Histoire de l'antiquité grecque 1

Préhistoire de la Grèce
-3200 Civilisation cycladique
-2700 Civilisation minoenne
-1550 Civilisation mycénienne
Grèce antique
-1200 Siècles obscurs
-800 Époque archaïque
-510 Époque classique
-323 Époque hellénistique
-146 Grèce romaine
 
 
Préhistoire de la Grèce
-
-3200 Civilisation cycladique
 
Cette époque concerne plus les iles grecques que le continent. Il s'agit de l'époque de l'age du bronze, des idoles de marbres. On pense qu'elle influença directement la culture minoenne. --
 
 - 2700 Civilisation minoenne

 

(Salle du palais de Cnossos)


Période de domination militaire, culturelle et religieuse, de la Grèce par la Crète.
C'est à cette époque que se fixent les épisodes de la naissance de Troie (Illion) et du Minotaure.

-1550 Civilisation mycénienne



(Masque
d'Agamemnon)


Début d'une prestigieuse civilisation qui se caractérise par son écriture (le linéaire B) et ses palais forteresses. Le nom
vient de Mycènes et fut donné en référence à Agamemnon.C'est généralement là que les historiens fixent l'épisode de la Guerre de Troie.

II. Grèce antique

- 1200 Siècles obscurs

Les « siècles obscurs » ou Ages sombres ressemblent plus à un changement lent et inéxorable d'un mode de vie qu'un l'effondrement d'une civilisation. Par certains cotés, c'est une regression....mais il est possible que cette époque soit une sorte de Moyen-Age où les cités se replient sur elles-mêmes et s'auto-suffisent.....
 
(Les cités-forteresses, détruites, ne sont plus reconstruites.)

C'est à la fin de cette époque que les grecs adoptent l'alphabet phénicien mais en le modifiant.

- 800 Époque archaïque
 
Le pays est une constellation de petits états indépendants mais, peu à peu, naissent les premières cités (dans le sens d'états politiquement structurés). Les premières colonies grecques apparaissent.

Epoque de Homère : rédaction de l'Iliade et de L'Odyssée.
-510 Epoque classique
Les grecs repoussent l'envahisseur perse. (Salamine -480). Epoque de l'apogée. C'est l' »Age d'Or » époque de Périclès, Socrate, naissance de la tragèdie puis de Platon et Aristote.

                                                                                  ( Périclès )
De -336 à -323
C'est l'époque de la « tempète » Alexandre-le-grand.
-323 Epoque hellénistique
La mort d'Alexandre inaugure une nouvelle ère. L'empire est partagé et ses anciens généraux (diadoques) y sont les maitres absolus. Parmis eux : Antigone, Seleucos, Ptolémée.
Les antigonides règnes en Grèces, les Seleucides en Asie et les Ptolémées (sans doute les plus connus) dominent l'Egypte et Chypre. C'est le commencement du rayonnement de la cité d'Alexandrie (Egypte).

(La Grande-Bibliothèque d'Alexandrie)
-146 Grèce romaine
Peu à peu, les Antigonides perdent leurs influence en Grèce et le pays redevient une mosaiques de pays qui se font la guerre. Rome, la puissance naissante, va « cueillir »un à un chacun de ces états.
L'archéologue grec Chrístos Tsoúntas a suggéré à la fin du xixe siècle, après avoir rapproché diverses découvertes sur de nombreuses îles, que les Cyclades auraient été englobées dans une unité culturelle au IIIe millénaire av. J.-C. :
la civilisation cycladique, remontant à l'âge du bronze. Elle est célèbre pour ses idoles de marbre travaillé à l'obsidienne, retrouvées jusqu'au Portugal et à l'embouchure du Danube, ce qui prouve son dynamisme.Elle est un peu plus ancienne que la civilisation minoenne de Crète. Les débuts de la civilisation minoenne furent influencés par la civilisation cycladique : des statuettes
cycladiques furent importées en Crète et les artisans locaux imitèrent les techniques cycladiques, les sites d'Aghia Photia et d'Archanes en ont apporté les preuves archéologiques. De même, le cimetière d'Aghios Kosmas en Attique a révélé des tombes de type cycladique contenant des objets cycladiques pouvant indiquer soit la présence d'une colonie cycladique, soit une forte proportion de la population d'origine cycladique, en tout cas une influence cycladique certaine.

On distingue traditionnellement trois grandes périodes (équivalentes à celles qui divisent l'Helladique sur le continent et le Minoen
en Crète) :

le Cycladique Ancien I (CA I) (3200 - 2800) dit aussi Culture Grotta-Pelos ;
le Cycladique Ancien II (CA II) (2800 - 2300) dit aussi Culture Kéros-Syros, souvent considérée comme l'apogée de la civilisation
cycladique ;
le Cycladique Ancien III (CA III) (2300 - 2000) dit aussi Culture Phylakopi.


L'étude des squelettes retrouvés dans les sépultures à ciste, montre une évolution depuis le Néolithique.En archéologie, une ciste (du latin cista, « corbeille en osier » et par extension « coffre », voire « boîte ») est une sépulture individuelle, de petites dimensions, se présentant sous la forme d'un caisson ou coffre.

La ciste est généralement constituée par plusieurs dalles de pierre délimitant l'espace où se fait le dépôt funéraire, inhumation ou incinération. Il peut s'agir aussi d'une construction en pierre sèche, le caisson est alors délimité par de petites murettes. La tombe est parfois couverte par une ou plusieurs dalles horizontales, ou simplement par les pierres constituant le tumulus qui recouvre
et protège l'ensemble, quand celui-ci existe.
Ce genre de petite sépulture a été utilisé pendant la préhistoire mais aussi pendant l'Antiquité, depuis la période de développement des mégalithes jusqu'aux Romains...
L'ostéoporose recule même si les affections dentaires et arthritiques restent présentes. L'espérance de vie a progressé : on constate des maxima de quarante à  quarante-cinq ans pour les hommes, mais seulement de trente ans pour les femmes.
La division sexuelle du travail restait la même que celle constatée au Néolithique ancien : aux femmes les petits travaux domestiques et agricoles, aux hommes les plus gros travaux et l'« artisanat ». L'agriculture reposait, comme ailleurs en Méditerranée, sur les céréales, la vigne et l'olivier. L'élevage se concentrait déjà principalement sur les chèvres et les moutons, ainsi qu'un peu de porcs ; mais très peu de bovins, encore aujourd'hui peu développés dans les îles. La pêche complétait les ressources alimentaires, grâce par exemple aux migrations régulières de thons. Le bois était plus abondant alors qu'aujourd'hui, permettant la construction des charpentes et des navires.

Les habitants des Cyclades étaient de remarquables marins et commerçants, grâce à la position de leurs îles. Il semblerait que les Cyclades aient alors plus exporté qu'importé de marchandises, fait assez unique dans leur histoire. La céramique retrouvée dans divers sites cycladiques (Phylakopi sur Milos, Aghia Irini sur Kéa et Akrotiri sur Santorin) prouve l'existence de routes commerciales allant de la Grèce continentale à la Crète en passant par les Cyclades, principalement les Cyclades de l'ouest jusqu'au Cycladique Récent. Des vases produits sur le continent ou en Crète et importés dans les îles ont été retrouvés lors de fouilles sur ces trois sites.On sait qu'il y avait des artisans spécialisés : fondeurs, forgerons, potiers et sculpteurs, mais il est impossible de dire s'ils vivaient de leur travail. L'obsidienne resta le matériau dominant pour la fabrication des outils, même après le développement de
la métallurgie. On a retrouvé des outils fabriqués dans un bronze primitif, alliage de cuivre et d'arsenic. Le cuivre provenait de Kythnos et contenait déjà  une forte teneur d'arsenic. L'étain, dont la provenance n'a pas été déterminée, ne fut introduit dans les îles que plus tard, après la fin de la civilisation cycladique. Les bronzes à l'étain les plus anciens furent retrouvés à Kastri sur
Tinos (période de la Culture Phylakopi) et leur composition prouvent qu'ils provenaient de Troade, soit sous forme de matières premières, soit déjà sous forme de produits finis. Des échanges commerciaux existaient alors entre la Troade et les Cyclades.
Ces outils servaient à travailler le marbre, surtout originaire de Naxos et Paros, soit pour les célèbres idoles cycladiques, soit
pour les vases de marbre. Il ne semble pas que le marbre ait alors été exploité dans des mines, comme de nos jours : il se serait trouvé en grande quantité à fleur de sol. Cependant, les outils d'obsidienne de Milos restaient les plus nombreux car moins chers. L'émeri de Naxos fournissait aussi des matériaux de polissage. Enfin, la pierre ponce de Santorin permettait un fini parfait.
Les pigments qu'on peut retrouver sur les statuettes, mais aussi dans les tombes,étaient aussi originaires des îles, comme l'azurite pour le bleu et le minerai de fer pour le rouge.
 
Culture Grotta-Pelos

La culture tire son nom du site de Grotta, sur Naxos, à l'extérieur de la capitale actuelle de l'île et du site de Pelos sur Milos. On a découvert d'autres habitats sur Paros et Antiparos, sur Amorgos (site de Kapros) et ailleurs sur Naxos. Les habitats sont peu connus : les maisons en pierres sèches ont disparu. Pour la fin de la période, on a retrouvé des maisons rectangulaires, à une ou deux pièces, avec des murs en pierres et argile. Les cimetières permettent d'en évaluer la taille. Il s'agissait de petits hameaux agricoles. Dans les tombes, des vases en poterie et en marbre, ainsi que des statuettes de marbre, le plus souvent en forme de «
violon », ont été retrouvés. La poterie était alors faite à la main (le tour était à peine connu). La boîte cylindrique (pyxis) était la forme principale de poterie.

Naxos (en grec ancien et moderne Νάξος / Náxos) est une île grecque de la mer Égée appartenant aux Cyclades. C'est la plus grande et la plus haute île de l'archipel. Elle est située pratiquement au cœur de l'Égée, à approximativement 140 km de la Grèce continentale et de la Turquie continentale1. La plus grande ville et port principal est Náxos, aussi appelée Chóra (6 500 habitants).
Naxos doit une partie de sa célébrité à la mythologie: selon la légende, Thésée y abandonna Ariane, qui fut recueillie par Dionysos, divinité tutélaire de l'île. Naxos se serait d'abord appelé Dionysie, soit parce que Bacchus y reçut l'hospitalité, soit parce qu'elle est plus fertile en vignes que les autres îles. La cité naxienne (adjectif associé au nom Naxos dans l'Antiquité) fut puissante à l'époque archaïque et prospère durant l'Empire byzantin. Elle fut le centre du duché de Naxos, le dernier État latin à résister à l'avancée ottomane.


Naxos fut habitée dès le quatrième millénaire avant notre ère. Les premières traces d'occupation ont été découvertes dans la « grotte de Zeus », sur le mont Zas. Sa population, nombreuse, était répartie dans de petits habitats, sur les versants oriental et
méridional, abrupts et moins fertiles, mais mieux défendables, de l'île, en contact avec l'archipel des petites Cyclades, comme à Panormos. Un des habitats les mieux connus était celui de Grotta, à côté de Náxos. Il a donné son nom à l'une des périodes de la civilisation cycladique, le Cycladique Ancien I (3200 - 2800) dite « Grotta-Pélos ». Il était de type proto-urbain avec des maisons
carrées soigneusement construites. Une céramique très riche y a été découverte.De nombreuses nécropoles ont aussi été fouillées sur l'ensemble de l'île, livrant des vases en marbre et des poteries, des objets en métal et des « idoles cycladiques30 ».
Au cours du deuxième millénaire avant notre ère, Naxos passa sous la domination minoenne puis, après 1400 avant notre ère, sous la domination mycénienne. La population se déplaça vers le nord-ouest, vers la Grèce continentale, dans la direction du pouvoir. Grotta devint alors une vaste cité et les cimetières d'Aplomata et Kamini furent utilisés tout au long de la période. L'île, au croisement des routes commerciales de l'Égée, était prospère grâce à son marbre et à son émeri.
Avant de poursuivre avec le mycènien, caractérisons encore un peu les Cyclades

Nous l'avons vu, la civilisation des Cyclades est assez caractéristique.

Civilisation cycladique

Même si il faut prendre les informations wikipidesques avec des pincettes, on peut (au moins) s'en servir comme base de
travail.

Localisation dans l'espace.
Tout d'abord : où sont et que sont ces Cyclades ?

Les Iles des Cyclades forment un archipel montagneux de la mer Egée, qui porte le nom de Kuklades en grec ancien et de Kikladhes en grec moderne, compte 56 îles de tailles variables approximativement disposées en cercle (kuklos = cercle) autour de Dhílos (Délos). Seules 30 d’entre elles sont habitées.
La période la plus importante, appelée Civilisation de Kéros-Syros (2700-2000 avant Jésus-Christ) couvre l’essentiel du Cycladique Ancien II. Les Cycladiens utiliseront l’argile, la cuivre et la pierre pour confectionner des armes, des outils, des ustensiles, des bijoux et des objets de culte. Les idoles cycladiques, statuettes de marbre (de 5 cm à 1,50 m de hauteur) et représentant principalement des figures féminines et, plus rarement, masculines, constituent les création les plus marquantes.

La civilisation entame son déclin à la suite de l’éruption du volcan de Thera (Santorin) - environ 1500 avant Jésus-Christ - et de l’invasion des Doriens.

                                                         Joueur de harpe assis Cycladique ancien 2800 et 2700 av JC

La Culture Keros-Syros :

La période Kéros-Syros est souvent considérée comme l'apogée de la civilisation cycladique. Elle tire son nom de la Petite Cyclade, aujourd'hui désertée, Kéros, au sud de Naxos et de l'île de Syros. Elle est aussi la mieux connue, en partie grâce à l'abondance des objets découverts dans les tombes. Les habitats étaient plus grands, atteignant la taille d'un village cycladique actuel, mieux organisés, voire planifiés et mieux construits. Ils étaient situés au bord de la mer. Les habitants des îles en tiraient une partie de leur nourriture, mais ils étaient aussi des commerçants qui naviguaient. Les plaines littorales offraient aussi de
l'eau potable et des possibilités d'agriculture. Cependant, on connaît quelques sites fortifiés sur des hauteurs (Kastri sur Syros, Panormos sur Naxos ou le sommet du « mont » Kynthos sur Délos) mais des maisons étaient construites parfois hors des remparts. La métallurgie était très répandue. Poterie et sculpture étaient très développées et inspiraient les cultures voisines.

L'habitat est différent de ce qu'on trouve alors en Crète : pas de palais monumentaux, mais des maisons de pierre avec des poutres de bois et un toit de branchages. Des nécropoles se trouvaient à proximité des villages. Les tombes étaient assez semblables à celle de la période Grotta-Pélos, mais leur taille augmenta, servant parfois à des sépultures multiples, sur plusieurs
étages. Par contre, les objets trouvés dans les tombes diffèrent de la période précédente. Les célèbres idoles cycladiques ont le plus souvent été retrouvées dans ces tombes, mais pas exclusivement. De plus, seule une petite partie des tombes contenaient des idoles de marbre. Les offrandes funéraires étaient variées : des statuettes cycladiques, mais aussi des vases de marbre, des bijoux de bronze ou d'argent, des articles de toilette, des tubes contenant des pigments. Sur Amorgos, à la fin de la période, des armes firent leur apparition dans les sépultures.
La poterie Kéros-Syros fut très abondante, aux formes de plus en plus variées, et pour la première fois avec des décors peints,
et non plus seulement incisés. La forme la plus répandue fut celle dite « saucière », forme typiquement cycladique à l'origine et qui influença fortement la poterie sur le continent. Ce fut aussi à cette époque que les « poêles à frire » (dont la fonction demeure un mystère) eurent leur décor le plus élaboré. Des vases zoomorphes sont aussi caractéristiques de cette période.


Les idoles cycladiques Kéros-Syros sont considérées comme le type « canonique » dont les conventions évoluèrent peu en cinq
siècles. Il y a cependant des exceptions : le joueur de lyre, des groupes et quelques figures masculines. Le type canonique étaient : une figure féminine stylisée et géométrique, les bras repliés sur le ventre, le droit sous le gauche. De nombreuses hypothèses ont été faites quant à leur signification : poupée (mais on n'en a pas retrouvées dans des tombes d'enfant), substitut d'épouse pour des hommes non mariés, objet de culte, marque de statut social, ... Aucune hypothèse n'a encore pu être définitivement écartée ou validée.


Les fouilles britanniques du site néolithique de Phylakopi (Milos) furent les premières fouilles de la British School at Athens. Elles permirent d'établir une première chronologie cycladique : la première cité de Phylakopi serait contemporaine de la seconde cité de Troie. L'archéologue écossais Duncan Mackenzie y fit ses premières armes, avant de partir pour la Crète, où Arthur
John Evans venait de mettre au jour le Palais de Cnossos.
C'est le professeur Chrístos Tsoúntas (voir photo) qui révéla définitivement la civilisation cycladique avec ses fouilles systématiques
à Syros, Sifnos, Paros, Amorgos, Antiparos et Despotiko au Sud d'Antiparos. Son successeur Klon Stephanos mit au jour des dizaines de tombes sur Naxos au début du XXesiècle. Les fouilles à Paros (Kampos) de I. Varoucha permirent, grâce à la
céramique, de faire une première distinction Cycladique Ancien I et Cycladique Ancien II. Cependant, lorsque le British Museum publia en 1928 Catalogue of Sculpture in the British Museum, les statuettes cycladiques sont considérées comme des « idoles primitives » avec un intérêt plus « anthropologique qu'artistique ». Les grandes fouilles à Naxos (Grotta), Paros-Antiparos (îlot
de Saliangos entre les deux îles) et Kephala sur Kéa, après la Seconde Guerre mondiale, ont permis d'affiner notre connaissance de la civilisation cycladique.

Rayonnement et declin :
Nous l'avons dit le déclin peut se fixer assurément dans le temps, il coincide avec l'irruption de volcan de Santorin et la destruction de l'Ile (-1550).

Auparavant, il est loisible d'émettre des hypothèses à partir de parallèles faits avec d'autres civilisations néolithiques contemporaines comme à Malte :


                                                                     Déesse mère de Skorba

Tète stylisée de Zebbug.
Ou encore les statues-menhirs en Corse:

Le dernier alignement, trouvé en Corsa, à Stantari est appelé les pétrifiés.

Ou enfin la Culture d'Alméria (sud de l'Espagne)
 
 

On notera la ressemblance entre ces déesses et les statutes de type violoncelles des cyclades (voir dernière illustration du post
précédent)



Bien sur, et cela n'engage que moi, il est loisible d'imaginer une filiation. Aller des Cyclades à Alméria en sautant d'ile en iles
en passant par Malte et la Corse n'a rien d'insurmontable. Avec des moyens identiques, les crétois, quelques siècles plus tard le feront. 

Le plus intéressant, à mon sens, n'est pas le rayonnement de cette « mode » et de ce style mais plutot de se poser cette question : pourquoi ont-ils choisi de représenter l'humain ou des dieux anthromorphes avec un sens aussi poussé de
la stylisation
? Est-ce une simple limite de leur art ? Ou est-ce une idée, pas si sotte, qu'on ne fige pas les traits d'un humain pour l'éternité ? Ou bien qu'on ne représente des dieux que stylisés parce qu'il s'agit de simples supports pour mieux fixer sa concentration sur la prière ? Si c'était le cas, on démontrerait là l'extrème avancée de pensées et de spiritualité d'un peuple pas
si abruti qu'on veut bien nous le décrire......

Mais déjà le volcan de Santorin gronde..... et la civilisation minoenne s'annonce.
Civilisation minoenne
  Localisation :

Reprenons notre carte :
                                                                  L'ile de Créte est au sud des Cyclades
La civilisation crétoise a commencé à rayonner alors que la pseudo-civilisation cycladique s'éteint peu à peu, s'essouflant de sa
non-diversité.
On a longtemps glosé sur l'origine de la civilisation crétoise : une pseudo-colonie égyptienne ? des immigrants venants d'Afrique du
nord ? Aucune découverte archéologique n'est venue étayer ces hypothèse. Par contre, il paraît plus vraisemblable que les crétois profitèrent de l'influence des Cyclades (toutes proches) et de l'Anatolie (sud de la Turquie actuelle).
Essai de chronologie
En gros, et pour faire simple, Il y eut un avant, un pendant et un après « période des palais » selon Sir Evans,l'archéologue qui consacra sa vie à l'étude des restes de la Crète et qui fonde ses déductions sur les débris de poteries trouvées sur place,
De fait, quand la civilisation crétoise prend son essor celle des Cyclades s'éteint peu à peu mais il est vraisemblable que ces poles aient co-existé quelques siècles.
a) La période Pré-Palatiale (-3100 à -1900)

C'est, en gros, l'époque de l'essor. Les échanges se font avec la civilisation cycladique et les artistes crétois reproduisent (presque) à l'identique les techniques apprises par l'ingénieux voisin. Cette époque se caractérise par l'introduction du cuivre et son utilisation pour les outils et les armes.
(hache crétoise)
Sous l'influence probable de l'Anatolie que les Cyclades, le Sud de la Grèce et la Crète entrent dans une phase de développement social et culturel, marqué principalement par l'essor des relations commerciales avec l'Asie mineure et Chypre. Cependant la civilisation crétoise demeure néolithique,notamment dans la première partie de la période. Ainsi, on peut noter, dans un
premier temps, des changements davantage sur le plan de l'organisation et de l'amélioration des conditions de vie que sur le plan de la technologie.

La Crète profite a plein de cette initiation et on voit se développer les premières « routes » commerciales reliant l'ile à la Gaule,
l'Espagne (principalement pour l'étain) ainsi qu'avec l'ile de Chypre.


b) Période proto-palatiale et néo-palatiale(-1900 à -1430)

Le passage de la période « pré-Palatiale » à la période « proto » se fait en douceur.

En ce qui concerne l'agriculture, on sait grâce aux fouilles que presque  toutes les espèces connues de céréales et de légumineuses sont cultivées et que tous les produits agricoles connus encore de nos jours comme l'huile, les olives, le vin et le raisin sont déjà produits à cette époque.

De -2000 à -1900, on voit s'ériger des demeures assez grandes pour appelées «palais ». L'emplacement de ces palais correspond aux grosses agglomérations qui existaient lors de la fin de la phase prépalatiale. La civilisation de période protopalatiale s'étend à toute la Crète. Les relations entre les chefs locaux semblent pacifiques et fondées sur la collaboration. Mais les palaces témoignent de l'existence d'un pouvoir politique central et d'une hiérarchie dominée par un roi

C'est sans doute à cette époque qu'on peut rattacher le mythe de la construction du Labyrinthe par Dédale et le mythe concommitant d'Icare.

De même, on sait que sur l'ile, des cultes spécifiques sont rendus à certains animaux. Des cultes allant même jusqu'à des
manifestations ludiques...voir culturelles:

(vue d'avion du grand palais de Malia)

(Fresques du palais de Knossios)

(Tauramachie crétoise?)
On sait (également) qu'un culte particulier était adressé au cheval..... le cheval étant l'un des animaux fétiches de Poseidon.

L'exécution de travaux majeurs comme le nivellement de la colline à Knossos ou Phaistos, sont des indications que les Minoens avaient déjà réussi une division du travail, et disposaient d'une grande quantité d'ouvriers. L'esclavage et la corvée déjà
pratiqués à l'Est, existait sans doute aussi en Crète. La présence d'une hiérarchie dans les palais est attestée par la quantité de sceaux découverts à Phaistos. Enfin, le développement de l'écriture hiéroglyphique et l'apparition de la première écriture linéaire seraient en liaison avec le système bureaucratique et la nécessité d'un meilleur contrôle des entrées et sorties de
marchandises.
                 ( sceaux minoens )
Le rayonnement de la culture minoenne se fait maintenant sentir hors de Crète. Il semble que Knossos ait déjà posé les fondations de la «thalassocratie minoenne». De la céramique de Kamarès a été trouvée à Milos, Lerne, Egine et Kouphonissi. Des importations de céramique en Égypte, Syrie,Byblos, Ugarit prouvent les liens entre la Crète et ces pays.

Céramique de Kamarès
Une Pax Minoica semble régner sur l'île qui est désormais sous l'autorité de Knossos. Une théorie veut que les palais crétois aient tous appartenu à un même maitre qui les visitait alternativement.
Vers -1700, une grande catastrophe frappa les trois grands palais (Knossos, Phaistos et Malia). Selon toute vraisemblance, la destruction des palais fut causée par un tremblement de terre, qui toucha plusieurs pays d'Asie mineure à la même période. Une autre théorie veut qu'il y ait eu un conflit entre les palais dont Knossos sortit vainqueur.

La reconstruction des palais témoigne de la vigueur de cette civilisation qui a commencé à créer ses premières colonies '(Cyclades, sud de la Grèce).

Les deux siècles suivants marquent la plus grande évolution de la civilisation minoenne qui rayonne désormais depuis une dizaine de nouveaux palais, souvent plus petits et parfois simplement appelés "villas". Ces résidences de souverains locaux gagnent une
plus grande indépendance et montrent un déclin de l'autorité centrale.On peut, rattacher cette période à l'épisode du Minotaure mais nous verrons qu'une autre thèorie prévaut. La période néopalatiale n'est pas uniforme : ainsi les nouveaux palais connaissent une  première destruction vers 1630/1620, que les études récentes relient à l'explosion de Santorin (qui sonne définitivement la fin de la vieille civilisation Cycladique)

Les caractéristiques des nouveaux palais sont leurs propylées, les colonnades, les escaliers reliant les nombreux étages, les
puits de lumière, des pièces dans lesquelles un ou plusieurs murs sont remplacés par une série de portes qu'on pouvait ouvrir ou fermer selon l'époque de l'année. Le gypse, extrait sur place à Knossos ou Phaistos servait au revêtement des murs.

La Crète est alors à son apogée, les fresques témoignent du raffinement.

Et ses artistes sont des virtuoses
                                                              (Deux abeilles portant une goutte de miel) 
La période Post-palatiale
Cette période semble n'étre là que pour la forme. En fait, l'effondrement de la Crète se fait très rapidement.

La catastrophe de -1450

Vers 1450, les palais sont de nouveaux détruits, ce qui marque le début du déclin de la civilisation minoenne. Pendant longtemps, la fin de la civilisation minoenne  fut associée à l'explosion du volcan de Santorin, qui aurait entrainé une série de séismes dévastateurs, une couche de cendres volcaniques et un puissant raz-de-marée qui balaya toute la côte nord de la Crète, anéantissant la flotte minoenne. Cette théorie fut mise en avant dans les années 1930 mais commença à être contredite puis quasi abandonnée partir des années 1980. Les archéologues estiment que l'explosion du volcan eu lieu vers la fin du XVIIe siècle et non vers 1450. De plus, ils admettent que la destruction des palais est issue de 3 catastrophes différentes intervenues à un intervalle de 70 à 100 ans.

- La première, vers 1620-1600, due à
l'explosion de Santorin, eut un effet limité, les palais ayant été immédiatement réparés.

- La seconde vers 1520-1500, limitée
elle aussi, eut pour conséquence l'abandon de certains palais et demeures (Galatas, Amnisos, Vathypetros, Sitia).

- La troisième, plus importante, eut des conséquences plus sérieuses, et de nombreux sites importants furent abandonnés. Tous les centres palatiaux semblent avoir été détruits et incendiés, sauf celui de Knossos.

Dans certains villages, comme à Myrtos Pyrgou, seules les demeures plus importantes des gouverneurs locaux sont détruites alors que le reste des habitations est intact. En écartant la thèse de l'éruption volcanique, d'autres théories sont mises en avant pour tenter d'expliquer le déclin de la civilisation minoenne, comme les séismes, les incendies, la conquête mycénienne et les actions guerrières à l'intérieur et à l'extérieur de la Crète.

Pour Detorakis, l'essouflement de l'économie crétoise, de son commerce et de sa puissance navale est mis en parralèle avec ces causes.

Pour certains, la destruction des palais de Phaistos, Aghia Triada et Tylissos pourrait être le dernier épisode d'une lutte les opposant à Knossos. Mais en 1400, la capitale succombe à son tour pour des raisons mal identifiées. Le palais est pillé et incendié. L'hypothèse du tremblement de terre est de nouveau récurrente. Evans en voyait la cause dans une révolte de la plèbe minoenne contre une monarchie à tendance militariste.

Wace quant à lui a suggéré le soulèvement des Crétois contre un dynaste achéen venu du continent. On cite la légende de
Thésée comme support de la théorie d'une invasion achéenne venue du continent, la mort du Minotaure symbolisant la destruction de la puissance minoenne par ses ex-vassaux. Mais le déchiffrement des tablettes en argile de Knossos démontra que la langue grecque était déjà la langue officielle à Knossos et que par conséquent le dynaste, au moment où le palais fut détruit était achéen
.

La fin de la Crète.
La destruction de Knossos ne causa pas de rupture dans la civilisation, mais après 1400, son rayonnement diminua et le foyer de la culture créto-mycénienne se trouvait désormais non plus sur l'île, mais en Grèce continentale. Pour Tulard, la Crète ne devient
qu'une simple dépendance du continent.Cela coincide avec la montée en puissance de la civilisation mycénienne. D'ailleurs, le
port de Knossos continua d'exister et avait même des rapports commerciaux avec Chypre. Des fusions ont dû se produire entre crétois et Achéens, mais malgré cet apport d'éléments nouveaux, l'île ne donne plus rien d'original en matière artistique.

La colonisation achéenne est mentionnée dans les traditions mycéniennes préservées par la mythologie grecque. Ainsi, Agamemnon fonda quelques villes en Crète, Pergamos, Lappa et Tégée. Les Achéens participèrent à la fondation de Polyrrhenia. Des toponymes comme ceux de Gortyne et Arcadie sont probablement d'origine achéenne. Dans l'Iliade, Homère mentionne, outre la présence de Knossos, Gortyne, Lyktos, Miletos et Phaistos, le fait que l'île aurait fourni quatre-vingt vaisseaux, le plus grand nombre parmi les alliés d'Agamemnon. Ce qui prouverait que l'île est loin d'être ruinée. Cette flotte aurait été sous le commandement du roi de l'île, Idoménée, lointain descendant de Minos. À son retour en Crète, il aurait à son tour été chassé, selon d'autres honoré d'un splendide tombeau. Probablement faut-il voir en lui, comme en Minos, la personnification d'une nouvelle dynastie. Son avènement consacre le triomphe des Achéens, son exil à Salente correspond à la dépossession des monarques achéens par l'invasion dorienne.
 
 

Vers 1150, les grands centres mycéniens sont dévastés par des tribus du nord-ouest de la Grèce : Doriens, Locriens, Etoliens, Phocidiens. Vers 1100 la Crète est touchée à son tour. La population minoenne ne disparut pas complètement, elle se mélangea et fut graduellement absorbée linguistiquement par les tribus doriennes. Quelques sites de l'île continuèrent à rester fidèles
à la langue minoenne. Ainsi, à Praisos on continua à rédiger des inscriptions pré-helléniques jusqu'au quatrième et troisième siècle avant J.-C

D'autres groupes se réfugièrent sur des sommets montagneux abrupts comme à Karphi, où une civilisation dégénérée survécut. Cette phase est appelée subminoenne ou proto-géométrique. Les formes et les motifs décoratifs minoens, bien qu'appauvris, survécurent dans la céramique. La décoration finit par se limiter aux triangles, demi-cercles et bandes. La fibule se répandit
largement, ce qui doit signifier un changement dans le mode d'habillement. On constate aussi deux autres changements très importants : l'utilisation du fer et la crémation des morts .

La civilisation Mycéennienne commençait à se délabrer.....
La religion minoenne est une religion tournée vers la nature et le culte de la végétation. Cela se remarque particulièrement au travers de dieux et de déesses qui meurent et renaissent chaque année, et par l'utilisation de symboles tels que le taureau (ou les cornes de taureau), le serpent, les colombes. La religion minoenne, bien qu'elle disparaisse avec l'arrivée des Achéens puis des Doriens en Grèce puis en Crète a néanmoins laissé sa trace dans les mythes et le panthéon de la Grèce classique.

L'étude de la religion minoenne repose sur les objets découverts lors des fouilles des différents sites archéologiques
de Crète. Ces découvertes offrent aux archéologues des matériels nombreux et variés, à travers les palais minoens, autels, sanctuaires, objets de culte, tombes, cryptes à piliers, cavernes, idoles votives, sceaux et fresques. Tous ces objets sont autant de pistes pour permettre leur interprétation religieuse par les chercheurs. Cependant, il n'existe pas de texte de l'époque minoenne
pour vérifier et contrôler ces interprétations. Pour mieux comprendre la religion minoenne, des parallèles sont faits avec les civilisations environnantes de l'époque (Égypte), ou un peu plus tardive (Mycéniens). Parfois, les archéologues retrouvent dans certains rites chrétiens de la Crète contemporaine des rituels qui s'apparenteraient à ceux des Minoens.

reflexion personnelle : on y trouve les racines de nombreux mythes et rituels autant grecs, qu'égyptiens et même
indo-européens


Le cycle de la végétation

Les Minoens ont personnifié la végétation par un enfant divin ou un Jeune Dieu, qui meurt et ressuscite tous les ans. De même, la puissance créative de la nature prit les traits de la Grande Mère, qui apparait comme une femme portant son enfant dans
les bras et aussi comme l'épouse du Jeune Dieu. Le Mariage sacré, l'union de la déesse et du dieu (qui meurt habituellement peu après son mariage) symbolise la fertilisation de la terre. Les scènes représentées sur le sarcophage d'Aghia Triada serait une représentation symbolique de l'hiver qui finit et du printemps qui renait : c'est la mort et la résurrection de la nature.

Le sarcophage d'Aghia Triada est un sarcophage minoen découvert en 1903 sur le site archéologique d'Aghia Triada. Datant du XIVe siècle av. J.-C., période de la présence mycénienne en Crète, il fut découvert dans une chambre funéraire, ou plutôt un petit bâtiment ayant servi de tombe. Unique par les matériaux, l'iconographie, les éléments narratifs, la technique et le style utilisés, le
sarcophage d'Aghia Triada fournit un témoignage précieux sur les cérémonies religieuses et les rites funéraires minoens. Considéré comme un des exemples les plus connus de l'art égéen, il est conservé au Musée archéologique d'Héraklion.


Le sarcophage d'Aghia Triada a été découvert le 23 juin 1903 par Roberto Paribeni sur une colline abritant un cimetière de la fin de l'âge du bronze,près du site d'Aghia Triada
Le sarcophage fut découvert dans une chambre funéraire, ou plutôt un petit édifice ayant servi de tombe, mesurant 3,8 m sur
4,2m Le sarcophage était accompagné d'un larnax en terracotta sans décoration (Dans la Grèce antique, un larnax (pluriel : larnakes) est un petit cercueil, boîte ou récipient fréquemment utilisé pour recueillir des restes humains, soit une dépouille repliée sur elle-même, soit des cendres de crémation.) Il est désormais considéré comme datant de -1370 à -1320, qui correspond à la XVIIIe dynastie égyptienne, une période d'intenses connexions entre la Crète et l'Égypte

 
Le Jeune Dieu n'est pas la seule divinité mortelle connue dans la religion préhellénique.Les Préhellènes, croyaient, semble-t-il aussi à la mort et à la renaissance d'une jeune déesse de la végétation. Les déesses mère et fille d'Éleusis ont probablement des racines préhelléniques, ceci étant suggéré par la relation entre leur légende et la culture des céréales, introduite en Grèce
longtemps avant l'arrivée des Grecs

Evans estima qu'il n'était pas possible de dissocier les figurines féminines néolithiques de celles retrouvées aux époques suivantes dans les sanctuaires et autels et représentant ce qu'il considérait être la « Grande déesse minoenne5 ». Cette déesse-mère serait la plus ancienne conception de la divinité. La divinité féminine préhellénique prend des formes variées et nombreuses, et on ne sait pas avec exactitude si ces formes correspondent à des déesses différentes ou à des aspects divers d'une seule déesse. Elle est représentée au sommet d'une montagne parmi les lions lorsqu'elle symbolise la mère de la montagne ou la Maitresse des animaux,
d'autres fois elle apparait comme une déesse à l'arbre, une déesse aux serpents, aux colombes ou aux pavots. Elle peut prendre une forme guerrière en portant épée et bouclier, elle peut être aussi déesse de la mer en voyageant sur un  navire. Il existe des interprétations de ces images : on considère les serpents comme un symbole de l'aspect souterrain, ou comme la déesse elle-même sous sa forme animale ; les colombes seraient les emblèmes d'une déesse céleste, et les pavots les attributs d'une déesse mère qui endort les enfants.

on admet désormais que les Minoens ont conçu de bonne heure l'idée d'associer à la Déesse-mère, l'amant ou le fils, voire consécutivement ou simultanément. Mais pour de nombreux chercheurs, il serait cependant l'ancêtre du Zeus de la Grèce
classique. Et l'ensemble des récits affectés à l'enfance de Zeus en Crète serait révélateur de croyances et de pratiques fort anciennes établissant que les Minoens auraient été attachés au culte d'un Dieu viril infiniment plus vieux que
le Zeus hésiodique.Le Jeune Dieu apparait sous les traits d'un dompteur de bêtes sauvages ou armé d'un arc avec un lion à ses côtés. Il est parfois accompagné d'un chevreuil ailé et d'un démon porteur d'un vase à libations, ou d'un griffon. On ne connait pas son nom minoen, et il est difficile de le rattacher à un dieu grec.
 
                                                                                       Symboles sacrés

les cornes
 
 
les objets présents entre les cornes sont soit des double-haches, des vases à libations, comme sur des pierres de Vaphio ou des branches.
Des similitudes  entre la forme des bras de certaines idoles et la forme des cornes sacrées ont amené à faire une comparaison avec les bras de figurines égyptiennes prédynastiques dont les bras levés ressemblent étonnamment aux cornes minoennes,ce qui laisse imaginer qu'en Égypte comme en Crète existait un culte de la déesse-mère prenant la forme d'une vache, et qu'une réminiscence d'un tel culte existait au travers de cette attitude.
 
 
 
la double hache


 
Des double-haches, posées sur des bases en forme de pyramide tronquée ornaient divers endroits du palais de Knossos. La grande répétition de cet emblème pourrait expliquer la dénomination de « labyrinthe » pour désigner Knossos.
Labrys dans une langue anatolienne et peut-être aussi en minoen signifiait double-hache. le mot labyrinthos signifiant palais aux double-haches sur le sarcophage d'Aghia Triada, les haches se trouvent au sommet de hautes perches et
des oiseaux stationnent en leur sommet, et entourent des scènes de libations ou sont placés entre un autel et une sanctuaire : ceci doit finir de convaincre que les doubles haches étaient considérées comme des objets rituels vénérés dans le culte minoen. Presque tous les archéologues admettent que la double hache est un fétiche ou un symbole de déité
le noeud


Un autre symbole associé à la double hache était le nœud sacré : une bande d'étoffe nouée en son milieu, les deux bouts libres pendant vers le bas. Utilisé comme motif de décoration dans la céramique, on peut également en voir un exemplaire dans la fresque de « La Parisienne » de Knossos. Pour les Égyptiens,les nœuds avaient une force protectrice et Isis avait pour symbole un nœud semblable à celui des Minoens.Un nœud en ivoire a été découvert dans une maison de la partie sud-est de Knossos. Déjà Evans considéra les nœuds comme des objets sacrés. Pour Persson, ils sont le symbole indiquant que l'objet auquel ils appartiennent est connecté à la divinité.

Des maillets de pierres ont aussi été retrouvés dans des sanctuaires ou des tombes. Ils avaient un manche en bois et un maillet sphérique aux deux extrémités. Ils étaient généralement représentés tenus par des prêtres et faisaient sans doute office de sceptres ou constituaient des instruments de sacrifice comme les double-haches.
Pour les autres symboles sacrés, on trouve des pièces d'armure défensive : boucliers et casques étaient considérés comme des symboles de la déesse, ou comme sa manifestation sous sa forme guerrière Une autre symbole est la croix et ses variantes (étoile, svastika, roue). On trouve souvent la croix sur les sceaux et parfois sous la forme d'un X entre les cornes d'un taureau
Lieux de
culte


Grottes et cavernes

Contrairement à ce qui pouvait être observé à la même période en Orient ou en Égypte, la Crète se distingue par l'absence de temples : les Minoens célébraient le culte dans des sanctuaires naturels : des grottes, des sommets de montagnes et dans des petits sanctuaires domestiques ;

Les stalactites et stalagmites semblent avoir eu une influence sur le culte dans certaines grottes. Ceci est particulièrement clair dans la grotte de la déesse des accouchements, Ilithyie, à l'est d'Héraklion, où un stalagmite, avec un autre beaucoup plus petit à ses côtés, furent apparemment interprétés comme des images de la déesse mère et de l'enfant divin. On bâtit un mur autour de l'idole, et on lui offrit pendant une très longue période des vases contenant diverses substances. La qualité des vases  offerts permet même de supposer qu'Ilithyie était principalement une déesse adorée par les pauvres. Le culte fut poursuivi jusqu'au temps helléniques,
d'où la mention de la grotte et de sa déesse dans Homère et d'autres sources grecques. La grotte de Psychro était probablement par la suite la grotte du mont Diktè des Grecs, où l'on croyait que la déesse Rhéa avait donné naissance au Jeune Dieu (ou Zeus). Des tables à offrandes, des figurines, des miniatures d'animaux étaient offerts à la place de sacrifices vivants on y offrait aussi
des outils, des armes et des doubles haches en bronze.

Sommets de montagnes

On y érige des petits sanctuaires et des autels entourés de murs. Une clôture entoure parfois un arbre, une source, un rocher et on aménagea le sommet en petites terrasses successives avec murs de soutènement pour contenir les fidèles qui y venaient les jours de fêtes. Puis on ajouta de petites pièces, probablement pour l'entrepôt d'objets de cultes. Les adorants déposaient leurs offrandes dans des feux et des autels, mais aussi dans des fissures de la grotte. C'était la coutume, surtout à l'époque protopalatiale, d'allumer aux solstices d'été et d'hiver, dans ces sanctuaires de sommet, de grands feux qui étaient visibles de très loin. On y
jetait diverses offrandes : des petites figurines représentant les adorants, en attitude d'adoration (généralement les bras repliés sur la poitrine), ou seulement des parties du corps, comme bras et jambes. Ces parties du corps auraient été des offrandes laissées par des personnes malades ou blessées en vue d'obtenir une guérison. À partir du minoen moyen, les figurines d'animaux
domestiques se multiplient, la plus courante étant celles de bœufs, avec des  tailles variant de vingt-cinq millimètres à presque un mètre de hauteur. Ces poteries servant d'offrandes ne sont plus usitées à partir du minoen moyen II, à l'exception de Knossos et du Mont Iouchtas.La plupart de ces sanctuaires de sommet ont par la suite été convertis au Christianisme et accueilli par la suite
des églises ou des monastères.

Sanctuaires domestiques

Des espaces consacrés au culte de la divinité ont été retrouvés dans presque tous les bâtiments. Des statuettes néolithiques ont été trouvées à l'intérieur ou à proximité des lieux d'habitation, ce qui laisse supposer que le culte avait dès lors un caractère domestique. Le culte minoen est considéré comme un culte domestique, et pour Nilsson, les divinités vénérés dans les sanctuaires
domestiques pourraient avoir été différentes de celles vénérées dans les cavernes ou les sanctuaires de sommets
Des sanctuaires tripartites font leur apparition dès la période prépalatiale à Phaistos, consistant en trois petites chambres juxtaposées, celle du milieu étant probablement plus haute que les autres. La pièce du milieu contenait une table d'offrandes en argile, une fosse à sacrifices et un banc sur lequel étaient posés les objets du culte

D'autres installations courantes sont des cryptes à pilier carré central. Cet espace sombre, au rez-de chaussée était considéré comme le cœur du sanctuaire, habité par la divinité protectrice du palais ou de la demeure. Ces cryptes sont souvent si petites, que le pilier n'est pas nécessaire au soutien de la structure, c'est pourquoi de nombreux chercheurs dont Evans estiment que l'acte d'adoration était adressé au pilier. C'est pour cette raison que les piliers ont souvent devant eux des bassins et des canaux dans lesquels étaient vers le liquide.Au-dessus de ces cryptes, on trouvait des chambres contenant aussi des colonnes, elles-mêmes sacrées. Des scènes murales dans lesquelles on voit des double-haches et des nœuds sacrés attachés à des colonnes suggèrent que la colonne, comme le pilier pouvait avoir une signification religieuse. À Knossos a été découvert un modèle réduit en terre cuite montrant trois colonnes sur lesquelles sont perchés des oiseaux, un signe certain de l'apparition divine. D'autres exemplaires montrent des lions ou autres créatures tels des Sphinx ou des griffons disposés symétriquement de part et d'autre de la colonne
Un autre type d'endroit sacré est le bassin lustral. C'est une petite pièce d'un niveau plus bas que celui des pièces environnantes, que l'on peut atteindre par un ou plusieurs escaliers. Dans certains de ces bassins ont été retrouvés des petits vases en céramique qui pourraient avoir contenu des liquides et auraient pu servir à des rites de purification par aspersion ou par onction. Dans
d'autres on a découvert des rhyta et des vases en pierre, ainsi que des peintures murales représentant des cornesLes idoles apparaissent et se généralisent dès le néolithique. C'est à cette époque qu'apparaissent les figurines de femmes obèses nues. La nudité complète, l'indication occasionnelle des parties sexuelles, indiquent que ces idoles représentent une déesse de la
fertilité.
Les déesses des sanctuaires postpalatiaux ont des têtes toujours couronnées d'emblèmes: oiseaux, cornes, coquelicots, et disques. Parfois des serpents dressent leurs têtes au-dessus du diadème.
 
Dans les rites minoens, on trouve souvent un type particulier de récipient, le kernos, nommé d'après des vases analogues utilisés dans le culte de Déméter, aux temps classiques.

L'offrande de nourriture et de boisson à la divinité constitue l'acte principal d'adoration. Dans des tablettes en linéaire B de Knossos sont mentionnées des offrandes de miel à la déesse des accouchements Ilithyia et à d'autres divinités. Le miel étant peut-être destiné à apaiser les douleurs de l'accouchement. Sur un fragment d'un vase en pierre de Knossos, on voit un jeune arriver au sommet d'une montagne. Il place une corbeille de fruits devant le sanctuaire. En plus du miel et des fruits, une autre offrande devait être le vin.
Des sacrifices sanglants, pendant lesquels on immolait des animaux, avaient lieu. Sur le sarcophage d'Aghia Triada, on peut voir un taureau étendu sur une table en bois. Il est déjà tué et du sang coule de sa gorge avant d'être  recueilli dans un seau. Le sacrifice est accompagné d'une musique de flûte. Puis un manche est passé dans les poignées des seaux contenant le sang et une femme les emporte son son épaule. Une prêtresse reçoit les vases et les vide dans une vaste cuve placée entre des doubles-haches. On suppose que les fidèles buvaient le sang des bêtes sacrifiées, recueilli dans les seaux.Il pouvait y avoir confusion entre l'objet réel et sa représentation. À la place d'un vrai animal,le fidèle pouvait offrir une copie en argile ou en bronze. Ceci expliquerait la quantité de modèles réduits d'animaux retrouvés dans les sanctuaires de plein-air minoens. Ce type d'offrandes aurait eu lieu principalement dans les sanctuaires de campagne84. Le fidèle minoen adressait ses prières de diverses façons. Le porteur d'ex-voto, arrivé devant le sanctuaire de la divinité, ne s'incline ni ne s'agenouille. Il se tient droit, presse son poing contre son
front, peut-être pour se protéger de l'éblouissement causé par l'apparition divine. Il existe d'autres gestes d'adoration : les bras sont levés ou tendus, croisés sur la poitrine, en extension ou repliés.La danse était sûrement une autre manifestation du culte. À Phaistos, une frise des temps protopalatiaux montre une déesse tenant des fleurs entre deux danseuses. Une scène similaire
apparait à l'intérieur d'un bol, lui aussi de Phaistos. À Kamilari, un groupe de quatre personnages en argile, qui dansent en cercle en se tenant par les épaules, a été retrouvé. La présence de cornes souligne le caractère sacré. Ces scènes de danse sont visibles aussi sur des bagues, des sceaux et empreintes de sceaux. Sur la bague en or d'Isopata, des femmes aux poitrines nues, peut-être
des prêtresses, exécutent des pas de danse en honneur à la divinité qui apparait.La croyance en une vie posthume par les Minoens apparait dès les temps néolithiques et prépalatiaux. Les morts étaient ensevelis dans des cavités des cavernes et des tombes à tholos et on déposait à côté d'eux non seulement des récipients contenant de la nourriture, mais aussi des outils
d'usage quotidien : lames à raser en obsidienne, haches en pierre, meules, marteaux, et plus tard armes en bronze, sceaux et bijoux. Dès le début de la période prépalatiale, on y ajoutait des objets rituels : kernoi en argile, vases zoomorphes, et statuettes de la déesse. La présence des statuettes peut-être expliquée par la croyance que le mort, dans sa nouvelle demeure, devait disposer
non seulement de son équipement de la vie quotidienne, mais aussi des idoles qu'il avait adorées. On peut détecter sur des tombes du minoen ancien des traces de feux extrêmement vif, ce qui amène à penser que ces feux faisaient partie des rites funéraires. Ils servaient plutôt à brûler les restes d'enterrements précédents, il semblerait donc qu'on attachait moins d'importance aux morts
après la décomposition des corps.
Une autre pratique cultuelle était de se balancer sur des balançoires ou des cordes tendues entre des arbres ou des poteaux. On rencontre cette habitude dans d'autres contextes religieux : ainsi, on trouve le balancement rituel aux Indes et dans certaines régions rurales de Grèce moderne. Un modèle réduit en argile d'Aghia Triada montre une femme assise sur une balaçoire accrochée entre deux piliers sur lesquels sont perchées des colombes.
Les jeux de taureau, ou tauromachies par assimilation aux tauromachie espagnoles, avaient sans doute un caractère sacré. Selon Persson, ces jeux faisaient partie la fête du printemps. Dans les jeux de taureaux minoens, l'animal n'était pas abattu (bien qu'il était peut-être abattu dans une cérémonie religieuse par la suite). des jeunes gens saisissaient l'animal par les cornes et effectuaient toute une variété de sauts périlleux au-dessus du dos de l'animal.L'origine de ce sort remonterait aux efforts pour capturer le taureau dans les montagnes de Crète, mais alors que les scènes illustrant la vraie capture d'un taureau montrent des hommes portant des lances ou des filets, ceux qui prenaient part à ces jeux n'étaient pas armées

Un objet important du culte minoen a perduré à travers les siècles suivants : le kernos. Le terme kernos désigne selon les auteurs grecs, un ensemble de petites coupes d'argiles attachées à un vase central, et dans lesquelles différentes sortes de
fruits étaient placées. Cet objet était transporté à la manière du liknon, et les auteurs grecs nous informent que la personne chargée de le transporter goutait également les fruits. Le kernos aurait servi dans des mystères, sans que l'on sache vraiment lesquels même si ceux d'Éleusis semblent fort probables. Ainsi des kernoi dédicacées aux déesses éleusiniennes ont été découverts sur les
pentes ouest de l'Acropole à Athènes et près du Métrôon



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Date de dernière mise à jour : 01/12/2011