.Période védique

2. Période védique

 

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Vers l'an-1700, la civilisation Dravidienne de l'Inde a été vaincue, décimée, et remplacée par des tribus d'envahisseurs iraniens et des peuplades à la peau claire venues de l'Inde du Nord et des bords de la Mer Caspienne qu'on identifiera plus tard sous le nom d'ARYENS.


Déferlant en hordes sauvages ces ARYENS ont d'abord envahi la vallée de l'Indus et ont détruit " les grandes cités : d'HARAPA et de MOHENJO - DARO. Après s'être installés dans les plaines verdoyantes, ils étendirent durant deux siècles leurs conquêtes sur les anciennes peuplades du Sud-Ouest de l'Inde, en obligeant les survivants des régions conquises, à vénérer leurs dieux et à adopter leurs rites.

Leur principale divinité s'appelait INDRA, il était le Seigneur de la guerre et dieu de la foudre, celui dont la force est capable de renverser les murs des villes fortifiées, de les brûler pour en permettre leur conquête et leur mise à sac... Longtemps la religion des dieux sera le reflet des hommes méchants ayant la mentalité des conquérants aryens durs, matérialistes et sans pitié ! D'où venait donc ce dieu qui renverse les remparts et que ces hommes à demi-sauvages craignaient comme la foudre ?

En Inde il faudra attendre qu'un millénaire s'écoule pour constater (vers-650) un changement de mentalité des hommes et une nouvelle façon de percevoir des divinités devenues plus sages et plus religieuses grâce aux enseignements d'ouverture des Brahmanes (les prêtres et religieux de l'Inde) ces hommes qui se sont mis à refuser la violence ont démontré par l'exemple de leur sainte vie que les dieux étaient là non pour tuer tout ce qui vit, mais au contraire pour tolérer les plus faibles et inciter le genre humain à vivre dans un nouvel esprit de conciliation et de recherche de la perfection . Cette foi en la renaissance spirituelle trouve son principal point d'appui dans une théorie des cycles de la vie des âmes assujetties aux cycles des renaissances sur terre, jusqu'à ce qu'elle soit jugées dignes d'accéder au ciel et deviennent immortelles comme les dieux. De cette évolution d'esprit sont
nés successivement : l'Hindouisme, le Bouddhisme et le Jaïnisme qui ont remplacé le culte Védique.

Peu à peu l'Inde va perdre ses rituels de sacrifices sanglants d' animaux et d'êtres humains sacrifiés aux cruels dieux védiques, pour être remplacés par des offrandes de céréales, d'huiles et de végétaux, tandis que l'homme va se découvrir cette seconde entité spirituelle qui lui ouvrira le chemin vers des divinités plus conforme à l'image de divintés plus parfaites, justes et miséricordieuses.

L'importance des sacrifices dans la religion védique

Pour mieux comprendre l'aspect des sacrifices rituels du début de la période védique, il faut nous replacer dans l'esprit primitif des peuples de cette première période aryenne où pour des raisons majeures des peuples nomades ont dû quitter leur terre et chercher d'autres endroits pour échapper à leurs problèmes de survie matérielle !


L'homme de cette période est alors un conquérant, un chasseur qui se montre en véritable prédateur, il suit l'exemple de la nature où le plus fort dévore le plus faible, ce qui lui permet de vivre et de reprendre des forces.

L'homme primitif entrevoyait ses dieux à l'image de son mental matérialiste et il croyait faire plaisir à ses dieux en lui offrant de la chair humaine et le sang de ses victimes animales que des prêtres allaient jusqu'à boire, accompagné de vins alcoolisés et surtout de SOMA une plante macérée dans une sorte de liqueur qui plongeait les esprits en transes par son pouvoir hypnotique.

L'amour physique symbole de la Création de l'Univers


A l'image des égyptiens et des assyriens, la société archaïque indienne honorait autrefois essentiellement le soleil et la Lune, considérée comme une divinité féminine qui est à la fois la compagne du soleil et la Grande Mère de la vie et de l'Univers.
Cette conception très ancienne du culte féminin qui a son origine dans la nuit des temps s'est donc rapidement estompée sous la pression des aryens qui durant plusieurs siècles ont redonné à l'Inde la priorité au dirigisme patriarcal convenant mieux à ce mélange d'envahisseurs plus agressifs et plus sauvages que les premiers agriculteurs dravidiens qui confiaient aux femmes la défense de la communauté du village et de la famille.Mais la lente évolution vers l'Hindouisme et les mariages mixtes avec les nouveaux venus vont adoucir les terribles conquérants qui vont finir par admettre les rites anciens et le retour au culte de la Mère et aux désirs de la chair symbolisé par Shiva le dieu : phallus qui (comme le dieu Min égyptien) féconde la nature elle-même représentée par huit millions de matrices différentes ou Yonis (organes femelles).

"Comme un père et une mère, la Nature Principielle et la Personne Cosmique donnent naissance à toutes les formes de l'Etre. En ce monde, les hommes qui désirent une progéniture fécondent les femmes de leur sperme. De même l'Etre Suprême désirant une progéniture féconde la nature pour se multiplier " (Karapâtrî, Siddhânta) Comme la coupe transversale d'un oeuf laisse apparaître deux éléments distincts : le blanc étant la masse du ciel ayant la terre en son centre (le jaune), l'oeuf Cosmique devient le symbole de l'Univers et la représentation des éléments mâle et femelle qui s'unissent en deux natures complémentaires pour faire jaillir une nouvelle source de vie.

" La Mère universelle devient l'autel, le phallus lui-même représente la pure-conscience source de vie. " (Shiva Purâna) et il est écrit dans ce même livre :
" Celui qui vénère le phallus sachant qu'il est la cause première, la source de la conscience, la substance de l'Univers est plus proche de moi (Shiva) qu'aucun être. "
Telles sont les toutes premières conceptions primitives connues des croyances religieuses de l'INDE Archaïque.

 Le polythéisme religieux aux temps védiques :

Lorsqu'on sait qu'il existait dans les nombreuses régions de l'Inde plusieurs versions de la Création du monde, on n'est pas étonné d'apprendre qu'il y avait aux temps Védiques pas moins de trois mille dieux vénérés dans ce polythéisme très complexe.
Le sage Yajanavalkya qui comparait les dieux à des sphères d'existence résuma leur nombre à trente trois divinités :

1 - les huit Sphères d'existence ou VASU-S (enveloppes)

La Terre (Prithivi)
Le feu (Agni) : la nourriture
L'espace (Antariksha)
Le vent ( Vâyu) : souffle vital
Le ciel (Dyaus)
Le soleil (Surya) : l'intellect
Les Constellations (Nakshatra)
La Lune (Soma) : oblation, semence d'immortalité
Ce sont les 8 demeures (Vasu-s) qui habitent dans le monde et le monde habite en eux.

2 - les 11 PRINCIPES de vie, dieux de l'espace et de la vie

Les hurleurs : RUDRA-S. C'est la pensée ils sont plus dix sortes d' ENERGIES VITALES. Lorsqu'à notre mort, ils abandonnent notre corps, nous nous lamentons c'est pourquoi on les appelle aussi les Causes des larmes. Ils sont les fils du sage Vision (Kashyapa) et de Terre-Parfumée (Surabhi). Ils sont les compagnons de Rudra-Shiva.


3 - les douze PRINCIPES-SOUVERAINS... ADITYA-S

Ce sont les douze mois de l'année qui entraînent le temps, ils sont aussi les guides de la vie.

4 - le souverain céleste (le tonnerre)... INDRA

Le Verbe qui est la manifestation du coeur

5 - le Progéniteur ... PRAJâPATI

Il est le SOUVERAIN-SUPREME (Parameshthin), la Personne Immuable,l'AUTO-ENGENDRE (l'Eternel ou Svayambhu)
La double conception d' Art - Rituel ou Daksha ( Le Principe souverain Créateur )

Il sera même ultérieurement identifié à Brahmâ ( Mahâbhârata 13 )
Il est " le Fils de l'Etre Immense " Considéré comme la source de la vie cosmique, il est le père des Dieux, des hommes et des anti-dieux. Il représente le pouvoir des rites qui relient les hommes aux dieux. Il donne naissance à l'univers mobile. Son culte est lié à celui du Roi des morts (Yama) et de son scribe Citra.

Le premier Art Rituel né durant le cycle de Câkshuaha Manu était le fils de Mârisha et des dix consciences éveillées (Pracetas). Daksha épousa Obscure (Asinî), fille de Profondeur (Vîrana) également progéniteur. Il eut d'abord dix mille Fils appelés les Chevaux Joyeux (Haryashva) et dix mille Chevaux faciles (Saralâshva) issus d'une création mentale, mais le sage Nârada empêcha de continuer la création en leur faisant prononcer des voeux d'ascèse monastique.

Ce premier Art Rituel fit également naître physiquement 60 filles :

10 marièrent la loi de Perfection : Dharma
13 marièrent le sage Vision : Kashyapa : elles sont appelées les mères du Monde
04 furent unies au cheval céleste : Tâkshya
27 furent mariées au dieu de la Lune Soma : elles forment les maisons lunaires
02 furent mariées à Existant : Bhûta 02 épousèrent : Flamboyant (Angirasa)
02 épousèrent : Riche en chevaux : Krishashva
Selon le Bhâgavata Purâna, le second Art Rituel était marié à Prâsûti la fille de Svâ-yambhuva Manu, elle lui donna seize filles dont treize furent mariées à la loi de Perfection (Dharma). SATI la dernière fille du nom de FIDELITE sera mariée à Shiva.

FIDELITE la plus jeune fille d'Art Rituel et épouse de Shiva se laissa consumer par le feu parce qu'elle ne pouvait supporter une dispute entre son père et son mari. Shiva qui l'aimait beaucoup envoya le monstre Vîrabhadra venger la mort de son épouse.

Vîrabhadra décapita Art Rituel et brûla sa tête dans le feu du Sud. Au bout de quelques temps Shiva permit la résurrection d'Art Rituel à condition qu'il prenne la première tête qu'il rencontre, ce fut celle d'un bouc qu'on venait de sacrifier.

 

 

Les mutations après la période Védique :



Nous venons d'énumérer la base des anciens dieux védiques dont beaucoup seraient même selon de très anciennes révélations
orales des dieux "pré-védiques" remontant à la nuit des temps...
On peut noter également des évolutions de certaines divinités qui sont d'abord considérées comme des esprits divins favorables, puis soudain se retrouvent rejetés au moyen de délations et de récits cruels par les nouvelles générations qui les abaissent au rang des divinités secondaires ou les transforment en divinités négatives : démons ou esprits malins pour les remplacer par de
nouvelles divinités...

C'est donc en douceur que s'effectuera le passage de la période Védique à la période Hindouiste qui se serait affinée entre -700
et -600 de notre ère !

Avec la mutation d'anciennes divinités c'est tout un nouvel esprit qui va se développer et qui porte déjà en lui une réelle
consonance de vie, de lumière, de flamboiement, de recherche spirituelle, de jeûne, de purification mentale du soi et de renaissance spirituelle après la mort corporelle...

Il est remarquable de constater que cette évolution s'est accomplie lentement sans effusion de sang, ce qui n'est pas le cas pour la plupart des autres grandes réformes religieuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 04/01/2013