Introduction

INTRODUCTION
 
L’Egypte historique a un passé :
 
Période
PaléolithiqueAncienne : clacto-abbévilienMoyenne : acheuléenRécente : moustérien et levalloisien
Période
mésolithique
sélilien récent, kharguien etc.
Période
Néolithique
Dans le Sud : civilisation tasienne
Dans le Nord : civilisation mérimdienne, pré-omarienne
Période
Enéolitique
Dans le Sud : Civilisation badarianne puis civilisation nagadienne
Dans le Nord : civilisation de Méach et d’Héliopolis
L’Egypte historique a un début :
 
L’antiquité égyptienne démarre vers - 3000, c’est à dire, il y a 5000 ans, presque conjointement avec l’apparition du système hiéroglyphique d’écriture. A cette époque, le pays était moins désertique, essentiellement sur une bande de part et d’autre du Nil se développait une vaste forêt galerie depuis la frontière Sud ( Soudan ou Nubie ) et le delta du Nil abondamment colonisé par des faunes et flores tropicales des deltas, tout comme la forête galerie. Bien sûr à l’est et à l’ouest se développaient les deux zones désertiques actuelles, à savoir, respectivement : le désert arabique et le désert lybique pourvu de trois oasis importants, El Fayoum, Siwah et Kargha, tous trois sièges d’une petite polulation. L’essentiel de celle-ci, déjà sédentarisée et vivant d’une économie agricole, se développait sur une étroite bande Nord-Sud aux bords gauche et droit du Nil.
 
Quelques grandes étapes marquent cette période prédynastique. Elles tirent leur nom des sites où elles sont particulièrement attestées. On notera Badari, Amratien et Gerzéen (Nagada) dans la vallée du Nil et Merimde ainsi que Omari dans le Delta. L’organisation progressive du pays au cours de la période prédynastisque s’opère sur la base de principautés aux nomes réunis pour l’essentiel en deux royaumes, celui du Nord (sans doute dominant culturellement) et celui de Sud. L’Egypte sera plus ou moins unifiée à l’issue de plusieurs conflits armés.
La culture de Nagada prend ses racines en Haute-Égypte au cours du IVe millénaire av. J.-C. autour du site éponyme situé sur la rive gauche du Nil. Subdivisée en trois phases (Nagada à Nagada III), cette culture évolutive va asseoir les fondements du pouvoir égyptien jusqu’au premier roi de la période thinite, et décliner les premières ébauches du système de pensée politico-religieux qui perdurera pendant 3 000 ans. Le culte des morts est déjà en place et va s’enrichir à mesure que la culture s’étend vers le Sud, ancrant dans la vallée du Nil les prémices d’une grande civilisation.
 
I. LE GERME PREHISTORIQUE
 
En Basse-Égypte se répand la culture de Merimdé, vers 5 500 à 4 500 av. J.-C. face à celles, au Sud de Badari (4 500 à 3 800 av. J.-C.) et Nagada I (3 800 à 3 500 av. J.-C.). La culture de Maadi en Basse-Égypte (3 300 à 3 100 av. J.-C.) côtoie quant à elle celles de Nagada II (3 500 à 3 300 av. J.-C.) et Nagada III (3 3000 à 3 100 av. J.-C.) en Haute-Égypte.
Proche de la culture badarienne, la première culture de Nagada va emprunter le style de la céramique, mais développer des originalités artistiques (davantage de représentations humaines) et technologiques, et étendre son territoire d’implantation.
En clair, préalablement à l’époque des Pharaons ( époque dynastique ) l’Egypte fonctionnait donc déjà avec des structures organisées et possédaient les bases de la religion dynastique, c’était la période "Nagada", nous allons cependant préciser .
Les bases de la culture pharaoniques, tant sur le plan politique, artistique et religieux, sont donc établies au cours de la période comprise entre le septième et le quatrième millénaire avant Jésus-Christ.
L’époque préthinite, antérieure à environ 3185 avant Jésus-Christ, précèdera l’époque thinite.
 
On divise donc généralement le Nagada en trois périodes :
 
Nagada I (3800-3500), ou amratien ;
Nagada II (3500-3200), ou gerzéen ;
Nagada III (3300-3000), ou époque protodynastique.
 
 
Nagada ou Naqada (Ombos en grec, Noubt en égyptien ancien), près des futurs Abydos et Denderah est une ville de l’Égypte antique. Elle a donné son nom à la civilisation prédynastique de la culture de Nagada. Le site a livré de nombreuses tombes et un riche mobilier funéraire de cette période.
Il semblerait qu’avant même la réunification des deux terres, Seth, le dieu de Haute-Égypte, y aurait eu son principal culte. Le delta du Nil voyait la triade Osirienne, Aset (Isis), Ausare (Osiris) et Horus-le-Jeune, prendre de l’ampleur. Assassin de son frère Ausare, Seth ne résista pas aux époques tardives où les Égyptiens le bannirent du panthéon, laissant place à Horus-l’Ancien (Haroëris) et Sobek. Le superbe temple ptolémaïque de ces deux divinités fait aujourd’hui penser à une acropole, situé plus au sud dans la région d’Assouan à Kôm Ombo qu’il convient donc de ne pas confondre avec Ombos.
 
Naqada, antique ville des temps prédynastiques, occupait le sud du site et s’étendait sur une longueur de plus d’un demi-kilomètre. Ce site forme l’un des rares ensembles urbains de cette période qui soit parvenu jusqu’à nous. Les nécropoles jouxtaient la ville. Le site continua à être habité à l’Ancien Empire, puis semble s’effacer pour renaître plus au nord à Noubt.
 
La culture de Nagada I (-3800 / -3500) en Haute-Égypte est représentée par de nombreux sites de nécropoles localisées du nord d’Abydos à Louxor au sud. Les témoins les plus marquants en sont El-Amrah et Nagada. Les traits culturels du badarien sont considérablement amplifiés.
La période de Nagada I  voit appraître un structuration des milieux de vie, la chasse est toujours importante dans l’économie alimentaire ( importance d’un personnage appelé maître de la chasse ), mais l’habitat évolue : grandes huttes ovales de structure légère (Hemamieh) et maisons rectangulaires bien structurées, en partie enterrées, font penser qu’à côté d’installations saisonnières, des centres plus importants et fixes s’installent. À Hiérakonpolis, un habitat de hameaux dispersés tendant à se spécialiser selon leur fonction (habitat artisanal, une maison de potier a été identifiée), se développe en retrait d’un centre plus important au débouché d’un grand ouadi.
Parallèlement, des sépultures plus sophistiquées se développent : les tombes atteignent de belles dimensions ( 4 ou 5 m2) d’étendue au sol, ou l’on peut trouver des traces du développement de l’art et de l’artisanat : de la céramique polie, des éléments figuratifs peints représentant les faunes de la forêt galerie et des savanes pré-désertiques ( crocodiles, hippopotames, antilopes....), des motifs végétaux, des formes géométriques continuent a être prisées et des figurations humaines dans certaines tombes.
La société se structure en "classes" avec des paysans, des artisans ( potiers, tailleurs de pierre.......),propriétaires ( poteries marquées ). la vie de relation se développe par contact via le Nil avec le Nord du pays (Maadi) et la Nubie au sud.L’on ne pratique pas encore la fonderie des métaux, ni l’art de la forge, sauf peut-être pour l’or. Le cuivre assez rare par manque de prospection suffisamment étendue, est martelé à froid, mais l’art du feu est connu et appliqué pour les activités de potterie.
La culture de Nagada I a le faciès d’une culture chalcolithique. Ajoutons cependant qu’elle est la continuité d’un période dite badarienne charnière entre mésolithique et néolithique.
 
 
 
 
La culture de Badari est la plus ancienne et domine entre 4 500 et 3 800 avant notre ère. Elle se caractérise par un riche mobilier funéraire retrouvé dans les nécropoles, qui témoigne de relations avec l’Orient, spécialement l’Asie antérieure du sud-ouest et le Sinaï (cuivre), peut-être avec la Mésopotamie (stéatite émaillée). La céramique rouge à bord noir laisse supposer des contacts avec le Nil soudanais (Néolithique de Khartoum), l’industrie lithique s’apparente plutôt au modèle saharien.
 
Le site de Badari laisse peu de traces d’habitat. Seules des huttes ovales de structures légères ont été retrouvées. Mais des centaines de tombes, (tombe à fosse ovale ou fosse rectangulaire), souvent inhumations multiples de deux ou trois individus sont tapissées en vannerie et peuvent contenir un mobilier funéraire important, notamment en poterie d’offrande.
La belle qualité de la céramique caractérise le « badarien » : poterie rouge polie, à bord noir, parfois décorée (motifs géométriques en clair), ou brune à bord noir. Il s’y ajoute l’artisanat du cuir, de l’os, de l’ivoire et le travail de la pierre (palettes à fard en schiste, broyeurs, colliers de perles en cornaline, jaspe, albâtre, brèche et calcite). La ronde-bosse représente des figurines féminines en terre cuite ou ivoire, parfois aussi animales.
 
Périodes Dates Delta Fayoum Vallée
Premiers villages -5500 -- -4500 Mermimda Fayoum A Badari
Prédynastique ancien -4500 -- -4000
Omari A ( Helouan )
  Amratien ( Nagada I)
Prédynastique moyen -4000 -- -3500 Omari B   Gerzéen A ( Nagada II )
Prédynastique récent -3500 -- -3300 Maadi   Gerzéen B ( Nagada III )
Nagada II :
   
Les phases de Nagada I et Nagada II sont caractérisées par des poteries de types très variés, certaines témoignant de recherches raffinées : vases doubles dont les deux parties en tonnelets ou en flûtes communiquent, vases en forme d’animaux stylisés. À l’Amratien (Nagada I), les dessins sont de couleur claire, jaunes ou blanchâtres, sur fond rouge ; au Gerzéen (Nagada II),, la pâte devient plus fine : sur un fond clair se détachent les dessins brun violet. Les thèmes décoratifs sont empruntés à la vannerie, puis à la faune et à la flore : buissons d’aloès, défilés de capridés et de flamants roses ; des lignes ondulées représentent l’eau et la vie sur le fleuve est évoquée par la figuration de bateaux munis de deux cabines et de nombreuses rames. 
Cette seconde phase appelée Gerzéen marque l’apogée de la technique de l’irrigation. Toutefois, la détérioration des conditions climatiques va faire migrer les hommes et les technologies (dont l’utilisation de la houe), vers la région d’el-Gerzeh, en Basse-Égypte, qui donnera son nom au Gerzéen.
Le passage de Nagada I à Nagada II est fortement visible dans la profusion des objets de la vie quotidienne ensevelis avec le défunt (jusqu’à vingt vases par tombes). Le culte des morts se développe avec assurance, préparant le terrain à une pensée et à une croyance dans une vie dans l’au-delà. Certaines tombes sont bien plus grandes qu’à l’époque précédente, atteignant parfois 2,70 mètres de long.
Fait marquant, les vases sombres rouges et noirs décorés de couleurs claires du Nagada I laissent place à des poteries à oreilles de préhension et à pâte plus fine, à fond clair décoré d’un ocre rouge, violacé ou brun 2. Le dessin, bien que toujours marqué par certains signes géométriques, devient plus représentatifs : bateaux, villages, animaux…
La « tradition » de la palette à fard perdure, adoptant de nouvelles formes scutiformes et en croissant. La décoration sobre est abandonnée au profit de scènes plus élaborées ; la tranche se dote d’un bord dentelé.
Les figurines sont quasi-exclusivement masculines et barbues : réalisés dans l’ivoire (parfois aussi en terre cuite, et plus rarement en pierre), ces hommes sont debout, parfois représentés avec un sexe disproportionné. Du fait de leur barbe, on les a souvent considérés comme des patriarches, chefs de clans ou d’un quelconque groupe, en regard de l’usage persistant de la barbe dans l’iconographie égyptienne (et dans d’autres civilisations) comme attribut du pouvoir dans les siècles qui suivront.
Des tombes en brique aux parois décorées de scènes de paysages, de lutte et de chasse apparaissent en Haute-Égypte. La peinture se restreint au noir, au blanc et au rouge.
Cet ensemble de techniques et technologies sous-entend une organisation de plus en plus centralisée et coordinatrice du pouvoir, permettant l’élaboration d’ateliers de production spécialisés (notamment par les matériaux travaillés : réalisation de poteries, travail de la pierre, etc.) et l’apparition d’un système social.
Assurément les petits villages réunis dans une même enceinte, et bâtis sur de légers reliefs (koms et tells) deviendront les premières cités de l’Égypte, organisés autour de centres proto-urbains. Cette « urbanisation » résistante aux crues du Nil du fait de son implantation surélevée régit de nouvelles organisations spatiales : les habitats sont dissociés des espaces sacrés et administratifs ; chaque lieu prend une valeur religieuse, culturelle, administrative, etc. ; les plans des bâtiments se perfectionnent ; des fortifications apparaissent.
Le dynamisme territorial de la région s’accroît du fait d’échanges avec le Proche Orient et la Nubie, garantissant des routes d’échanges de matériaux (or nubien, essences de bois nobles, ivoire, pierres, etc.) et de production égyptienne.
 
Nagada III
 
Un réel pouvoir centralisé va désormais être incarné par un roi, Narmer (parfois identifié à Ménès, premier roi cité par les « listes royales »), originaire de Hiérakonpolis : la Haute et la Basse-Égypte sont pour la première fois unifiée. Le roi porte les deux couronnes emblématiques, le pschent, alliant la couronne blanche de Haute-Égypte et la couronne rouge de Basse-Égypte, et établit une « capitale » à This, non loin d’Abydos. Premier roi de l’Histoire égyptienne, il apparaît dans la première dynastie thinite, qu’on nomme également dynastie 0.
 
Déjà en usage au néolithique, la technique de la taille du silex est à son apogée ; les lames sont taillées avec une dextérité redoutable, tandis que les manches d’ivoires sont sculptés avec prouesse et perfection. En atteste le célèbre « couteau du Gebel el-Arak » aujourd’hui conservé au Musée du Louvre. On peut y voir des scènes finement travaillées dans un bas relief léger sur un ivoire d’hippopotame, mais dont la signification réelle reste énigmatique.
Les palettes, réalisées plus fréquemment dans du grauwacke, deviennent de véritable support artistique, à la gloire des rois. Elles célèbrent des victoires, des chasses fructueuses ou présentent des scènes mythologiques mêlant animaux réels et créatures mythologiques ; on y voit des taureaux et lions triomphant des ennemis, des étendards, des hyènes encerclant un chien, un oiseau ou des girafes…
 
La palette de Narmer, chef-d’œuvre de l’art antique aujourd’hui conservée au Musée du Caire, présente sur l’une de ses faces le roi, levant une massue du bras droit et menaçant de terrasser un ennemi à genoux tenu par les cheveux. Dans ce registre principal, un oiseau (le faucon Horus ?) sort des fourrés et place une arme (?) au devant de la tête d’un ennemi sans corps. Un second personnage tiens des sandales ainsi qu’un récipient à anse. Le registre inférieur montre deux ennemis nus sous les pieds du roi. Le sommet de la palette sur ce revers est d’autant plus intéressant, qu’entre deux têtes de taureaux se trouve le premier serekh de l’Histoire égyptienne, où est indiqué le nom du roi, Narmer, à l’aide du hiéroglyphe du poisson-chat (nˁr) et de celui du ciseau à bois (mr).
Découverte en 1898 par l’archéologue anglais James Quibell lors de fouilles à Nekhen (l’Hiérakonpolis des Grecs), la palette quasi intacte révèle sur sa seconde face quatre scènes : sur la première, le roi paradant, précédé d’un personnage important nommé Tjet (Tt, ou peut-être était-ce un titre officiel ?) et de quatre porte-étendards, et suivi du même personnage porte-sandales que sur l’autre face ; sur la seconde, dix cadavres décapités et ligotés, présentés comme pour une inspection, la tête placée entre les jambes ; dans la troisième scène, deux chimères au très long cou et au corps de lion s’enchevêtrent, retenues au niveau haut du cou par deux cordes maintenues par deux hommes barbus ; enfin, la quatrième scène montre un taureau, symbole du roi victorieux, piétinant un ennemi tombé.
L’objet usuel est devenu objet d’art, et ne tiens plus sa vocation qu’à son esthétique, puisque la plupart du temps inutilisable. Toutefois, leur usage premier est toujours palpable, puisque les poignards sont clairement identifiables dans leur forme, et les palettes possèdent toujours leur dépression centrale où devaient prendre place le fard à broyer.
 
La nécropole d’Hiérakonpolis comportant plus d’une dizaine de tombes a permis de se faire une meilleure idée de l’art de Nagada. La tombe 100 est en effet décorée de peintures empruntant sa décoration aux poteries de Nagada II : bateaux, personnages flottant dans l’espace, homme tenant en respect des animaux, homme maîtrisant des bêtes sauvages des deux mains, etc.
 
Le Nagada III, ou Semainien, s’affirme ainsi comme une étape charnière qui scelle les fondements de la royauté égyptienne, de la culture, et du système de pensée politico-religieux plaçant un roi en tête de file, et célébrant le culte de la mort et de la renaissance.
Dans l’art, beaucoup des canons royaux apparaissent : l’aspectivité, le rapport d’échelle entre les personnages, l’écriture hiéroglyphique, etc.
 
 

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Date de dernière mise à jour : 08/02/2013