Les origines alchimiques 1

EN ROUGE ET NOIR / QUELLE ALCHIMISTE JEANNE MAES !
 
 
 
 
 
 
 
© V.De Schuyteneer 2011
Les origines profanes et spirituelles de l'alchimie universelle
 
1. Introduction

L'alchimie est ce que l'on appelle une discipline ésotérique,elle est basée sur une pratique de la spiritualité, les religions sont aussi des "spiritualités" en dehors de leur aspect exotérique. A la base, il n'est théoriquement pas indispensable de pratiquerune religion, un culte à mystère ou une forme d'ésotérisme ( comprenant ou non ce que l'on appelle la "magie") pour développer cette composante de notre psychisme, en théorie nous disposons tous d'un germe, d'un embryon spirituel en nous. Nos déterminismes propres et le contenu de notre existence terrestre seront les catalyseurs de cette faculté évolutive, que l'on parcourt par un chemin initiatique, soutenu par une tradition ou en totale solitude.

Aux origines de l'homme, la conscience matérielle était crépusculaire, l'aspect rationnel de la nature n'était pratiquement pas entrevu, l'homme considérait que la seule "émanation" importante et vraie était formée de choses surnaturelles et magiques, en témoignent les cultures animistes. A l'autre bout de la chaine évolutive culturelle de l'homme, c'est à dire chez nos contemporains, c'est l'inverse, l'on a tendance à ne considérer comme vrais que les prédicats de la rationnalité. Force est de constater que l'homme de la rue n'a plus, ou peu, accès aux multiples dimensions et sens de son existence, la spiritualité existe en nous pour être mise en évidence, et non être refoulée comme dans les sociétés occidentalisées, un équilibre rationnel/spirituel est à maintenir.

Il n'est donc pas question, dans ce site de développer une tendance illuministe, mais de tenter la mise en ligne d'un terreau qui pourrait permettre à certaines personnes de développer ce magnifique aspect de son potentiel mental et d'accéder ainsi, par sa propre initiation, à une transformation progressive lui permettant d'accéder à des contenus immémoriaux de notre humanité pensante. Une activité régulière et un tant soit peu sérieuse dans ce domaine est gage de l'élargissement de notre conscience de l'humain et concept de divin.

Les textes religieux traditionnels donnent cet accès, en particulier le corpus textuel sacré des anciens scandinaves, que l'on a put récupérer, il a été sufffisamment complet pour justifier l'authenticité de la religion Asatru qui est un reconstructionnisme de la religion des anciens scandinaves.Il est d'autre voies qui ont, en leur temps, été combattues par des totalitaires religieux, ce sont les disciplines ésotériques, comme les cultes à mystère ( Orphéisme, mystère éleusiens, Mithraïsme, pythagorisme, Soufisme.......) l'alchimie, les formes de magie, la pratique de certains Upanishads hindous ...... toutes dignes d'intérêt car dépositaires du savoir immémorial de l'humanité.

Au cours de la compréhension progressive des anciens textes religieux scandinaves, l'on se rend compte que ceux - ci recèlent de forts messages ésotériques et carrément de l'alchimie et de la géométrie sacrée, notamment .....

C'est la raison pour laquelle il est içi proposé de donner une définition plus étendue de ce qu'est l'alchimie.

L'alchimie est très ancienne et ses origines générales se perdent dans la nuit des temps, cette discipline à caractère initiatique, est tout simplement basée sur les observations physiques que peut faire l'homme de son environnement. Il y a, en la nature, une infinité de phénomènes observables et il faut bien avouer, que l'homme contemporain préfère observer son écran de PC que le vol acrobatique des Alouettes ou le parcours laborieux d'un ver de terre dans une masse organique que l'on appelle humus.

Tel n'était bien évidemment pas le cas des anciens, tirant leur subsistance d'un intense contact avec leur mère la terre, et survivant grâce aux luminaires que l'esprit des dieux avait laissé dans la voûte céleste : la soleil et le lune pour les Scandinaves, la divine connaissance résidait en la soleil, qui se réfléchissait sur le lune, celui çi transmettant la magie de l'esprit aux éléments terrestres minéraux organiques et vivants, en fécondant cette terre, qui nous soutient et nous nourrit. Le langage de l'ésotérisme et de l'alchimie est subtil, il contient des affirmations et considérations accessibles par voie indirecte, symbolisme et métaphore, si bien que malgré l'inversion des genres le concepts de ces deux astres recouvre exactement le même sens dans les autres traditions religieuses, l'origine de la différence est uniquement linguistique.

Il est donc question, en alchimie d'une connaissance ésotérique que l'on peut rechercher et obtenir à partir de travaux et de considérations sur la matière, l'esprit divin est identifiable dans la nature, la matière minérale et vivante d'après l'alchimiste, et certaines opérations mènent à ce savoir.

L'on a coutume d'affirmer que l'alchimie vraiment opérative et spirituelle démarre avec le travail des très anciens forgerons, et ce n'est pas faux ...
 
 
2. les débuts
Les toute première traces de l'alchimie dont nous allons établir l'étymologie sont sumériennes.
 
La langue des sumériens étant le plus ancienne connue, il est impossible rationnellement de trouver des traces autres qu'écrites dans des périodes plus anciennes, néanmoins, il est presque certain que l'embryon alchimique démarre avec les plus anciens forgerons, c'est à dire avec la découverte des minerais. Etant donné les caractéristiques fortement spiritualisées de la pensée en ces lointaines époques ( animisme et chamanisme), il est certain, que les opérations profanes sur les métaux ont engendré des mécanismes spirituels correspondants .On trouve donc dès l'origine l'aspect matériel ( laboratoire ) et l'aspect spirituel ( oratoire ) de ce culte à mystère.
 
Il faut dès le départ préciser que l'alchimie n'a jamais eu l'intension de se qualifier de religieuse, mais qu'elle est à l'origine de tout parcours initiatique au sens ésotérique du terme.
Le travail du forgeron correspond au terme transformation, et le travail du métallurgiste fondeur a institué l'idée de transmutation. La transformation correspond à l'initiation, et la transmutation à l'accès à l'ultime mystère, c'est à dire au Un de toutes choses, qualifié de divin par les religions.
 
L'égypte ancienne, dont l'écriture est très légèrement postérieure au cunéiforme levantin trouva un terrain particulier pour se laisser lècher par la spiritualité alchimique sumérienne, cependant l'alchimie se propagea surtout vers le nord avec la transhumance des premières techniques agricoles et les indo-européens. Le terme alchimie trouve cependant ses racines linguistiques en Egypte. par l'intermédiaire du Domaine du dieux Seth résidant sur Khemed ( terre noire ou rouge feu) dans le désert arabique à l'est.
 
Il est significatif de noter que c'est dans ces zones que Pharaon envoyait de véritables expéditions pour exploiter les mines de minerais présentes en plein désert dans Khemed ( chimie ) , la procédure de découverte des filons passait par un très important rituel magique.
C'est vers - 1400 à l'époque ramesside que ces expéditions furent les plus régulières, il fallait fabriquer des armes et des outils........
Les premiers minerais exploités par les égyptiens furent le Zinc, le Cuivre et l'or.
 
Les pierres de la grande pyramide de Khéops furent façonnée avec des outils en cuivre ce qui est pratiquement incompréhensible tant le cuivre est malléable à l'état natif, il faut envisager une alliage avec le zinc, ce qui dut rendre le travail de découverte de l'alliage très riche spirituellement aux forgerons méditant longuement à proximité du feu de la forge, mais aussi aux fondeurs.
 
On peut démontrer que la découverte et le travail de l'or est encore plus ancien, les premières parures religieuses et des premières momies et sarcophages étaient faites en feuilles d'Or martelé ou repoussé à l'état natif et ensuite sous forme d'alliage, la fonderie n'était pas encore connue en Egypte.
 
Cet or était uniquement utilisé pour les structures religieuses, statues, et parures de Pharaon, Monarque de droit divin. L'or était la chair des dieux
Cet aura de sacré gravitant autour des métiers de fonderie et de forge est à l'origine du caractère sacré de l'alchimie égyptienne.
Il est important de noter, ce qui l'est très peu dans les ouvrages de vulgarisation, que la religion des anciens égyptiens est authentiquement païenne, il suffit pour s'en convaincre de s'intéresser aux bases de sa cosmogonie et de sa théogonie.
 
Le terme païen n'est pas içi prise dans le sens profane d'anti-chrétien, mais dans le sens du polythéisme à évolution spirituelle unitaire.
Ainsi par exemple, l'Est est métaphorisé par la présence d'un dieu chaotique, Seth, mais indispensable il est l'antithèse de Osiris qui en est le frère. Osiris perd son combat contre le chaos de Seth qui le découpe en morceau et jette ses débris dans le Nil. Mais c'est sans compter sur l'intervention de la magicienne Isis qui retrouve tous les morceaux sauf son sexe mangé par le poisson oxyrhinque. Un nouvel Osiris est refait ( naissance spirituelle, enfant divin) . Cet enfant est bien sur asexué physiquement, mais sa soeur magicienne, Isis parvient à lui faire enfanter Horus l'émanation pharaonique de l'enfant divin, premier Pharaon, de nature légendaire. Il s'agit donc bien d'un affrontement sombre-chaos/ clair structure.
Située sous les tropiques du cancer, la religion égyptienne est la religion païenne la plus méridionale du vieux monde.
Le sud chez les égyptiens est aussi une zone dont il faut se méfier, il est métaphorisé avec la frontière nubienne ( Soudan) d'ailleurs les statues colossales de Ramsès deux et de son épouse Néfertari à l'extrème sud de l'égypte sont des vigies symbolique en Abu symbel.
L'est de l'égypte est une domaine dangereux de sols cuits, désertiques, maléfique, le domine de Seth. et de l'alchimie.
 
Mais qu'est-ce que cette alchimie au départ :
Faire de l'alchimie, c'est d'abord décomposer la matière et ensuite la purifier
C'est ce que l'on appelle l'oeuvre au noir
Ces transformations génèrent des vapeur noires que l'on métaphorise sous la forme de Corbeau______Sens spirituel
On ne sait pas tout de l'alchimie au départ chez les sumériens , mais ce que l'on sait c'est qu'ils avaient une science aboutie au moment de l'apparition de leur écriture.
Les égyptiens pratiquaient l'alchimie dans des zones spéciales du désert arabique au départ ( Kemed la terre noire ), et pour se protéger du Dieu Seth (le roux ), ils travaillent sous l'égide du Dieu Thot , dieux des scribes , mais aussi du savoir et de la connaissance
Cette zone était Hermopolis.
Les grecs se prirent de curiosité pour ce savoir, et demandèrent d'être enseignés par les égyptiens qui acceptèrent qui leur demandèrent de garder le secret de leur connaissance progressive.
Les grecs en Hermopolis ne respectèrent pas leur serment et commencèrent à divulguer des choses qui ne correspondaient qu'au début de leur initiation et fondèrent des écoles partout ( Pythagorisme etc........)
Il faut savoir que chez les égyptiens, les dieux ont deux faces, une divine et une profane, ainsi Thot, à tête d'ibis est la représentation profane, mais il a une forme divine qui est un singe se déplaçant rapidement partout
Les égyptiens chassèent les grecs qui étaient mécontent de ne pas avoir vu ce singe dans Hermopolis, c'est bien sûr normal, ls n'avaient pas compris , le singe est un concept spirituel et Divin, ils appelèrent ce singe Hermès, et comme ils connaissaient les trois concepts : matériel, spirituel, et divin, ils l'appelèrent Hermès trismégiste, Hermès trois fois grand.
Voilà l'origine de l'alchimie et des concepts Hermétiques ( Hermès)qui la sous tendent.
Ce sont ensuite les arabes qui récupèrent ce savoir, par un alchimiste intéressant en l'an 800, celui-çi essaye de tirer le sang de la terre, il essaye de distiller le sang de la terre pour trouver l'esprit de dieu et invente une machine qui servira a tous les alchimistes en phonétique ça donne Ael Ambikh, c'est le distillateur de dieu. Il en tire des Ael eixir, et comme il travaille avec dieu et que dieu c'est Al ( Allah) , celà devient Al khemed la terre noire de dieu :
Les Vénitiens reprirent aussi cette science des Arabes et en firent le terme Al khemia qui est a l'origine de notre mot alchimie.
L'alchimie en son esprit et principe a donc été communiquée aux indo européens directement de Sumer, mais a été rejointe par le courant à l'origine de l'étymologie par les vénitiens.
L'alchimie occidentale et nordique a donc profité des deux courants.
On considère en alchimie qu'il y a quatre peuples, au nord , au sud , à l'est et à l'ouest.
Ainsi par exemple dans nos régions et au nord, on est plus lourd, plus dense, on utilisera donc une voie alchimique qui est celle d'un métal lourd, la voie de l'antimoine
En orient on est plus léger, plus aérien, on utilisera la voie du Cynabre ; le Cynabre qui est les vapeurs de mercures,l'on travaille aussi en fonction des matières que l'on a a disposition.
Allons plus loin dans le secret ésotérique : il existe trois voies en alchimie, la voie sèche, la voie humide et la voie royale
Humide : on purifie par dissolution dans l'eau ( coagula en latin)
Sèche, on purifie dans le fourneau, à proximité du feu
Ces deux voies se font à partir de la matière
Mais la voie royale se fait à partir d'un secret non matériel, c'est la voie spirituelle
 
 
 
3. Principes fondamentaux 
 
Réfléchissons sur la voie Chinoise, le profane en a compris qu'il s'agissait de la quète de l'immortalité mais en fait, il y a deux principes de l'alchimie qui
sont importants :

On a peur de l'or car le dicton alchimique est :
si tu cherches l'or tu ne le trouvera pas et si tu le trouves, tu n'en a plus besoin !

Egalement : le but est d'être en toutes  choses et que toute chose soit en soi. c'est une quête de  l'unité.

Il ne faut surtout pas imaginer qu'il n'y a qu'une seule  combinaison de voies pour pratiquer l'alchimie, nous avons déjà vu que c'était  différent en fonction des zones géographiques et culturelles à l'exemple Orient/Occident. Cependant, c'est comme pour les mythologies, il n'y a que le langage symbolique qui change, l'esprit est le même. L'on peut d'ors et déjà énoncer quelques lois métaphoriques dont le sens ne se révèle à l'adepte que par
la pratique opérative ( laboratoire ) et spéculative ( oratoire ) de l'alchimie, et lorsque l'on parle de laboratoire il ne s'agit pas nécessairement de pratique Purement chimique en labo, le laboratoire le plus fécond est celui de la nature qui est une forêt de symboles comme disait le célèbre alchimiste E. Canseliet.


- Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

- Si vous cherchez  l'or, vous ne le trouvez pas et si vous le trouvez, vous n'en avez plus besoin.

- Vous êtes en toutes choses, et toutes choses sont en vous.

- La terre, la femme, la mère, l'amante, 3 déclinaisons de la  féminité, 3 déclinaisons de la nature, 3 lois du monde qui ne sont qu'une car il est vrai, certain et très véritable que tous ce qui est en haut est comme ce qui  est en bas et est le miracle d'une seule chose.

- Toute chose a son  inverse, chose et son inverse sont consubstanciels et uniques, le 2 est Un comme  le trois est Un..... jusqu'au 11 qui est Un et fait en somme avec 11 le 12

Le sens de ces phrases est accessible dans les mythologies
Et les chinois, oui, on comprends bien qu'ils cherchent  l'immortalité, mais qu'est-ce que l'immortalité, n'est elle pas donnée par les textes, puisque la mort se suit d'une renaissance, c'est vrai, mais dans quelles  conditions ???  Si l'on suit les textes et que l'on est logique, on peut renaître  après une mort, mais c'est selon les textes, donc selon ce qu'ils nous demandent  de faire et de comprendre, si ce n'est pas le cas, c'est direction Nilfheim.....

Et comme nous l'avons vu, les textes nous aident à s'élever spirituellement, jusqu'où faut - il aller pour renaître ? Je gage que vous le saurez si vous y arrivez...

Bonne route !
 
4. Généralités
 
 
 
 
L'alchimie peut être considérée selon deux modalités, une modalité matérielle, la transformation d'un métal vulgaire en or et une modalité spirituelle, la transformation d'un individu "commun" en être réalisé. Ces deux  modes d'action sont interdépendants, et l'alchimie véritable est initiatique.Dans l'alchimie il y a une interaction trés forte entre l'opérateur  et son oeuvre à ce point que la transmutation n'est possible que pour celui qui a réalisé un véritable travail sur soi.

L'alchimie affirme que tout est conscience, et que l'existence est issue d'une énergie première , le Chaos.

Cette énergie unique va ensuite se différencier en deux énergies complémentaires, l'une active, spirituelle, "Nitrum" , l'autre passive, matérielle, "Natrum". Une seconde division de l'énergie engendre les 4 éléments.
Niturm engendre le Feu actif et l'Air passif, Natrum engendre l'Eau active et la Terre passive.
 
Nitrum ( énergie spirituelle active ) --------> feu actif + air passif---------> soufre alchimique
Natrum ( énergie matérielle passive ) ---------> eau active + terre passive---------> sel alchimique

Feu et air combinés donnent le Soufre alchimique, Eau et Terre combinées donnent le Sel alchimique. Le Mercure Esprit médiateur est la combinaison de l'Air et de l'Eau.

Le Soufre est l'âme des choses et des  êtres.Il se présente sous un aspect "gras" dans les trois règnes ( reliquat d'animisme ).

Le Sel  est le corps des choses, il détermine la matière. En alchimie opérative, c'est un élément purificateur et attire les énergies de la vie qu'il détermine selon sa propre nature.  En mythologie nordique Une Vache Audhulma lèche un bloc de glace salé donc elle capte l'énergie de l'eau active qui est purifiée par le sel,elle fait croître Ymir par le lait qu'elle lui offre, ça donna Ymir, le corps de la matière à partir du chaos . En fait, la glace plus le sel ça donne de l'eau, Audhulma boit de l'eau active , comme le sel est composé de la terre passive et de l'eau active, la terre apparaît, c'est Ymir, mais une terre non structurée. D'autre part, le sel est l'énergie matérielle passive et Audhulma est l'énergie vitale, c'est à dire l'énergie spirituelle active, emprunte de l'action de Muspel sur l'eau, ce qui donne un lait conférant la vie à Ymir donc la mort aussi.  En mythologie nordique, Audhulma donne vie au corps mais à l'esprit aussi ( un esprit dans un corps est une âme) 

Le Mercure participe de la vie et de la matière, il  unit le matériel et le spirituel d'où son rôle prépondérant en alchimie.En  alchimie opérative, le Mercure sert à extraire le Souffre des mixtes. Ce qui donne exactement Alfodr qui est conjonction d'Audhulma ( Humidité ) et de Loki ( l'air sec) 

Le principe de l'alchimie est de séparer, purifier , puis unir à nouveau Souffre, Sel et Mercure pour obtenir selon les cas un Elixir ou une Pierre. Les opérations sont longues et dépendent (alchimie minérale) de l'état d'éveil de l'alchimiste lui même. C'est pourquoi on considèrera avec raison l'alchimie comme une pratique spirituelle qui développe en soi la prise de conscience de l'aspect unitaire des choses ( ce qui est en bas est comme ce qui est en haut).L'alchimiste en communiant par son travail se relie à l'universalité, il rétablit en lui la jonction entre la conscience physique, cérébrale et le spirituel.

Les trois règnes , minéral, végétal et animal sont concernés par l'alchimie, chaque règne a son Souffre (âme) son Sel (corps) et son Mercure qui assure la jonction entre les deux. Dans le règne végétal le Mercure est présent dans la sève ou l'alcool, dans le règne minéral il est présent dans l'"humide radical" qui n'existe que dans les minerais natifs, dans le règne animal il est présent dans le sang.

L'oeuvre alchimique est une accélération des processus naturels et c'est en respectant la Nature que l'Alchimiste parvient au terme de son oeuvre.
 
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Notre propos n'est pas de donner des recettes, car aucune  recette ne fonctionne en alchimie. L'hermétisme propose une conception du monde qui lui est propre, assez éloignée de la science classique, et qui vise à la réintégration de l'Homme et donc de la Conscience au sein de la  Création.

L'œuvre alchimique résulte d'opérations qui sont plus proches  de l'art que de la science, bien que cette dernière et en particulier la chimie fasse maintenant partie du bagage "culturel" de nombreux alchimistes opératifs.

Nous ne rentrerons dans aucun débat d'école, ni non plus dans celui qui consiste à juger de la "réalité" ou de la validité de l'alchimie. Il ne s'agit pas pour nous de proposer une croyance, ni d'ailleurs de la réfuter, nous considérons l'Alchimie comme un art et à ce titre nous ne pouvons que constater son existence et sa persistance à travers les siècles. Une expérience modeste au laboratoire nous a permis de connaître quelques unes de ces joies et de ces déceptions qui transparaissent souvent dans les écrits des adeptes. La joie de voir la matière se transformer dans le vaisseau, celle qui résulte de la compréhension des textes et d'autres plus grande ou plus modestes. La déception aussi, quand rien ne bouge, quand le "verre éclate", quand la matière meurt après de longs mois de gestation.

Car il s'agit bien de cela, l'alchimie est vie, elle est gestation, elle est création. On parle d'œuf alchimique, d'enfant royal, de fécondation, de mariage. L'alchimiste se substitue ou plutôt s'assimile au Démiurge, il crée, il s'intègre au mystérieux processus de la vie et devient acteur.
Est ce une manière proprement "masculine" de compenser  l'incapacité physiologique à porter la vie ? Et auquel cas l'initiation alchimique serait elle une façon de rencontrer l'anima, la partie féminine de notre être ? Nous laisserons ces questions à la psychanalyse sans pour autant écarter ces hypothèses.

Si l'expérience du laboratoire est  incontournable, la confrontation à la réalité matérielle n'est pas exempte de difficultés, d'illusion, ni de danger.
C'est pourquoi il est bien plus simple en alchimie, comme dans d'autres voies de la tradition d'ailleurs de rester sur le plan spéculatif.

Le travail au laboratoire demande un investissement non négligeable, un matériel adéquat, de l'espace, et du temps mais surtout une immense patience.

Le manque de savoir faire, les tours de mains à redécouvrir sont pour les alchimistes (en l'absence de formation de chimiste) de réelles difficultés. L'illusion qui résulte d'une mauvaise interprétation des résultats, en regard de l'obscurité des textes, de l'absence de guide mais aussi du manque de connaissance en chimie. Cette capacité à l'auto-illusion est une composante majeure de l'être humain. Elle vaut tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel.

Le travail au laboratoire  peut être l'occasion d'une illusion mais n'est pas générateur d'illusion dans la mesure où il offre l'opportunité de confronter constat et croyance. Dans l'alchimie spéculative, on pourra disserter à son aise sur le processus, ses symboles ou sa philosophie. Cette phase est nécessaire tout au long du chemin, mais les résultats du laboratoires sont soumis à la validation des sens. Même si dans les phases intermédiaires de l'œuvre, on peut faire fausse route, son aboutissement matériel signe de façon incontestable la réussite ou l'échec du travail.

Le travail au laboratoire n'est pas sans danger non plus. Il y a le bris du matériel, certains disent que l'alchimiste qui n'a pas connu une explosion n'est pas vraiment un alchimiste. Il y a le danger lié aux substances manipulées, les acides, le feu mais aussi les poisons végétaux et minéraux dont on ne saurait trop mesurer le danger. (alcaloïdes, vapeurs de Mercure, Arsenic, sels métalliques..). Une extrême prudence et une bonne connaissance de la chimie
sont donc nécessaires à ceux qui voudraient expérimenter.

Et quels résultats escompter ?

L'aboutissement de l'oeuvre n'est pas à la portée du premier venu, soyons modeste, il ne s'agit pas moins que d'obtenir la transformation des métaux en Or et la Médecine universelle. Le rêve de tout humain, la richesse, la santé, la jeunesse.

Et si tout cela n'était qu'un leurre, un rêve agréable voir un peu frivole que l'on poursuivrait inlassablement et de tout temps. Si cet Or n'était que Philosophal et que l'objet ne soit pas la Pierre mais la quête de la Pierre ? Ou mieux, un art de l'évolution qui aiderait l'homme à avancer, à aller aussi loin que sa nature le permet ?

L'alchimie propose une initiation, une vision de l'individu en harmonie avec les Lois de la Nature et de la Vie. Cette initiation devient réelle lorsque les obstacles à la Lumière se lèvent, que le bandeau tombe, et que l'Homme se transforme.

L' initiation hermétique se conjugue selon les mêmes lois que celles qui opèrent dans la Nature. Le Feu opère dans l'alchimiste, et le fait évoluer. L'énergie vitale qu'il mobilise au cours de son travail dans le Monde et dans les relations qu'il peut avoir avec lui, transforme son corps , son Esprit et son âme.Débarrassé des scories mentales et spirituelles qui sont autant d'obstacles sur le chemin, il suit la voie de la réintégration qui est aussi un mythe celui de l'Homme édénique, celui de l'âge d'Or, de l'Harmonie Universelle. Le mariage alchimique peut avoir lieu, union du Roi et de la Reine, de l'Homme et de la Création, du conscient et de l'inconscient.

De cette union naît l'enfant Royal, l'Homme régénéré , ne devrait on pas dire l'Homme véritable.

Il y a cinq concepts préalables à la compréhension de l'alchimie:

1. L'univers est d'origine divine.

2. Toute matière est rattachée au divin et donc en interrelation avec les différents éléments de la Création.

3. Chaque organisme,incluant le règne minéral est en évolution

4. L'être humain a le pouvoir d'agir sur chaque organisme et dans chaque règne

5. La compréhension des lois de la Nature permet à l'homme d'accélérer les processus dévolution.
 
5. La table d'émeraude
 
La Table d'Emeraude (Tabula Smaragdina) est un des textes fondateurs de l'alchimie.
 
 
La Table d'émeraude est un texte très court anciennement attribué à Hermès Trismégiste par la croyance populaire, censé exposer un condensé des opérations alchimiques du Grand Œuvre. L'archéologie a depuis démontré qu'Hermès était un personnage légendaire. On sait aujourd’hui que la « table d’émeraude », dite « tabula smaragdina », est en fait la partie finale d’un traité nommé « Le livre du secret de la création et technique de la Nature », rédigé sous le règne du Khalife Ma’Mûn en 833.
La Table d’Emeraude: d’Hermès Trismégiste père des philosophes (Texte ancien, référence symbolique des alchimistes)
La Table d’émeraude (Tabula Smaragdina en latin) est un des textes les plus célèbres de la littérature alchimique et hermétique. C’est un texte très court, composé d’une douzaine de formules allégoriques et obscures, dont la célèbre correspondance entre le macrocosme et le microcosme : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Selon la légende, elle présente l’enseignement de Hermès Trismégiste, fondateur mythique de l’alchimie, et aurait été retrouvée dans son tombeau, gravé sur une tablette d’émeraude. La plus ancienne version connue se trouve en appendice d’un traité arabe du VIe siècle. Traduite en latin au XIIe siècle, elle fut commentée par de nombreux alchimistes au Moyen Âge et surtout à la Renaissance. Après le discrédit scientifique de l’alchimie et le développement de la chimie moderne au XVIIIe siècle, elle a continué à fasciner occultistes et ésotéristes. Il nous faut cependant rappeller que grossièrement, le Dieu Hermès correspond au Dieu Thot des anciens égyptiens, en relisant ce qui est écrit dans le premier paragraphe, on le comprendra aisément
 
Texte latin
Verba secretorum Hermetis – Verum, sine mendacio, certum et verissimum : quod est inferius est sicut quod est superius; et quod est superius est sicut quod est inferius, ad perpetranda miracula rei unius. Et sicut omnes res fuerunt ab uno, mediatione unius, sic omnes res natae fuerunt ab hac una re, adaptatione. Pater ejus est Sol, mater ejus Luna; portavit illud Ventus in ventre suo; nutrix ejus Terra est. Pater omnis telesmi totius mundi est hic. Vis ejus integra est si versa fuerit in terram. Separabis terram ab igne, subtile a spisso, suaviter, cum magno ingenio. Ascendit a terra in coelum, iterumque descendit in terram, et recipit vim superiorum et inferiorum. Sic habebis gloriam totius mundi. Ideo fugiet a te omnis obscuritas. Hic est totius fortitudine fortitudo fortis; quia vincet omnem rem subtilem, omnemque solidam penetrabit. Sic mundus creatus est. Hinc erunt adaptationes mirabiles, quarum modus est hic. Itaque vocatus sum Hermes Trismegistus, habens tres partes philosophiæ totius mundi. Completum est quod dixi de operatione Solis.
 
 
Traduction de Fulcanelli
Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable : Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d'une seule chose. Et comme toutes les choses sont et proviennent d'un, par la méditation d'un, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation. Le Soleil en est le père, et la Lune la mère. Le vent l'a porté dans son ventre. La terre est sa nourrice et son réceptacle. Le Père de tout, le Thélème du monde universel est ici. Sa force ou puissance est entière si elle est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement avec grande industrie. Il monte de la terre et descend du ciel, et reçoit la force des choses supérieures et des choses inférieures. Tu auras par ce moyen la gloire du monde, et toute obscurité s'enfuira de toi. C'est la force, forte de toute force, car elle vaincra toute chose subtile et pénétrera toute choses solide. Ainsi, le monde a été créé. De cela sortiront d'admirables adaptations, desquelles le moyen est ici donné. C'est pourquoi j'ai été appelé Hermès Trismégiste, ayant les trois parties de la philosophie universelle. Ce que j'ai dit de l’oeuvre solaire est complet.
 
 
Interprétation " légère"
 
II est Vrai, II est Certain, Il est Réel : Que Ce qui est en Bas est Comme Ce qui est en Haut, Et Ce qui est en Haut Comme ce qui est en Bas :

Le texte affirme par trois fois, il faut distinguer les nuances sémantiques entre certain vrai et réel et remarquer que ce 3 est courant dans les textes traditionnels religieux et ésotériques, ce qui est en haut représente sans doute le domaine du divin et ce qui est en bas le domaine du terrestre, du matériel.

Pour l'Accomplissement des Merveilles de la Chose Unique.
Et de même que toutes Choses se sont faites d'un Seul, par la Médiation d'un Seul ; Ainsi Toutes Choses sont Nées de cette même unique Chose, par Adaptation;

La chose unique semble être de nature divine puisque l'accomplissement est sans doute une création, comparer avec la notion d'Alfodur en Asatru, cela exprime que chaque chose vivante ou nom comporte une portion de divin

Le Soleil est son Père; la Lune est sa Mère;
Le Vent l'a porté dans son Ventre; la Terre est sa Nourrice.

Rien de surprenant içi, le soleil et la lune sont très courants dans les mythologies et particulièrement les cosmogonies, l'inversion des sexes en Asatru n'est pas rédhibitoire, puisque chaque divinité a un double inverse sexuel. le vent et un élément intermédiaire entre ciel et terre, il transporte en quelque sorte un embryon de vie vers la terre. La terre a bien sur un aspect de nourrice, la terre mère, la Grande déesse...

C'est là le Père de l'Universel Télesme du Monde Entier. Sa Puissance est entière quand elle s'est métamorphosée en Terre.
Tu sépareras la Terre du Feu — le Subtil de l'Epais avec délicatesse et une extrême Prudence.

Le télesme est un idéal de création, il s'agit içi d'une puissance divine qui anime la terre et le matériel

Le feu est l'aspect flamboyant de la divinité qui réside dans le matériel, la terre, évidemment le matériel est multiple et la divinité devient ainsi multiple ( voir panthéon ) ..... le subtil est le divin et l'épais est le matériel, comme le divin réside dans le matériel notamment, il faut l'en extraire pour le connaître, c'est le travail de l'alchimiste, c'est un travail délicat ......
Ainsi tu auras la Gloire de l'Univers entier ;
Par là toute obscurité s'enfuira de Toi.
Là réside la Force forte de toute Force qui vaincra toute chose subtile et pénétrera toute chose solide.
Ainsi l'Univers a été créé. De là proviendront des adaptations merveilleuses dont le Mode est ici.

Il s'agit içi bien sur d'une amélioration, d'une élévation spirituelle par le côté lumineux . Vaincre le subtil n'est pas tuer la divinité, mais la transformer, l'intégrer dans ses propres réalisations terrestres comme lors de la création des origines
 
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Commentaires (1)

1. vdsciences (site web) 17/10/2017

Vous ne savez pas non plus ce qu'est l'alchimie, pour en avoir une idée, il faut avoir passé bien des étapes, et l'alchimie opérative ne m'intéresse absolument pas. Si vous étiez réellement un alchimiste, jamais vous ne feriez de telles remarques, bon travail car il vous en reste encore beaucoup !

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Date de dernière mise à jour : 31/08/2014