Les premières plantes cultivées 10

LES PREMIERES PLANTES MISES EN CULTURE ET PREMIERS ANIMAUX DOMESTIQUES A LA FIN DE LA PREHISTOIRE

1) Proto-agriculture 

Tous les chasseurs-cueilleurs du monde connaissaient les plantes à la perfection. Seuls quelques savants peuvent être meilleurs botanistes qu'eux ! Nos lointains ancêtres savaient parfaitement comment une graine donne une plante une fois semée, et ce des milliers d'années avant la naissance de l'agriculture. Ils pouvaient rendre commestible des végétaux qui ne le sont pas à la base, ils savaient traiter et utiliser à leurs avantages les substances toxiques présentes dans les plantes vénéneuses. Les chasseurs-ceuilleurs n'ont donc pas eu à inventer de toutes pièces l'agriculture, celle-ci faisait déjà un peu partie de leur quotidien et ils en maîtrisaient parfaitement les mécanismes. Mais la généralisation des techniques d'agriculture n'étaient soit pas possible à cause d'un climat trop rude, soit inutile dans un environnement favorable.

 

 

Il faut bien se rendre compte que l'agriculture demande beaucoup de travail. Défricher, ameublir le sol, l'ensemencer, protéger les pousses des prédateurs de toute sorte, etc. Cultiver requiert des efforts considérables, des efforts inutiles lorsque l'on dispose de ce dont on a besoin à portée de la main. Sapiens ne cultivait donc que dans certaines circonstances des plantes rares auxquelles ils tenaient (ex : le tabac chez les peuples paléolithiques américains). 

2) Agriculture proprement dite 

Dans les foyers où l'agriculture est née, on trouve toujours remplies trois conditions :
1 - les hommes étaient sédentarisés en village ;
2 - ils savaient semer pour récolter ;
3 - ils étaient très spécialisés dans la cueillette d'espèces qui seront ultérieuremet domestiquées.

Avant l'agriculture existait donc déjà des embryons de civilisations. C'est quand les ressources locales ont commencé à devenir insuffisante, suite aux développements des premiers villages, qu'il a fallu pratiquer l'agriculture pour pallier au manque de nourriture. Outre le bref mais brusque changement climatique, la vraie difficulté a du être socio-politique.

« – [...] Il fallait mettre de côté une partie de la récolte pour semer à la saison suivante et s'assurer que personne ne mange les réserves. Les premiers semis ont dû être effectués autour des maisons. Mais ensuite ils ont cherché d'autres endroits privilégiés : clairières, alluvions de cours d'eau qui débordent chaque année... Il a donc fallu imposer un droit de propriété sur la récolte, au beau milieu de la nature. Là où, précédemment, tout le monde avait le droit de cueillir. Ce qui a dû être le plus difficile à inventer, ce n'est pas l'agriculture, c'est la société qui allait avec. »
Marcel Mazoyer
[La plus belle histoire des plantes]

La profonde réorganisation sociale et morale qui suivit l'adoption de l'agriculture engendra une autre façon de voir le monde. La notion de "propriété" sur la nature amène au non respect de celle-ci. Pour les collons partis des premiers villages pour chercher d'autres terres, c'est peut-être cela qui a rendu légitime le fait de s'approprier les terres de ceux qui ne les cultivent pas en permanence. Ainsi naîtra l'opposition classique entre le sédentaire et le nomade, celui pour qui le travail est une valeur à l'opposé de celui pour qui c'est un besoin.
Et justement cette période de notre histoire est marquée par une soudaine généralisation et une intensification des conflits entre communautés, pour le contrôle des ressources. Il ne faut donc pas ignorer que ce "progrès" que sont l'agriculture et l'élevage est devenu rapidement une forme d'exploitation de la nature par l'homme, une exploitation qui sera vite complétée par une autre : celle de l'homme par l'homme.

Ainsi au Moyen-Orient les hommes de l'âge de pierre sont devenus des agriculteurs, mais ce ne sont pas les seuls. On recense plusieurs foyers indépendants d'origine de l'agriculture.

En même temps, ou peu après le Moyen-Orient, c'est au tour de la Nouvelle-Guinée où les Papous domestiquèrent le taro, une sorte de gros navet qui pousse dans la forêt tropicale. Les habitants du Pacifique ont vécu essentiellement de ce légume, ainsi que de la noix de coco et de la patate douce, qui aurait traversé le Pacifique on ne sait comment, puisqu'elle est originaire d'Amérique du Sud. Plus tard, cette agriculture d'origine papoue a été noyée par l'agriculture d'origine chinoise, avec le riz, et la multitude de plantes du Sud-Est asiatique.

Diffusion de l'agriculture au néolithique.

Contrairement à ce que l'on aurait pu s'attendre, la grande ancienneté de l'agriculture papoue n'a pas conduit, comme ailleurs, au développement d'une civilisation prospère. Tout d'abord les plantes cultivées sont très différentes de celles que l'on trouve au Moyen-Orient. Contrairement aux graminés, les légumes ne peuvent pas être stockés. De plus les pieds de taros sont moins nutritifs que l'orge ou le blé et doivent être plantés un par un, ce qui demande beaucoup de travail pour un retour en énergie nutritive plutôt relatif. De ce fait les agriculteurs Papous n'ont pas pu obtenir des résultats aussi bon que s'ils avaient pu bénéficier de plantes d'aussi bon rendements et aussi facile d'exploitation que les céréales

À l'évidence l'agriculture avait joué un rôle central dans l'hitoire des inégalités humaines, mais tout aussi important avait été le type d'agriculture pratiquée. Les hommes qui avaient accès aux cultures les plus productives sont devenus les agriculteurs les plus productifs. Mais les végétaux n'expliquent pas tout.

Pour analyser la révolution néolithique dans le Croissant Fertile il faut aussi tenir compte d'un atout majeur de cette région : la présence de nombreuses espèces domesticables. Il y a 9 000 ans environ on assiste à une transformation remarquable des interractions entre humains et animaux. On voit s'amorcer un processus de domestication des animaux. Ce qui signifie que les humains maîtrisent les déplacements des animaux, leur alimentation et leur reproduction. Au lieu de devoir partir à la chasse, on dispose toute l'année d'une réserve de viande sur pied plutôt que de dépendre des variations saisonnières du gibier sauvage. En plus de la viande les animaux peuvent aussi fournir du lait pour la nourriture, des poils pour le tissage, de la peau pour

 des vêtements, etc.

 

 

On sait que les communautés qui avaient été les premières à domestiquer les animaux avaient déjà des champs de céréales. Donc la combinaison de ces animaux et des plantes constitue un ensemble très intéressant puisque les deux sont complémentaires. Après la période de récolte on pouvait envoyer les animaux sur le chaume et ils mangeaient le reste des céréales. En retour on récupérait les crottes des animaux pour fertiliser le sol. Donc l'ensemble était réciproquement avantageux, aussi bien pour les animaux que pour les plantes, et pour les humains bien sûr.
Le cas du loup suit aussi cette logique d'échange réciproque : c'est en suivant les humains et en se nourrisant des carcassses laissées par les nomades que le loup s'est rapproché de l'homme. Et il y a environ 16 000 ans, en à peine 11 générations de domestications, le loup est devenu un chien. Il aide les hommes à la chasse mais aussi dans les habitations où il chasse les rongeurs qui s'attaquent aux réserves de grains (le chat ne sera domestiqué que 9 000 ans plus tard).

Avant la révolution industrielle les bêtes de sommes étaient les plus puissantes machines au monde. Un cheval ou un boeuf attelé à une charue pouvait démultiplier la productivité d'une terre, permettant ainsi aux agriculteurs de produire plus et de nourrir plus de gens. Or en Nouvelle-Guinée, et dans bien d'autres régions du monde, les cultivateurs n'ont jamais utilisé de charue car ils n'avaient pas d'animaux capables de les tirer. La seule force musculaire que l'on trouve en Nouvelle-Guinée pour le travail des champs est celle de l'homme.

Avec l'invention de la charue les animaux de grandes tailles devinrent très précieux pour aider les humains aux champs. Le chercheur Jared Diamond s'intéresse entre autre à l'histoire de l'environnement, il a essayé de répertorier toutes les espèces domestiquées par l'homme.

Sur 148 espèces herbivores terrestres de plus de 50 kg, le nombre d'espèce de grandes tailles que l'homme a réussi à domestiquer est de 14 : la chèvre (il y a 10 000 ans), le mouton (10 500 à 8 500 ans), le Boeuf (10 000 ans), le porc (9 000 ans), l'âne (7 000 ans), le cheval (6 000 ans), le buffle des Indes (6 000 ans), le lama (5 500 ans), le yak (5 500 ans), le chameau (5 000 ans), le dromadaire (4 500 ans), le renne (3 000 ans), le bison indien (?) et le banteng (?).

Seulement 14 espèces en 16 000 ans de domestication. Et d'où viennent les ancêtres de ces animaux ? Aucun ne se trouvait en Nouvelle-Guinée, ni en Australie, ni en Afrique sub-saharienne, il n'y en avait pas non plus sur tout le continent Nord-Américain, et en Amérique du Sud ne vivait que le Lama. Les 13 autres espèces sont toutes originaires d'Asie, d'Afrique du Nord ou d'Europe. Et parmi elles les 4 principaux animaux de bétails – vaches, porcs, moutons et chèvres – se trouvaient au Moyen-Orient. Ainsi la région qui avait les meilleurs produits agricoles possédait aussi certains des meilleurs animaux. Il n'est guère étonnant que l'on ait appellé cette région le "Croissant Fertile"..

  

Or depuis bien longtemps le Croissant Fertile n'a plus grand chose de fertile. Ces régions ont un équilibre fragile et sont trop sèches pour permettre une agriculture intensive plus de quelques siècles. À force de récupérer l'eau et de couper les arbres les premiers agriculteurs de cette région ont surexploité et détruit leur environnement.

Les populations du Proche-Orient ont été contraites de migrer. Les avantages qu'elles avaient accumulés après plusieurs siècles de domestication risquaient d'être perdus, mais une fois encore la géographie a joué en leur faveur.
Comme le Croissant Fertile se situait à proximité du centre du continent eurasien et de l'Afrique du Nord, l'agriculture pouvait se propager dans beaucoup de régions voisines situées à peu près sur le même parallèle. Cela est important car sur le même parallèle les végétaux recevront toujours autant de lumière que dans leur région d'origine, ce qui facilitera leur adaptation, de plus on trouve bien souvent une végétation assez similaire.

 Texte documentaire Jacques Lévy
[Europe, une géographie]

« Une extraordinaire accélération. Ce qu'il est convenu d'appeler la révolution néolithique a constitué, à partir d'il y a une dizaine de milliers d'années, une rupture considérable, par son contenu comme par sa rapidité, dans l'histoire de l'humanité. Durant des centaines de milliers d'années, les hommes avaient vécu des modifications à la fois très lentes et extrêmement chaotiques, souvent liées à des catastrophes naturelles et non totalement détachées d'une évolution proprement biologique. Soudain, en quelques millénaires sinon en quelques siècles, étaient inventées, « de toutes pièces » pourrait-on presque dire, des réalités si fondamentales qu'elles nous apparaissent souvent comme constitutives de toute vie sociale: l'agriculture bien sûr, mais aussi l'écriture, la monnaie, la ville et l'Etat. L'entrée dans le néolithique constitue sans doute le premier évènement historique au plein sens du mot, dans la mesure où c'est fondamentalement à l'action humaine qu'il est dû. [...]

Cela ne signifie d'ailleurs pas que les dynamiques naturelles, climatiques notamment, ne se trouvent pas en arrière-plan. On a affaire à des groupes humains dotés de technologies frustes, dont l'efficacité est globalement faible. Qu'on change, même marginalement, l'environnement naturel, et le seuil qui sépare un investissement efficace d'une dangereuse perte de temps sera franchi dans un sens ou dans l'autre. Les apparents « effets » des faits de nature n'ont de signification que dans un contexte historique précis, dont certains éléments ont pu être stables sur la longue durée (le pas de l'homme, la puissance du cheval ou du bœuf) tandis que d'autres sont plus changeants (les labours profonds et les céréales de printemps atténuent le poids des aléas climatiques). Notons à cet égard le rôle particulièrement variable de la forêt dans l'émergence de l'Europe. Comme le note Christian Grataloup, les espaces boisés correspondent d'abord à la possible humanisation de terres anciennement occupées par les glaciers. Puis, encore très présents autour des quelques clairières cultivées, ils servent de remparts aux invasions. Au cours du Moyen Âge, le développement de l'agriculture, sous la pression démographique, affaiblit cette protection et rend l'Est de l'Europe plus fragile tandis que l'Ouest est déjà assez fort pour ne plus être menacé. Différents rôles, différents mythes : forêt-ennemie, forêt-refuge, forêt-mémoire – forêt peuplée d'esprit plus ambivalents que ceux du Japon, où l'opposition avec les espaces socialisés par l'agriculture est plus nette, plus univoque.

Suivons André Leroi-Gourban : au moment de ce basculement dans l'histoire, les innovations sont sans doute ainsi, pour une part, réactives à des changements environnementaux qui rendaient difficile le maintient des modes de vie antérieurs. Parvenir sans migration majeur à faire survivre une population malgré la raréfaction de l'eau ou le refroidissement de l'air que provoquent les cycles climatique : tel a pu constituer le problème, longtemps insoluble, maintes fois posé aux sociétés de cueilleurs-chasseurs. La réponse constituera, dans un petit nombre d'endroits d'abord et initialement au Proche-Orient, de passer de la prédation à la production. Contrairement à ce qu'une vision évolutionniste pourrait laisser croire, cela ne signifie pas forcément, dans un premier temps, une amélioration des conditions de vies des habitants. Beaucoup de travail, de rendements médiocres, une absence de maîtrise technique des conditions de productions qui font des famines et des épidémies des preuves encore plus terrible pour une population densifiée et rivée au sol par la sédentarisation, tel sera le lot de ces civilisations jusqu'à une période proche de nous.

L'apparition de la production ne se produit pas partout en même temps : on observe des ondes de diffusion de l'innovation à partir des oasis fluviales d'Asie occidentale, et notamment vers l'ouest, l'Atlantique étant atteint vers -5000, la mer du Nord mille ans plus tard. Il ne se produit pas non plus partout. Pas de néolithique précoce là où les températures ou les précipitations trop faible empêchent, avec les moyens techniques du moment, toute production : régions continentales arides de la zone tempérée, zones polaires, haute montagne. Mais la non plus là où il est possible de continuer à vivre sans effectuer la rupture prédation/production. C'est le cas dans les zones où la croissance spontanée de la végétation est suffisante pour nourrir sur le long terme et sans risque d'anéantissement brutal une population peu nombreuse. Des formes souples d'association avec les activités faiblement productives (culture itinérantes, élevage très extensif) ou d'importance limitée (« jardin ») se rencontrent alors. C'est le cas de la plus grande partie des régions intertropicales, dans ses trois grands types de milieu bioclimatique (forêt denses, forêts claires et savanes, formation arides et semi-arides) et ce, parfois jusqu'à aujourd'hui. Il y a donc des lieux du monde qui ne connaissent pas la révolution néolithiques parce qu'elle ne correspond pas, comme ailleurs, à une nécessité vitale.

On retrouve ici les intuitions originales de Pierre Gourou, pour qui l'interprétation pratique par les hommes des « messages » naturels était comme inversée par rapport à leur lecture au premier degré : un excès de « clémence » se traduit par une faible mobilisation du travail humain et par une stagnation, tandis que les situations précaires au départ peuvent être retournées par une accumulation des outils de maîtrise permettant de repousser les contraintes et de valoriser les ressources. La prévalence différentielle de la révolution néolithique dessine donc une carte du monde. À part quelques exceptions tardives et fragiles (en Amérique précolombienne, par exemple), les zones concernées suffisamment tôt pour que les conséquences en aient pu se faire sentir se trouvent toutes dans l'« Ancien Monde » euro-afro-asiatique. Elles forment un vaste arc allant de l'Atlantique au Pacifique en passant par la méditerranée, le Proche-Orient, le Nord de l'Inde, l'Est de la Chine et le Japon. Celui-ci entre en scène en dernier, vers le IIIe siècle avant J.-C. ; quand aux autres régions, l'agriculture y fonctionne déjà au troisième millénaire.

L'Europe apparaît dès lors comme membre d'un club relativement restreint de régions ayant « divergé » du reste des groupes humains. Cette inflexion, que nous avons perçue dans ses aspects matériels, sera confortée dans sa dimension idéelle par la construction dans les sociétés néolithiques, de conceptions du monde profondément nouvelles. »

 Un scoop Le Figaro

La figue a été domestiquée il l y a 11 400 ans, avant les céréales et les légumes. Très nutritivela figue avait l'avantage pour les hommes du néolithique de se conserver, de se transporter et de se monnayer facilement.

La figue (Ficus carica) n'aurait pas été domestiquée il y a 6 500 ans, mais il y a 11 400 ans, c'est-à-dire plusieurs milliers d'années plus tôt qu'il n'était admis jusqu'à présent. Une équipe de chercheurs israélo-américaine qui publie une étude sur le sujet dans la revue Science (1) souligne en outre que cette domestication se serait produite environ un millier d'années avant celle des premières céréales et des légumes.

Les auteurs ont en effet pu avancer cette hypothèse après la découverte de fruits dans les couches fossilifères de plusieurs sites du néolithique dans la vallée du Jourdain. Le néolithique ou âge de la pierre polie a vu le passage du nomadisme à la sédentarisation. C'est à cette époque que les premiers éleveurs sont apparus et que l'agriculture a fait ses débuts. C'est aussi à cette époque que l'homme est devenu maître de son alimentation.

Dans leur étude, les scientifiques ont constaté la présence de restes de figues qui se développent sans pollinisation (parthénocarpiques) et possèdent des graines vides ne contenant pas d'embryon de figuier. Cette découverte implique sans doute que le figuier était cultivé. «Sur un figuier sauvage, quand la figue n'est pas pollinisée, elle tombe. Et quand les figues mûrissent sans pollinisation, cela veut dire que l'arbre a été domestiqué», explique Finn Kjellberg, directeur de recherche au CNRS de Montpellier. Dans la nature, là où la pollinisation s'effectue par l'intermédiaire d'une petite abeille (blastophage), si celle-ci est peu abondante, la catégorie d'arbre qui se développe sans pollinisation donnera plus de fruits que les autres. Les neuf fruits et 313 graines trouvés par les archéologues dans six sites éloignés de la vallée du Jourdain indiquent que les arbres ont été apportés par l'homme.

Le figuier se bouture facilement dans la nature. C'est cela qui a certainement intéressé les premiers agriculteurs. Ces derniers ont sélectionné les espèces de manière inconsciente, simplement parce que les fruits mûrissaient dans les zones qui manquaient de blastophages. Il est fort possible que les premiers producteurs de fruits du néolithique aient constaté que certaines formes étaient meilleures que d'autres. Et que c'était celles-là qu'il fallait cultiver. Parce qu'ils utilisaient sûrement déjà avec plaisir le fruit séché, un fruit très nutritif qui se conservait, se transportait et se monnayait facilement.

Le Néolithique voit la domestication de nombreuses plantes : des céréales (blé orge seigle), des lentilles, petits pois, pois chiches, vesces  ou encore du lin. L’agriculture peut se développer sans processus de sédentarisation complet, et se fait notamment dans un genre de vie semi-nomade. Il n’empêche que seule la sédentarisation complète des populations a pu permettre la mise au point d’une agriculture efficace. Les premiers établissements d’agriculteurs sont identifiés à Abu Hureya (le plus ancien exemple de domestication des plantes, c. 10 000). 

Tell Abu Hureyra (en arabe : tall ʾabū hurayra, تل أبو هريرة) est un site de la vallée de l’Euphrate (nord de l’actuelle Syrie, nord-ouest de l’ancienne Mésopotamie, qui a été le siège d’une occupation humaine entre 9500 et 5900 av. J.-C. Site proche de l'Euphrate, il a été l’objet de fouilles (dirigées par A.M.T. Moore) en 1972 et 1973 avant son engloutissement sous les eaux du lac Al-Assad  à la suite de la construction du barrage de Tabqa  et de la mise en eau de ce dernier en 1976. Ce site porte des traces parmi les plus anciennes de la domestication des plantes et des animaux. Ces fouilles ont donné lieu à deux articles publiés dans Pour la science en 1979 et 1987. Les résultats de ces fouilles ont largement fait progresser les connaissances sur le processus de néolithisation au Proche-Orient.

En résumé , voiçi les premières plantes cultivées au Néolithique :

 

AMERIQUE DU SUD : Haricots, Courges, Maïs,Piments

AFRIQUE DE L'OUEST : Mils, Riz, Igname, Palmiers à huile 

AFRIQUE DE L'EST : Sorgho, Tefs

 

 

CROISSANT FERTILE : Blé, Orge

ASIE : Riz

 

 

 

 FIN

 

 

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Date de dernière mise à jour : 11/02/2015