Un besoin vital

Un besoin vital : Introduction

I. INTRODUCTION

Notre société a beaucoup évolué depuis les chasseurs cueilleurs, mais l'homme est resté homme; Conventionnellement, on pourrait considérer que l'homme moderne ( Homo sapiens) est apparu il y a plus ou moins 200.000 ans.  Mais l'homme ne différe actuellement pas, constitutionnellement, des ces époques, son bagage génétique est identique et ses potentialités psychologiques n'ont pas évolué, si ce n'est que sa pensée était embryonnaire à l'époque, le soleil de la conscience se levait en manière telle que notre esprit est maintenant assis sur des épaules de géants. A l'époque l'homme était heureux s'il trouvait de quoi s'alimenter, il était déjà social, et, les relations et la communication humaines faisaient émerger la notion de groupe à la base de toute les structures sociales futures. Déjà ressortissait la notion de ciment social qui préfigurait une certaine sacralité, de ce que les hommes qualifieront d'amour dans les civilisations bien postérieures. L'homme était protériforme, prenant doucement conscience de son individualité, il se sentait cependant partie prenante à une notion plus générale que l'on pourrait qualifier de cosmos ou macrocosme. Cette notion de macrocosme naturel, symbolisé par les arbres, les animaux, les rochers, les rivières, les montagnes, les étoiles, les planètes, le ciel .....était l'écrin spatio-temporel des origines et constituait une passerelle vers l'indicible ressentit par l'humain au travers des  décès et des cycles création destruction dans lequel il se savait attaché . D'après Edgard Morin, l'homme en vint à considérer un double " éthéré" de lui-même dans un monde obscur, appelé par la suite " âme", substrat abstrait de vie. Durkheim a considéré lui que le ciment social et la structuration des groupes à l'origine de propriétés émergentes incomprises ont enfanté la notion de sacré ou de divin ( voir " les formes élémentaires de la vie religieuse " ) assimilable à la notion polynésienne de "Mana", force de vie, émanation venteuse du sacré, force énergie noyant le monde. Le macrocosme, univers incompris dans son émanation, et sa nature, forçèrent l'humain à en hypostasier le principe, par exemple dans la notion de clan, de société, de territoire.L'homme des origines vivait de la nature, son macrocosme, et il comprenait que c'est en s'intégrant à lui que la vie était possible, il était microcosme et savait qu'il devait s'allier au macrocosme, l'exploiter en le respectant. L'homme et son âme microcosme s'alliait à l'univers et son âme macrocosme,pour donner un homme cosmique. Tout une série de sensations ébranlait l'homme face à cet univers nature qu'il ne comprenait pas, à la recherche d'un pourquoi, il constitua un corpus de principes relatifs à cet arrière plan vital de la nature, son côté éthéré, obscur, à l'origine des éléments et selon lui moteur de son existence et de sa mort, un mystère qu'il vénéra et sacralisa par des croyances et des rites, l'origine de puissances divines et spirituelles.......magiques. L'homme a gardé une mémoire inconsciente de ces époques reculées, ininterrompue jusque notre époque et constituant des archétypes dans notre inconscient, là est notre mémoire collective, la mémoire de l'espèce humaine........l'âme humaine. Cette âme est cachée en nous, obscurcie si elle n'est pas éclairée par l'esprit qui en tire le substrat de ses réflexions, de ses créations. du moins cela devrait en être ainsi si la société technologique, économique et matérialiste à l'excès n'avait pas refoulé ce substrat de toute vie adaptée à ses semblables et à son monde. L'initiation consiste à mener ce travail lumineux de l'esprit sur l'âme pour en arriver à une sereine sagesse. L'esprit sec se développe ainsi pour donner un esprit plus universel, plus efficace, plus complet se rapprochant de ce que l'on pourrait appeler esprit divin. Là est le mariage de l'âme et de l'esprit, du féminin et masculin, du noir et du blanc, contraires inexistant l'un sans l'autre.

La conception qu'a l'initié du "divin" ne correspond pas vraiment à celle du  "croyant de la rue", celle-çi est construite et éprouvée et est bien souvent plus réfléchie que celle des mystiques de toutes sortes ; Le mystique ne cherche pas à savoir ce qu'est Dieu, il cherche à le rencontrer. L'initié aboutit à une forme de sagesse qui ne se transmet pas de manière abstraite de son contexte d'acquisition : Frappez on vous ouvrira ! ; Demandez, on vous répondra ! ; Cherchez, vous trouverez !  ......

Le chemin de l'initiation est long, prend toute une vie, semé d'embûches, il impose la probité et s'arrête tout bonnement en cas de faux pas, pour ne reprendre qu'après correction, rectification ; Un initié ne triche pas avec les autres et avec lui-même, car il sait que cela ne mène à rien en la matière.

Le dynamisme psychologique intérieur de l'initiation est commun à toutes les initiations dignes de ce nom, peu importe la civilisation ou le contexte spatio-temporel . Sans doute que diverses manières au départ non spirituelles peuvent donner accès à cette évolution intérieure, mais à partir d'un certain moment l'humain qui en est le siège reconnaît l'existence de l'âme et de l'esprit élargi et devient spirituel qu'il le veuille ou non, celà peut s'appeler " ouverture". Cette transformation donne l'émergence de l'homme nouveau, le véritable humain car on ne naît pas homme, on le devient. Si l'ésotérisme donne indubitablement accès à des savoirs spécifiques, encore faut-il que ces savoirs se muent en connaissances sans lesquelles ils ne sont rien. Ce signifiant dynamique d'évolution pourrait s'appeler "Tao" ou Dao, par exemple, mais une série d'autres substantifs peuvent lui être appliqués, selon les diverses traditions. Le message est identique partout et de tout temps puisqu'il est le propre de l'homme. Tout porte cependant à croire que les caractéristiques de notre société économique, matérialiste, technologique obscurcit de plus en plus ce propre, présent en nous, en manière telle qu'il soit de plus en plus difficile de l'activer. Nous n'avons le choix que d'en laisser rire.....

Nous savons que l'initiation n'est pas accessible à tous, la question est de savoir pourquoi, je n'ai personnellement pas de réponse complète, simplement des éléments:

-1) Personnellement un facteur important a été la rencontre d'évènements exécrables dans mon existence dans lesquels je me trouvais "réellement dans le fond", c'est instinctivement que j'ai pris une direction qui me semblait la seule encore possible.

-2) Mais ce premier point n'est pas le seul, depuis mon plus jeune âge, j'avais une attirance particulière pour le sacré mélée de fascination et de crainte 

-3) Très tôt démarra chez moi le questionnement existentiel, je me posais des questions qui n'intéressaient pas mes copains

-4) des besoins de solitudes pour réfléchir.

-5) Une curiosité scientifique très développée notamment en sciences de la vie, un amour immodéré de la nature

-6) Une grande curiosité pour le passé de ma famille, un rejet des excès de la modernité, une envie de vivre simplement comme mes ancêtres ruraux et agriculteurs......

-7) Une hypersensibilité précoce, du genre écorché vif.

Je ne suis pas très versé dans les concepts karmiques, mais je me pose des questions à ce sujet, plusieurs vies successives avec évolution de l'âme qui est " prête à un moment donné " , pourquoi pas, ...... mais rien n'est sûr à mon avis, j'ai du mal à admettre ce genre de chose, évidemment le monde de l'esprit n'est pas le monde matériel........ 

 II. L'initiation et l'ésotérisme dans les textes profanes

Dans les textes " profanes " théoriquement, l'on rencontre des oeuvres qui se rapprochent malgré tout très fort du sujet. Je peux prendre l'exemple de l'oeuvre de Carl Gustav Jung qui se trouve parfois à la limite d'un certain hermétisme, ses concepts d'individuation ainsi que ses réflexions sur les contenus de l'inconscient collectif et sur l'alchimie méritent d'être lus d'une manière scientifique " classique", mais l'initié y trouvera d'autres informations par le vécu qu'il a de l'initiation.

Une auteure moderne, Arouna Lipschitz, décrit son vécu et ses conclusions au sujet de la spiritualité, là à nouveau les deux grilles de lecture sont applicables.

En exemple, l'on peut prendre l'exemple fulgurant de l'oeuvre de F.Nietzsche voir  sur ce site Nietzche.

Il ne faut cependant pas choisir des textes bien particuliers, car les contes pour enfants, les légendes, certains romans, poêmes comportent une forte charge spirituelle,il suffit de savoir la capter. Les images et dynamismes spirituels font partie de l'inconscient collectif de l'humanité et pour peu que des ouvrages soient écrits en laissant libre court à l'imaginaire, ils ressortent dans le texte.

Il faut cependant faire attention aux sois-disant ouvrages à caractère ésotérique affirmé évoquant des possibilités magiques, de divination etc pour attirer un certain public non réfléchi et en recherche de fantasmes, rien n'est donné d'emblée par des recettes de cuisine, c'est avant tout un travail sur soi de longue haleine qui permet de réveiller des facultés qui à la base font partie de l'équipement normal de l'esprit humain.   

 III Le réveil du potentiel spirituel d'une personne

 Sur ce sujet, l'on trouvera de fort intéressantes émissions accessibles sur le site de France-culture, notamment dans "les racines du ciel " et plus particulièrement un sujet sur l'individuation : http://www.franceculture.fr/emission-les-racines-du-ciel-le-processus-d-individuation-avec-christophe-faure-2013-04-21-0.

L'individuation, évoquée à la base essentiellement par Carl Gustav Jung, psychiatre et psychanalyste de la première moitié du XXème Siècle, est un phénomène de nature mentale provoquant chez tous les hommes une propension à la profonde remise en question du sens de la vie, vers l'âge moyen de 45 ans. Ce processus ne peut vraiment démarrer que dans le cas ou la personne qui en est le siège parvient à reconsidérer le rôle d'acteur social ( la personna ) qu'elle a joué pour s'insinuer dans le dynamisme social jusque là, se soumettant ainsi à l'instance surmoïque de la personnalité. Durant toute la partie précédente de son existence, cette personne a tourné son regard vers l'extérieur,  en vue d'une adaptation, et en faisant fi de sa réelle nature, de ses réelles aspirations profondes. Un défi lui est donc proposé : se tourner vers son intériorité, être plus vraie, tomber le masque de la personna pour se sentir en phase avec elle-même . Ne le faisant pas, par peur, par dogmatisme, par ratiocination, elle parcoura le reste de son existence comme un ovni, sans la vivre réellement. Lorsque l'on parle de spiritualité, c'est de cela qu'il s'agit, sachant que ce dynamisme peut-être initié, préparé bien avant cet âge de 45 ans.

Notons encore que la société contemporaine tire un trait de plus en plus cinglant sur l'aspect spirituel de la vie humaine, je ne mentionne nullement qu'il n'y a que cette part de la pensée qui a une importance, mais qu'un équilibre doit s'établir dans le mental humain entre le matériel et le spirituel, il en va notamment de l'équilibre psychologique et cognitif. Le matériel s'approprie par une pensée tournée vers l'extérieur objectal, alors que le spirituel est un mode de pensée tourné vers l'intérieur de l'homme, vers le Soi, vraie identité individuelle et collective.

 

 

 

     

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : 10/02/2016