Histoire de l'Antiquité grecque 2

Civilisation mycénienne

Selon wikipédia :

Le terme mycénien a été choisi par l'archéologue Heinrich Schliemann pour qualifier cette civilisation dans la seconde moitié du XIXème siècle. Ce nom est repris de celui de la ville péloponnésienne de Mycènes, à la fois parce qu'il s'agit du premier site
fouillé à révéler l'importance de cette civilisation et du fait de l'importance que revêtait la cité dans la mémoire des auteurs grecs antiques, en premier lieu Homère, qui faisait du roi de Mycènes le chef des « Achéens ».

Par la suite, Mycènes s'est révélée n'être qu'un pôle de cette civilisation parmi d'autres, mais le terme de « mycénien » est resté utilisé par  convention.

1) Localisation :


Mycènes est donc une cité-forteresse qui verrouille le Péloponnèse et possède, de ce fait, une importance stratégique militaire et commerciale incontestable. Vers -1550, alors que nous avons vu que la civilisation minoenne passait de l'ére des Grands palais à celle des palais plus petits tout en conservant son leadership, une autre civilisation apparaît. Les mycéniens posent un
irritant problème aux historiens car nul ne connait leur provenance. Pour simplifier, deux tendances diamétralement opposées sont en compétition : les Mycéniens sont nés d'un peuple grec et leur civilisation s'est mise à rayonner, peu à peu, en cercles concentriques jusqu'à englober la Grèce continentale toute entière. Autre hypothèse : les mycéniens sont un peuple venu
d'ailleurs (mais on ne sait d'où) et ont imposé leurs vues par la force, si nécessaire, avant de se fondre dans la population autochtone.
2) Pourquoi cette date ?

-1550 n'est pas une date arbitraire. Même si on ne peut dater exactement l'éclosion de cette civilisation (ou son implantation), on a put fixer avec certitude, qu'à cette date, apparaissent les premier cercles de sépultures et surtout les premiers palais-forteresses qui tranchent radicalement avec le style d'époque.
                                                                         Cercle de sépultures à Mycènes

Selon les tenants de la première hypothèse, la civilisation mycénienne se développe donc de façon essentiellement autonome avec de très fortes originalités remontant pour beaucoup aux cultures qui l'ont précédée sur son sol. Pour autant, l'ouverture vers l'extérieur joue un rôle décisif dans certaines évolutions locales. C'est notamment la Crète qui exerce une influence forte dans le monde égéen, comme on le voit dans le fait que les tombes des élites continentales de cette époque sont bien pourvues en productions crétoises ou de style crétois, qui sont utilisées comme objets de prestige au service des classes dirigeantes sans
témoigner (pour autant!) d'une influence crétoise profonde.

Le début du XIVème siècle est une phase de transition vers l'affirmation de la civilisation mycénienne à proprement parler, caractérisée par différents «marqueurs» identifiables sur ses principaux sites : les citadelles, les palais royaux, deux types de tombes dominants – les tombes à tholos et les tombes à chambre – qui prennent tous des aspects de plus en plus monumentaux, et enfin l'utilisation croissante de l'écriture linéaire B dont l'exemplaire le plus récent se trouve en Crète et date du Minoen récent II. Du point de vue économique, la période semble être prospère, avec le développement de l'agriculture, des échanges commerciaux et culturels, et l'affirmation du palais en tant qu'institution jouant un rôle de stockage et de redistribution d'une partie des produits, ce qui fait passer les régions concernées de la Grèce continentale dans le domaine des civilisations palatiales du Bronze récent, à l'image de la Crète. C'est aussi la période à partir de laquelle l'hégémonie dans l'Égée semble passer de la Crète vers le continent après la destruction des principaux palais minoens et la possible occupation de celui de Cnossos par des « Mycéniens ».
Les mycéniens :


Tablette en linéaire B

Depuis la traduction des tablettes en linéaire B, on sait que ceux que l'on appelle Mycéniens parlaient une forme archaïque de grec, les locuteurs de langue grecque étant arrivés dans l'espace égéen au plus tard au début du IIe millénaire. Aucune source écrite provenant d'un site mycénien ne nous a indiqué comment ce peuple se nommait lui-même (son autoethnonyme). À la lecture de l'Iliade, où les Grecs sont souvent appelés Achéens, et en prenant en compte la mention d'Ahhiyawa vers la région égéenne dans les sources hittites du Bronze Récent, on a voulu voir dans les Mycéniens des Achéens. Mais le second argument est loin d'être admis de tous, alors que pour le premier, on remarque que le terme Achéen peut avoir plusieurs significations dans les textes d'Homère. L'analyse linguistique des textes en linéaire B rattache la langue mycénienne à des dialectes grecs des époques ultérieures. Elle serait un dialecte apparenté à l'arcado-chypriote du millénaire suivant, donc une forme dite « proto-achéenne ». De fait, on serait bien en présence d'Achéens sur une grande partie de la Grèce continentale méridionale, avant l'arrivée de « Doriens » au Ier millénaire comme le prétendent les historiens grecs antiques ultérieurs ; mais ce point reste l'objet de débats.
 Les tenants de la théorie de l'invasion voient les choses d'une autre façon. Dans son fantastique roman, « la trahison des Dieux », (qui relate les évènements autour de la Guerre de Troie) Marion Zimmer-Bradley explique comment ses achéens, venus d'Asie Centrale avec leurs dieux virils et violents (Zeus, Arès, Hadès) vont imposer un autre style de vie à des autochtones pacifistes,
plutot voués à une société matriarcale, vénérant une Déesse-Mère (Demeter) et comment ses achéens vont se fondre dans la population en occupant les plus hautes fonctions et amalgamment leur mythologie à celle des locaux.
Parmi les "preuves" militant pour cette thèse, les origines de la déesse Artémis (déesse indo-européenne par essence) qui va étre incorporée à la mythologie locale et devenir la jumelle d'Apollon (dieu grégaire soumis à la déesse mère) ce qu'elle n'était pas, à l'origine.

Mycéniens et crétois :

Le développement de la Grèce continentale à la période mycénienne est lié à l'évolution de la Crète. Peu à peu, le foyer de la
brillante civilisation minoenne  lache prise sur le continent européen et les mycéniens, qui ont beaucoup appris des crétois, les supplante, certainement par les armes. Le fait que la Créte soit la seule région (hors Europe) à avoir livré des lots de tablettes en linéaire B  paraît indiquer que cette écriture a d'ailleurs peut-être été inventée sur l'île. Elle occupe une place à part dans le monde égéen, et sa culture exerce toujours une influence forte dans cet espace même si elle s'ouvre plus aux influences de la Grèce continentale. On ne peut pas vraiment considérer que la période minoenne s'achève sur cette île car les traits culturels sont identiques à ceux de la période précédente.

Vers -1300, la culture de Crète exerce pourtant une influence importante dans la culture matérielle des régions voisines du monde égéen, dont la Grèce continentale avec qui les échanges commerciaux sont de plus en plus forts.  La Crète ne domine plus mias c'est, alors, incontestablement une composante du monde mycénien, même si on ne peut une nouvelle fois pas dire avec certitude si elle est dominée par des gens venus de continent, ou même incorporée dans un État dont le centre est localisé sur le continent. S'il y a bien des noms de personnes grecs dans les tablettes des palais de l'île, la culture matérielle y subit peu d'influence continentale30. On constate une période de prospérité économique, et la présence d'un réseau de centres administratifs dense. Il y a alors un affaiblissement de l'influence de Cnossos.
L'expansion mycénienne.
 
A partir d'une période allant de -1425- 1380, la présence des habitants de la Grèce continentale méridionale à l'extérieur est de plus en plus importante. Cette expansion se manifeste avant tout dans un horizon proche, celui de la mer Égée, déjà traversée par des relations importantes depuis de nombreux siècles. D'ailleurs, la présence mycénienne sur les sites de cet espace succède souvent à celle des Minoens, qui décline.

C'est essentiellement par la diffusion de la céramique mycénienne que l'on peut supposer cela, mais aussi par des objets en ivoire de type mycénien, même s'il est souvent complexe de distinguer les exportations et les inspirations. De plus, il est difficile de savoir si une céramique mycénienne retrouvée hors de la Grèce continentale a été exportée pour sa fonction de contenant, ou bien pour elle-même.
 

Céramique mycénienne trouvée à
Rhodes


La nature et les causes de cette expansion sont débattues. Des motifs commerciaux paraissent incontestables, même s'il est
compliqué de déterminer quels produits étaient réellement échangés. L'idée d'un impérialisme mycénien, et d'une expansion qui prennent par endroits un caractère conquérant a pu être proposée sur la base de certaines sources archéologiques et
épigraphiques dans le monde égéen, en plus de la situation crétoise, mais ce point reste très débattu.

Ainsi, sur l'ile de Milo (Cyclades), un édifice avec mégaron a été bâti, peut-être par des Mycéniens après une prise de contrôle de l'île. Le sanctuaire voisin dans lequel ont été retrouvées de nombreuses figurines votives témoigne bien d'une influence mycénienne, mais les spécificités locales sont fortes.

Aux alentours de -1300, l'influence continentale décline dans les Cyclades, et plusieurs sites se fortifient, se repliant sur eux-mêmes, reflet probable d'une période d'insécurité. Une reprise des contacts se produit un siècle plus tard, à l'époque d'une phase de prospérité sur plusieurs sites cycladiques, avec peut-être même une arrivée de populations depuis le continent, avant que ces îles ne déclinent à la fin de la période mycénienne dans des conditions obscures.


Mycéniens et asiates :

Sur le continent asiatique à proximité de ces îles, la présence mycénienne est moins forte, par exemple dans les nécropoles
de Carie (Kos et Müsgebi). Plus au nord, on arrive vers les régions connues par les textes provenant du royaume hittite qui domine
l'Anatolie à cette période depuis sa partie centrale. Le royaume le plus puissant de l'Asie mineure est l'Arzawa, dont la
capitale Apasa est peut-être Éphèse, et qui finit par être soumis et divisé par les Hittites. Les textes provenant de ces derniers parlent également d'un royaume d'Ahhiyawa, qui pourrait bien être celui d'Achéens, donc de Mycéniens.

Au début du XIII siècle av. J.‑C., son roi est considéré comme un « Grand roi » par son homologue hittite, c'est-à-dire son
égal, au même titre que les rois d'Égypte et de Babylone, qui avaient tous plusieurs États vassaux mais aucun suzerain. L'influence du roi des Ahhiyawa dans la région orientale de l'empire hittite ne dure cependant pas longtemps, et il disparaît finalement des textes. Son territoire dominait au moins une partie de l'Asie mineure, car il a à un moment donné un gouverneur dans la cité de Millawanda, probablement Milet.

Sur ce dernier site, détruit par les Hittites vers la fin 1425, l’influence mycénienne paraît forte, mais côtoie celle des peuples anatoliens. On débat sur la localisation du centre du royaume Ahhiyawa : beaucoup veulent le situer à Mycènes ou du moins en
Grèce continentale, faisant alors correspondre son extension à celle de la civilisation mycénienne.

Plus au nord, le site archéologique de Troie (Hissarlik) pose de nombreuses questions en lien avec l'épopée homérique. Des générations d'archéologues ont cherché à savoir quel était le niveau de la ville qui aurait été détruit par les assaillants mycéniens
lors d'un conflit réel qui aurait inspiré les récits sur la guerre des Achéens menés par le Mycénien Agamemnon contre les Troyens dans l’Iliade et le cycle de légendes sur la Guerre de Troie. Deux candidats sont en lice : le niveau VIh et son successeur le niveau VIIa, qui finissent tous les deux par des destructions dont la nature exacte est à préciser (conquête violente ou tremblement de terre ?). Mais il faut encore démontrer que l'histoire d'Homère fait bien référence à un événement réel, alors que la présence mycénienne sur le site reste faible.
 Donc, à cet instant de notre récit sur les mycéniens, marquons une pause et
mettons la à profit pour étudier de plus près la mythologie grecque la plus
ancienne.

Même si l'exercice est périlleux, il est possible d'imaginer
un essai de reconstitution historique à travers l'origine des Dieux, avec
l'humilité nécessaire, mais en ne prenant que les faits les plus incontestables
de l'origine de chacun des dieux concernés.

Ceci dit, je préviens qu'il ne s'agit que d'un essai ...... ma vérité, en quelque sorte et qu'elle n'engage que moi.

Que savons-nous des différents dieux de l'Olympe ?

1) Zeus est fils de Cronos et Rhéa et se réfugie en Crète pour échapper à son père. Originellement, il est le dieu de la foudre.
- En Grèce son culte est attesté par l'existence d'un très ancien temple de l'époque des pélasges (nom que les grecs donnent aux premiers habitants...de la Grèce).
- En Grèce primitive comme en Crète, ce n'est pas un dieu majeur puisqu'il est fils de Cronos et Rhéa.
- Son règne survient après une révolution de palais et après un exil pour échapper au dieu principal (Cronos).
- Selon Hésiode, il est le frère cadet de Poséidon.

2)
Rhéa : Fille de Gaia (la terre nourricière). Mère des dieux majeurs grecs (Zeus, Poséidon, Hera, Hadès).Les romains primitifs (inspirés par les habitants de la Grande Grèce, italie du Sud) l'assimilent à Cybèle, surnommée l'aïeule des dieux, la « Grande
Déesse phrygienne », la « Grande Mère » (Magna Mater) ou la « Mère des dieux ».


3) Poséidon. Dieu des mers et des océans en furie mais aussi l'« ébranleur du sol » — dieu des tremblements de terre et des sources. Son symbole principal est le trident, qu'il reçoit des Cyclopes pendant la Titanomachie ; il est aussi symbolisé par
le taureau, et surtout le cheval. (animaux terrestres par excellence).
- Le nom de Poséidon a été décomposé par Kretschmer en la juxtaposition du vocatif *Ποτει (« maître, époux ») et Δᾶς, nom dorien de la Terre que l'on retrouverait dans le nom de Déméter. « Poséidon » signifierait donc « maître/époux de la Terre »

Divinité importante en Crète (symbolique du Taureau animal sacré entre tous des minoéens) supplantée tardivement par Zeus.

- Conteste la possession de plusieurs villes grecques continentales (Athènes à Athèna, Corynthe à Hélios,(le dieu grec primitif du soleil), Trézène à Athéna, Egine à Zeus, et Naxos à Dyonisos) sans aucun succés.
- Tente (sans succés) de faire enfermer Zeus malgré l'aide d'Héra, Apollon.
- S'allie aux achéens contre Troie.

4) « Pélasges » (en grec ancien Πελασγοί / Pelasgoí), est le nom donné par les Grecs anciens aux premiers habitants de la Grèce, avant les grandes invasions achéennes, éoliennes et ioniennes. L'étymologie de ce nom reste incertaine. Dans l'Iliade, Homère en fait une peuplade originaire de Théssalie.
- Suivant les traductions d'Hérodote qui cite Hécatée de Millet. Les Athéniens ne sont pas Pélasgiques (alors que leurs murailles le
sont!) mais ils ont chassé les Pélasges des terres qu'ils leur avaient donné en échange de l'acropole qu'ils avaient construit et où il n'avaient rien à manger.

- La ville d'Argos, qualifiée par Homère de « pelasgiques ».
- Dodone, oracle très ancien de Zeus est construit parallèlement à l'oracle d'Ammon est rattaché aux pélasges mais les archéologues n'ont pas trouvé de ruines plus anciennes que les ruines mycéniennes.

Maintenant, (et en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'un exercice personnel, donc imparfait) essayons-nous à une tentative de
reconstitution historique en se basant sur ce que nous savons déjà de la Grèce continentale, crétoise et Mycénien
ne.



A l'époque de la civilisation Cycladique déclinante, la Grèce continentale est habitée par des populations éparses, réunies ici et là en cités ou en tribus qui ont pour point commun l'adoration de certaines divinités « basiques » : Cronos (le temps), Rhéa (Magna-Mater).

Peu à peu, les crétois (symbolisés par Poséidon) se mettent à rayonner et, dans un premier temps, entretiennent des relations amicales avec certaines d'entre elles. L'une d'entre elles, les pelasges (symbolisés par Zeus, né en Grèce mais exilé en Crète) va entreprendre de s'étendre à toute la péninsule.

Les Pelasges fondent Argos mais ne parviennent qu'imparfaitement à établir leur hégémonie sur le pays . Ainsi, sont-ils chassés d'Athènes par les autochtones qu'ils cherchaient à asservir.

De plus, ils doivent composer avec les crétois qui, changeant de politique, passent du stade des relations amicales et
commerciales, à celui de colonisateurs. Mais les visées crétoises (symbole Poséidon) ne sont pas toujours couronnées de succés. Ainsi Athènes (dans un premier temps), Corynthe, Egine et Naxos leur résistent et Trézène finit par se soumettre à moitié (épisode du partage de la ville entre Athèna et Poséidon).

Ils fondent Troie (Illion) (épisode des murailles de la ville construites par Poséidon) qui du statut de Colonie finit par profiter des troubles de la civilisation (passage de l'ére des palais gigantesque à l'ére des palais plus petits?) pour acquérir son indépendance.

Finalement, Athènes finit par se soumettre (Cf le tribut des enfants d'Athènes donnés en otages aux crétois pour étre livrés au Minotaure minoéen).

Venant d'Europe centrale, des envahisseurs s'emparent, peu à peu, de la Grèce. Ils honorent une divinité majeure (X) maitre du ciel et de la foudre, assez comparable à Zeus. Il s'agit des mycéniens.

Ceux-ci bouleversent les traditions architecturales (palais-forteresses, nouveaux types de tombes) des autochtones mais, comme le feront plus tard d'autres colonisateurs (vikings en Normandie ou en Sicile), ils se fondent dans la population, se réservant les postes clefs.

Toutefois, ils imposent leur panthéon avec une certaine finesse puisque, au lieu de détruire les temples et oracles existants, ils assimilent les dieux locaux à leurs dieux. Leur Dieu majeur de la foudre prend l'identité de Zeus et « épouse » Demeter , déesse de l'agriculture et de la Terre (émanation ou autre avatar de la Magna-mater originelle ?). Ils vont même jusqu'à restaurer et magnifier le célèbre et antique Oracle de Dodone (créé par les pélasges). D'ailleurs, les pélasges se soumettent totalement et disparaissent complètement de la scène.

Sanctuaire de Dodone

De divinité majeure, Demeter est asservie à un rôle d'épouse effacée (épisode de la soumission des grecs originels aux Mycéniens) puis répudiée au profit d'Héra, maitresse de l'Argolide (allusion à une alliance-assimilation Mycènes-Argos?)


Les Mycéniens étendent leur domination d'une manière non-linéaire. Ils agissent plutot par « à coups » et finissent par se partager la péninsule avec les crétois. (Zeus et Poséidon réussissant leur coup d'état contre Cronos).


Mais, et nous l'avons vu dans l'histoire des Cyclades, il leur arrive de subir des coups d'arret. L'un d'eux, qui ne dure probablement pas plus d'un siècle ou deux, peut étre symbolisé par l'épisode de l'enfermement de Zeus par Héra (Argos ?), Apollon (Asie mineure?), et Poséidon (la Crète).

Pourrait-il s'agir d'une ultime alliance (Argos, Asiates et Crète) tentant de chasser les mycéniens ?

Finalement, Zeus (Mycène) se libère et reprend son règne (s'impose dans une bataille?), soumettant définitivement Héra (Argos) en la suspendant au ciel par les poignets, une enclume attachée aux chevilles. L'histoire poursuit sa course et Athénes cherche à se démarquer de l'hégémonie crétoise. Elle envoie donc Thésée à Knossos où celui-ci finit par abattre le Minotaure. (est-ce l'épisode d'une révolution ou du changement d'une dynastie minoenne par une dynastie greco-mycénienne?).

Toujours est-il qu'à compter de cet épisode, la Crète voit son rayonnement se ternir.

Parallèlement, les Mycéniens commencent à dominer la péninsule et même l'archipel, et finissent par mettre le pied en Asie Mineure.

Nous sommes en plein Age du Bronze, autant dire que l'étain et le cuivre sont des éléments vitaux pour la civilisation
mycénienne. Or, et c'est attesté par les textes, la ville de Troie qui domine le Détroit des Dardanelles a atteint son apogée et contrôle la route commerciale acheminant ses biens. Les mycéniens ne peuvent l'admettre et cherchent à controler cette route.

Ils n'ont que deux options : s'allier à Troie et obtenir de meilleurs droits de douanes ou prendre le contrôle de la ville.

Survient l'épisode de Paris et de la pomme. Rappelons les  faits, Paris (fils de Priam, roy de Troie) est pris comme témoin par trois déesses pour désigner la plus belle. Il y a Athèna (Athènes), Héra (Argos) et Aphrodite. Même si Aphrodite  est désignée fille de Zeus, on ne peut ignorer ses « filiations asiatiques » puisqu'elle est assimilée à Innana de Sumer ou Ishtar la babylonienne.

Nous avons là la description de tractations commerciales entre deux poles économiques la Grèce (d'Athènes et Argos) et l'Asie de Sumer (?), Babylone (?),les Hiitites (?) pour obtenir l'alliance de Troie.
Alors ? Alors on connait la suite, Paris (Troie) choisit  Aphrodite (l'Asiate?) au détriment d'Athèna (Athènes) et Héra (Argos) les alliés de Zeus (Mycènes).
Le jugement de Paris, mosaique d'Antioche.

Pour le remercier, Aphrodite lui promet qu'il sera aimé de la plus belle femme née sur la Terre. (le marché commercial avec les asiates est-il plus "juteux" qu'avec les grecs?)

Comme le choix de Paris n'est pas un motif de guerre, Mycènes retient ses alliés et attend son heure. Elle viendra assez vite.

Quelques années plus tard, Paris (Troie) est envoyé chez Ménélas (roi de Sparte et frère d'Agamemnon, frère du roy de Mycènes) pour tisser des liens amicaux.

Au lieu de cela, il enlève Hélène (qui est vouée à Aphrodite), épouse de Ménélas. (allusion à une guerre punitive entre Troie et Sparte et le rançonnement de la ville grecque?). Ménalas (Sparte) obtient du roy Agamemnon  qu'une grande coalition grecque (les achéens d'Homère) soit montée pour laver l'affront. Toutes les cités sont là..... y compris la Crète avec son roy (Idoménée) et 80 vaisseaux, ainsi qu'un allié : Achille (fils de Pélée,roy de Thessalie).

 
 Civilisation mycénnienne (2)

S'attaquer à la définition, à l'histoire et au déclin de la civilisation mycénienne, c'est un peu comme si on voulait définir
la quadrature du cercle.

Nous en connaissons l'architecture (Mycènes, Thyrinte) mais pas l'origine, nous en connaissons la culture (céramique, divinités) et même certaines de leurs zones d'influence mais nous ignorons le rayonnement exact, nous connaissons certains de ses chefs (Agamemnon, Ménélas, peut-étre Ulysse) mais nous ignorons les raisons de son déclin.

On dispose de traces de la présence de Mycéniens en divers points du bassin méditerranéen au-delà de la mer 'Égée. Ces traces sont essentiellement des céramiques.

Parfois, on a la surprise d'en découvrir dans des régions très éloignées du monde égéen : vers l'ouest, en Sardaigne, dans la vallée du Pô, dans la Péninsule Ibérique, au nord en Macédoine ou en Thrace, et vers l'est et le sud-est à Chypre et jusqu'aux rives de l'Euphrate ou encore dans la basse vallée du Nil.

Mais, en réalité, c'est en direction de Chypre et du Levant que les traces sont les plus importantes et peuvent laisser supposer l'existence d'échanges plus importants et réguliers. Cela pourrait être confirmé par l'épave retrouvée à Uluburun au sud de la Turquie, datée de la fin du XIVème siècle,transportant surtout du cuivre de Chypre, mais aussi quelques vases mycéniens à
côté d'autres objets d'Égypte, de Syrie ou du Taurus, indiquant que le monde mycénien était bien intégré à des réseaux d'échanges impliquant le bassin méditerranéen oriental.
 
Vieux lingot de Cuivre trouvé en Crète

Mais aucune trace écrite de relations commerciales entre les ports du Levant (comme Ougarit) et les Mycéniens n'apparaît. Les échanges maritimes de cette période se faisant essentiellement par cabotage et par étapes, il n'y avait pas forcément de liaisons directes importantes. Chypre (notamment l'antique royaume d'Alashiya qui en occupe au moins une partie), où la présence mycénienne est plus forte, pourrait avoir joué le rôle d'intermédiaire entre les Mycéniens d'un côté et le Levant et l'Égypte de l'autre. Du reste, cette île était importante pour le monde mycénien en tant que fournisseur de cuivre. À la fin du XIIIe siècle, Chypre voit finalement l'installation de migrants du monde mycénien, dans le contexte des mouvements de population qui touchent la
Méditerranée orientale à la fin du Bronze récent.

A mon sens, un élément majeur a retenir c'est que les nombreux textes provenant des régions situées à l'est du monde égéen ne sont pas très explicites sur les relations diplomatiques existants entre état ou entre chefs d'état. Du reste, il y assez peu de textes
qui relatent des affaires qui impliquant le monde mycénien.
Hormis, peut-être, dans des sources égyptiennes dans lesquelles le monde mycénien apparaît (?) dans de rares écrits sous l'appellation tanaju (hiéroglyphe terme lié aux Danéens de Homère ?), dont Thoutmosis III reçoit des messagers porteurs
de présents.

En Grèce même, la trouvaille de sceaux-cylindres chypriotes et syro-mésopotamiens dans le palais de Thèbes n'est pas suffisante pour évoquer des échanges diplomatiques. De ce fait, il est plus raisonnable de considérer que les Mycéniens sont au mieux marginaux dans le système diplomatique de l'époque, qui est pourtant étendu ; ou bien il en sont totalement absents.

Au final, l'ouverture sur l'extérieur du monde mycénien a été décisive dans sa construction, sa complexification. Mais les échanges culturels entre la Grèce mycénienne et ces régions extérieures restent faibles et n'entament pas son originalité. Le commerce semblant un peu plus important, encore qu'on ne puisse en mesurer l'intensité réelle, ses modalités ou ses motivations. Le monde mycénien ne semble pas un partenaire notable pour les royaumes orientaux, pas plus que les importations de ces derniers ne semblent
déterminantes pour lui. Pour la Méditerranée occidentale, les Mycéniens ne sont pas des « passeurs » de la culture du monde oriental qui exerce un certain attrait sur plusieurs sites de cet espace, même s'ils participent à cette influence venue de l'est.

La question à se poser est pourquoi.... ?

Personnellement, j'y vois là une réponse (et une seule) :

1) Il existe une civilisation mycénienne mais pas une nation : En d'autres termes : il n'y a pas, et il n'y aura jamais un royaume ou un empire unifié mycénien. Un peu comme il y a une civilisation celte mais qu'il n'y a jamais eu de nation celte regroupée sous un même commandement.

Dès lors, tout devient plus simple : L'architecture ou les arts n'ont pas besoin d'une nation spécifique mais ils rayonnent mieux lorsqu'ils ont un centre spécifique où se retrouvent les plus grands créateurs. L'absence de textes diplomatiques (à une ou deux exceptions) chez les nations majeures (Egypte, Hittites, Babylone) semble confirmer que ces principaux acteurs n'avaient pas
d'interlocuteurs privilégiés sauf cas particuliers.

Un peu comme les celtes, les mycéniens sont un mosaique de petits royaumes qui s'allient derrière un chef de guerre dans des moments de crises (Agamemnon).


L'architecture (caractéristique des mycéniens)

Nous l'avons déjà évoqué, la civilisation mycénienne est en premier lieu caractérisée par les découvertes architecturales effectuées sur les sites majeurs localisés en Grèce continentale, avant tout Mycènes, Tyrinthe et Pylos, sur lesquels ont été mis au jour les palais les plus vastes.

Les lieux fouillés sont ceux qui témoignent du mode de vie et des habitudes des élites de la société mycénienne, les couches sociales inférieures n'étant pas représentées dans les habitats ni dans la plupart des nécropoles mis au jour .
                                                                    Galerie voutée (Tyrinthe)
 
Certaines enceintes comme celle de Gla enserrent un espace qui n'est pas totalement bâti, ce qui semble indiquer qu'elles étaient prévues pour servir de refuge aux populations des alentours. Dans les sites majeurs de Tyrinthe et Mycènes, où ont été retrouvées les plus importantes fortifications, ce sont les édifices palatiaux, leurs dépendances et quelques résidences qui sont défendus. À côtés de ces citadelles, on a aussi trouvé des forteresses isolées, servant sans doute au contrôle militaire de territoires

Les murailles les plus anciennes de Mycènes et Tyrinthe sont bâties dans un appareil dit « cyclopéen », parce que les Grecs des périodes suivantes attribuaient leur construction aux Cyclopes. Elles sont constituées de grands blocs de calcaire pouvant avoir jusqu'à huit mètres d'épaisseur, non dégrossis,empilés les uns sur les autres sans argile pour les souder. Les murs de Mycènes
ont une épaisseur moyenne de 4,50 mètres, et leur hauteur pourrait avoir atteint 15 mètres même si on ne peut avoir de certitude. Plus tardivement, on élabore des murailles avec des blocs dégrossis, pour les encastrer en comblant
les espaces vides par de petites pierres. Sur les autres forteresses, les blocs de pierres utilisés sont moins massifs.

Différents types d'ouvertures peuvent être employés pour traverser ces murailles : porte monumentale, rampe d'accès, portes dérobées ou galeries voûtées pour sortir en cas de siège. Le palais de Tyrinthe dans son dernier état a également vu la construction de passages voûtés (en encorbellement) sous son enceinte, dont la fonction est énigmatique. L'entrée principale du complexe fortifié de Mycènes, la « Porte des Lions », nous est parvenue dans un bon état de conservation. Elle est faite de
blocs bien taillés. Son linteau est surmonté par un relief calcaire masquant le triangle de décharge. Les deux animaux représentés, probablement des lions mais dont la tête manque (tout comme l'ornement du relief), se font face autour d'une colonne.
                                                                             Porte des Lions, de Mycènes.

(Dans un troisième temps, nous analyserons les éléments de la civilisation mycénienne (agriculre, artisanat, religion et son déclin).
La civilisation mycènnienne (3)

Quand on regarde attentivement les dates proposées, on s'aperçoit que cette « civilisation » n'a duré (en tout et pour tout) que 4 siècles (de -1500 à -1100). Ce qui est peu pour une civilisation digne de ce nom. Alors ? Pourquoi parler de civilisation ?

Comme « point de départ » de la civilisation grecque, l'age mycénien est plus approprié que l'age des Cyclades ou la période minéoenne (qui se déroulent sur des iles, assez loin de la Grèce continentale). De plus une civilisation ne se détermine pas par son architecture ou le succès de ses armées, d'autres facteurs entrent en compte. Des facteurs qui marquent une rupture avec les « ères » précédentes :

Les activités économiques de la période mycénienne nous sont accessibles par des études archéologiques nous documentant notamment sur les productions artisanales, et parfois sur leur circulation qui laisse supposer des circuits d'échanges, ainsi que par l'étude des produits agricoles consommés par les populations ayant habité des sites fouillés

l'Agriculture :

La production agricole, qui est l'activité la plus importante comme pour toute société antique, est dominée par une polyculture associée à un élevage de petit bétail. Les premiers temps de l'Helladique récent ont vu se mettre définitivement en place en Grèce continentale la « triade méditerranéenne » : céréales, vigne et olivier, suite à l'expansion de la culture de ce dernier depuis les îles égéennes, avant tout en Crète.

Les céréales cultivées sont le blé et l'orge. On évalue à 982 000 litres les rentrées annuelles de céréales à Cnossos, contre 222 000 litres à Pylos. Il y a également des plantations d'oliviers, pour la production d'huile d'olive. Celle-ci ne sert pas seulement à l'alimentation, mais aussi pour les soins corporels, les parfums ou l'éclairage.

Les Mycéniens connaissent d'autres oléagineux : le lin, le safran (ka-na-ko), le sésame (sa-sa-ma), ainsi sans doute que le ricin et le pavot. La vigne est cultivée, souvent en association avec des oliviers et des figuiers.On en tirait plusieurs variétés de vins : des vins mielleux, liquoreux, ou doux. Une tablette de Mycènes mentionne un cratère, ce qui suggère que le vin est déjà mélangé à de l'eau, comme à l'époque clasique. Le vin était distribué lors de grandes fêtes religieuses : une tablette de Pylos mentionne la distribution de 11 808 litres de vin à neuf localités lors d'un tel événement. Les fouilles de sites crétois (Phaïstos notamment) ont mis au jour des maies de pressoirs à levier ayant servi à presser de l'huile ou du vin. Des salles des palais ont quant à elles abrité de vastes réserves de vin ou d'huile, comme dans l'édifice situé juste au nord du complexe palatial de Pylos, où étaient enterrées 35 jarres contenant chacune de 45 à 62 hectolitres. Ces éléments nous permettent d'envisager l'existence d'une agriculture qui va au-delà de la recherche de la subsistance pour ces productions et dans le cadre palatial, notamment celui des domaines dont bénéficiaient les principaux notables.

Les tablettes mentionnent la coriandre, probablement sous forme de graines (ko-ri-(j)a-da-na) comme de feuilles (ko-ri-ja-do-no),
le fenouil (ma-ra-tu-wo) et le cumin (ku-mi-no), ainsi que la menthe poivrée (mi-ta), la menthe pouliot (ka-ra-ko). Là encore, on ignore si ces plantes, connues aujourd'hui comme des épices, sont utilisées dans la cuisine ou si elles ont d'autres usages, par exemple médicaux. Les textes ne citent aucune légumineuse, mais des restes végétaux attestent la consommation de pois, lentilles, fèves et de pois chiches.

L'élevage ne connaît pas de modifications dans la composition du cheptel, mais semble bien avoir connu une augmentation de la
quantité de têtes de bétail. Les ovins et les caprins sont les animaux les plus présents, ce qui est logique dans un milieu méditerranéen ; les bovins et les porcins semblent plus rares : les tablettes de Pylos mentionnent environ 10 000 ovins, 2 000 chèvres, 1 000 cochons et une vingtaine de bœufs.

Les chevaux sont essentiellement destinés à tracter les chars de guerre. La pêche de mollusques ou de poissons pouvait fournir un complément alimentaire, avant tout sur les sites côtiers.

L'artisanat 

Depuis les débuts de l'Helladique récent, l'artisanat local traditionnel se couple d'un artisanat qui se spécialise de plus en plus, suivant l'émergence de structures socio-politiques plus complexes. Cela permet l'émergence d'une production de masse standardisée dans certains secteurs, avant tout la céramique, le textile et la métallurgie. Ce développement est solidaire de celui des échanges, aussi bien dans un cadre régional qu'« international », qui offre de nouveaux débouchés et permet l'apport de certaines matières premières comme les métaux. Dans les mines du Laurion, l'activité extractive se développe : on y trouve de
l'argent, du plomb et aussi du cuivre.
                                                                                       Jarre à spirales

Ces changements sont solidaires de l'émergence des centres palatiaux, dont les archives nous permettent d'entrevoir le fonctionnement de certains secteurs artisanaux (mais qui ne sont jamais « industriels »). Les archives de Pylos montrent un travail spécialisé, chaque ouvrier appartenant à une catégorie précise, et disposant d'une place spécifique dans les étapes de la
production, notamment dans le textile. Le tout se faisait sous le contrôle de l'administration palatiale. Des édifices servant d'ateliers ont également été mis au jour à proximité des palais mycéniens, par exemple la « Maison aux boucliers » de Mycènes qui a servi de lieu de fabrication d'objets en ivoire, en faïence et en pierre. Les réalisations artisanales retrouvées sur les sites et dans les nécropoles nous montrent l'étendue des activités des travailleurs de l'artisanat du monde mycénien :
poterie en terre cuite, en pierre, travail des métaux (bronze, or essentiellement), de l'ivoire, faïence, réalisation de sceaux, transformation de denrées alimentaires, etc. Les tablettes nous montrent l'artisanat textile, impossible à appréhender par l'archéologie ; c'est avec la métallurgie le domaine dont l'organisation est la mieux connue, sans doute parce que c'étaient
les deux domaines qui intéressaient le plus le palais pour des raisons stratégiques. En revanche, l'organisation d'une activité bien documentée par l'archéologie comme le travail de l'ivoire, bien documenté par les trouvailles archéologiques échappe à la documentation.


                                                        Tablette traitant d'une commande de laine.

L'activité textile est un secteur qui n'a sans doute pas connu de changements techniques notables durant l'Helladique Récent, mais a connu des changements structurels dans le cadre palatial, dirigé par une administration centralisée. Les tablettes de Cnossos permettent ainsi de suivre toute la chaîne de production, gérée par une poignée de fonctionnaires se répartissant entre eux
la supervision de domaines précis de l'activité. D'abord l'élevage des troupeaux de moutons comportant de nombreuses têtes de bétail qui sont comptabilisées et tondues. La laine obtenue passe alors dans le domaine artisanal en étant répartie entre des tisserands (souvent des femmes) qui la travaillent. Ensuite, les tablettes comptabilisent les produits finis sont ensuite récupérés et
stockés dans les magasins du palais. Les ouvriers du textile étaient jusqu'à 900, organisés dans une trentaine d'ateliers (la production textile étant donc décentralisée, à la différence de l'administration), et rémunérés par des rations. Les archives du palais de Pylos montrent qu'on y travaillait surtout le lin qui poussait dans des champs locaux et était sans doute obtenu en bonne
partie par des prélèvements fiscaux. Les étoffes produites sont mal connues : les tablettes de stockage mentionnent différentes couleurs, notamment sur leurs franges, et différentes qualités. On ignore de quelle manière elles étaient utilisées après stockage.


                                                                          Gobelet mycénien en or.

La métallurgie est bien attestée à Pylos, où le palais recense dans ses archives environ 400 ouvriers dont les ateliers sont dispersés sur plus de 25 localités du territoire, et semblent donc peu dépendants de l'institution. Elle leur distribue le métal pour qu'ils réalisent le travail demandé : en moyenne 3,5 kg de bronze par forgeron. Cela est effectué dans le cadre d'une sorte de corvée pour l'institution (ta-ra-si-ja), qui concerne aussi des textiles et d'autres produits. Leur rémunération est inconnue, car ils sont
mystérieusement absents des listes de distributions de rations. À Cnossos, quelques tablettes témoignent de la fabrication d'épées, mais sans évoquer de véritable activité métallurgique importante. En tout cas, c'est souvent en lien avec l'armée que cette production paraît organisée, ou bien pour faire des objets de luxe destinés à l'export ou au culte.


                                                                                         Epées mycéniennes.


Cratère mycénien.

Les potiers (ke-ra-me-u) sont cités également dans les sources épigraphiques, alors que peu d'ateliers de fabrication de céramique sont connus. Ils apparaissent notamment dans des listes de travailleurs employés par le palais. Les céramiques sont en effet essentielles pour le fonctionnement de l'économie palatiale : elles servent de contenants pour les aliments stockés et déplacés, notamment pour les distributions de rations, d'offrandes aux dieux. Elles sont également un mobilier essentiel à cette période pour des usages courants comme la cuisine et l'alimentation quotidiens.
L'artisanat de la parfumerie est également attesté. Les tablettes décrivent ainsi la fabrication d'huile parfumée : à la rose, à
la sauge, etc. On sait également par l'archéologie que les ateliers dépendants plus ou moins du palais comprenaient d'autres types
d'artisans : orfèvres, ivoiriers, lapicistes, presseurs d'huile, etc.

Echanges de produits :

Les échanges commerciaux restent curieusement absents des sources écrites, qui ne documentent pas de marchands. Ainsi, une fois l'huile parfumée de Pylos stockée dans de petites jarres, nous ignorons ce qu'elle devient. De grandes jarres à étrier ayant contenu de l'huile ont été retrouvées à Thèbes, en Béotie. Elles portent des inscriptions en linéaire B indiquant leur provenance, la Crète occidentale. Cependant, les tablettes crétoises ne soufflent pas mot d'exportations d'huile. Nous disposons de peu d'informations sur le circuit de distribution des textiles. Les Minoens ont exporté des tissus fins en Égypte ; sans doute les Mycéniens ont-ils fait de même. En effet, ils ont probablement repris à leur compte les connaissances des Minoens en matière de navigation, comme l'atteste le fait que leur commerce maritime prenne son essor après l'affaiblissement de la civilisation minoenne. Certaines productions, notamment les tissus et l'huile, voire les objets métallurgiques et de la céramique, étaient probablement destinées à être écoulées à l'extérieur du royaume, car elles étaient trop importantes en quantité pour la seule consommation
intérieure. Mais on ne sait pas dans quelle modalité. Il est cependant évident que le développement des échanges a été une condition du développement de la civilisation mycénienne, de ses structures palatiales, et de son expansion égéenne.


                                                Reconstitution d'un bateau mycénien, trouvé au large de la Turquie

On peut se tourner vers les trouvailles d'objets sur des sites archéologiques, en suivant les traces de l'expansion mycénienne dans l'Égée et au-delà, pour repérer des circuits d'échanges à longue distance. De nombreux vases mycéniens ont ainsi été retrouvés sur les rives de l'Égée, en Anatolie, à Chypre, au Levant, en Égypte, mais aussi plus à l'ouest en Sicile, ou même en Europe centrale. Le témoignage de l'épave d'Uluburun a déjà été évoqué plus haut. Mais si tout cela nous indique que des produits mycéniens et peut-être des marchands mycéniens se déplaçaient sur une vaste aire, pour des raisons sans doute commerciales, la nature des produits échangés reste énigmatique. Même les sources d'approvisionnement en métal de la Grèce mycénienne restent mal établies : il semble que le plomb et l'argent proviennent du Laurion, ce qui suppose leur circulation à l'intérieur de la Grèce
continentale et du monde égéen, alors que l'origine probable du cuivre est Chypre, donc dans le cadre d'échanges à longue distance, mais sans preuve déterminante.
La circulation de biens mycéniens à l'échelle régionale est également traçable grâce aux « nodules ». Ainsi, 55 nodules, retrouvés à Thèbes en 1982, portent un idéogramme représentant un bœuf. Grâce à eux, on a pu reconstituer l'itinéraire de ces bovins : venus de toute la Béotie, voire de l'Eubée, ils sont convoyés à Thèbes pour être sacrifiés. Les nodules visent à prouver qu'il ne s'agit pas de bêtes volées et à prouver leur provenance. Une fois les bêtes arrivées sur place, les nodules sont ôtés et rassemblés pour établir une tablette comptable. Les nodules sont utilisés pour toute sorte d'objets et expliquent comment la comptabilité mycénienne pouvait être aussi rigoureuse. Le scribe n'a pas à compter lui-même les objets, il se fonde sur les nodules pour établir ses tables.

La religion :

Le fait religieux est assez difficile à identifier dans la civilisation mycénienne, en particulier quand il s'agit de sites archéologiques, où il demeure compliqué de repérer avec certitude un lieu de culte. Quant aux textes, seules quelques listes d'offrandes nous donnent des noms de dieux, mais ne nous en apprennent pas plus sur les pratiques religieuses. D'une manière générale, il semble que la frontière entre profane et sacré soit peu nette dans le monde mycénien, ce qui rend complexe l'identification des traces du religieux

Aucun temple, en tant qu'unité architecturale bien différenciée des autres bâtiments, n'a été identifié pour l'époque mycénienne. Certains groupes de pièces intégrés dans des bâtiments plus vastes, comportant une pièce centrale de forme généralement oblongue entourée de petites pièces ont pu servir de lieux de culte. C'est le cas à Mycènes, Tyrinthe, Pylos ou Asinè. Certains sanctuaires ont pu être repérés, comme à Phylakopi, où a été retrouvé un nombre important de statuettes faisant sans doute office d'offrandes, et on suppose que des sites comme Delphes, Dodone, Délos ou Éleusis étaient déjà d'importants sanctuaires, sans preuve déterminante une nouvelle fois. Enfin, des cérémonies cultuelles, voire des fêtes religieuses, ont pu avoir lieu dans certaines salles de palais, notamment à Pylos. Cela reste toutefois difficile à prouver de manière évidente


En effet, la présence d'une organisation spatiale qui semble être celle d'un lieu de culte (avec des sortes de banquettes, d'autels), la présence de statuettes qui semblent être des dépôts d'offrande, ou de rhytons qui semblent être destinés à des libations, et les restes nombreux d'ossements calcinés d'animaux ayant peut-être été sacrifiés, tout cela ne vaut pas une confirmation définitive quant à la fonction cultuelle de l'endroit fouillé, même si cela reste l'hypothèse la plus plausible et la plus couramment admise. On trouve dans les textes des lieux où se déroulent des sacrifices qui sont souvent identifiés comme des lieux de culte, mais dont on ne peut pas déterminer la nature, savoir s'ils sont construits ou à l'air libre. Les tablettes nous indiquent enfin que des divinités possédaient des biens : la déesse Potnia dispose ainsi de troupeaux à Cnossos, de forgerons à Pylos, d'esclaves. Cela indique peut-être que les sanctuaires étaient des organismes économiques comme au Proche-Orient. On peut du reste supposer l'existence d'un culte domestique, différent du culte officiel qui est le mieux documenté.

Il existe donc de peu de certitudes sur les pratiques religieuses mycéniennes. Des « prêtres » (i-je-re-u, ἱερεύς / hiereús) et « prêtresses » (i-je-re-ja, ἱέρεια / hiéreia) apparaissent dans les tablettes, mais elles ne disent rien sur leur rôle. Ces
sources semblent en revanche documenter la pratique de sacrifices et d'offrandes, quand certaines évoquent les noms de divinités dans des listes de biens. Il faut sans doute y identifier la préparation par le palais de diverses  offrandes : épices, vin, huile, miel, céréales, laine, vases en or et bétail. Des êtres humains apparaissent sur les listes, sans qu'on sache s'il s'agit de futures victimes de sacrifices ou d'esclaves divins. Les tablettes nous montrent que le palais supervise la collecte des bêtes et denrées nécessaires pour le culte courant mais aussi des cérémonies et banquets publics, donc de véritables fêtes religieuses, qui auraient pu être dirigées par le wa-na-ka ou le ra-wa-ke-ta, notamment la fête de l'« initiation du wa-na-ka » à Pylos à l'occasion de laquelle plus de 1 000 personnes reçoivent des rations alimentaires. Plus largement, la combinaison de l'analyse des supposés lieux de
culte, des tablettes et de peintures murales fournit un ensemble de sources intéressantes sur les pratiques religieuses festives dans le monde mycénien.

Si les pratiques funéraires sont bien documentées, il reste impossible d'en tirer quelque chose de concluant sur les croyances sur l'au-delà des Mycéniens. Les inhumations sont largement supérieures en nombre aux crémations avant l'HR III C qui voit une croissance de cette dernière pratique. Les tombes sont souvent accompagnées d'offrandes : vases remplis de nourriture et de boisson, figurines, objets du défunt, parfois même des animaux sacrifiés (chiens, chevaux). Mais cela se fait au moment de la mort, et apparemment rarement après l'inhumation. Les tombes collectives sont courantes, mais le sens de cette pratique reste indéterminable avec certitude. Certaines études ont tenté d'aller plus loin dans l'interprétation des pratiques et croyances
funéraires mycéniennes, par exemple en émettant l'idée de l'existence d'un culte des ancêtres, mais ce genre de conclusion est trop audacieux en l'état actuel de notre documentation.

La fin de l'ère Mycénienne

La fin de la période mycénienne pose un ensemble de problèmes qui ne sont toujours pas résolus, tant du point de vue de la
chronologie que de celui de l'interprétation des événements.La fin de l'HR III B1 est marquée par quelques destructions, notamment à Mycènes. Entre -1250 et -1200, on remarque une augmentation des systèmes de défense des sites mycéniens, signe que l'insécurité augmente. Mais il ne s'agit pas d'une période de crise, car ces niveaux ont fourni un matériel archéologique qui témoigne d'un niveau de richesse qui n'a rien à envier à celui des précédents. La fin de cette période est néanmoins marquée par de nombreuses destructions sur une grande partie des sites mycéniens de Grèce continentale.

Entre -1200 et -1125, de nombreuses cités disparaissent à un rythme inquiétant (9/10e des sites de Béotie disparaissent, 2/3 de ceux d'Argolide). Mais certains sites comme Mycènes ou Tirynthe sont toujours habités, leurs citadelles sont entretenues et
la culture matérielle qu'on y retrouve présente toujours des traits mycéniens, qui font que cette période est considérée comme un niveau de la civilisation mycénienne. On note cependant des changements : les édifices érigés sur les anciens palais sont de plan différent (abandon du mégaron à Tyrinthe), apparition d'un nouveau type de céramique, dite « barbare » parce qu'elle a jadis été attribuée à des envahisseurs extérieurs, et aussi une poursuite de l'augmentation de la pratique de la crémation.

Quelles sont les causes du déclin de la civilisation mycénienne à cette période?

Plusieurs explications ont été avancées. Celles concernant des facteurs naturels (changement climatique, tremblements de terre) sont aujourd'hui souvent rejetées. Deux grandes théories dominent : celle des mouvements de population et celle des conflits internes. La première attribue la destruction des sites mycéniens à des envahisseurs. On invoque tantôt les Doriens tantôt les Peuples de la mer. On envisage désormais que les premiers, dont parlent les historiens grecs ultérieurs, étaient déjà présents en Grèce continentale auparavant, et on a donc tendance à ne plus accepter l'ancienne théorie d'une « invasion dorienne » balayant la civilisation des Achéens, qui n'apparaît pas dans la documentation archéologique et repose uniquement sur des arguments
linguistiques. Les mouvements de peuples se produisant depuis les Balkans jusqu'au Proche-Orient à cette période, mentionnés dans les inscriptions égyptiennes désignant les envahisseurs sous le nom de « Peuples de la mer », sont eux bien certains. On sait que ces peuples participent à des mouvements de populations probablement responsables de nombreuses destructions en Anatolie ou au Levant, mais la chronologie de ces destructions est très mal établie. La mention d'un peuple nommé Aqweš (qui rappelle le terme « Achéen ») dans un texte égyptien du XIIe siècle a fait supposer à des spécialistes que des Mycéniens auraient pris part à ces mouvements de populations, d'autant plus que des Mycéniens se sont probablement installés à Chypre vers 1200. Mais une nouvelle fois ces arguments demeurent impossibles à prouver.
La seconde théorie, qui fait choir la civilisation mycénienne au cours de conflits sociaux internes, entraînés par un rejet du système palatial par les couches sociales les plus défavorisées, qui s'appauvriraient à la fin de l'Helladique Récent. Cette hypothèse rejoint parfois la précédente, quand on essaie de mêler les divisions sociales à des divisions ethniques. Des recherches plus récentes ont
nuancé l'impression de décadence qui ressortait des anciennes : la période finale de la civilisation mycénienne voit plutôt se mettre en place un processus de recomposition sociale, de redistribution du pouvoir dans la société, expliquant la disparition des traits caractéristiques des élites mycéniennes.Quelles qu'en soient les causes et les modalités, la civilisation mycénienne disparaît définitivement après -1100, quand les sites de Mycènes et de Tirynthe sont détruits à nouveau, abandonnés, et deviennent des sites mineurs pour le reste de leur existence. Cette fin, à dater des dernières années du xiie siècle, se produit après un lent déclin de la civilisation mycénienne, qui a mis de nombreuses années avant de s'éteindre. La culture mycénienne se désagrège progressivement, et ses traits principaux se perdent et ne sont pas conservés durant les périodes ultérieures. Les grands palais royaux, leurs archives administratives en écriture linéaire B, les tombes collectives et les styles artistiques mycéniens sont sans postérité : tout le « système » de la civilisation mycénienne s'est effondré et a disparu. Le début du Xième siècle ouvre un contexte nouveau, celui du proto-géométrique, début de la période géométrique, les « siècles obscurs » de la tradition historiographique. Les cultures qui se développent après l'effondrement de la civilisation mycénienne sont moins ouvertes sur l'extérieur, leurs élites sont moins riches, et leur organisation socio-économique est moins complexe. Au sortir des premiers siècles du Ier millénaire av. J.‑C., les Grecs de l'époque archaïque comme Hésiode et Homère ne savent manifestement que très peu de choses de la période mycénienne et même des siècles obscurs, et c'est une nouvelle civilisation grecque qu'ils mettent en place.
Les siècles obscurs

Les historiens appellent « siècles obscurs » ou Ages sombres (Dark Ages en Anglais), la période qui va de -1200 à -800.

Pour beaucoup de spécialistes, -1200 correspond à la fin définitive de la culture minoenne mais aussi à l'effondrement de la civilisation mycénienne. Alors que -800 correspond à une renaissance de la culture grecque et le véritable point de départ de la
civilisation héllène.

Mais qu'en est-il, exactement ?

Il apparaît comme certain que plusieurs facteurs sont entrés en jeu (conjointement) et que la civilisation mycénienne na pas su y répondre.

1) Catastrophes naturelles
Les plus usuelles catastrophes naturelles frappant la région sont, évidemment, les tremblements de terre. Ils sont fréquents dans cette région et (parfois) assez destructeurs. D'ailleurs, la tradition religieuse héllène fait état de sept « fins du monde » : le plus
souvent par séismes interposés.

2) Les guerres internes et les invasions.

Si, le temps passant, la théorie de l'invasion Dorienne est de plus en plus abandonnée, il n'en demeure pas moins qu'une
culture extérieure à la culture mycénienne est venue s'imposer. Cela n'a, sans doute, pas été accompagné par le fracas des armes mais il n'en demeure pas moins qu'on assiste à un changement de tradition funéraire et un abandon de l'écriture. Un peu comme ce qui se passa (on le sait à présent) en Europe, à la Chute de l4empire Romain, où les "hordes barbares" furent précédées par des vagues d'immigrations non désirées par Rome mais abolument incontrolables.

De plus, rappelons que la civilisation mycénienne, loin d'étre un royaume centralisé, ressemblait certainement à ce qu'étaient les
celtes (une mosaique de tributs et de peuplades, plus ou moins amies, plus au moins hostiles). Or, il est une constante mathématique dans ce genre de civilisation : si il n'existe pas de vecteurs unificateurs (l'écriture étant le meilleur exemple), les peuplades évoluent, peu à peu, dans des directions opposées.

3) La chute démographique

L'effondrement démographique (inévitable) qui suit les points 1 et 2 est logique. Accru par un repli sur soi de certaines cités, il a pu étre accentué par des phénomènes peu visibles, sur un plan archéologique, tels que des épidémies, des transferts de populations (consentis ou non).

4) La preuve par l'absurde :

Terminons ce (court) exposé par le parfait contre-exemple : Athènes !

De toutes les cités contemporaines à la civilisation mycénienne, Athènes paraît étre la seule à échapper à la régression post-mycénienne car elle fut le lieu où se réfugièrent les Néléides, descendants de Nélée, chassés de Pylos. De fait, Athènes conserva
une agriculture et une activité artistique de premier plan, avec en particulier sa céramique proto-géométrique.


En conclusion, que furent ses àges sombres ?

Une régression ? Ou alors une période de réajustement ? Une sorte de Moyen Age, comme celui qui s'installa en Europe à la Chute de l'Empire Romain ?

De fait, les fouilles et les découvertes sur cette période semblent révéler plus une évolution des moeurs, une stabilisation qu'une
régression. On voit apparaître des rituels funéraires différents (crémation au lieu d'inhumation), des divinités différentes, sans doute des coutumes différentes......

Un passage obligé pour atteindre la renaissance grecque … et l'apogée.

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Date de dernière mise à jour : 02/12/2011