec le laboureur, parmi une centaine de milliers de gravures rupestres qui, sur les dalles de schiste polies, représentent essentiellement des profils de bovidés, les "cornus", ainsi que des poignards (fig. 17 à 19). Ces gravures s'échelonnent du début à la fin de l'Age du Bronze.

C'est au deuxième Age du Fer (450 av. J.C) que tous les types d'outils figurent dans la panoplie du paysan. Pics, pioches, divers types de houes et de serpes sont utilisés . Cela ne signifie pas pour autant qu'ils seront présents dans toutes les chaumières à l'époque romaine et au Moyen-âge : la pauvreté du paysan ne lui permet pas, sur les terroirs ingrats, de posséder la gamme complète des instruments aratoires.

Les fouilles en Bretagne, à Melrand, sur le site d'un vieux village habité au Xe siècle, ont conduit les archéologues à reconstituer une ferme du Moyen-âge . Les habitations sont dites de type mixte, hommes et bêtes y cohabitent. L'équipement est très limité : il y a peu d'objets en fer, l'outillage est très rudimentaire ; il comporte l'araire, la bêche en bois, le sarcloir et la faucille. L'auteur de l'article mentionne un soc d'araire en granit découvert dans le village médiéval de Karhaes (Finistère).

L'outillage ne s'améliore et ne se diversifie qu'au fil des siècles, avec la lente amélioration du niveau de vie en dépit des périodes de récession. Il n'en demeure pas moins qu'au XIXe siècle, dans le monde pyrénéen, seuls les propriétaires aisés, qui accaparent les meilleures terres, sont bien pourvus en outils agricoles. Une grosse partie de la population rurale reste très démunie, celle des brassiers mentionnés dans les premières matrices cadastrales, qui retournent les champs à la force de leurs bras.

Ce n'est que pendant la première moitié de notre siècle, jusqu'aux lendemains de la seconde guerre mondiale, que chaque paysan est en possession de la gamme complète des instruments aratoires, à la veille de la disparition du monde rural traditionnel. Le développement et le perfectionnement du machinisme agricole, comme la désertification de nos campagnes, en ont condamné l'emploi. Quelques-uns sont encore utilisés, mais beaucoup ont totalement disparu : on ne les trouve plus que dans les musées régionaux, ou encore dans les collections de quelques particuliers qui ne veulent pas voir sombrer dans l'oubli ces précieux témoins de notre histoire rurale.

C'est aussi au Mont Bégo, dans les Alpes-Maritimes, qu'apparaissent les premières figurations d'attelages d'araires, parfois avec le laboureur, parmi une centaine de milliers de gravures rupestres qui, sur les dalles de schiste polies, représentent essentiellement des profils de bovidés, les "cornus", ainsi que des poignards (fig. 17 à 19). Ces gravures s'échelonnent du début à la fin de l'Age du Bronze.

 

 

C'est au deuxième Age du Fer (450 av. J.C) que tous les types d'outils figurent dans la panoplie du paysan. Pics, pioches, divers types de houes et de serpes sont utilisés . Cela ne signifie pas pour autant qu'ils seront présents dans toutes les chaumières à l'époque romaine et au Moyen-âge : la pauvreté du paysan ne lui permet pas, sur les terroirs ingrats, de posséder la gamme complète des instruments aratoires.

Les fouilles en Bretagne, à Melrand, sur le site d'un vieux village habité au Xe siècle, ont conduit les archéologues à reconstituer une ferme du Moyen-âge . Les habitations sont dites de type mixte, hommes et bêtes y cohabitent. L'équipement est très limité : il y a peu d'objets en fer, l'outillage est très rudimentaire ; il comporte l'araire, la bêche en bois, le sarcloir et la faucille. L'auteur de l'article mentionne un soc d'araire en granit découvert dans le village médiéval de Karhaes (Finistère).

L'outillage ne s'améliore et ne se diversifie qu'au fil des siècles, avec la lente amélioration du niveau de vie en dépit des périodes de récession. Il n'en demeure pas moins qu'au XIXe siècle, dans le monde pyrénéen, seuls les propriétaires aisés, qui accaparent les meilleures terres, sont bien pourvus en outils agricoles. Une grosse partie de la population rurale reste très démunie, celle des brassiers mentionnés dans les premières matrices cadastrales, qui retournent les champs à la force de leurs bras.

Ce n'est que pendant la première moitié de notre siècle, jusqu'aux lendemains de la seconde guerre mondiale, que chaque paysan est en possession de la gamme complète des instruments aratoires, à la veille de la disparition du monde rural traditionnel. Le développement et le perfectionnement du machinisme agricole, comme la désertification de nos campagnes, en ont condamné l'emploi. Quelques-uns sont encore utilisés, mais beaucoup ont totalement disparu : on ne les trouve plus que dans les musées régionaux, ou encore dans les collections de quelques particuliers qui ne veulent pas voir sombrer dans l'oubli ces précieux témoins de notre histoire rurale.

L'araire, en bois, n'apparaît que plus tard. Le traitement des céréales (broyage) nécessite l'emploi de meules et de molettes. 

Evolution de la houe : l'araire

L'araire est une houe que l'on utilise horizontalement par rapport au sol , celui-ci apparût de manière comtemporaire à la traction animale t est pourvue d'un mancheron que le paysan utilise pour le manier  

 

L'araire à soc de pierre de Brennilis ( reconstitution M.Batt )

Lors des fouilles à Karhaes Vihan en Brennilis dans les monts d'Arrée, M. Batt a exhumé une barre de granulite de section ovale, longue de 23 cm, large de 9,5, qui avait dû servir de soc à un araire à la base duquel elle était engagée puis maintenue par une cale dans une entaille latérale. Ce soc paraît médiéval tout en ressemblant à ceux des Orcades et des Shetland qui sont préhistoriques et à ceux de l'Espagne du nord-ouest utilisés jusqu'aux temps modernes.

 

 

 

 

  

 

 

Outil essentiel du cultivateur, l’araire va connaître différentes formes de développements suivant les régions et la nature du sol. Quelques araires semblent avoir été équipés d’un soc en pierre.
Le plus ancien soc en fer nous vient de Éprave (Rochefort). Daté du Ier siècle av. J.-C., ce soc triangulaire était maintenu par ses rebords sur la pointe du sep en bois. Large de 8,5 cm, ce soc fortement usé ne mesure plus que 8 cm de longueur.

Trois siècles plus tard, les socs en fer sont plus grands et plus effilés. Les deux socs découverts dans la villa gallo-romaine de Mageroy à Habay-la-Vieille sont larges de près de 10,5 cm pour une longueur de 24,5 cm et 26,5 cm. Ces socs pesaient près de 1 kg. Le soc découvert dans une grange à la Tranchée des Portes à Étalle est légèrement plus étroit et plus court, 18,5 cm. Destiné à des terres plus sablonneuses, ce soc est près de deux fois plus léger que ceux de Mageroy. Plus long et plus effilé que ceux de Mageroy, le soc découvert au sud de Maastricht est par contre deux fois plus lourd qu’eux.

Un définition de l'araire est donc la suivante :

 

Laraire (du latin aratrum) est un instrument aratoire du IVe millénaire av. J.-C. qui apparut en Mésopotamie. Tracté par un animal, il scarifie le sol, l'arairage qu'il effectue est donc superficiel.

L’araire au départ était constitué d’une seule pièce de bois, il évolua et finit par avoir jusqu'à cinq pièces.

Le plus souvent en bois, l'araire est composé de trois parties essentielles :

  • le mancheron, tenu par la main de l'homme, permet de guider l'araire.
  • le sep (souvent appelé dental), pièce centrale qui entre en contact avec la terre, ouverte par la reille qui y est fixée.
  • l'age, pièce généralement recourbée, relie l'araire au brancard ou au joug auquel sont attelées les bêtes de trait.
 
Les trois grands types d'araire à mancheron unique :
1 - araire chambige
2 - araire manche-sep
3 - araire dental
selon Haudricourt et J-Brunhes Delamarre, L'homme et la charrue à travers le monde

L'araire est considéré à tort comme l'ancêtre de la charrue. En fait, ces deux instruments aratoires ont coexisté au fil des siècles, chacun ayant ses propres spécificités. Dans l'araire, tous les éléments sont symétriques par rapport à l'axe de l'age. L'araire effectue un travail en surface, rejetant sur les deux côtés la terre émiettée et déplacée par le soc. La charrue est pour sa part un instrument aux éléments dissymétriques : les pièces travaillantes sont situées sur le même côté de l'age. Avec la charrue, la terre est travaillée en profondeur, mais rejetée d'un seul côté. L'araire est l'instrument typique de l'assolement biennal, adapté aux sols légers et en pente du bassin méditerranéen, et ne nécessite qu’une bête de trait peu puissante (un âne). La charrue est plus adaptée aux terres lourdes des plaines du Nord, mais demande un attelage plus puissant pour être pleinement efficace (bœufs ou chevaux).

Autrement dit, l'araire permet un labour superficiel, tandis que la charrue est utilisée pour les labours profonds. Dans certaines régions aux sols caillouteux l'araire a été utilisé jusqu'au milieu du XXe siècle.

Il faut noter que c'est à partir de l'araire attelée à l'animal que le travail du sol prend son aspect caractéristique en lignes parallèles. 

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Date de dernière mise à jour : 11/02/2015