4. Ma vision religieuse

 

 

MA VISION RELIGIEUSE

1° non concordisme

Il est difficile pour moi d'en parler, car en matière religieuse, il n'y a rien de réfutable et rien de ce que j'affirme ne peut être corroboré ou prouvé. Votre vérité spirituelle est aussi bonne que la mienne et je ne peux, non plus, la réfuter. Seulement attention, ce critère de réfutabilité ( Sir Karl Raimund Popper 28 juillet 1902 à Vienne, Autriche - 17 septembre 1994 à Londres (Croydon), Royaume-Uni) a été établi pour juger si une assertion est scientifique. Hors les religions ne sont pas des théories, ni même des philosophies !

En toute raison, et à fortiori, certaines de mes convictions, que vous décelerez sans doute dans ce qui suit, n'ont strictement aucune valeur de référérence.

Une chose me semble claire, les réalités scientifiques et les réalités spirituelles ne jouent pas dans le même gymnase, et il est idiot de vouloir les comparer en les mettant en compétition. Au temps de l'Abbé Lemaître, auteur de l'une des première théorie cosmologique basée sur la relativité générale, il était de mode, pour " laisser l'Eglise au milieu du village " de pratiquer le concordisme et d'affirmer béatement dans les hautes sphères que "Fiat Lux" était confirmé par le "Big Bang". Notre cher Abbé s'en est d'ailleurs défendu devant le Souverain Pontife de l'époque. Cette vision a par ailleurs été fermement infirmée par le Pape actuel (Benoît XVI)  lorsqu'il était encore le Cardinal Ratzinger.

Si l'on a un peu fréquenté les tenants de la spiritualité musulmane, l'on a constaté que pour la classe sociale majoritaire, la crainte, la soumission a Dieu et l'interprétation littérale des Sourates coraniques est une vraie calamité pour certains esprits ouverts et tolérants. Il est donc normal que les tentatives récurrentes de concordisme soient légion. Grossièrement, pour un Musulman moyen, l'interprétation des textes sacrés est souvent inutile, voire nuisible et la vérité luit sans aucune pratique hermétique.Le Coran est pour eux, sans faille et sans erreur au travers d'une lecture littérale. Comme cet écrit ne peut se tromper, il faut adapter la vérité scientifique pour qu'elle corrobore leur foi. Il faudrait développer ce sujet mais je ne tiens pas à froisser certaines susceptibilités. Il ne faut cependant pas imaginer que tous les musulmans raisonnent de cette manière, et, certains exégètes coraniques célèbres dans leurs pays respectifs fournissent un autre message beaucoup plus nuancé, c'est également vrai pour des musulmans ayant choisi un mode de pensée plus intellectualisé. N'oublions pas que Dieu veut la vérité !

L'aphorisme  ou «principe Noma»   de Stephen Jay Gould, Biologiste et Paléontologue américain me convient très bien : (Non-Overlapping Magisteria) où "il n'y a pas recouvrement des magistères" signifie que les modes de conviction scientifique et religieux sont fondamentalement disjoints.

VDS 2008 37/RE

2° Une interprétation de la foi

Dans les Religions révélées ou religions du livre ( Judaïsme, Islam, Christiannisme ) il est question d'une notion non rationnelle que les Chrétiens appellent la Foi, dont les adeptes sont les tenants s'ils ont reçu la grâce. Foi, ... Grâce... quelle signification peut-on accorder à ces mots ?

Prenons comme exemple la religion que je connaîs le mieux : le Christianisme.    

Le mot FOI est employé pour traduire un nom grec féminin, " pistis ", qui apparaît 244 fois dans le Nouveau Testament et comporte aussi le sens de fidélité et de croyance.

" Pistis " vient du verbe grec " peitho " qui signifie persuader ou être persuadé. Le verbe " pisteuo " est un dérivé souvent traduit par croire.

Pour les Chrétiens, c'est au travers de versets bibliques traitant de la foi chrétienne que le Saint-Esprit parle mieux que tout être humain de la foi car :

 Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. » ( 2 Timothée 3:10 ).

Nous ne sommes pas très avancés avec ces éléments si nous n'avons pas préalablement la foi, de sorte que cette notion pourrait bien correspondre à un serpent qui se mord la queue. En effet, si l'on a pas la foi, pourquoi admettre le verset précédent. Personnellement, je pense que la foi ou la propension à cette foi ne correspond en aucun cas à une caractéristique produite de manière directe par l'inné ( cf génétique ). Il existe un terme pour exprimer que Dieu a secrétement choisi ses élus qui bénéficie donc de la "vraie foi" de manière innée : c'est la prédestination. L'Islam et le Protestantisme font d'ailleurs grand frais de cette affirmation.Ce qui ne veut pas dire que le potentiel de foi religieuse ne soit pas présent en chaque humain bien sûr, mais il se développe ou ne se développe pas .

Sachant que l'existence de Dieu ne se démontre pas et que ce serait d'ailleurs nuisible à l'apparition de qualités chrétiennes, la notion de foi échappe à toute relation de causalité, et ne se laisse en aucun cas dissoudre par raisonnement de logique syllogistique mené par le conscient. De toute manière, pour moi, et d'après la manière dont je comprends ma propre foi, celle-ci ne peut s'acquérir qu'à partir des cogitations, spéculations et réflexions sur la nature des divers évènements de notre vie et également par la pratique d'une intériorisation permettant la recherche des déterminants relatifs à notre nature profonde, nous dirons que le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Avoir la foi signifie que l'on a cherché avec opiniâtreté les comportements et les modes de pensée qui correspondent à cette nature profonde, je croît qu'un enfant ne peut avoir la foi, celle-ci se construira ou ne se construira pas, à partir de l'âge de la maturité  d'adulte. Elle peut cependant s'acquérir tôt ou tard dans la vie.

Est-ce pour autant que les Dogmes soient funestes, je n'en croît rien et vais tenter d'illustrer ma conviction par des exemples parallèles.

Il est vrai, plus jadis que de manière contemporaine,que l'éducation des enfants est naturellement basée sur l'exhibition d'un certains nombre de dogmes généraux assortis de leurs frères plus spécifiques, liés aux caractéristiques de la morale familiale, et c'est très bien ainsi. On ne peut demander à des enfants intellectuellement et spirituellement immatures de juger de la validité des contraintes édictées par les géniteurs ou parents adoptifs, et leurs proches. Ce n'est que bien après, consécutivement à plusieurs expériences et hésitations qu'une conviction se formera et que les dogmes seront librement acceptés ou librement rejetés. Ce processus que je décris correspond cependant à un idéal et nombre d'adultes et de vieillards n'ont jamais osé, jamais voulu, ou jamais su,  soumettre à leur propre jugement un certains nombre de principes édictés lors de leur jeunesse, de plus ces personnes appliquent généralement ces principes sans aucune souplesse. Je suis désolé, mais souvent c'est : L'intelligence qui manque, ou alors c'est la peur d'affronter des situations qui requièrent l'utilisation de tout son potentiel avec un minimum de repères. C'est alors un manque de confiance en soi, justifié ou non et ce, pour différentes raisons historiques. Ce comportement aboutit dans le meilleur des cas à l'émergence d'une personnalité infantile bornée, psychorigide, ou, dans des cas plus graves, directement à la génèse de névrosés. 

Cependant, si l'éducation fournie à l'enfant et à l'adolescent est harmonieuse, diversifiée, alliant préceptes indiscutables et invitations à la pratique de l'examen libre pour d'autres domaines, l'on a plus de chance de voir apparaître un jeune adulte fort de ses convictions et idéaux, tolérant, mais aussi souple et respectueux de certaines règles de vie ou principes. C'est ce que l'on peut appeler un îndividu équilibré. Dans ce cas de figure, les dogmes éducatifs auront fourni le meilleur d'eux mêmes et dans cette optique, il sont réellement indispensables.

Il faut donc nuancer Voltaire lorsqu'il affirme que le Dogme est funeste et qu'il ne faut pas obliger de croîre, c'est ainsi que le dogme religieux joue dans son domaine le même rôle que le dogme éducatif dans le sien. De cette manière les préceptes religieux seront, la maturité venant, intériorisés positivement ou non.

Si nous poussons le raisonnement en ses confins, nous pouvons affirmer qu' il est équivalent de décreter que Dieu existe etc...   ou que Dieu n'existe pas , ces prédicats de nature spirituelle seront, dans les meilleurs cas, disséqués sur l'hôtel de l'expérience de la vie et de soi-même. Il ne feront pas mentir la morale et la nature profonde de l'homme, son coeur, en l'occurence.

Aucune croyance ne peut s'appeler foi si elle n'a été librement consentie par intime examen des dogmes religieux. Dans ce cas de figure cette croyance est inutile et stérile. Jésus n'a jamais obligé personne à croire en lui, la croyance par habitude, convention, par goût du politiquement correct ou pour toute autre raison que l'amour authentique de Dieu n' a de croyance ou de foi que le nom. Les tenants de cette mascarade se tiennent généralement en des endroits bien connus de l'église et ont tendance à mener leur palabres, entre eux, sous forme d'une messe dans la messe : la messe basse.

Je vais maintenant faire un autre parallèle, non plus avec les dogmes éducatifs, mais avec les dogmes mathématiques ou axiomes et montrer qu'ils sont là simplement pour fixer les idées. Ce procédé a montré toute sa fécondité.

Officiellement, c'est Euclide (-325,-265, Grèce) qui mit par écrit l'ensemble des connaissances géométriques de l'époque dans une somme de 13 livres nommée "éléments" . Il y est notamment question de parallélisme de deux droites, et à ce sujet Euclide postule que " par un point extérieur à une droite, il  passe . ;une et une seule parallèle" . Il s'agit d'un des axiomes de la géométrie euclidienne et celui-ci doit être respecté pour que la géométrie puisse être qualifiée d'euclidienne. Rappelons que cette géométrie a une conception plane des objets géométriques, ainsi, pour calculer l'aire d'un terrain, l'on considère que ce terrain est absolument plat, ce qui n'est pas vrai dans l'absolu puisque la terre est sphérique. Ce postulat d'Euclide peut être considéré comme un dogme pour les mathématiciens puisqu'il est admis sans pouvoir être démontré, il porte le nom d'axiome. Remarquons que pendant au moins 2000 ans, cette géométrie n'a pas été mise en cause et sa richesse permet qu'elle puisse encore être largement utilisée dans les cas courants d'application.

Après nombre d'essais infructueux pour démontrer ce 5ème postulat d'Euclide, c'est Lobatchevski en 1829 qui montra qu'il était en fait indémontrable.

Cest en 1851 que Riemann pût construire l'édifice théorique relatif à une géométrie niant cet axiome : la géométrie non euclidienne, de l'espace courbe. De nombreuses applications purent être tirées de cette nouvelle géométrie, d'ailleurs Einstein et Grossman en eurent grand besoin pour théoriser la relativité générale.

Nous avons donc ici deux théories apparemment contradictoires qui sont vraies toutes les deux, et l'on peut même considérer la géométrie euclidienne comme un cas particulier de la géométrie non euclidienne. Ces deux théories sont fécondes.

Nous voyons au travers de cet exemple que ce qui compte, c'est d'avoir un point de départ , il faut fixer les idées pour pouvoir raisonner juste.

Pour moi, le fait d'affirmer que Dieu existe, sans pouvoir le démontrer, est riche et spirituellement fécond. Peu importe que cela soit vrai ou faux. 

Finalement, je n'ai plus besoin d'avoir des certitudes quant à la réalité ontologique de Dieu, j'ai d'ailleurs toujours douté. Ce dogme a fournit ses effets et la Foi me vient de l'intérieur, elle ne se présente plus que par ses effets, me donne la force de toujours avancer , de me perfectionner intimement pour pouvoir aimer et aider autrui le moins mal possible.

VDS 2008 39/RE

08/06/2010 

Je voudrais chasser un a priori relatif à la Franc-Maçonnerie vis à vis des religions en reprenant un texte reconnu : 

 "

La Franc-Maçonnerie authentique n'est ni une religion, ni un substitut à la religion ; elle n'a ni credo, ni révélation propre, ni dogmes, ni chefs spirituels. Elle ne propose pas non plus une mystique. D'autre part, elle n'entend nullement se substituer aux religions, ni aux églises. Son idéal serait que chacun de ses membres, grâce à son initiation, vive plus intensément, soit sa religion, soit sa recherche spirituelle personnelle.

 

                                                                                                              "

 

suite 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 10/02/2016