âge métaux, métallurgie 3

7. Le Chalcolithique

Les progrès dans la construction des fours rendirent les hommes capables de faire fondre des minerais métalliques. Les premiers travaux se résument au travail par battage de minerais rendu mou par la chauffe, mais bientôt, la maîtrise des températures élevées rendirent l'homme capable de fondre des métaux de plus en plus résistants. Les trois âges des métaux sont le chalcolithique, l'âge du bronze et l'âge du fer.

Sur le plan social, l'âge des métaux semble marqué par une accélération de la hiérarchisation de la société. Les guerres de l'époque néolithique deviennent plus fréquentes et la course aux armements permise par la maîtrise du métal. D'abord les poignards en cuivre martelés, puis les épées de bronze que supplantèrent les armes en fer.

Notons que c'est la période de référence de l'Illiade. Les fiers dieux et demi-dieux qui s'affrontent au milieu des mortels étaient équipés d'armes d'airain, c'est à dire de bronze (guère de Troie en 1240 av J.C, Homère vers 850).

Cuivre et pierre, comme l'annonce son nom, cette période se partage entre la continuation du travail lithique qui reste dominant et l'apparition de nouveaux matériaux, le cuivre, mais aussi l'or. Le cuivre natif était chauffé pour le séparer de sa gangue dans les fours de poterie. Puis, les progrès des fours permirent, le moulage comme en témoignent des creusets iraniens dès le IV millénaire BC. Il s'agissait cependant plus de fosses que de fourneaux.

Pour transporter le minerai qui était rare, des réseaux d'échanges à l'échelle de l'Europe et de l'Asie centrale s'organisèrent

Chalcolithique ancien

Chalcolithique moyen

Chalcolithique récent

La céramique cordée est caractéristique de cette période, en particulier des vases à hauts cols en entonnoir (typique du Nord de l'Europe).

En cuivre, on trouve des poignards, mais aussi des parures (tant féminines que masculines).

Le travail lithique se poursuit, avec en particulier la réalisation de très belles haches en silex, plates et allongées.

Cette période se caractérise par une civilisation utilisant des sépultures mégalithiques (chaussées couvertes de la culture Seine-Oise-Marne...).

Chaque région possède toutefois une culture propre, assez différenciée, même si les céramique trouvée en France sont plutôt grossières.

Cette période se caractérise principalement par un travail remarquable de poterie, en particulier les campaniformes (en forme de cloche). Ce faciès s'est répandu dans toute l'Europe, témoignant d'une certaine unification des cultures.

Le travail du métal s'affine et la fin du chalcolithique est marquée par l'apparition des premières tentatives d'un alliage qui allait donner son nom aux périodes suivantes, le bronze.

Comme pour la période précédente, l'Art semble s'être cantonné à l'embellissement de l'individu et des objets usuels. Les ciselures et la recherche sur les formes témoignent d'une recherche esthétique pour les produits de tous les jours, même si le chalcolithique moyen semble avoir été plus fruste en Europe Occidentale que les deux autres périodes. On trouve dans les sépultures, des feuilles d'or et d'électrum, ce qui témoigne d'un certain raffinement.

N'oublions pas que cette apparence de recul de l'Art n'est peut-être que la conséquence de la perte des objets en matériaux périssables.

 

8. L'âge du bronze 

L'innovation technologique majeure est bien sûr l'apparition d'un alliage de cuivre et d'étain qui permis la réalisation de nombreux objets en bronze.

Additionné de 10% d'étain, le cuivre donne un alliage plus résistant que le cuivre, le bronze, mais qui est plus malléable quand il est chaud. Cette caractéristique le rendit propre à la coulée qui se fit selon deux techniques, dans des moules en pierre ou par la technique de la cire perdue. Cette dernière permet de réaliser des objets creux de grande dimension, comme des moyeux de roues de char et bien sûr des armes comme des épées, des fers de lance et des poignards.

L'âge du Bronze fut aussi l'âge de l'Or, à défaut d'avoir été un âge d'or. Le métal avait alors une valeur stratégique, mais aussi marchande et l'on trouve, pour cette période des objets métalliques qui semblent n'avoir eu d'autres destinations que l'échange. Une importante production de haches à douilles de petite taille et bien trop molles pour avoir été d'un quelconque usage pourrait avoir eu un rôle de monnaie et de thésaurisation. Ce phénomène de thésaurisation dans ce que l'on nomme "dépôt de fondeur" témoigne de la préciosité du matériau et de la relative insécurité de la situation politique.

Les réseaux d'échange se développèrent encore et il suffit de signaler que les premières productions de bronze réalisées en Proche-Orient le furent à l'aide d'étain de Cornouailles, c'est à dire que le minerai voyagea régulièrement sur environ 5000 kilomètres.

Comme toutes les périodes précédentes, on a trouvé commode de diviser l'âge du bronze en trois périodes. Le bronze ancien, le bronze moyen et le bronze final. Si le bronze à la cire perdue a été inventé dès le la fin du quatrième millénaire en Mésopotamie et en Élam, nous ne retiendrons ici que les dates européennes et particulièrement françaises quand un écart trop grand est sensible.

Bronze ancien

Bronze moyen

Bronze récent

1800-1500 BC

1500-1200 BC

1200-800 BC

Les différences entre les périodes se caractérisent principalement par des différences entre les différents objets, forme des fibules (épingles à nourrice), des épées… (elle fera l'objet d'une étude séparée).

 

 

 Les métaux comme le cuivre – travaillé en Mésopotamie dès le IXe millénaire av. J.-C. – l’or – nécropole de Varna milieu du Ve millénaire av. J.-C. – l’argent et l’électrum sont utilisés dès le Néolithique, à la période dite Chalcolithique que nous venons d'évouer, parallèlement à l’utilisation de la pierre. Pendant cette période, les métaux sont utilisés à partir de leur forme native par martelage à froid ou à chaud de pépites, pour réaliser des petits objets généralement d’apparat.

 

La caractéristique première de l’âge du bronze n’est donc pas l’utilisation des métaux mais la découverte et le développement de la métallurgie, technique nécessaire pour l’obtention du bronze, alliage à 90/10 de cuivre et d’étain. La métallurgie se définit comme un traitement thermique permettant l’extraction de métaux à partir de minerai. Elle nécessite un savoir-faire parfait de l’art du feu, acquis avec la cuisson de la céramique. Il existe d’ailleurs une parenté certaine entre le four du potier et le four du bronzier. Pour extraire un métal d’un minerai, il faut la maîtrise de fours à haute température (le cuivre fond à 1 084 °C ; son addition avec l'étain abaisse considérablement le point de fusion).

C’est en Anatolie qu’il faut chercher les premiers objets en cuivre fondu au VIIe millénaire av. J.-C.. Le plus ancien foyer métallurgique européen se trouve dans les Balkans vers 3500 av. J.-C. pour s’étendre à l’ensemble de la péninsule euro-asiatique vers 2000 av. J.-C.

Spécialisation sociale au Chalcolithique et à l'âge du bronze

Si des indices de spécialisation sont perceptibles avec certaines production lithiques très particulières du Chalcolithique (poignards du Grand-Pressigny), avant le développement de la métallurgie, la production se faisait généralement au sein de la famille élargie, d'un clan ou d'un village. Avec la métallurgie, les activités de production vont se spécialiser. Elle nécessite dorénavant des artisans, mineurs ou forgerons, et des marchands qui exercent leur activité, du fait de la complexité ou de la durée, à plein temps. Il faut donc que d’autres personnes leur fournissent en échange subsistance et bientôt protection. Cette spécialisation se lit dans l’organisation des sites tels que Fort-Harrouard, sur la commune de Sorel-Moussel où, au sein d’un site protégé, un quartier des bronziers a pu être localisé avec une production spécifique et différente par artisan.

 

 
Ambre, un des moyens d'échange contre des minerais

 

Développement économique

L’innovation de l’industrie du bronze est son développement hors zone de gisements métallifères. L’approvisionnement, la production et la distribution élargissent leur horizon. Les centres d’extraction sont parfois très éloignés des centres de production, eux-mêmes éloignés des centres d'échange. Cela implique la création d’un mouvement commercial qui semble avoir eu un développement important. Si aujourd’hui la typologie mais aussi les analyses chimiques permettent de tracer des voies d’échanges économiques, - comme les routes de l'ambre décrite quelques dizaines de siècles plus tard, par Pline l'Ancien à qui l'on doit le nom de cette route - les conditions de commercialisation comme les mécanismes de distribution (colportage, marchés, diffusion, grand commerce, etc.) ou les moyens d’échanges (ambre, fourrures, poterie, nourriture etc.) restent encore largement ignorés.

La mise en place progressive d’échanges économiques dans lesquelles la valeur d'usage, base du troc, est accompagnée de notions nouvelles de valeur d'échange. La compétence nécessaire à la production, la relative rareté des produits semi-finis (haches-lingots) et finis vont donc générer des profits. Les scientifiques mettent ces notions en parallèle avec les témoignages archéologiques (retranchements, fortifications, armes etc.) d’une insécurité grandissante à partir du IIIe millénaire av. J.-C. Les gisements de minerais et les dépôts de métaux entraînent la convoitise, nécessitant une protection comme celle des voies commerciales ; « c’est alors que la guerre fait une apparition non déguisée parmi les communautés paysannes d’Occident ».

 

Organisation sociale

Une source de profits, des produits non périssables et la possibilité nouvelle d’accumuler des richesses alliés à une spécialisation du travail entraînent une nouvelle organisation sociale qui débouchera sur l'économie palatiale. Cette organisation est lisible dans les habitudes funéraires. Les sépultures et le mobilier funéraire témoignent d’une hiérarchisation sociale liée à une confiscation des richesses aux profits de potentats. Dans la nécropole de Varna, datant du milieu du Ve millénaire av. J.-C., les chercheurs ont trouvé dans un endroit spécifique de la nécropole des sépultures contenant un riche mobilier d’or dont une hache de pierre au manche de bois décorée d'or et considérée comme un sceptre par les spécialistes. Ces sépultures sont interprétées comme celles d’une petite élite riche et puissante. Un peu partout, l’âge du bronze voit apparaître les tombes individuelles, jusqu’aux tombes mégalithiques, distinguant les puissants, et non plus les tombes collectives du Néolithique final

 9. L'âge du fer 

a) Introduction synthétique

Les gens de l’âge du Fer étaient majoritairement des paysans villageois qui cultivaient plusieurs céréales et élevaient le boeuf, le porc et le mouton. Ce dernier fournissait la laine nécessaire pour fabriquer des étoffes en grande quantité à l’aide de métiers à tisser. Les étables étaient parfois aménagées dans les maisons de terre, de bois et de paille, tandis que les récoltes étaient stockées dans des greniers à grains sur pilotis, pour éviter la nuisance des rongeurs. C'est pendant l'âge du Fer que va s'intensifier l'occupation humaine et son impact sur le paysage avec le début du défrichage systématique autour des villages.  Lorsque la métallurgie du fer fait son apparition (1100 av J.C  chez les Hittites) , il remplace progressivement le bronze, moins résistant. De plus, les disponibilités en cuivre et en étain étant restreintes, l’Homme n’hésite pas à adopter le fer qui se trouve partout dans la nature. A partir du moment où l’acquisition de ce métal est maîtrisée, la production d’objets en fer va exploser et atteindre son apogée au IIIème siècle avant notre ère. L’organisation des sociétés est bouleversée, le pouvoir se renforce, les richesses se concentrent et la hiérarchie sociale est grandissante.
L’âge du fer est étroitement associé à la civilisation celtique qui s’est progressivement étendue du centre vers l’ouest de l’Europe. Les celtes, et plus particulièrement les gaulois, ont inventé des outils agricoles et des techniques qui ont perduré jusqu’au XIXe siècle, depuis la faux jusqu’aux forces pour tondre les moutons, en passant par l’araire renforcé par un soc de fer ou le tonneau. Ils ne sont pas ces êtres farouches, ces barbares, ces demi sauvages, présentés pas les auteurs romains et grecs. Ils sont au contraire les représentants d’une civilisation riche qui a légué un héritage important aux romains.

L'Âge du fer désigne à l'origine une période de la protohistoire européenne caractérisée par l'usage de la métallurgie du fer. L'invention d'un « Âge du fer » est due au chercheur danois C.J. Thomsen qui eut en 1816 l'intuition de l'emploi successif par l'humanité de la pierre, du bronze et du fer, alors qu'il devait classer les antiquités nationales.

Aujourd'hui, il est admis que cette période succède, en Europe et au Proche-Orient, à l'Âge du bronze et précède l'entrée des civilisations concernées dans l'histoire. L'Âge du fer débute vers 1100 av. J.-C dans le monde méditerranéen et vers 800 à 700 av. J.-C dans le nord de l'Europe.

Toutefois, comme pour les autres périodes de la préhistoire, les limites chronologiques de l'âge du fer varient considérablement selon l'aire culturelle et selon l'aire géographiques considérées. De plus, certaines civilisations n'ont jamais connu d'Âge du fer tout en connaissant très tôt certaines caractéristiques d'un développement social et/ou technique important. C'est par exemple le cas des civilisations précolombiennes.

 

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Date de dernière mise à jour : 11/02/2015