Mythologie grecque 3

4.Récit héroïques

I. Icare, Phaéton, Bellérophon

Icare

Fils de Dédale, le merveilleux architecte du Labyrinthe, peut-être Icare s'est-il cru prémuni pour  toujours contre le labyrinthe de la vie ? Peut être a-t'il cru de bonne foi, la bonne foi de la déraison, qu'il pouvait faire n'importe quoi... Comme voler, par exemple, et jusqu'au soleil encore ! Voici le détail de l'histoire: le labyrinthe construit par Dédale se trouve en Crète où règne le roi Minos. Minos veut garder Dédale et son fils prisonniers dans l'île et pour qu'ils ne puissent s'échapper par la mer, il a fait enlever tous les bateaux des ports. Mais quand on a imaginé un labyrinthe comme Dédale, et qu'on l'a réalisé, on n'est pas à court d'idées! La mer est interdite ? Il reste les airs. Et Dédale fabrique des ailes. Deux paires d'ailes, une pour lui, une pour son fils Icare. Il coud ensemble les plus grandes, celles qui partent des omoplates, et il soude simplement les plus légères avec de la cire. Tout en fixant les ailes d'Icare, Dédale lui recommande de ne surtout pas voler trop haut: en s'approchant du soleil, il risque de faire fondre la cire. Ils s'envolent... L'air est pur, bleu, on respire la transparence et la transparence a goût de fumée. Dédale et Icare voient passer au-dessous d'eux les dernières petites maisons blanches de la Crète, au loin le palais de Minos, roc d'ivoire. Ivre de liberté, saoul d'air , Icare vole maintenant bien au dessus de la mer qui brille comme un bouclier, bien au-dessus des grands oiseaux planeurs, bien au dessus du vent qui couvre les appels de son père... Toujours plus haut, toujours plus haut! Il ne peut s'arrêter, il ne peut pas s'empêcher d'aller plus haut. Il s'approche du soleil. Pourquoi se prend-il pour un oiseau ? Mais les oiseaux, eux, ont les pieds sur terre... Ils ne montent jamais si haut. Il se prend pour un dieu. Cela, aucun dieu jamais ne l'a accepté, ni jamais ne l'acceptera. La cire de ses petites ailes commence à fondre. Icare ne sent rien, même pas la chaleur sur son dos, même pas la brûlure de la cire en fusion. Oui, les ailes fondent. Ébloui encore, Icare ferme les yeux d'ivresse, son coeur va éclater de bonheur ...Il tombe. Il rêvait, Icare. " Tu rêves, mon fils! " lui criait peut-être Dédale depuis longtemps. Et au plus fort de son rêve, porté au plus haut par son désir, la réalité le fait lâcher prise et tomber. Chute atroce sur un sol sans pitié. Sa réalité à lui a nom " soleil ", son sol s'appelle " mer ". Icare s'enfonce dans une gerbe blanche. Et la mer est sa mort.

Phaéton et le char d'Hélios

Phaéton est le fils d'Hélios, le Soleil. Mais il vit sur la terre parce que sa mère est une mortelle, et quand il dit qu'il est le fils du Soleil, personne ne le croit.

Un jour, il en a assez. Il veut voir de ses yeux son très fameux père, c'est-à-dire le voir de près, dans toute sa simplicité. Phaéton se rend à pied chez Hélios. Au palais d'Hélios, il n'y a qu'une seule heure, midi. Le crépuscule n'ombre jamais les murs ,La nuit n'existe pas. Merveille que ce palais! Eblouissement !L'or brille si fort, l'ivoire étincelle si puissamment, les joyaux rutilent de tant de feux que Phaéton se cache les yeux et recule... Pour un peu, il ferait demi-tour, quand une voix de tonnerre se fait entendre: " Tu es là, Phaéton! Que veux tu ? " A ces mots, Phaéton tressaille d'émotion, de crainte, mais aussi d'orgueil. Ce tonnerre, c'est son père! Le Soleil en personne! Alors, dans l'éblouissement orangé de ses paupières fermées, Phaéton ose demander: " Es-tu bien mon père ". Hélios part d'un grand rire et puis il dit: " Veux tu une preuve ? Exprime un souhait, je te l'accorde! " Osera-t-il, Phaéton, en cet instant, dire tout haut l'incroyable pensée qui l'assaille, le souhait insensé qui le saisit tout entier ? Il ose, il le murmure : " Mon père, laisse-moi, pour un jour seulement, conduire ton char à travers le ciel! " Le Soleil a, si l'on peut dire, un haut-le-corps... Il ne s'attendait pas vraiment à cette demande, et pour dire la vérité, il est plutôt ennuyé. Mais il a promis... Et il faut se décider vite. Le temps presse, le temps piaffe, les chevaux hennissent. Déjà les portes de l'Est s'empourprent. L'Aurore arrive, il faut partir. Phaéton saute sur le char, prend les longues rênes, heureux et fier. Il va leur montrer, sur la terre... Et les chevaux s'élancent dans le ciel, tellement rapides que bientôt leurs sabots foulent les derniers nuages de la nuit. Et le char monte, monte. Phaéton est ivre d'air, de gloire, de vitesse, de puissance. Il conduit le char du Soleil! Il se croit le maître du jour ! Mais soudain, tout bascule. Les chevaux s'emportent, ils accélèrent, prennent le mors aux dents et s'écartent de leur course habituelle. Ils ont reconnu que la main qui les conduit n'est pas celle de leur Maître et ils n'obéissent plus à Phaéton. Et voilà le char qui déraille, qui bondit à travers le ciel, heurte la constellation du Cancer , évite de justesse la collision avec le Lion, bouscule la Vierge... Phaéton s'affole, s'affale sur le siège, paralysé de terreur. C'est le signal d'une course encore plus folle. Cette fois, les chevaux plongent vers la terre, ils touchent presque les montagnes, de leurs sabots de feu. Et les plaines s'embrasent, les vallées ne sont plus qu'une buée. Bientôt, les forêts sont en flammes, le char du Soleil glisse comme un traîneau fou juste au dessus de la terre qui se transforme en brasier . La Terre-Mère pousse un long cri de détresse. Zeus en a assez vu. Il faut faire vite. Il saisit sa foudre et la jette sur Phaéton, pauvre conducteur étourdi et repentant... Il le tue, fracassant le char et précipitant les chevaux affolés dans la mer. Tout en feu, Phaéton tombe à travers l'espace jusqu'à la terre.

Pégase et Bellérophon

Au moment où commence cette histoire, Bellérophon n'a eu que des malheurs. Il a dû quitter sa ville natale, Corinthe, parce qu'il y avait tué successivement son meilleur ami et son frère. S'étant réfugié auprès de Proetos, roi de Tirynthe, une nouvelle malchance s'abat sur lui: la femme de Proetos tombe amoureuse de lui. Fou de rage, Proetos envoie Bellérophon chez Iobates, avec ordre de tuer la terrible Chimère...La Chimère est un monstre épouvantable à tête de lion, à corps de chèvre et à queue de dragon et qui souffle le feu. Avant d'entreprendre cette tâche, Bellérophon consulte un devin qui lui dit : " Ta seule chance, c'est Pégase! " Pégase, le merveilleux coursier ailé! Pégase est d'un blanc de lait, ses sabots sont si fins qu'on dirait des croissants de lune, et il a deux ailes prodigieuses, qui lui permettent de sillonner le ciel. Capturer Pégase, le cheval indomptable, Bellérophon le veut et le fera. Dans la nuit, Athéna lui apparaît en songe, elle lui tend un mors en or, un mors magique, il réussira. Bellérophon trouve le cheval en train de boire à une source sur l'Acropole de Corinthe. Il s'approche. Le cheval ne bouge pas. Il tourne sa belle tête blanche vers Bellérophon,entrouvre sa bouche pour laisser glisser le mors. Le charme d'Athéna opère. Bellérophon est maître de cette pure merveille. Et les voilà qui s'envolent, magnifiques dans l'azur .I1s arrivent à la Chimère qui crache tout son feu mais ne les atteint pas. Bellérophon crible la Chimère de mille flèches, puis il fonce sur elle et lui enfonce entre les mâchoires un morceau de plomb qu'il a fixé à la pointe de sa lance. Le souffle de feu de la Chimère fait fondre le plomb qui coule dans l'horrible bête. Bellérophon aurait pu se contenter de cette gloire. Mais non, les hommes veulent toujours aller plus loin. Bellérophon a voulu garder Pégase pour lui et monter vers l'Olympe comme les dieux immortels! Pour le punir de son insolence, Zeus envoie un taon monstrueux qui pique cruellement le pauvre Pégase. Pégase rue de douleur et Bellérophon est précipité à terre où il se ramasse durement dans un buisson d'épines. L'histoire se finit ainsi, sans monture, sans panache. Maintenant, Bellérophon erre tristement... A pied.

II.Héraclès

Héraclès est l'homme le plus fort de la terre. Rien de ce qui vit dans l'air, la mer ou la terre ne peut jamais le vaincre. Il se montre d'ailleurs beaucoup plus fort qu'intelligent quand, par exemple, il crie aux vagues d'arrêter de ballotter son bateau sous peine de punition ou quand il menace le soleil de sa flèche parce qu'il a trop chaud... Mais c'est un grand sensible et cette qualité fera son malheur .

Fils d'Alcmène que Zeus a aimée, il montre dès son berceau sa force herculéenne. Les Romains ont fait d'Héraclès leur fameux Hercule. Héra dévorée de haine contre ce nouvel enfant de Zeus envoie chez lui deux longs serpents. Ils se glissent jusqu'à la chambre où Héraclès dort. Aux cris que pousse son frère jumeau Iphiclès, Alcmène entre dans la chambre. Elle trouve Héraclès assis dans son berceau, riant aux éclats et tenant dans chaque main un serpent étouffé sous l'étreinte de ses puissantes menottes. En grandissant, Héraclès n'apprend que ce qu'il aime. Et il n'aime pas trop ce qu'on lui apprend. A douze ans, il assomme ainsi son professeur de musique d'un coup de luth sur la tête; pour la première fois, il tue quelqu'un sans le faire exprès : ce ne sera pas la dernière. Quelques années plus tard, il épouse la princesse Megarée. Il en a trois beaux enfants et aurait pu être très heureux en famille si, un beau jour , il n'avait tué tout le monde dans un accès de colère aveug1e. quand il revient à la raison et qu'il voit la salle tout éclaboussée du sang de sa femme et de ses enfants, il veut mettre fin à ses jours. Son ami Thésée l'en empêche, mais Héraclès se sent coupable et va consulter l'oracle de Delphes pour savoir comment effacer ses meurtres. L'oracle lui dit de se rendre à Mycènes, et là, le roi lui ordonne pour expier sa faute douze travaux réputés infaisables.

Héraclès les fera tous. Pour l'aider, Hermès lui donne une épée, Apollon un arc et des flèches garnies de plumes d'aigle, Héphaïstos un plastron d'or, Poséidon une paire de chevaux et Zeus un magnifique bouclier en émail et ivoire que rien ne peut entamer. En vérité, Héraclès n'utilisera qu'une massue qu'il a lui-même taillée dans un olivier et un arc.

 

1 Vaincre le lion de Némée

Héraclès doit tuer le lion terrible qui vit près de Némée. C'est une bête gigantesque avec une peau que rien n'entame, ni le fer, ni le bronze, ni la pierre. Elle dévore tous les habitants à des dizaines de kilomètres à 1a ronde. Tant et si bien que lorsque Héraclès arrive sur place, il ne trouve personne pour le renseigner, et comme il ne voit aucune empreinte du fauve, il se demande où il pourra bien le trouver.Tout à coup voilà le lion qui surgit de derrière un buisson, tout maculé du sang de sa dernière victime,un lambeau de chair encore accroché à ses crocs puissants. Héraclès bande son arc, tire une volée de flèches. Elles rebondissent sur la peau épaisse et le fauve se contente de lécher son flancs en bâillant. Héraclès essaie son épée: elle se plie comme du fer blanc. Il brandit enfin sa massue et en assène un tel coup que le lion rentre dans sa tanière en secouant la tête comme si les oreilles lui tintaient. Héraclès, comprenant que ses armes ne lui serviront à rien, se précipite contre le monstre à mains nues. Le lion lui arrache un doigt. Avec les autres, Héraclès le prend à la gorge et il serre, serre. Et il étouffe la bête. Alors, avec les propres griffes du fauve, tranchantes comme un rasoir, il entaille la peau et s'en fait une armure invulnérable pour affronter ses prochains combats.

2 Tuer l'hydre de Lerne

Lerne se trouve près d'Argos, dans une région fertile et sacrée parce qu'on y célèbre des rites nocturnes secrets en l'honneur de Dionysos qui est descendu au Tartare à cet endroit. Mais toute la population vit dans la terreur d'une bête monstrueuse: l'Hydre. Son repaire se trouve sous un platane, dans un marais sans fond devenu le tombeau de bien des voyageurs imprudents. L'Hydre a le corps d'un immense crustacé et neuf têtes de serpents dont l'une est immortelle  (certains prétendent qu'elle en a cinquante et même cent). Le poison qu'elle répand est si fort que son haleine seule ou l'odeur laissée après son passage suffit à faire mourir. Héraclès force l'Hydre à sortir de son repaire en lui lançant des flèches embrasées, retenant son souffle, il s'empare d'elle. Mais la queue de l'Hydre s'enroule autour de ses pieds pour essayer de le faire tomber. C'est en vain qu'il frappe avec sa massue: à peine a-t-il écrasé une tête qu'il en repousse trois. A un moment, un crabe énorme sort des marais pour venir en aide à l'Hydre et le mord au pied. Héraclès furieux appelle à l'aide son neveu Iolas qui arrive avec des brandons enflammés. Maintenant, tout va très vite. Héraclès coupe les têtes avec une serpe d'or, et Iolas cautérise les chairs à leur racine, ce qui arrête le sang qui fait repousser les têtes. Alors, Héraclès coupe encore la dernière tête, l'immortelle, et l'enterre, toute vivante encore de sifflements terribles, sous un lourd rocher. Puis il arrache les entrailles du cadavre et trempe ses flèches dans son venin. Depuis lors, la moindre blessure de l'une d'elles est irrémédiablement mortelle.

3 Capturer la biche de Cérynie

Cette biche tachetée consacrée à Artémis, rapide à la course, possède des sabots d'airain et des cornes d'or. Héraclès arrive en vue de la colline de Cérynie. Comme il ne doit ni tuer la biche, ni la blesser, il décide de l'épuiser à la course. Il la poursuit sans relâche pendant une année entière. Finalement exténuée, la biche descend boire-au fleuve Ladon. Héraclès bande son arc, et, d'une flèche qui passe entre l'os et le tendon, sans que soit répandue une seule goutte de sang, il lui immobilise les deux pattes de devant. L'ayant chargée sur ses épaules, il traverse l'Arcadie et se hâte vers Mycènes.

4 Prendre vivant le sanglier d'Érymanthe

Cette bête sauvage, monstrueusement grande, vit sur les pentes recouvertes de cyprès du mont Érymanthe, et dévaste le pays. Héraclès attend l'hiver et réussit à faire sortir le sanglier de sa tanière en poussant de grands cris. La poursuite commence. Héraclès force le sanglier dans la montagne enneigée pendant plusieurs jours, l'attire dans un trou profond rempli de neige et saute sur son dos. Il l'attache alors avec des chaînes et l'emporte sur ses épaules au roi de Mycènes.

5 Nettoyer les écuries d'Augias

Elles sont d'une saleté répugnante et Héraclès doit les nettoyer en un jour. Augias, roi d'Elide et fils d'Hélios, le soleil, est l'homme le plus riche de la terre en bétail. Ses troupeaux ne sont jamais malades et sont d'une fécondité extraordinaire. Augias possède 300 taureaux noirs à pattes blanches, 200 taureaux rouges, et douze taureaux blanc argenté consacrés à son père Hélios. Mais le fumier d'Augias n'a pas été enlevé depuis de nombreuses années et sa puanteur se répand à travers tout le Péloponnèse. Et les pâturages de la vallée sont recouverts d'une couche si épaisse de bouse qu'on ne peut même plus labourer pour semer du grain. Héraclès salue Augias de loin et lui dit qu'il va lui nettoyer son écurie en un jour en échange d'un dixième de son troupeau. Augias se met à rire. Il est tellement sûr qu'Héraclès n'y arrivera pas! Héraclès commence par faire deux brèches dans un mur des écuries; puis il dévie le cours des deux fleuves voisins, l'Alphée et le Pénée, et les eaux se précipitent dans les écuries, les traversent, les nettoient, charrient l'énorme quantité de fumier et s'en vont ensuite nettoyer la bouse qui recouvre les pâturages et les vallées. Mission accomplie pour Héraclès, sans qu'il se soit sali le bout du doigt ! Mais Augias ne tiendra jamais sa promesse.

6 Exterminer les oiseaux du lac Stymphale

Ils sont grands comme des grues et leur bec est un pic de bronze, comme le sont aussi leurs ailes et leurs pattes. Les oiseaux du lac Stymphale sont plus féroces que les lions ou les léopards. Ils nichent dans des forêts qui entourent le lac d'où ils s'envolent par bandes pour aller tuer des hommes et des animaux en leur lançant une grêle de plumes de bronze. Et leur fiente empoisonnée détruit toutes les récoltes. A plusieurs kilomètres à la ronde, ils sont la terreur des paysans. Héraclès comprend tout de suite qu'il ne pourra pas les tuer avec ses flèches, à cause des épaisses forêts qui les cachent. De plus, il ne peut pas s'aventurer par le fleuve dans la forêt car ses eaux marécageuses ne sont ni assez fermes pour supporter le poids d'un homme, ni assez liquides pour supporter un bateau. Héraclès est indécis. Debout au bord du fleuve, il se demande comment il va s'y prendre. Heureusement, Athéna qui l'a toujours aidé dans les moments difficiles, accourt avec une paire de castagnettes en bronze. Et voilà Héraclès qui joue des castagnettes, et qui fait un tel vacarme que les oiseaux, fous de terreur, s'élèvent dans le ciel par bandes, en un vol immense. Alors, saisissant son arc avec la rapidité de l'éclair , Héraclès les abat. Il va si vite qu'on n'a mêmepas le temps de le voir armer son arc de nouvelles flèches, et rejouer des castagnettes encore et encore. A la fin de la journée, Héraclès a abattu tous ces oiseaux de malheur.

7 Dompter le taureau de Crète

Un taureau effrayant ravage l'île de Crète. Enorme, indomptable, sauvage, Poséidon l'a autrefois offert à Minos, le roi de Crète. Il souffle les champs, renverse les vignes et arrache les arbres des vergers. Héraclès, chargé d'en finir avec lui, s'embarque pour la Crète et l'affronte à mains nues. Le combat dure plusieurs jours. Héraclès finit par le dompter et le rendre doux comme un agneau. Il le met sur un bateau et le ramène à Mycènes.

8 Capturer les juments de Diomède

Diomède est roi de Thrace. Ses superbes juments sont la terreur du pays : Diomède les maintient attachées par des chaînes de fer à leurs mangeoires de bronze et les nourrit de la chair de ses hôtes ! Héraclès arrive en Thrace. Il réussit à pénétrer dans les écuries de Diomède, à détacher les folles cavales. Puis, il les conduit jusqu'à la mer, loin de la ville, et les parque sur un monticule. Là dessus, il retourne vers la ville où la population, s'est levée en masse autour de son roi. Héraclès, joue de sa massue, en massacre un bon nombre. Puis il assomme Diomède, traîne son corps jusqu'au troupeau des juments qui dévorent sa chair encore vivante... Une fois les juments rassasiées, il en vient facilement à bout.

9 Dérober la ceinture de la reine des Amazones

Elle s'appelle Hippolyte et porte une ceinture d'or que lui a donnée Arès, le dieu de la guerre. La reine des Amazones est à la tête d'une véritable armée de femmes qui combattent et gouvernent à la fois. Elles ne respectent ni la justice ni la pudeur, mais sont célèbres par leur nature guerrière. A cheval toute la journée, elles portent des casques, des ceintures et des vêtements en peau de bête sauvage. Héraclès doit affronter cette bande de femmes ensauvagées, brillantes, belles et guerrières. Après un long voyage, il jette l'ancre dans le port de Yhemiscra. La reine des Amazones lui rend visite comme à un hôte. Les Amazones choisissent toujours les hommes qui leur plaisent et Héraclès plaît beaucoup à Hippolyte car il est beau et musclé. Elle tombe amoureuse de lui et lui offre sa ceinture. Mais, entre-temps, Héra, qui n'a jamais cessé de détester Héraclès, a fait courir le bruit qu'il veut enlever Hippolyte. Voilà toutes les Amazones en selle, pour défendre leur reine: Sus à Héraclès! Le héros doit se défendre comme un diable avec sa massue et se trouve bien obligé de tuer un grand nombre d'Amazones.

10 Ramener le troupeau de Géryon

Géryon est roi d'Érythie, en Espagne, et fils du Titan Okéanos. Il est né avec trois têtes, six mains et trois corps réunis à la taille, mais il a les plus merveilleux troupeaux du monde. Héraclès se met donc en route pour l'Europe. Quand il touche enfin la terre qui se trouve au bout de la Méditerranée, il sépare en deux, pour pouvoir passer , une gigantesque montagne rocheuse que l'on appelle depuis les Colonnes d'Héraclès. C'est Gibraltar et Ceuta. Aussitôt arrivé au mont Atlas où se trouvent les troupeaux, il commence par abattre avec sa massue le terrible et monstrueux chien à deux têtes de Géryon, Othro, qui gardait ses troupeaux,puis le berger, qui, lui, n'a qu'une tête. Enfin, la voie est libre pour Héraclès. Il entreprend de rassembler le troupeau. Mais Géryon a été averti et il arrive, monstrueux... défie Héraclès en combat singulier ...Mal lui en prend! Car Héraclès, toujours le plus fort, lui transperce le flanc de ses flèches. Pauvre Géryon! Il meurt lamentablement pendant qu Héraclès emmène ses troupeaux jusqu'en Grèce.

11 Rapporter les pommes d'or des Hespérides

Héraclès a déjà accompli dix travaux en l'espace de huit ans et un mois. Mais le roi de Mycènes estime que ce n'est pas assez. Il lui ordonne d'aller jusqu'en Europe extrême orientale, dérober dans le jardin des Hespérides les fruits du pommier d'or que la Terre-Mère a jadis donné à Héra. Le jardin se trouve sur les pentes du mont Atlas, là où les chevaux du char du soleil, hors d'haleine,achèvent leur course le soir, loin à l'ouest de la Grèce.Héraclès demande conseil à Prométhée, le sage, le malin. Prométhée lui conseille de ne pas cueillir les pommes lui-même, mais d'en charger Atlas qui connaît bien les lieux. Oui, Atlas porte la voûte du ciel... Qu'à cela ne tienne, Héraclès va porter le ciel à sa place. Atlas, très content de lui rendre ce petit service, se débarrasse quelques instants de son formidable fardeau et rapporte très vite trois pommes d'or. Seulement voilà, Atlas a goûté à la liberté et n'a pas du tout envie de reprendre ses chaînes et son ciel. Il dit à Héraclès : " Garde encore un peu le ciel, j'irai porter moi-même les pommes à Eurysthée! " Héraclès se doutant qu' Atlas ne voudra jamais reprendre son fardeau, répond: " D'accord, mais sois gentil, Atlas. Prends le ciel un petit instant, que je m'installe un coussinet sur la tête car le ciel est vraiment dur! ". Atlas, confiant, pose les pommes, reprend son fardeau... et Héraclès l'y laisse pour de bon en lui faisant un grand salut.

12 Capturer Cerbère, le gardien des morts

C'est le dernier et le plus difficile des travaux. Cerbère étant le gardien des Enfers, il faut descendre au pays des morts. Héraclès se prépare en participant aux Mystères d'Eleusis. Purifié par le prêtre, il prête serment de ne jamais dévoiler les secrets du Mystère (c'est pourquoi on ne sait pas trop ce qui s'y est passé). Le voilà prêt pour sa descente. Il pénètre dans une grotte près de la mer Noire, où l'on peut encore voir les traces de son entrée vers les grandes profondeurs. Athéna et Hermès le guident pour son long voyage. Arrivé enfin sur les rives du Styx, Charon,le passeur, est terrorisé par son air farouche et le prend aussitôt sur sa vieille barque délabrée. Mais comme les vivants n'ont pas le droit d'aller chez les Morts, Charon sera puni par Hadès: un an d'emprisonnement pour avoir passé Héraclès ! Arrivé devant Hadès et Perséphone,Héraclès réclame Cerbère: " Tu l'auras à condition que tu arrives à le maîtriser sans te servir de tes armes. " Héraclès découvre le terrible chien. Attaché par des chaînes, il montre les crocs de ses trois têtes où grouillent d'horribles serpents. Sa queue, hérissée de fer, se dresse, prête à frapper, mais Héraclès, protégé par sa peau de lion, le prend à bras le corps et commence à l'étouffer. Cerbère s'aplatit et se soumet.

Héraclès, qui a terminé depuis longtemps déjà ses " douze travaux " rentre chez lui avec une nouvelle épouse, Déjanire. Ils arrivent à un fleuve dont les eaux ont grossi. Impossible de traverser . Coup de chance! Il y a un passeur... C'est le centaure Nessus. Très méchant, très retors, très Centaure... ce Nessus. Il fait partie de ces êtres cruels, moitié hommes par le haut, moitié chevaux par le bas qui gambadent sur les pentes herbues, dans les clairières et les forêts, et s'attaquent férocement aux jeunes gens et jeunes filles. Nessus commence par prendre Déjanire sur son dos, et au beau milieu du fleuve se met à l'insulter! Déjanire crie. Héraclès, fou de rage, décoche à Nessus, depuis la rive, une flèche qui le transperce. Nessus s'abat tout sanglant sur l'autre rive. Mais en mourant, il dit à Déjanire de prendre un peu de son sang et de s'en servir comme d'un charme si Héraclès, un jour, lui préférait une autre femme...

...Quelques années se sont écoulées. Héraclès est follement épris de Iole, fille du roi Eurytos qu'il a d'ailleurs tué et dont il a pris la ville... Pour Déjanire, c'est le moment d'agir. Elle choisit une tunique splendide, l'oint du sang de Nessus et charge un messager de porter la tunique à Héraclès. L'effet est foudroyant. Héraclès n'a pas sitôt passé la tunique qu'il entre en convulsions. Dans son agonie, il trouve le moyen de tuer le messager de Déjanire qui est, bien entendu, complètement innocent. Mais s'il peut encore tuer les autres, il ne parvient pas à mourir lui-même. Déjanire, apprenant le terrible effet de son présent, s'est donné la mort. Alors, Héraclès décide de faire comme elle. Puisque la mort ne veut pas de lui, il ira à elle. Il donne l'ordre d'élever un grand bûcher sur le mont Oeta, et de l'y porter. On le soulève, on le dépose sur le bûcher . Il prie Philoctète, son meilleur ami, de prendre une torche et de mettre le feu au bûcher. Alors les flammes montent. Des volutes de fumée tourbillonnent. Cela dure longtemps. Quand le brasier s'éteint enfin,Héraclès a disparu

 

© V.De Schuyteneer Vincent 2011 

Pour qui a un peu d'habitude des écrits contenant des évocations initiatiques ( n'oublions pas les mystère d'Eleusis et L'Orphée des Grecs ), l'on remarque d'emblée au travers des travaux d'Hercule une gradation de type initiatique dans les travaux d'Heraclès, Héracles est une être intermédiaire entre les dieux et les humains, par la force particulière qu'il détient, et qui n'est pas, évidemment une seule force physique mais un potentiel sacré. L'on voit d'ailleurs qu'il parvient au terme des épreuves qui sont, sous le couvert du champs de la métaphore, de type initiatique. En langage alchimique, Héraclès est un adepte initié et il va parvenir au but de l'initiation qu'est la découverte de l'or par transformation de sa propre personne, via les épreuves qui représentent aussi des épreuves de la vie humaine.

Prenons l'exemple de "vaincre le lion de Némée " : 

Le lion de Némée semble invulnérable, rien n'entame son corps et de plus Héraclès ne connaît pas vraiment sa nature, il s'agit d'un ennemi qu'il n'a jamais combattu et dont il ne connaît rien, on ne peut pas le renseigner. Par contre, il apparaît par surprise et on voit bien qu'il est très dangereux ( lambeaux de chair dans sa geule). On peut donc l'identifier, il se montre sans ce cacher et n'a pas le vice de l'attaque anonyme. D'autre part, il reste sur son domaine et ne se  montre agressif que si l'on envahit son territoire ; En langage humain, c'est un ennemi "honnête " qui ne combat que pour protéger ou défendre une partie de ses acquis ( Convictions, domaine vital, etc.....). Evidemment , il s'est bien préparé au combat par sa peau inaltérable et sa défence est l'attaque. 

Cet ennemi potentiellement inaltérable n'est pas à combattre avec des armes communes manufacturées, elles sont sans effet, cependant l'on voit que la massue ,fabriquée par Héraclès lui-même, a un petit effet, il abasourdi la bête, ce qui invite le héros à trouver les ressources en lui-même et ne pas se référer à des principes communs ou habituels, à ne pas être rigide. Chaque cas de ce genre réclame de faire corps avec le problème de vraiment entrer en contact avec lui, de s'impliquer, avec pour seul potentiel ses propres ressources, ses propres mains.Bref à se faire confiance et se jetter dans le combats au corps à corps.

De manière plus hérmétique, le lion représente aussi la "bête sauvage que nous avons tous en nous, les instincts, qu'ils ne faut pas éliminer mais apprivoiser en quelques sortes, et ce grâce à l'esprit, au feu de la divinité.

Il s'agit en fait de ce que les ésotéristes chrétiens et alchimistes appelaient l'initiation au feu :

Interprété sous l'angle occulte, le Livre de Daniel raconte l'histoire de l'initiation reliée au Feu. Après l'Exil, seules les écoles les plus profondément ésotériques, où les vœux sacrés tenaient les initiés au silence, observaient ce Mystère du Feu.

Les deux épreuves les plus importantes de l'initiation reliée au Feu se trouvent représentées par la fournaise et la fosse aux lions. Ces symboles évoquent d'ailleurs tous deux des processus similaires. Le lion a de tout temps représenté le Feu cosmique, cette force ignée qui imprègne l'univers et qui constitue la vie cachée du minéral, de la plante, de l'animal et de l'Homme. Aussi longtemps que cette force ignée s'exprime de façon effrénée, l'Homme demeure semblable à une fournaise. Mais, dès que la volonté spirituelle la met sous son contrôle, l'Homme s'immunise contre le feu et peut désormais le franchir sans en subir de contrecoups. C'est ce qu'il fait lorsqu'il travaille en qualité d'aide invisible, sans que cela affecte négativement son existence physique. Lorsqu'il contrôle ce Feu, l'Homme commence à vivre une existence toute de douceur et de pureté. Il peut ainsi traverser indemne la fosse aux lions, car la loi de l'unité et de l'amour le protège. Il devient un initié du Feu, un roi du Feu et, dans tous les royaumes, les citoyens du Feu le connaissent et obéissent à sa volonté. Après avoir vécu les expériences associées à l'initiation reliée au Feu, l'Homme commence à comprendre pourquoi le feu représente Dieu dans toutes les religions.

Cette initiation comporte trois principales phases ou degrés; en alchimie, on les appelle la calcination, la transmutation et la sublimation.

Durant l'âge du Verseau, l'initiation reliée à l'Air occupera la première place, car l'intellect deviendra le principal instrument du progrès de l'Homme. L'épanouissement des facultés intellectuelles donnera naissance au sur-Homme de cette époque. L'initiation reliée à l'Air lui permettra d'acquérir «l'esprit [...] qui [fut] dans le Christ Jésus'», comme le dit saint Paul.

Plus tard, la race humaine apprendra ses leçons spirituelles les plus transcendantes grâce à l'initiation reliée à la Terre, la dernière et la plus difficile des quatre. Elle ne sera proposée à l'Homme que dans un avenir lointain. Ces paroles du Maître nous donnent une idée de la puissance qu'elle confère : «Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.»

La première étape de l'initiation reliée au Feu est la calcination, l'holocauste. Elle exige que l'Homme offre son moi personnel ( voir sacrifice d'Odin en Nordique ) sur l'autel du sacrifice, tout comme l'offrande jadis brûlée dans la cour extérieure du Tabernacle. Mourir au moi personnel demeure certes l'une des épreuves les plus difficiles du sentier. Saint Paul évoqua cette Mort Mystique lorsqu'il dit que la graine devait mourir dans le sol avant de produire une vie nouvelle.

La mort de la personnalité permet à la nouvelle vie de l'initié de jaillir.

Les alchimistes qualifient parfois cette Mort Mystique de putréfaction. Elle a pour symbole un corps physique étendu dans un cercueil ouvert que surplombe l'arc-en-ciel de la promesse. On représente souvent le moi personnel non conquis par un corbeau noir ou un animal féroce qui poursuit une belle jeune fille. Mais, au cours de toutes les étapes de la calcination, l'aspirant entend la voix de Mercurius (le Moi supérieur: le soi) qui dit : «Heureux celui qui meurt pour moi, car avec moi il ressuscitera.» Grâce à la calcination, les sens associés à la mort et à l'initiation s'unissent intimement. Toutes les formules initiatiques connues mentionnent ce degré de Mort et de Résurrection qui atteignit sa glorieuse apogée dans la vie du Christ.

La deuxième étape de l'initiation reliée au Feu s'appelle le degré de la transmutation. Lors de la calcination, l'aspirant dépose son moi personnel sur l'autel des holocaustes; au cours de la transmutation, le pouvoir qui animait sa nature inférieure se transforme en force animique et se manifeste sous forme de vertus. La force cosmique ignée qui vit en l'Homme, la fournaise où cette œuvre s'accomplit, se trouve symbolisée par un lion. On dépeint celui-ci dans différentes postures dont chacune symbolise une étape du degré de la transmutation. Quelquefois, une belle jeune fille, qui représente les pouvoirs de l'âme éveilliés, mène le lion par une chaîne. Sur une des lames du tarot', on voit une jeune fille fermer la gueule d'un lion. Cette image symbolise l'âme qui exerce son plein contrôle sur la force ignée. On représente parfois le lion en train de combattre un serpent, symbole du Feu spirituel spinal. Après avoir maîtrisé le degré de la transmutation, Daniel put sortir indemne de la fosse aux lions.

La couleur du lion (rouge, vert ou or) représente également certaines phases du développement. Un ancien sage a déjà affirmé que l'aspirant découvrirait l'étoile rouge dans le centre le plus intime du lion vert. Le processus de la transmutation s'accomplit graduellement. Une fois le rouge de la nature animale transmué en vert de l'expression supérieure, l'influence de l'étoile rouge martiale ne cesse pas pour autant de se faire sentir. Souvent, de longues et difficiles périodes de probation et d'épreuve deviennent nécessaires pour que cette influence donne naissance à ces pouvoirs de l'âme transcendants que symbolise le lion d'or. Les recherches menées sur les sites des anciens Temples babyloniens et chaldéens ont démontré l'importance du lion comme motif décoratif. L'initiation reliée au Feu constituait la principale illumination offerte dans les sanctuaires de ces pays. On représentait parfois le lion d'or avec une couronne ou des ailes déployées. Ces deux symboles évoquent les phases les plus élevées de la transmutation; ils proclament que le disciple peut maintenant franchir le troisième et dernier degré de l'initiation reliée au Feu.

La sublimation constitue le troisième degré de l'initiation reliée au Feu. A cette étape, tous les vestiges de la personnalité se transmuent et s'incorporent à l'esprit. Dès lors, le disciple ne perçoit plus les choses sous l'angle humain; désormais, il saisit tout dans la lumière de l'esprit. Il a maintenant vie, mouvement et être dans la loi spirituelle.

Ce degré est fort difficile à franchir; il faut même de nombreuses existences ( pour autant que l'on admette le principe de la réincarnation ) pour accomplir ce difficile processus. Du point de vue alchimique, il représente l'union du lion rouge et du lion blanc, union qui permet  ceux-ci de déverser de leurs gueules un élixir d'or. Le Christ parlait de cet élixir lorsqu'il a dit à la femme de Samarie :"qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif."

Jadis, quand l'Homme vivait en harmonie plus intime avec les royaumes spirituels, les rois devaient être initiés avant d'accéder au trône. Ce qui explique pourquoi le lion devint l'un des principaux motifs décoratifs des trônes royaux, l'on retrouve à ce sujet les trois classes, Throel, Karl, Jarl en religion nordique, le Jarl étant l'initié sublimé, sublime..

L'exemple le plus connu demeure cependant le trône du roi Salomon, magnifique estrade d'or à laquelle on accédait par une volée de sept marches sur lesquelles, à chaque extrémité, se tenait un lion d'or. Le nombre sept évoque les sept centres spirituels qu'éveille la force ignée cosmique (le lion). Les quatorze lions représentent ces centres en leurs manifestations masculines et féminines. Tel était également le sens des quatorze stations de la croix qui constituaient jadis une partie importante de l'oeuvre initiatique de la jeune Église chrétienne.

Alphidius, un ancien sage, a dit : «Tu dois savoir que, lorsque nous dissolvons, nous sublimons et calcinons aussi sans interruption.» Cette phrase nous apprend que l'œuvre purificatrice se poursuit même après que le disciple a atteint le degré élevé de la sublimation. Il doit en effet sans cesse veiller à ce que la personnalité ne déserte pas l'esprit pour aller renouer avec son ancienne existence séparative et limitative. Saint Paul franchissait ce degré au moment où il a dit: «Chaque jour je meurs'.» Ses disciples s'efforçaient eux aussi de parvenir à cet accomplissement spirituel lorsqu'il leur conseilla de prier sans cesse.

Au cours du degré de la sublimation, le disciple pénètre dans le Saint des Saints où il se tient en présence de la vie éternelle. L'extase animique qu'il connaît alors défie toute description. Les difficultés et les épreuves du sentier, les longues années de renonciations et de luttes, tout se dissipe dans la lumière de l'esprit, dans le glorieux royaume auquel le disciple accède maintenant. .

Un vieux traité alchimique représente le degré de la sublimation par une figure androgyne (mâle-femelle) se reposant sous un arc d'or. Sous cette image apparaissent ces mois : «L'âme se réjouit, car le corps reconnaît sa prérogative et consent à la servir de son mieux.»

Le Cantique de Salomon atteste cette exaltation spirituelle. La sublime musique de cet hymne célèbre témoigne de la subjugation complète de la personnalité ainsi que du pouvoir suprême de l'esprit. Ravi. le chantre, entonne : «Mon Bien-Aimé est à moi et moi à lui. il paît son troupeau parmi les lis .» Ce verset décrit l'extraordinaire apogée du degré de la sublimation de l'initiation reliée au Feu

Le texte précise, que Heraclès fait sienne la force du lion, le feu de de l'esprit, il se couvre de la peau du lion qui fait corps avec lui, il peut donc subir les autres épreuves avec confiance.

Voiçi la remarque d'un mythologue ( http://bardwulf.blogspot.com/) connu dans les milieux exégétiques du Web :

En Nordique,Odin offre d'abord son soi afin d'obtenir la conscience, et son oeil pour la sagesse, le sacrifice n'est pas "concret" il est rituel et initiatique dans le sens ou l'on sort de l'ombre pour la lumière, soit la connaissance, de nombreuses sociétés mettaient le postulant dans le noir avant de le faire sortir en pleine lumière, ce, afin d'exprimer l'idée allégorique de la mort de l'ancien soi et sa renaissance dans son nouveau soi plus lumineux, un apocryphe, d'ailleurs, dit : celui qui est vivant est en fait un mort qui n'est pas en vie ; c'est lorsque vous êtes mort et avez abandonné votre corps que vous vivrez, c'est la même logique : se dévétir de son ancienne "peau" pour revètir l'habit de lumière et la vie.

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Dans l'épisode qui suit " tuer l'hydre de Lerne, il y a bien sûr une relation à faire, il y a une " solution de continuité" conforme à la notion religieuse ou ésotérique de Chemin à poursuivre. L'on parle d'une région fertile où Héraclès se rend, d'une région féconde et sacrée, rappelons toujours que c'est un texte de nature symbolique ou métaphorique, la région fertile est évidemment le lieu divin de l'esprit saint où le croyant traditionnel est sensé s'acheminer, il a acquis cette possibilité ou potentiel par la conclusion de l'épisode du lion de Némée. La terre mentionnée est aussi un terreau ou peuvent se développer les " qualités religieuses la "rencontre" avec le "divin", c'est pour cette raison qu'elle est fertile et peut engendrer la renaissance évoquée dans maints textes traditionnels sacrés. Mais cet accès n'est pas qu'un cadeau, le soi, la terre fertile possède un souterrain sombre qui est notre côté sombre, que les chrétiens appellent le péché originel. 

Dyonisos a eu le courage de descendre dans cet enfer, le tartare, Hell ou une forme d'enfer, attention pour les nordisants, il ne s'agit pas de Nilfheim, il s'agit de Hell d'où l'on peut ressortir, ce qui est la cas de Baldr, une divinité hypostasiée de Odin traversant le cycle eschatologique du Ragnarok. l'hydre a neuf têtes comme il y a neufs mondes dans l'univers spirituel nordique, neufs flammes de feu et neuf vagues de glace.Il s'agit de l'image en miroir de l'esprit, de son inverse sombre par rapport au lumineux, il s'agit bien sûr aussi de la représentations de nos instincts sauvages, il faut oser les regarder en face parce qu'ils font partie de notre vie et que sans eux nous n'existons pas, il est impossible de tuer ce germe représenté par la tête immortelle de l'hydre.Il est évident que lorsque ces instincts ne sont pas combattus, contrôlés par l'aspect spirituel, leur danger par destructuration de la foi et perte de la spiritualité est funeste, ces instincts sont vie, mais la conscience doit guider leur potentiel

Le fait que la coupure d'une tête en donne trois nouvelles est ésotériquement simple, c'est la base trinitaire de toutes les structures sacrées, la mort initiatique du triangle le décompose en ses trois composantes qui pourront alors se réunifier ad libitum pour former le Un unitaire sombre inverse du Un sacré .

Il est évoqué que cet endroit est dangereux et qu'il contient des reliquats empoisonnés de la mort des imprudents et qui en fait constituent l'hydre. L'hydre représente en effet l'archétype de la dynamique autonome de ces tréfonds de l'inconscient, ne pas être armé pour affronter spirituellement ces structures amènent à la mort profane et à la mort de l'âme tout court.

Héraclès tue 8 têtes de cette Hydre, ce qui signifie qu'il parvient à l'empécher de se diviser, de s'hypostasier, mais il ne tue pas la tête éternelle, il la contient inactive sous une pierre. La tête de cette hydre est l'antithèse consubstancielle sombre et ésotérique de la divinité, de la lumière, du Un à l'origine de tout

En mythologie grecque, les divinités représentent souvent dans les corpus textuels des arrêts sur image dans une dynamique évolutive, c'est le cas de Dyonisos  lorsqu'il affronte cette hydre, cette image arrêtée représente cette rencontre avec les instincts de la bête.

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Capturer la biche de cérynie est plus complexe à traduire en termes profanes, essentiellement parce qu'il s'agit d'aspects de l'âme qui sont en général refoulés et oubliésdans notre société très sécularisée ou la tendance au "mauvais aspect du patriarcat" est mise en avant en opposition à toute considération de la partie féminine de l'âme masculine.

Nous le savons, tout à une polarité, et tout concept spirituel a son inverse, l'homme ne peut s'élever spirituellement sans considérer cet aspect de la nature, cette structure est très ancienne, dès les origines, des " sexes" ont été attribués aux éléments prépondérants de la nature, il n'y a qu'à prendre le cas du couple soleil lune des mythologie sans se soucier du sexe attribué à l'un ou l'autre. Souvent la lune est féminine, mais de petites subtilités ésotériques existe et ainsi en mythologie nordique, linguistiquement et spirituellement la lune est masculine, rien ne change pourtant dans le principe de fusion androgyne des polarités, celles-çi donnent toujour naissance à l'enfant divin conscient tant au niveau macrocosmique que microcosmique.

D'autre part, l'on se pose souvent la question, s'il en est, de savoir pourquoi les mythologies partent souvent d'un être masculin, à partir d'une certaine époque ou d'une déesse mère à des époques plus tardives sans franchement afficher le message comme équivalent pour un homme ou une femme.

Esotériquement, il n'y a absolument aucun problème, c'est d'ailleurs conforme au principe de l'épinoia gnostique et de la pronoia grecque, par extension.

Chaque divinité a son contraire du sexe opposé, ce qui fait que lorsque l'on se réfère à une fusion masculin / féminin, elle est en fait double , l'homme physique avec la femme et l'aspect féminin spirituel de l'homme avec l'aspect masculin spirituel de la femme, fondation bien sûr de la quaternité et des quatres points cardinaux si important en mythologie cosmogonique. A ce titre , l'Edda en prose des anciens scandinaves précise que Muspel au sud avance son bras vers l'est, et sachant que cette figure de croix inscrite à un cercle est partout symétrique par la réflexion du miroir de l'épée de Sturtr, cela ressemble fort à une double embrassade ! 

cette croix figure aussi le feu, le vent, l'air et l'eau éléments fondateurs de la terre, tant en grec qu'en égyptien ou en nordique, c'est un acte de création à partir d'une figure polaire.

La biche du mythe est cet aspect féminin, qu'elle soit spirituelle ou physique, puisque les deux concepts comprennent leurs inverses à ce niveau là. Si l'on se place , pour fixer les idées, du point de vue de l'homme, celui-çi doit s'approprier sa féminité, non s'y identifier pour devenir homo-sexuel, loin de là, mais conscientiser, accepter et apprivoiser conformément aux besoins spirituels et de la vie en société. Evidemment la flèche de Héraclès symbolise l'amour au sens ésotérique, l'Eros qui permet l'association des choses de la nature, mais aussi des êtres humains de sexe opposés ( voir intervention de Socrate dans le banquet ). Une fois capturée, la biche représente l'appropriation spirituelle du concept mythologique de sexe opposé.

Evidemment, nous sommes dans un contexte ésotérico-religieux, donc la mort de la biche est une renaissance, que donnera cette renaissance ??? forcément une évolution qui peut être imagée par le passage du statut de jeune fille volage et chaude à la femme accomplie et mariée, des noces divines , oui. Pour ceux qui s'intéressent au nordisme, il est fécond de comparer deux divinités du panthéon nordique  : Freya et Frigg.

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