1.Variations junguiennes

 
 
Réflexion 1 : La conscience du moi/ VDS 312
 
Dès que l'enfant en bas âge fait l'expérience de l'altérité par la prise de conscience plus claire de l'existence de son père, il commence à entrevoir que sa mère n'est pas l'unique objet avec lequel il pourrait interagir (içi, de manière véritablement fusionnelle : la mère est l'univers du nouveau né.), il s'arme ainsi pour la découverte de son environnement qui est autre également. A partir de cette étape, la grande aventure commence...
A l'aube de l'humanité, lorsqu' apparurent des Primates doués de conscience à un degré suffisant (vers 2.500.000 av JC) représentés par Homo habilis ( hypothèse "Nouvelle histoire de l'Homme" les dossiers de la recherche n°32-2008) ceux-ci purent également expérimenter l'altérité de leur environnement physique et biologique, une grande aventure commence alors également...
Un sentiment intuitif me pousse à présenter certaines réflexions de ce sujet en rappelant ce parallélisme me semblant significatif de quelque chose, mais de quoi ? On peut déjà à ce niveau penser à une certaine unité des phénomènes naturels, une sorte de structure, de patron sans contenu organisant ces phénomènes, à l'aide de ce que l'on appele le symbolisme. La question que l'on pourrait poser à ce stade est :
Est-ce que ce patron est une structure naturelle, psychologique ou bien les deux par la médiation du concept de projection chère aux psychanalystes ?
Ou bien, plus prosaïquement l'esprit est lui aussi nature et il est inutile de distinguer nature et esprit au sens ou ce symbolisme est psychologique autant que naturel puisque l'esprit est lui même nature ? On pourrait trouver des guides de réflexion dans les ouvrages fondamentaux de Carl Gustav Jung (1875 - 1961)   relatifs aux notions d'inconcient personnel et collectif. L'on pourrait également se rappeler la théorie partiellement obsolète de Ernst Haeckel relative à la théorie de la récapitulation et dire avec lui : "l'ontogenèse récapitule la phylogenèse". 
Ces questions peuvent sembler bien vaporeuses, floues, elles semblent émerger d'un brouillard comme les cîmes de certaines montagnes dans certaines conditions météorologiques. C'est probablement ainsi que l'apparition de la conscience se fît ressentir par ses sujets paléoanthropologiques.
 
J'ai choisi cette image, mais il pourrait y en avoir d'autres : une île qui émerge de l'océan, une graine qui germe et sort du sol quittant l'univers chtonien pour s'étonner tel un dormeur qui s'éveille de l'existence de la lumière. 
La conscience dont j'ai parlé jusqu'à présent est la conscience de l'altérité donc, en toute logique, la conscience de sa propre individualité, de la différence qu'il existe entre soi-même et l'environnement biologique et physique. On inclut bien sûr dans la notion d'environnement biologique l'existence d'autres individus semblables à nous mêmes mais pourtant individuellement différents, c'est la conscience de l'humanité et de la notion de groupe ( par exemple ethnique ou familial). C'est aussi la conscience du moi.    
C'est de cela dont on parle lors de discussions sur l'émergence de la conscience de l'homme préhistorique et de l'enfant.Il est cependant intéressant de noter que pour l'homme préhistorique relativement récent (- 300.000 av J.C), il n'est quasiment question que d'altérité biologique en ce sens que tout objet,qu'il soit physique ou biologique possède un "esprit" au sein du mana. Le terme mana désigne un concept Polynésien que l'on retrouve sous différentes appellations dans d'autres peuples.La notion de Mana, fondation de la magie et de la religion, est l'émanation de la puissance spirituelle du groupe et contribue à le rassembler. Le « Mana » est, selon Mauss, créateur de lien social.
La notion de mana a fait l'objet de nombreuses discussions, tant sur la traduction que sur sa signification, mais aussi plus largement, elle a fait l'objet de discussions sur la validité ou la pertinence des « notions de type mana ». Ainsi, en 1881, Codrington définit le mana comme un « vecteur diffus de pouvoir spirituel ou d'efficacité symbolique supposé habiter certains objets et personnes ». Dix ans plus tard il précise en affirmant que le mana est un « pouvoir d'influence » s'attachant aux personnes et aux choses, véhiculé par les revenants et les esprits.
Keesing dit que ces définitions sont des créations des Européens, mais pas la conception indigène. En effet, depuis Codrington, lorsque mana a été privilégié comme substantif, il a toujours été traduit comme tel, alors qu'en réalité il avait trois formes possibles : verbe actif, verbe passif, substantif. Cet aspect apparaît encore chez Marcel Mauss, pour lequel le mana devient fondamentalement un substantif. « On dit d'un objet qu'il est mana, pour dire qu'il a cette qualité ; et dans ce cas le mot est une sorte d'adjectif ». Au début du siècle, le terme mana a commencé à illustrer l'idée d'une qualité abstraite ou d'un support de pouvoir surnaturel sur lequel repose l'action humaine ou dont celle-ci dépend.
Dépassant largement le contexte océanien, mana est devenu une notion du métalangage anthropologique. Aujourd'hui l'explication la plus aboutie est celle de Keesing : il en donne trois usages :
verbe d'état signifiant « être efficace, puissant, réalisé », utilisé de façon stéréotypée pour décrire l'efficacité et la chance.
verbe employé dans les prières et les invocations : « bénis, soutiens, rends efficace... »
comme substantif : « efficacité, réalisation, puissance... »
Cela pose de nombreuses questions, en particulier celles de la traduction, et de la signification. Car tout ce que l'on attribue au mana reste flottant ou vague. Lévi-Strauss compare le mana aux mots français « truc » ou « machin ». Il dit en effet que « derrière machin, il y a machine et plus lointainement l'idée de force ou de pouvoir ». Quant à truc, cela dérive des coups heureux dans les jeux. Pour lui, les conceptions de type mana (wakan, orenda) relèvent d'une forme de pensée universelle et il met en avant une explication linguistique. La fonction des notions de type mana, écrit-il, « est de s'opposer à l'absence de signification sans comporter par soi-même aucune signification particulière », elle est de combler un écart entre le signifiant et le signifié. C'est leur vide sémantique qui rend ces notions centrales. Celles-ci représentent précisément « ce signifiant flottant qui est la servitude de toute pensée finie, bien que la connaissance scientifique soit capable, sinon de l'étancher, au moins de le discipliner partiellement (...). Nous voyons dans le mana, le wakan, l'orenda et autres notions du même type l'expression consciente d'une fonction sémantique, dont le rôle est de permettre à la pensée symbolique de s'exercer malgré la contradiction qui lui est propre ».qui est la sienne.
Reflexion 2 : Eveil à l'inconscient
 
Affirmer que l'on est le siège d'une individuation au sens jungien du terme est risqué et peut-être même présomptueux de l'avis de certains. On se rend bien compte que quelque chose se passe dans sa tête mais on ne peut généralement pas le déterminer par méconnaissance du concept. Originellement, ce phénomène psychique était recherché et même provoqué, si possible, dans les cures psychanalytiques jungiennes ( psychologie analytique ). Il est cependant certains êtres humains pour qui le démarrage du processus s'enclenche seul, bien souvent vers la quarantaine et mieux, à l'issue de problèmes réellement vitaux pour lesquels on entrevoit aucune solution. Il faut noter qu'une individuation qui démarre de manière inconsciente représente un danger potentiel et que certaines de ces personnes auront alors tendance à devenir des adeptes religieux inconditionnels (fidéisme) et intolérants, voire mystiques ou développeront carrément un problème de nature psychiatrique.
Il y a cependant un problème pour avoir la possibilité de conscientiser cet état, les ouvrages de C.G JUNG, s'il sont disponibles en français, nécessitent l'acquisition d'un certain vocabulaire spécifique. De plus, ce sont des ouvrages foisonnant de culture et mythologie antique, de philologie, d'histoire des religions, de psychologie, de psychiatrie, d'histoire de la psychiatrie, de littérature classique et même de théologie pour ne citer que ces domaines de la culture. Il faut bien avouer que seuls quelques pourcents de la population contemporaine porte  encore un intérêt à ces domaines de la connaissance pourtant si riches.
D'autre part, le concept d'individuation est tellement étranger au profane que son appréhension raisonnable passe par la lecture d'une bonne partie de la littérature jungienne et peut-être aussi celle de Marie Louise Von Franz qui fut son adepte, lecture cependant inutile s'il n'y a, préalablement courage, patience et ouverture d'esprit suffisante. Je conseille toujours, pour démarrer, de lire "Ma vie ", autobiographie de Jung et " psychologie de l'inconscient " également de celui-ci. Ce dernier ouvrage a l'avantage d'être relativement facile à lire et de donner certaines indications sur les théories de Freud  et d'Adler de manière comparative et constituant un prérequis valable pour le développement de sa pensée. Suivre cette pensée avec " Dialectique du moi et de l'inconscient" me semble également un bon compromis pour avoir une première idée du concept central d'individuation. Malheureusement, je suis convaincu, qu'une intime compréhension de cette théorie parfaitement empirique nécessite que l'on soit le siège de cette individuation et qu'on la vive consciemment, attention cependant à la suggestion.
Comme l'avait déjà affirmé Freud, les rêves constituent une voie royale pour tenter d'accéder à une certaine compréhension des dynamismes de l'inconscient, mais pour celui-ci, cet inconscient n'était constitué que de contenus refoulés depuis la prime enfance, et en rapport avec les déterminismes sexuels de sa notion de libido. Adler quant à lui fonde ses explications des influences de l'inconscient sur le conscient, à partir de son concept de volonté de puissance.
Par la cure analytique et notamment l'analyse des rêves, ces deux conceptions peuvent permettre de dissoudre  ou au moins d'expliquer les complexes relatifs à pas mal de névroses. L'efficacité de ces deux théories sont à ce point équivalentes que l'une ou l'autre pourrait être appliquée au même cas névrotique avec égale efficacité. Partant de là, JUNG s'est interrogé, pourquoi deux théories contadictoires jouissent-elles d'une efficacité équivalente sur le plan pratique ?
Pour répondre à ce paradoxe, Jung a considéré que ces deux théories étaient l'une ou l'autre choisie en fonction de certaines caractéristiques psychologiques de l'analysant . En effet, il a considéré que, comme la volonté de puissance portait sur l'objet et que la théorie freudienne correspondait à des caractéristiques du sujet, les utilisateurs de la  théorie adlérienne était des " extravertis" et les utilisateurs de la théorie freudienne étaient des "introvertis". Il utilisa ces deux termes dans ses conceptions sur les types psychologiques ( lire " les types psychologiques" de cet auteur).
Jung a bien remarqué que ces deux types psychologiques formaient un couple d'opposés et qu'au sein d'une personnalité ils n'étaient pas isolés de leur contraire, mais présents tous deux. Ainsi, dans le cas de l'extraverti, l'extraversion est une fonction consciente et dominante sur l'introversion qui est peu ressentie ( inconsciente) mais qui peu faire surface dans certaines situation du vécu de l'analysé. Jung étudia ensuite d'autre couples d'attitudes déterminantes pour définir une personnalité comme le couple sentiment/sensation ou pensée/intuition. Là n'est pas notre sujet pour l'instant.
On est tenté de croire, à la lecture de certaines littératures superficielles, que comme discident de Freud, Jung avait totalement rompu avec les idées du maître de Vienne. Il n'y a rien de plus faux, les théories de Jung correspondent en partie à une généralisation de la notion Freudienne d'inconscient à des notions jungiennes d'inconscient personnel et d'inconscient collectif.  Il faut pourtant différencier ces deux conceptions.
Grossièrement, l'inconscient freudien est une sorte de décharge ou sont refoulés toute une série de contenus psychologiques de la vie courante, depuis la petite enfance, et c'est la rencontre des contenus conscients avec ces déterminants refoulés qui est susceptible de générer des distorsions ou conflits mentaux pathologiques ( névroses). C'est l'analyse qui est sensée rendre conscients ces conflits et les contenus refoulés dans un but thérapeutique, notamment par l'analyse des rêves ou anciennement sous hypnose ( cette dernière n'est plus que très rarement pratiquée ). Jung quant à lui considérait, par sa pratique d'analysant, que la notion d'inconscient freudien était trop restreinte pour interpréter une nombre important des cas qu'il a rencontré dans ses cabinets d'entretien.
Les contenus inconscients dont nous sommes tous pourvus, ne peuvent faire irruption dans notre conscience que dans des circonstances particulières de notre vie, lors de l'analyse, lors de rêves, d'extases ou d'illuminations mystiques particulièrement rares, encore faut-il pouvoir les interpréter, car le language utilisé nous est au départ inconnu, bourré d'archaïsmes et très inadaptés aux modes de pensée très rationnalisants de notre société occidentale actuelle. C'est pour ces raisons que les notions relatives à la psyché inconsciente sont souvent imagées voire symbolisée par des notions de profondeur, et, ce n'est pas pour rien que la psychologie analytique de Jung est aussi appelée psychologie des profondeurs.
Partant de là on peut comprendre que pour Jung, l'inconscient est en fait divisé en deux instances : l"'inconscient personnel" qui peut, de manière très simplifiée, être assimilé à l'inconscient freudien, réservoir de contenus refoulés personnels, et l' "inconscient collectif", couche psychique plus profonde et réservoir de contenus archaïques collectifs nommés archétypes, communs dans le patrimoine biologique de l'humanité ( pattern of behavior des biologistes). C'est ainsi que Jung fût amené à représenté la totalité de la psyché sous la forme d'un système de  cercles emboîtés limité en surface par une instance proche du moi et nommée la "personna " , le contenu central étant l'inconscient collectif recouvert par l'inconscient personnel lui même recouvert par une autre instance jungienne appelée "ombre".
Jusque là, les choses sont relativement simples, mais le contenu de l'inconscient collectif requiert de plus amples explications et constitue une des plus importantes découverte empirique de Jung : il s'agit de ce qu'il nomme archétypes.
Dans sa littérature, Jung fair état de différents cas d'analyse où les contenus mis à jour ne pouvaient plus être contenu dans la notion d'inconscient freudien, mais bien dans une instance inconsciente plus profonde et de caractére collectif, au sens ou ces contenus seraient communs à tous les peuples humains tant spatialement que temporellement. Ces contenus font généralement penser à des symboles de spiritualités ou religions anciennes voir primitives et/ou a des éléments de mythologie relativement lointaines lorsqu'ils sont objectivement projetés. Il s'agirait en fait d'une symbolique liée à la traduction de contenus proprement instinctuels, relatifs donc au passé de l'histoire biologique humaine, mais aussi au passé géologique évolutif des organismes vivants dont nous sommes issus ( notion de cerveau reptilien ). L'instinct étant une composante génétique héritable, il y a tout lieu de penser que ces éléments archaïques sont logiquement héritables, c'est de l'inné, comparativement au caractère acquis des contenus de l'inconscient personnel.
Certains esprits septiques réagiraient en affirmant que ces conceptions ne sont pas scientifiques parce que non prouvées rationnellement. Il faut cependant se souvenir que le parfait empirisme cher à Jung est une démarche fondatrice de la méthode scientifique contemporaine, qu'elle est à la base de toute recherche et que des sciences complexes comme la médecine en font encore usage de manière très importante. Il en est de même pour beaucoup de sciences humaines.
Jung relate le cas d'une patiente souffrant d'une névrose dont il a établit, conformément au paradigme freudien, que celle-ci avait développé dans sa jeunesse une relation de type érotique ( au sens freudien ) avec son père, renforcée d'ailleurs par la disparition précoce de sa mère, et qui a généré chez elle ce que l'on appelle un complexe paternel. Cet état a provoqué chez cette patiente un retard de sa féminisation ( au sens psychologique ), par des attitudes de "garçon manqué " Elle connût finalement l'amour mais ne pût pratiquement jamais entretenir de relation "normale" avec un conjoint, inconsciemment marquée qu'elle était par sa relation érotique au père, à la représentation du père. Naturellement, un transfert s'instaura et la patiente projetta sur Jung la représentation du père-amant qui lui était caractéristique. Jung tenta alors d'amener la patiente à conscientiser le problème en vue de l'analyser et finalement de le liquider le transfert, ce qui est souvent le but de l'analyse dans ce genre de cas. Jung 'y parvint pas et il était toujours pour sa patiente le magnifique père amant qui lui manquait inconsciemment.
C'est alors, qu'en désepoir de cause, Jung eût l'idée de tenter l'analyse des contenus oniriques ( rêves ) de sa patiente. De cette manière, il put se rendre compte qu'il était l'élément central de beaucoup de rêves de sa patiente, munis d'attributs grandioses, grand comme un géant, enjambant les montagnes et berçant sa patiente comme un nouveau né. Inmanquablement, ces représentations font référence à des mélanges d'entités divines dont l'histoire des religions peut aisément nous confirmer l'origine ( Divinité de type ouranien, lire les ouvrages de M.Eliade).
Cette dame projette un contenu grandiose sur Jung, là est l'origine du TRANSFERT. En fait il s'agit de la représentation grandiose d'un contenu paternel tout puissant. Cela signifie que cette dame à un problème avec la représentation du père mais à un niveau archaïque, Divin.

Jung a conseillé à cette patiente le retour à sa spiritualité d'origine , ce que fit avec ferveur la patiente en pratiquant une religion monothéiste, avec pour effet que son complexe paternel ne fût plus jamais projeté sur une personne vivante mais sur le dieu           unique . On entendit plus jamais parler de sa névrose, et elle  put avoir des relations normales avec les hommes, son support de projection étant Dieu et non son compagnon. On est en droit d'attendre des merveilles de dieu, mais pas d'un homme , celà lui permit une saine lucidité.

Finalement elle abandonna la pratique de sa religion et s'en sentit fort bien.

Petit à petit Jung élabora un modèle psychanalytique intégrant la relation au divin, sans pour autant décider l'existence ou la non
existence de la divinité. Le dieu unique représentait psychologiquement une unité qu'il nomma archétype du soi,

En étudiant intensément les textes religieux et ésotériques, il identifia d'autres archétypes représentés dans les textes traditionnels par des déités ou des puissances .

Le terme archétype évoque la notion de Patron de fonctionnement, les archétypes ne sont pas des instincts, ce sont des représentations de l'instinct dans la psyché, il s'agit réellement d'un interface langagier entre physiologie et psychologie.

C'est au niveau de la jonction hypothalamus hypophyse que ce processus se concrétise, l'hypophyse possède une partie neuro sécrétrice en relation avec le cerveau par l'hypothalamus (coté neuro) et sa partie secrétoire, hormonale en rapport avec le corps .

En conditions normales, les images des archétypes apparaissent au cours des rèves, en méditation, dans des situations d'extase religieuse et au cours d'autres extatismes ...

La notion d'archétype est difficile à définir, il s'agit de structures vides en fait, l'image suivant peut en donner une idée :

Soit une eau mère , à l'intérieur de celle-çi des germes cristallins peuvent apparaître, les cristaux sont classés dans sept systèmes cristallins dont par exemple le cubique. Admettons que dans l'eau mère, la matière qui va cristalliser fasse partie d'un système particulier.Chaque germe cristallin sera différent, mais ils auront tous la caractéristique d'avoir un motif cubique, ce système cristallin peut être comparé à l'archétype qui est une trame vide de comportement et de pensée, toutes les pensées sont différentes mais peuvent être classées selon l'archétype à laquelle elles correspondent.

Les archétypes sont les structures originelles, archaiques de la psyché humaine.

Si l'on travaille au niveau du microcosme, on pourra dire que les archétypes correspondent au structures du microcosme, ce sont les lois de l'Anthropos.

Mais, conformément aux textes sacrés, le microcosme est inclu dans le macrocosme, on peut dire que le microcosme est une hypostase du macrocosme et par ce raisonnement on se rend compte que les archétypes représentent aussi les lois de structure du macrocosme ou lois du Logos

Si l'on fait l'exercice de suivre le raisonnement de Jung parallèlement aux structures évolutives mythologiques, par exemple occidentales, l'on obtient un éclairement relatif et réciproque de ces deux disciplines.

L'ésotérisme initiatique ou religieux par sa pratique, induit chez l'adepte, la fusion des notions de Logos et d'Anthropos qui
permettent de générer une certaine unité psychique correspondant à l'Archétype du soi, centre de gravité d'un psychisme parfaitement équilibré et Unitaire, l'archétype du soi correspond à la figure du Christ en lequel il peut se projeter, comme en d'autres déités unitaires .

Ce processus amenant à l'homme cosmique est qualifié d'individuation par Jung et d'initiation par les philosophes herméticiens .

C'est dans des situations très pénibles psychologiquement , dans le cas de la rencontre avec la numinosité des symboles divins et bien souvent chez l'homme ayant dépassé le zénith de sa vie ( la quarantaine ) que l'homme peut se rendre compte que la vie en société a provoqué chez lui un fonctionnement conscient artificiel générateur de névroses ( 80 % de la population occidentale ), l'homme se rend compte alors que ses anciens stéréotypes n'ont de valeur que dans un contexte socio-économique , mais ne correspondent en rien à sa nature d'être humain, son intelligence étant de cette manière cloisonnée et réduite à une peau de chagrin.

à ce stade il y a dissociation entre les contenus inconscient et la conscience, ce qui empêche la cognition de puiser à la source inconsciente ( Mimir ) puisque celle -çi est refoulée par les psychorigidités si classiques des hommes et femmes "hyperadaptés" à la société, ( on appelle ça des cons ).

Les archétypes vivent dans une mer des origines que Jung appelle l'inconscient collectif et correspondent à un premier niveau de compréhension aux lois dynamiques de fonctionnement de l'esprit humain, les traditions spirituelles les ésotérismes et les religions occidentales appellent ça les lois de l'Anthropos. Il est facile de comprendre que dans les conditions dégénérantes de la société actuelle, ces lois sont bafouées , refoulées et bien souvent l'homme n'a plus d'humain que le nom.

Certaines personnes prennent conscience de ce malaise psychologique, et par un processus différent en fonction des individualités, se remettent profondément en question, c'est à ce moment que la figure du soi, de l'unité, peut être un puissant pôle attractif pour une guérison et même une élévation.

La névrose collective est en soi une tentative de réparation du psychisme qui bien sûr reste superficielle mais qui peut permettre de survivre. Il s'agit bien sûr d'une situation qui peut s'apparenter au parcours du funambule.

La névrose est provoquée par une tension de dissociation entre la conscience et l'inconscient , le conscient refoule l'inconscient qui "veut " se manifester. la conséquence en est un excès de pression des contenus archétypaux qui peuvent s'échapper comme des gaz sortant par une soupape de sécurité, dans beaucoup de cas, ils sont transformés en fantasmes.Ce sont des phénomènes névrotiques

La situation peut être plus grave, dans certains cas, la tension provoque un véritable raz de marée qui immerge la conscience de contenus archaiques non interprétés et non compris, c'est alors que peuvent apparaître des crises mystiques désordonnées,des fantasmes destructeurs, des psychoses, la folie ....... c'est ce que Jung appelle l'inflation psychique par dissociation...... et c'est psychotique.L'individu se prend pour dieu, se croit enfant d'une divinité, etc....... c'est un ragnarok psychologique .

Nous avons içi parlé d'une dissociation conscient inconscient qui est largement métaphorisée par beaucoup de contenus mythologiques et qui s'intègre dans la règle du deux en un, du triangle sacré, de l'union du ciel et de la terre, du soufre et du mercure.

un autre concept de dissociation existe et est plus applicable aux névroses , il s'agit d'une polarisation de la psyché par éloignement des contraires qui se maintiennent à distance au lieu de s'associer en une forme construite,une énergie non exploitée est ainsi produite et sert à alimenter un autre concept archétypal que Jung appelle l'ombre . Cette ombre obscurcit de
plus en plus au fur et à mesure qu'elle est alimentée, la partie plus lumineuse de la pensée et rend encore plus difficile l'individuation.

Cette polarisation se remarque par exemple chez des personnes qui ont d'importantes variations des paradigmes de pensée comme des tendances à exploiter exagérément des fantasmes irrationnels à l'opposition de périodes ou elles ont l'obsession de l'hyper rationnalité. Il s'agit d'un clivage, d'une dissociation.Il devient alors extrêmement difficile à ces personnes de traiter un problème de manière harmonieuse, ce qui provoque bien souvent des échecs de résolution.

Tout ces contenus correspondant à l'Anthropos sont des concepts hypostasiés du Logos et comme le microcosme est inclu au macrocosme , l'individu unifié, individué sera celui qui sera parvenu à cette unification ciel terre , ce sera l'homme
cosmique, le corps de lumière.

Union Mercure soufre, ciel terre, rationnel, irrationnel, spirituel matériel, ........... tant de manières ésotériques de décliner ces principes .

Evidemment, on est jamais son soi, on s'en rapproche comme d'une figure idéale et pratiiquement on doit considérer plutôt que c'est une personne qui nous accompagne dans la vie, qui vit en nous !!!
 
Partant de la réalité empirique des images primordiales qui peuvent apparaître dans les zones conscientes dans certaines situations, sachant qu'elles sont très souvent de nature religieuses ou mystiques, comme nous l'avons vu, Jung à conceptualisé la notion d'archétype que nous développerons plus tard.

Pour donner accès à une compréhension rationnelle de ce qui pourrait à ce stade ressembler à une nébuleuse, Jung a repris la notion d'inconscient, officiellement établie par S.Freud.

Pratiquement, Freud limitait ses cogitations à l'aspect individuel de la psyché, il avait mis en évidence l'existence de contenus cachés dans cette psyché et prouvé que ces contenus interféraient avec la conscience sans que la conscience n'en traduise l'existence sauf dans certaines situations comme les rèves pendant lesquels la conscience" baissait sa garde ".

Dans des situations plus critiques,cette distorsion, peut amener des pathologies névrotiques. Ces contenus sont généralement considérés comme des complexes issus d'expériences psychologiques non résolues dans le passé. Ces complexes sont cachés mais actifs de manière autonome.

Puisque ces complexes ne sont pas considérés par le conscient,ils libèrent leur énergie psychique sous forme de fantasmes, de projections, de transferts, de sublimations induites par le refoulement auxquels ils sont soumis.

Il faut noter que ces zones conscientes et inconscientes sont des zones conventionnelles n'existant pas en réalité, ce sont des images pour faciliter la compréhension, des modèles scientifiques en fait .....

Jung fut disciple de Freud pendant plusieurs années, mais se sépara du maître suite notamment à une expérience psychologique personnelle, un véritable état pré-psychotique constituant pour lui de véritables années noires, il put s'en sortir cependant grâce à son énergie et une conception plus vaste de la psychanalyse.

Là ou Freud se limite à sa notion d'inconscient, véritable poubelle psychique, Jung élargit la notion et considère un inconscient profond véritable espace de fonctionnement de ses archétypes.

C'est ainsi que Jung fût amené à modéliser le psychisme comme une série de cercles emboîtés.

- La couche extérieure est nommée personna, elle correspond au masque porté par les comédiens grec de la tragédie , celle çi
est conditionnée par les déterminants sociaux extérieurs et correspond à une personnalité superficielle s'insérant de manière adaptée au rôle social à jouer, elle répond aux instances imposées par le "surmoi".

- le cercle situé immédiatement au dessous délimite une Zone gérée par la "moi" , c'est la zone consciente : le conscient

- Ce conscient repose sur une zone sombre appelée "ombre" barrant " en quelque sorte " l'accès aux contenus inconscients constitués des deux cercles emboîtés les plus profonds :

- L'inconscient personnel plus ou moins équivalent à l'inconscient de Freud

- et au plus profond, l'inconscient des archétypes, nommé inconscient collectif par Jung
 
 
 
Réflexion 3 : Plus loin que le moi et le tout autre /VDS 313
 
Comme je le mentionne dans la rubrique relative à l'histoire des sciences, il y a fort à parier, d'après nombre de spécialistes, que la spiritualité des origines humaines était de type chamanique, donc animiste dans le sens ou le chamane invoque des "esprits" semblant être présents dans tout objet, vivant ou non. 
 Il y a donc pour le chamane, et en filigrane derrière l'apparente diversité universelle des objets et des esprits une notion centrale d'unité, tout phénomène est spirituel, tout objet possède une "âme", un cailloux qui tombe est un phénomène de type mana ( au sens restreint énergétique spirituelle) et spirituel dans le cadre animiste par l'intermédiaire de l'âme du cailloux ou de la montagne et non en raison de la présence d'un champ gravitationnel newtonien. Une certaine forme de causalité non aristotélicienne ( non syllogistique ) est ainsi établie, et le monde possède son explication. Il y a donc pour les sociétés préhistoriques une pensée unitaire au niveau de l'univers et de son explication, tout est lié et interagit conformément au mana. On peut ainsi imaginer la crainte et le respect ressentis par l'homme de cet époque par rapport à son environnement où toutes ses composantes ont une âme plus ou moins puissante au niveau de son action et de son influence sur les évènements. Logiquement les morts sont des objets particuliers de l'environnement et possèdent une âme qui peut être maléfique ou bénéfique.
Ceci restera peut être difficile à comprendre pour  certains, mais ce monde des coulisses, obscur est alors la seule réalité qui tienne : Ce qui est important et seul réel c'est l'âme et le mana avec ses déterminismes, et non le caillou et sa chute en eux-même.
Ce constat que nous venons de faire va nous permettre d'introduire une notion très importante en tentant de la dépouiller de ses zones d'ombre pour sa meilleure compréhension.   
Parmi les principes fondamentaux de la psychologie humaine, il en est un qui révolutionna la pensée occidentale au début du 20ème siècle. On a coutume de dire qu'il s'agit de la 3ème blessure narcissique de l'homme après la découverte de l'héliocentrisme ( la terre n'est plus le centre du monde )   et l'évolution des organismes ( l'homme est une espèce vivante comme une autre nullement supérieure  ). Il s'agit plus ou moins de la découverte que nos actions ne sont pas guidées par notre conscience du moi qui n'est que superficielle, notre volonté n'est pas l'unique déterminisme de nos actions.
Il existe une parenté de structure entre la psyché de l'enfant (relation fusionnelle, non différenciation du moi et de l'autre) et l'univers primitif avec sa vision prélogique (Levy-Brühl ), l'animisme, l'état de Nature où le monde est expliqué par les esprits. L'homme primitif fait partie d'un tout qui est la véritable entité dont il n'est qu'un élément et sans lequel il ne serait pas. Rien n'existe en dehors de ce tout, où le temps s'écoule de façon circulaire (histoire sacrée qui se répète).
 L'Imaginaire correspond également à l'ordre éternel du Moyen âge où tout individu avait une place fixe et immuable dans une société régit par des règles religieuses. Il n'y a pas d'individualité possible.
Le Symbolique correspond à l'organisation des sociétés par des règles et des lois, la naissance de l'Etat Nation, les règles matrimoniales, les rapports économiques, l'art la science, le nouvel ordre séculier régit par la science et la technique. C'est l'archétype du Père, avec la prohibition de l'inceste, qui permet le passage de l'Imaginaire au Symbolique. L'exogamie entraîne la différenciation des opposés, et en particulier la répartition des quatre structures familiales exogames dans l'aire européenne. Le temps s'écoule de façon linéaire.
Le scientisme, qui trouve son apogée à la fin du XIXème siècle, a la prétention de tout expliquer et d'éliminer toute référence à la pensée mythique. Ce processus au niveau historique aura pour conséquence la déchristianisation qui trouve son achèvement dans la seconde moitié du XXème siècle.
 En analogie à l'imaginaire et au Symbolique, l'ordre mythique et l'ordre séculier apparaissent en fait aux deux extrémités d'un schème évolutif dans l'histoire de l'Europe. Mais avec la remise en question du scientisme se pose enfin la question de la conjonction de ces deux visions, dans un au-delà représenté par l'Imaginal.
Notre conscience n'est en effet qu'un îlot surgissant d'un océan d'inconscience, de contenus dont la présence ne se fait sentir que dans des situations particulières telles que le rêve, les hallucinations, l'extase mystique, la méditation, la psychanalyse, l'hypnose, les transes chamaniques...
Les contenus inconscients ne se comprennent cependant pas à l'aide d'un language précis, il s'agit d'un ressenti dont l'expression la plus efficace est le symbolisme.
Sans entrer dans la complexité des concepts jungiens, j'admettrai comme lui que la psyché inconsciente elle même est subdivisée en une couche superficielle nommée l'inconscient personnel, réservoir des traces de la vie psychologique personnelle ( plus ou moins l'inconscient de Freud) et une couche plus profonde nommée inconscient collectif (mémoire psychologique de l' humanité), source et réservoir d'archaïsmes nommés archétypes.
Etant donné le peu d'importance qu'attribuent les primitifs à l'aspect extérieur des phénomènes et évènements, la couche relative à l'inconscient personnel devait être chez eux très mince, et leur conscience du moi était sûrement très proche du  noyau central de l'âme qu'est l'inconscient collectif. 
Selon Jung, « les instincts et les archétypes constituent l'ensemble de l'inconscient collectif. Je l'appelle « collectif » parce que, au contraire de l'inconscient personnel, il n'est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement ». Jung donne en effet l'épithète de « collectif » à cette partie transpersonnelle de la psyché inconsciente, car ces matériaux se distinguent par leur récurrence d'apparition dans l'histoire humaine et parce qu'ils se manifestent au moyen des archétypes, autre concept central de la psychologie analytique.
L'inconscient collectif est donc un concept de la psychologie analytique qui s'attache à désigner les fonctionnements humains liés à l'imaginaire qui sont communs ou partagés quels que soient les époques et les lieux, et qui influencent et conditionnent les représentations individuelles et collectives. Selon le psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875 - 1961), créateur du concept, l'inconscient collectif constitue « une condition ou une base de la psyché en soi, condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux » 
Il a par ailleurs une fonction vitale pour l'homme, notamment parce qu'il exerce une activité compensatrice au Moi. Il est enfin la source du renouveau de l'être, par la compréhension des rêves et le travail de l'individuation. Pour Jung, reconnaître l'existence et l'influence de l'inconscient collectif, c'est reconnaître que « Nous ne sommes pas d'aujourd'hui ni d'hier ; nous sommes d'un âge immense ».    
Il n'est pas qu'un inconscient passif ; il possède une expressivité créatrice qui a pour but de dialoguer avec le conscient et qui lui donne des qualités proches de celles constitutives d'une personnalité à part entière. Selon Jung l'inconscient n'est pas « une boîte à ordure du conscient mais un système psychique largement autonome dont l'activité compense les erreurs et l'unilatéralité du conscient ».
Il possède également une énergie numineuse, ressentie par le conscient comme étant d'origine sacrée car d'origine libidinale (chez Jung, la libido désigne toute énergie psychique). Ainsi, les influences de l'inconscient collectif, lorsqu'elles impriment le conscient, sont à la source des courants de croyance, des expériences religieuses, des visions extatiques mais aussi des arts, de la littérature et des rituels. En ce sens il apparaît comme inconstant pour le sujet alors que, dans sa nature profonde, « il ne se transforme jamais ». Si l'inconscient personnel est souvent représenté par le dieu Mercure (ou Hermès) dans l'Antiquité ou dans l'alchimie, les processus de l'inconscient collectif, bien que plus rarement représentables, sont souvent imagés par des éléments naturels comme l'océan ou la forêt, mais aussi par l'archétype de la Grande Mère ou de l'âme (ou anima ou animus selon le sexe).
De plus, troisième caractéristique, les matériaux collectifs sont projetés sur des objets de la réalité. Alors que l'inconscient freudien est une somme de pulsions refoulées, l'inconscient collectif jungien a naturellement tendance à sortir du psychisme pour s'incarner dans des objets extérieurs. Ces matériaux, par essence non représentables, car fusion d'opposés que les catégories de la raison ne peuvent appréhender, accèdent à la conscience par le truchement du symbole. Il existe ainsi un symbolisme inconscient qui ne suppose, chez Jung, ni refoulement ni censure, et que les études de Jean Piaget ont contribué à préciser.
Il faut comprendre que les contenus de l'inconscients collectifs ne sont accessibles à la conscience que lorsqu'ils sont mis en corrélation avec des images que le moi peut appréhender, un simple arbre peut représenter, dans certaines conditions psychologiques, un signifiant très profond et tentaculaire intégrant une foule de sens apparemment disparates ou même opposés, mais unifiés dans l'image de l'arbre qui joue alors le rôle de symbole.Inversément, tout objet jouant ce rôle unificateur de conjonction des opposés et du disparate peut être appelé symbole en tant qu'image de l'unité.
Il existe certains objets ou perspectives qui ont une tendance particulière à jouer ce rôle, par exemple : Certaines formes géométriques, certains nombres, certains paysages, certaines conjonctions de ces éléments comme la croix, la trinité, les cathédrales avec leur décorum... On dit que ces objets sont numineux parce que leur contemplation produit chez le contemplatif une très forte impression émotive, bien souvent incommunicable.
La contemplation du numineux, permet à l'énergie psychique de s'écouler et de produire du sens qui sera alors accessible à la conscience par une logique intérieure non cartésienne et pourront être consciemment assimilés.  
 
 
 
Jung précise qu'une vie sans projection symbolique, sans ressenti intérieur de cette dimension aboutit à un enfermement des énergies psychiques et à une certaine "mise sous pression des contenus de l'inconscient collectif. Ce phénomène serait générateur de la plupart des névroses. Plus loin, si les contenus inconscients rompent leur enfermement, il déferlent tels un raz de marée et envahissent le conscient de contenus non assimilés et non assimilables dans un délai raisonnable par leur intensité et leur complexité imbriquée, c'est alors l'inflation psychique génératrice de délires, de psychoses voire de folies.
Très simplement, je dirai, par expérience, qu'il y a quelque chose en nous qui vit, on le sent dans certaines circonstances. Ce quelque chose ignore la notion de bien ou de mal, il se contente d'exister en réalisant ses dynamismes et fournit des contenus à la conscience, dont 'il convient de tenir compte par le biais de la libre interprétation symbolique. Pour ce faire, il faut commencer par déterrer notre humilité et au départ admettre qu'il y a en nous une altérité qui est notre véritable nature. Il faut laisser tomber le masque, regarder ses faiblesses dans le blanc des yeux et "se laisser surfer sur la vague", car l'inconscient est nature et que nature et perfection sont synonymes.
Il reste une notion qui est relativement difficile à faire comprendre et admettre, c'est la notion d'archétype.
L'archétype (prononcé [aʁketip]) est un concept appartenant à la psychologie analytique élaborée par Jung  qui le définit comme une « forme de représentation donnée a priori », ou encore comme une « image primordiale » renfermant un thème universel, commun à toutes les cultures humaines mais figuré sous des formes symboliques diverses, et structurant la psyché inconsciente.
L'archétype est pour la psychologie jungienne un processus psychique fondateur des cultures humaines car il renferme les modèles élémentaires de comportements et de représentations issus de l'expérience humaine à toutes les époques de l'histoire, en lien avec celui d'inconscient collectif.
On pourrait tenter de donner une image simple d'un archétype : Naturellement, l'on se rend compte par exemple que le cercle est souvent utilisé :
- dans la vie courante : pour entourer un point sur une carte, pour se représenter un trou dans une tranche de gruyère, dans des oeuvres à caractère artistique...
- en mathématiques, où son concept est utilisé dans maintes théories autres que géométriques comme la topologie métrique...
- en physique, comme par exemple pour représenter des phénomènes périodiques, des rotations, des vecteurs tournants ( Frenel), des zones d'influence de  charges ponctuelles, en astronomie...
- dans les anciens métiers, particulièrement ceux de la construction et même plus particulièrement de la charpenterie, le cercle est très souvent utilisé pour tracer des épures permettant de construire des charpentes solides et à la fois esthétiques, comme par hasard.
- dans les couloirs d'attente des médecins ou face aux salles d'examens oraux il est courant de voir des personnes promener opiniâtrement selon des trajectoires circulaires.
En faisant un parallélisme on pourrait considérer la forme parfaite du cercle comme l'archétype de plusieurs représentations, phénomènes, objets présents dans l'univers perçu par le psychisme.
Nous ne savons pas si le tisserin a la vision d'une image intérieure lorsqu'il se conforme, en construisant son nid, à une structure formelle reçue d'une antique hérédité, mais tout ce que nous avons d'expérience nous assure qu'aucun tisserin n'a jamais inventé lui-même son nid. Tout se passe comme si l'image du nid à construire naissait avec l'oiseau »
Il semble bien d'après ce qui vient d'être écrit que l'univers qui nous entoure n'a pas une forme et que ses composants et phénomènes n'ont pas de formes dans l'absolu. C'est l'être humain qui donne une forme à ce qu'il perçoit, conformément à son fond archétypal, Un peu à la manière de l'expression " La Bible, on y trouve ce qu'on y met. Ou encore conformément à la phrase " Il faut donner un sens à sa vie".
« On croit souvent que le terme "archétype" désigne des images ou des motifs mythologiques définis. Mais ceux-ci ne sont rien autre que des représentations conscientes : il serait absurde de supposer que des représentations aussi variables puissent être transmises en héritage.
L'archétype réside dans la tendance à nous représenter de tels motifs, représentation qui peut varier considérablement dans les détails, sans perdre son schème fondamental. »
Je ne vais pas détailler les informations que nous avons sur les archétypes, ce serait trop long et trop complexe.
 Réflexion 4 : Archétypes 
Cependant une image pourrait éclairer certaines personnes : Nous savons que les cristaux ont leurs réseau moléculaire organisé selon des motifs géométriques particuliers, ces réseaux  sont appelés systèmes cristallins. Tout cristal s'organise intimement selon un de ses systèmes, mais extérieurement il peut prendre une variété infinie de formes à partir de ceux-ci. Les axes de symétrie de ces cristaux n'existent pas matériellement, ce sont comme les archétypes, des préformes vides organisatrices de matériaux. Les archétypes eux, sont des préformes vides organisatrices de contenus de la psyché acquis par perception et sensation au cours de la vie humaine.
C'est ainsi que l'archétype de la mère peut être interprété symboliquement dans le sens d'une domination ou protection, mais aussi dans le sens d'amour ou de matrice de toute vie ou de tout renouveau. La terre cultivée entre aussi dans ce faisceau de sens, finalement, la mère serait aussi matrice de toute chose, élément premier.
Jung a regroupé les aspects les plus importants de l'archétype de la Grande Mère suivant des représentations typiques comme, au niveau personnel, celles de la mère, de la grand-mère, de la belle-mère, de la nourrice, de la bonne d'enfants, de l'aïeule, de la déesse, de la Vierge Marie, de la Sophia. Elle est la fin du désir de délivrance. Elle est le paradis, le royaume de Dieu, l'Église, le morceau de terre, le ciel, la terre, la foret, la mer et les eaux stagnantes, la matière, les enfers, la lune, le champ, le jardin, la roche, la grotte, l'arbre, le jaillissement de la source, les fonts baptismaux la fleur, le mandala, le four, l'âtre, la vache, le lièvre et les animaux domestiques en général. Psycho1ogiquement elle représente un principe bienveillant, choyant, qui donne support, qui active la croissance, qui fertilise et qui nourrit. C'est le lieu de la transformation, de la renaissance, du secret, du caché, du sombre, du monde des morts, de ce qui dévore, empoisonne, angoisse, et de l'inévitable. Toutes ces représentations procèdent de l'archétype de la Mère primordiale.
Un archétype fait partie des valeurs les plus élevées de l'âme humaine, et c'est pour cette raison qu'il a peuplé le panthéon de toutes les religions. Le rejeter parce qu'a priori sans valeur correspond à une pure perte.
Il est préférable de tenter de le détacher des projections afin qu'il retrouve son contenu authentique et sa puissance créative. L'archétype de la mère apparaît donc comme une disposition interne à recevoir l'expérience de sa propre mère. La mère réelle n'est et ne peut jamais être identique à l'archétype.
 Ce dernier fourni seulement au nouveau né un moule perceptif dans lequel la mère véritable viendra prendre place et grâce auquel il aura une expérience d'elle, vive et profonde.
 L'on remarque que tout au long de la préhistoire et de l'histoire, des symboles relatifs à l'archétype de la mère sont présents :               
            
Déesse Athéna                                                             Vénus de Lespuge ( - 20.000 ans)  
La Phrygie (du grec ancien : Φρυγία) est un ancien pays d'Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien. Selon Hérodote (Historien grec, v.484-v.425), ils avaient au début le nom de "Briges" et auraient séjourné en Macédoine, puis ils seraient passés en Thrace, avant de migrer, via l'Hellespont, un peu avant la guerre de Troie dans cette ville en Asie Mineure. Si Hérodote a raison, il est possible que les Phrygiens aient fait partie des Peuples de la mer
Souvent la Mère des dieux est considérée spécialement comme déesse de la Terre. On lui érige des temples auprès des fissures d'où s'échappent des gaz, par exemple à Hiérapolis, et plus tard à Tibur. Elle habite volontiers les grottes, telles que celle du Lobrinon, près de Cyzique; en Phrygie beaucoup de chambres souterraines lui sont consacrées. Les trésors de la terre, les mines lui appartiennent; les Dactyles, inventeurs du fer, sont ses serviteurs.
Elle fonde et protège les villes; les principales cités phrygiennes lui attribuent leur origine et pour l'affirmer se parent du nom de métropole; la théocratie de Pessinonte contribue à répandre cette idée; les premières monnaies auraient été frappées par les prêtres de la Mère des dieux.
Déesse de la fécondité, elle correspond à l'Aphrodite et à la Déméter des Grecs; aussi à l'Astarté syrienne et on assimile alors Atys à Adonis. Elle n'est pas divinité lunaire, car les Phrygiens considèrent la Lune comme un dieu masculin, et leur dieu lunaire est Men. Le côté céleste astral est peu développé dans ce culte. La Mère est encore identifiée avec la Nemesis hellénique, puissance qui règle la destinée humaine; toutefois dans ce cas on la désigne plutôt sous le nom d'Adrastée.
Les représentations figurées de la Mère des dieux sont nombreuses. Dans le monde grec, la plus ancienne est la pierre noire de Pessinonte, bétyle informe qui demeura le symbole le plus vénéré. Plus tard, les statues se multiplient; tantôt la déesse est assise, ayant un lion ou une panthère de chaque côté de son trône ou sur ses genoux; tels sont les bas-reliefs du mont Scpyle et de Chios, les statues de Cumes (Asie) et de Marseille. La plupart de celles que nous possédons sont plus récentes et dues à l'art hellénique; le type courant figure une belle femme assise, complètement drapée, la couronne murale sur la tête, drapée d'un voile, tenant le tympanon; citons par exemple la statue du musée Pio-Clementino. L'attribut classique de Cybèle est toujours le lion.
Des mythes du culte de la grande déesse, les principaux sont ceux d'Agdistis et d'Atys, dont la version officielle élaborée à Pessinonte, nous a été transmise, par Arnobe et Pausanias. Agdistis, issue de la terre mère universelle, est androgyne, réunissant toutes les forces fécondantes des deux sexes
 
NOTE :  Pessinonte (en grec Pessinous, Πεσσινούς ou Pissinous, Πισσινούς ; en latin : Pessinus[1]), était, dans l'Antiquité, une ville de Galatie, chez les Galates Tectosages, peuples celtes issus de la Grande expédition. Elle était située à 15 km du Sangarios et à 50 km au sud-ouest de Gordion, et correspond à l'actuel village de Ballıhisar ou Balhisar dans district de Sivrihisar de la province d'Eskişehir en Turquie. 
Le roi Midas lui même serait à l'origine de la fondation de la cité et y aurait construit le premier temple de Cybèle au VIIIe siècle av. J.-C.. Le culte de la déesse mère s'est ensuite répandu en Grèce puis dans l'empire romain. Les fouilles menées depuis 1967 par des équipes d'archéologues de l'université de Gand ont permis de mettre à jour le centre de la cité[2].
Pessinonte était célèbre par :
son temple de Cybèle, qui abritait un bétyle de la déesse, qu'on disait tombé du ciel,
le tombeau d'Attis.
Elle était gouvernée théocratiquement.
Privé des organes virils, Agdistis n'est plus que femme; de ses organes virils naît le grenadier; la fille du Sangarius (fleuve national phrygien), la belle Nana (autre incarnation de Cybèle), mangeant une grenade est fécondée et donne le jour à Atys. Ainsi se fait le passage de la vie animale à la vie végétale, dont Atys symbolise les diverses phases. Atys étant né sans père, sa mère demeure vierge; c'est le point de départ de ce type légendaire de la mère vierge, concevant sans intervention du mâle. Agdistis s'éprend alors du bel Atys, la Terre aime la végétation florale issue de son sein. Atys résiste, se mutile et meurt, symbolisant la mort apparente de la végétation durant l'hiver; en effet, la disparition d'Atys n'est qu'apparente, il continue de vivre dans le pin, toujours verdoyant. Ces mythes, d'un symbolisme assez transparent, mais d'une imagination compliquée, se réfèrent à la religion d'un peuple essentiellement agricole et pasteur. Ils furent plus ou moins amalgamés dans le monde grec avec ceux de Dionysos et Déméter. D'autre part, ils ont bien des traits communs avec ceux de la déesse naturaliste des Sémites. A Babylone, celle-ci était figurée avec deux lions sur ses genoux; à Berytos, la mère des dieux Astronoé avait avec son fils des rapports semblables à ceux de Cybèle et d'Atys. A Hiérapolis de Syrie, le culte d'Atargatis est intermédiaire entre ceux de Phrygie et de Syrie. Dans certains ports, ils se confondent tout à fait; c'était le cas au Pirée.
 
 
Il n'entre pas dans mes objectifs de détailler les caractéristiques des autres archétypes qui ont été mis en évidence depuis Jung, il faut cependant savoir que les sens de ceux-ci glissent littéralement dans la zone de significations les uns des autres. C'est ainsi que l'archétype nommé Anima représentant la féminité au sein de la masculinité peut devenir très proche dans ses manifestations de l'archétype de la mère.
 
« Au Moyen Age, bien avant que les physiologistes aient démontré que notre structure glandulaire confère à chacun de nous des éléments à la fois mâle et femelle, un dicton voulait que "chaque homme porte en lui une femme". Et c'est cet élément féminin dans chaque homme que Jung a appelé l'anima. 
Cet aspect féminin est essentiellement une certaine façon, inférieure, qu'a l'homme de se rapporter à son entourage, qu'il cache aux autres tout autant qu'à lui-même. Même lorsque la personnalité visible d'un individu paraît normale, il se peut qu'il dissimule aux autres et à lui-même cette "femme qu'il porte en lui" et dont l'état est quelquefois déplorable. »
L'ensemble des archétypes forme un groupe interconnecté tendant, lorsque les dynamismes psychologiques sont sains, vers une unité de la psyché représentée par l'archétype du Soi ou même du Christ intérieur, voire de Bouddha...
 
 
Signalons simplement l'existence d'autres archétypes et prenons en trois exemples :  
 
L'anima exprime en quelque sorte le désir. Elle représente certains désirs, certaines attentes. C'est pourquoi on la projette sur la personne d'une femme, à laquelle se voient attribuées certaines attentes, des attentes unilatérales, tout un système d'attentes. C'est une forme de l'anima.
L'anima, chez l'homme, ressortit toujours à un système de relation. On peut même parler d'un système de relation érotique, alors que l'animus chez la femme ne représente absolument pas cela : il apparaît comme un problème intellectuel, un système de compréhension. L'anima représente un désir, une attente ou une certaine forme de l'attente. »
 « Les éléments du monde intérieur nous influencent subjectivement de façon d'autant plus puissante qu'ils sont inconscients ; aussi, pour quiconque est désireux d'accomplir un progrès dans sa propre culture (et n'est-ce pas chez l'individu isolé que la culture commence ?), est-il indispensable d'objectiver en lui les efficacités de l'anima, afin de tenter de découvrir quels sont les contenus psychiques à l'origine des efficiences mystérieuses de l'âme. 
De la sorte, le sujet acquerra adaptation et protection contre les puissances invisibles qui vivent en lui. »
 
 « L'anima est féminine ; elle est uniquement une formation de la psyché masculine et elle est une figure qui compense le conscient masculin. 
Chez la femme, à l'inverse, l'élément de compensation revêt un caractère masculin, et c'est pourquoi Jung l'a appelé l'animus. Si, déjà, décrire ce qu'il faut entendre par anima ne constitue pas précisément une tâche aisée, il est certain que les difficultés augmentent quand il s'agit de décrire la psychologie de l'animus.
Le fait qu'un homme attribue naïvement à son Moi les réactions de son anima, sans même être effleuré par l'idée qu'il est impossible pour quiconque de s'identifier valablement à un complexe autonome, ce fait qui est un malentendu se retrouve dans la psychologie féminine dans une mesure, si faire se peut, plus grande encore. »
« Pour décrire en bref ce qui fait la différence entre l'homme et la femme à ce point de vue, donc ce qui caractérise l'animus en face de l'anima, disons : alors que l'anima est la source d'humeurs et de caprices, l'animus, lui, est la source d'opinions ; et de même que les sautes d'humeur de l'homme procèdent d'arrière-plans obscurs, les opinions acerbes et magistrales de la femme reposent tout autant sur des préjugés inconscients et des a priori. »
 
 « L'animus est quelque chose comme une assemblée de pères ou d'autres porteurs de l'autorité, qui tiennent des conciliabules et qui émettent ex cathedra des jugements "raisonnables" inattaquables.
 Mais, à y regarder de plus près, ces jugements prétentieux sont pour l'essentiel un amoncellement de mots et d'opinions qui se sont accumulés dans l'esprit de la petite fille, puis de l'adolescente depuis l'enfance, et qui, recueillis, choisis et collectionnés peut-être inconsciemment, finissent par former un canon, une espèce de code de vérités banales, de raisons et de choses "comme il faut".
Cette codification du raisonnable correspond donc à une réserve de préjugés ; et dès qu'un jugement conscient, compétent et valable manque (ce qui, dans les complications de la vie, est souvent le cas), il y est fait appel comme à un arsenal inépuisable d'opinions disparates où l'on trouvera celle qui semblera convenir à la situation donnée.
Ces opinions apparaîtront, tantôt sous forme de ce qu'il est convenu d'appeler le bon sens, tantôt sous forme de principes, emblèmes de l'éducation reçue. Et la femme dira par exemple : "C'est ainsi que cela s'est fait depuis toujours", ou encore : "Mais tout le monde dit que ...". »
 
«Les opinions de l'animus ont très souvent le caractère de convictions solides, qui ne sont pas faciles à ébranler, ou de principes d'allure intouchable, de valeur apparemment infaillible. 
Si nous soumettons ces opinions à l'analyse, nous nous heurtons tout d'abord aux préjugés inconscients qui les motivent et qu'il nous faut inférer : je veux dire que la femme sent et pense les opinions acerbes qu'elle émet comme si ces préjugés existaient réellement.
En réalité, ces opinions ne sont ni motivées, ni le fruit d'un acte de pensée; elles existent toutes faites, comme préfabriquées et prêtes à la consommation ; elles sont présentes dans l'être mental de la femme, qui les formule et les répète parce qu'elles ont dans son esprit un tel caractère de réalité et un telle force de conviction immédiate qu'elle n'est même pas effleurée par l'idée de les soumettre à la possibilité d'un simple doute. »
 « Les hommes sur qui l'animus est le plus susceptible de se projeter, les plus aptes par suite à servir de réceptacle à la projection de l'animus, devront être d'un genre tel que la femme en mal de projection puisse y voir une réédition vivante du Bon Dieu, des hommes qui savent tout, qui comprennent tout ; ou bien il s'agira de novateurs méconnus, disposant de grands charmes rhétoriques où l'humain trop humain ne s'entrelacera que trop fréquemment avec une terminologie pompeuse, du genre "du vécu créateur".
 
 
Car ce serait en effet caractériser insuffisamment l'animus que de n'y voir qu'une manière de conscience collective conservatrice : l'animus est aussi un novateur qui, tout à l'opposé de ses opinions codifiées par l'usage, témoigne d'une incroyable faiblesse pour les termes inconnus et difficilement compréhensibles, pour les "grands
 
L'archétype de l'enfant-dieu est répandu : exemples mythiques et légendaires tel l'enfant Christ, le thème de l'enfant alchimique et des figures de nains ou de lutins.
En psychothérapie, la manifestation la plus caractéristique du thème de l'enfant survient au cours de la maturation de la personnalité induite par l'analyse de l'inconscient ou le processus d'individuation. Dans ce cas, les processus préconscients passent peu à peu dans le conscient par l'intermédiaire des rêves ou de l'imagination active.
Le rôle de l'archétype dans la structure psychique représente ou personnifie certaines données instinctives de l'inconscient. L'attention portée à la magie par la mentalité primitive, citée comme l'évidence de l'importance du lien aux contenus psychiques primitifs, est considérée comme fondement de la religion moderne. L'archétype de l'enfant est une représentation de l'aspect infantile préconscient de la psyché collective.
On souligne la fonction de l'archétype de l'enfant chez l'homme moderne. Le projet de cet archétype est considéré comme une compensation ou une correction de l'unilatéralité inévitable et insensée du conscient qui résulte naturellement d'une concentration consciente sur quelques contenus à l'exclusion de tous les autres.
Le développement de la volonté humaine assure la liberté de l'homme, mais lui donne également une plus grande possibilité de transgresser les instincts. La compensation par cet état toujours présent de l'enfance est considérée comme une sauvegarde nécessaire contre la conscience différenciée mais déracinée de l'homme moderne.
L'homme moderne condamne les symptômes compensatoires tels que les comportements régressifs et les retours en arrière, tandis que l'homme primitif les considère naturels et conformes à laloi et à la tradition. On estime que la dissociation de la conscience facilite la scission de la psyché, et la personnalité se trouve ainsi faussée sous l'action de la partie détachée. Ainsi, si l'état d'enfance de la psyché collective est supprimé, l'inconscient peut inhiber ou même envahir la fonction consciente.
Dans la mesure où l'enfant est essentiellement un être en puissance, le thème de l'enfant dans la psychologie individuelle signifie généralement l'anticipation de l'avenir, même si le thème semble agir de manière régressive. De la même façon, dans l'individu, on considère que l'enfant construit la voie vers un changement de personnalité.
On explique le thème de l'enfant comme un symbole unifiant les opposés d'une personnalité, anticipant ainsi l'image issue de la synthèse des contenus conscients et inconscients. L'enfant comme médiateur de la transformation est représenté dans de nombreux symboles, tels que le cercle ou la quaternité ; ces symboles de totalité sont également assimilés au soi. Le processus d'individuation existe à l'état préconscient chez l'enfant afin d'être actualisé dans la psyché adulte.Le thème de l'enfant en tant qu'image archétypique se manifeste comme unité ou pluralité. Lorsqu'il y a plusieurs enfants sans individualités caractérisées, cela indique une dissociation de la personnalité comme celle que l'on trouve dans la schizophrénie ; tandis que l'apparition de l'enfant unique représente une synthèse potentielle de la personnalité.
L'enfant peut prendre l'aspect d'un dieu ou d'un héros, tous deux de naissance miraculeuse et victimes de malheurs précoces. L'enfant-dieu symbolise un inconscient non intégré ; l'enfant-héros, combinant des qualités humaines et surnaturelles, est considéré comme le symbole d'une potentielle individuation. Les destinées typiques des personnages d'enfant sont considérées comme les symboles des évènements psychiques qui surviennent durant l'entéléchie (la genèse) du soi et le combat de la psyché vers la complétude.
Bien que l'enfant soit soumis à des situations dangereuses et qu'il soit constamment menacé de mort, il possède des pouvoirs surnaturels bien supérieurs à ceux du commun des mortels. De même, en situation de conflit conscient, les forces combattantes sont si accablantes que l'enfant, en tant que contenu isolé, n'a aucun lien avec les contenus conscients et peut facilement retourner dans l'inconscient ; et pourtant, l'enfant personnifie l'urgence vitale de réaliser le soi, et en tant que tel, il possède un grand pouvoir.
Le développement du pouvoir de l'enfant est repérable dans les mythes anciens et le symbolisme alchimique ; on note que la pensée indoue reconnaît la nécessité psychologique du détachement et de la confrontation avec l'inconscient pour rendre possible le progrès de la conscience. On considère nécessaire que la médecine moderne se rende compte que les archétypes qui soutendent cet imaginaire ne peuvent être ni négligés ni considérés comme irréels. Ils surgissent des profondeurs de la psyché et s'originent dans l'inconscient collectif que Kerenyi assimile au monde lui-même.
 Dans l'archétype du Père qui représente l'esprit, nous trouvons les associations mythologiques suivantes : l'air qui se meut, le vent, le souffle des fantômes, ce qui excite la folie, les apparitions d'esprits défunts; on pense au pneuma, à la psyché, aux lutins, aux esprits, aux diables, aux démons, aux anges, aux vieillards secourables. Au niveau personnel, on associe cet archétype à la figure du père, du vieux professeur, de l'autorité du prêtre.
Dans notre culture aujourd'hui, comment se définit le père ?
Dans la psyché individuelle, le complexe paternel se constitue à partir de la conjonction de trois champs :
- l'archétype du père, porteur des "empreintes potentielles" qui guideront l'évolution de la relation vécue entre l'enfant et son père,
- le père réel, porteur de 3 dimensions: biologique (le géniteur), généalogique (celui qui donne son nom et inscrit dans une lignée), éducative (celui qui vit avec l'enfant),
- l'imago paternelle, c'est à dire la représentation interne du père tel qu'il est vécu affectivement et émotionnellement par l'enfant, associée à la représentation interne du père du père et du père de la mère, c'est à dire les imagos paternelles des parents.
Se rajoute un quatrième plan :
- le Père symbolique celui qui, intériorisé dans le psychisme infantile, différencie et porte la Loi de l'interdit de l'inceste, dans le sens de la nécessaire défusion d'avec le maternel.
Dans notre culture, on considère que si les quatre plans sont portés par le même homme, c'est mieux pour l'enfant. Mais cela n'a cours que dans notre culture. En effet, le père archétypique ne se projette pas directement dans la personne du père mais dans la perception que l'enfant a du rôle paternel que son père pense devoir jouer en fonction du système culturel de valeurs.
- Par exemple, dans notre culture aujourd'hui, à partir du moment où le mot père est associé au mot autorité, les images archétypales relatives au père s'organisent autour de la notion d'autorité. Ces images se projettent sur le monde extérieur et en particulier sur le personnage de l'environnement de l'enfant nommé Papa, ce qui renforce l'association père/autorité. En retour, c'est l'autorité, valeur socialement associée au père dans notre culture, qui va être recherchée par l'enfant en la personne de son père.
- Un autre exemple : les soins corporels que le père peut porter à son enfant sont aujourd'hui recommandés et encouragés, leur absence étant supposée provoquer un manque narcissique dommageable pour l'enfant. Il y a cinquante ans, un père changeant son nourrisson ou lui donnant le biberon était critiqué et infériorisé. C'est l'évolution de la société, des mœurs et des valeurs associées qui entraînent non seulement un changement dans la position du père vis-à-vis de son enfant mais également un changement au niveau des attentes et besoins de l'enfant vis-à-vis du père. L'archétype ne change pas mais la représentation archétypique a changé avec l'évolution des moeurs.
 C'est pourquoi il n'est pas possible de mettre en parallèle les tenants et aboutissants de l'archétype de la mère et ceux de l'archétype du père(1). Dans le premier cas - de l'ordre de la Nature - les caractéristiques sont clairement définies même si les représentations archétypiques, elles, sont d'infinie variété. Dans le second cas - de l'ordre de la Culture - les représentations archétypiques dépendent des valeurs qui structurent le groupe social. Le père, celui qui ouvre à la socialisation, qui introduit l'enfant dans le groupe, se doit d'être porteur - et donc garant - des ces valeurs et de les transmettre à l'enfant qui, à son tour, les recherche dans son père.
Que disent les mythes?
Etant posée la variabilité de la position paternelle, si nous nous tournons vers les grandes images collectives pour déterminer ce que doit être un père et la fonction paternelle au-delà des différences culturelles... nous n'en trouvons aucune ! Les pères sont les géniteurs, qui inscrivent les enfants dans leur lignée. Ce qui est de l'ordre de l'accueil de l'enfant, de son éducation, de sa formation n'est jamais évoqué. Tout au plus voyons nous apparaître pour tel ou tel héros masculin un mentor, un tuteur ou précepteur chargé de transmettre certains savoirs.
 La seule figure complète que nous ayons pour nous guider dans cette recherche du père est le mythe de Chronos (pour les grecs) / Saturne (pour les romains). La position de père est incluse et prend sens au cœur de l'existence entière du personnage, c'est-à-dire entre sa position de fils d'un père tyrannique, sa position de père à son tour tyrannique, puis sa position de vieillard devenu sage, père d'un fils lui-même devenu adulte et puissant.
L'histoire de Chronos
Son père Ouranos est un dieu despotique : fils de son épouse Gaïa, il n'engendre que des monstres : cyclopes, titans... et les déteste. C'est pourquoi dès leur naissance, il les enferme dans un endroit secret au centre de la terre.
Gaïa demande de l'aide : seul son fils Chronos lui répond. Elle lui confie une serpe d'or avec laquelle il castre son père. La légende n'évoque plus Ouranos mais on parle généralement à cet endroit du meurtre du père.
Chronos devient à son tour le roi géniteur tout puissant. Ayant appris par un oracle qu'il serait détrôné par l'un de ses fils, il dévore ses enfants au sortir du ventre de leur mère, Rhéa. Par un stratagème, celle-ci réussit à cacher son dernier fils Zeus et lui substitue une grosse pierre qu'elle enveloppe d'un lange. Chronos ne voit rien et avale la pierre. Devenu adulte, Zeus provoque son père, le contraint à régurgiter ses 5 premiers enfants. Une guerre terrible s'ensuit, Zeus et ses frères d'un côté, Chronos et ses frères les Titans de l'autre. Ces derniers sont vaincus. Chronos est détrôné et exilé au bout du monde où il règne, à la fois comme monarque et dieu de l'Age d'Or, sur l'Ile des Bienheureux. Il devient la figure du Vieux Sage, polarité positive de l'archétype du Père. Zeus devient roi de l'Olympe et règne à son tour. L'univers s'organise dans une certaine harmonie, moyennant quoi l'humanité peut être créée.
La confrontation au père
On peut voir dans ce récit quatre phases :
- l'enfant empêché de sortir de sa mère, maintenu dans un indifférencié infini,
- le fils qui castre/tue le père pour advenir en tant que sujet, ce qui correspond à certains points de vue psychanalytiques sur l'absolue nécessité du meurtre du père pour devenir adulte,
- devenu père à son tour, il reproduit sous une autre forme ce qu'il a lui-même subi de son père. Dévorant ses enfants, il les maintient dans un autre type d'indifférencié en leur barrant l'accès à l'état de sujet: ils restent pris dans le désir du père qui veut rester maître de l'univers, ne permettant ni au temps ni à la vie de s'écouler.
- A son tour détrôné et vaincu par son fils il est exilé dans une autre contrée, il devient le roi sage qui continue à régner non plus sous une forme tyrannique mais avec une attention bienveillante pour ses sujets.
C'est une forme de transcendance du conflit inévitable entre le père et le fils : Zeus ne castre pas/ ne tue pas son père, il ne le prive pas de sa puissance mais en le combattant - en combattant les pulsions instinctives, il établit les cycles de la vie, en assignant à chacun la place qui est la sienne.
 

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Date de dernière mise à jour : 10/02/2016