SUITE 1 histoire et philosophie des sciences

 

2. Science, techniques et technologie

Une technique est un corps de connaissances pratiques visant à exercer une action de manière efficace sur la matière. En général, les techniques anciennes ont été mises au point sans qu’une connaissance rationnelle et systématique de la Nature soit nécessaire.

Chaque domaine pratique disposait de règles empiriques, peut-être obtenues par essai et erreur au fil des générations et transmises sans explications générales. C’est la période des artisans et des corporations de metier. La contemplation des cathédrales gothiques ou des pyramides d’Egypte suffit à interdire tout mépris à l’égard des ces connaissances pratiques “non scientifiques”.

Depuis environ deux siècles, les progrès de la science et des techniques s’influencent et se favorisent mutuellement. Il est donc impossible de séparer complètement science et techniques, car l’´etat de l’une dépend des progrès de l’autre.

Les méthodes d’acquisition de connaissances pratiques sont de nos jours proches des méthodes utilisées dans l’acquisition de connaissances sur la Nature. L'alliance des sciences et des techniques donne la technologie.

 

3. Eléments d'histoire des sciences

1) La nuit des sciences dans le ciel paléolithique

Une franche majorité des historiens des religions s'accordent pour considérer que les spiritualités apparues lors de la préhistoire étaient fortement teintées d'animisme. L'homme vivait dans un environnement redoutable et la longévité moyenne des individus n'excédait pas 25 ans. Très peu de dispositifs de protection étaient disponibles et la meilleure manière de se protéger était de demander protection aux éléments eux-mêmes. Tout élément, qu'il soit vivant ou inanimé devait être invoqué par l'intermédiaire de l'esprit ou âme qu'il cachait. Ces invocations étaient réalisées par l'intermédiaire de rituels organisés. De fortes présomptions sur ce type de psychologie ont été bâties, notamment , sur l'observation de l'art pariétal. Pour les hommes de la préhistoire, l'explication du monde tenait en ce genre de certitude. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

GROTTES D'ALTAMIRA  (Espagne)

Donc les rituels pratiqués dans le cadre animiste étaient mis en oeuvre par des castes particulières (prêtres, sorciers, chamanes...) et ces pratiques constituent de la magie. Bien sûr, tout ceci était réalisé hors rationnalité et, au sens scientifique, n'était pas fécond. En effet il n'y avait pas de prédictions, d'applications, ou d'observations suscitées dans ce cadre comme on est en droit d'en exiger d'une théorie scientifique digne de ce nom. Cependant, si les rituels du solstice ne permettaient pas d'allonger la durée des jours, ils permettaient néanmoins de codifier et de préserver les connaissances relatives à ce solstice. L'animisme comme il vient d'en être parlé évolua au cours des millénaires et fût à l'origine de nombre mythes des religions polythéistes de l'antiquité, d'autre part il généra également des connaissances pratiques dépourvues de spiritualité, encore récemment, les paysans tenaient compte des phases de la lune pour réaliser certains travaux agricoles ou relatifs à l'élevage.De toute manière, en tant que tentative de connaître et de dominer la nature, la magie est à l'origine des démarches propres à l'activité scientifique ( lire "Histoire des croyances et des idées religieuses/1 " de l'âge de la pierre aux mystères d'Eleusis de Mircéa Eliade, éditions bibliothèque historique Payot ) .

 

Exemple de panoplie, et habits chamaniques du début XXème siècle, remarquez le tambour, instrument universel du chamane sibérien ou mongolien.  

Il est très difficile de dater avec certitude l'émergence des premières pratiques proprement scientifiques, mais si l'on caractérise la science par le rejet de toute intervention magique ou divine, il est permis de la faire remonter aux Grecs. Il faut pourtant être prudent, car les Grecs avaient coutume de dire qu'ils devaient beaucoup aux égyptiens dont ils ont occupé le territoire à la fin de la Basse époque. N'oublions pas que nous savons relativement peu de choses de la civilisation égyptienne, par rapport à ce que nous savons sur les Grecs, et que la fameuse bibliothèque de la Maison de vie d'Alexandrie relatée notamment par hérodote nous a été ravie par un incendie. Un voile de mystère subsistera donc toujours en ce qui concerne les connaissances réelles des Egyptiens antiques, espérons que les fouilles archéologiques nous fourniront  encore matière à spéculer.

2. L'aube des sciences dans le ciel néolithique

a) Introduction

L'étude, si superficielle soit-elle, de l'histoire des sciences, nous impose de mettre les événements à caractères scientifiques en rapport avec l'histoire universelle, il nous semble donc utile de rappeler grossièrement la succession des civilisations anciennes.

Classiquement, on fait démarrer l'histoire de manière simultanée à l'apparition des rudiments de language écrit. Ce qui précède et qui est appelé préhistoire, ne nous est connu que par la découverte d'artefacts lors des fouilles archéologiques. Leur analyse nous permet de diviser cette période en deux grandes parties successives.

b) la Préhistoire

La période la plus ancienne de la préhistoire est nommée Paléolithique et est caractérisée par un mode de vie humain nomade et tirant sa subsistance alimentaire de la chasse et de la cueillette, pas d'agriculture ni d'élevage. Au point de vue technique, l'on notera la prépondérance de la taille de la pierre à des fins pratiques ( outils, armes) ou décorative (bijoux), la découverte de la domestication du feu, la fabrication de contenants en peaux d'animal ...Cette période démarre il y a 3.000.000 années, époque ou l'homme n'avait pas son apparence actuelle. Notons que cette date est assez conventionnelle quand l'on sait que les Paléoanthropologues parlent de faire remonter l'origine de l'humanité à Sahelanthropus tchadensis (Toumaï, 7.000.000 Av J.C)

 

Représentation picturale d'un groupe d'"Homo habilis" vers 2.500.000 Av J.C

 

 

 

 

 

Vénus de Willendorf, Paléolithique supérieur, vers 24 000-22000 Av J.C

Il semblerait d'après plusieurs découvertes archéologiques que les hommes, en fin de Paléolithique, apportaient un soin rituel au morts et que ceux ci pouvaient être enterrés, brûlés, voir consommés par pratique rituelle du cannibalisme (Anthropophagie). 

L'Homo heidelbergensis d'Atapuerca semble être le premier hominidé à avoir pratiqué des cérémonies mortuaires, au Pléistocène. Les premières véritables sépultures sont le fait de l'Homme de Néanderthal, il y a environ 100 000 ans (Shanidar, La Chapelle-aux-Saints, Le Moustier). L'existence d'un « culte des crânes » chez les Néandertaliens, voire chez leurs prédécesseurs, a été avancée anciennement avant d'être remise en question. Un cas moins sujet à interprétation est celui de deux puits néolithiques remplis de crânes (27 dans le premier, 6 dans le second, 9 femmes, 20 enfants et seulement 4 hommes) des grottes d'Ofnet, à Nördlingen, en Bavière. Ces puits sont richement décorés et contiennent des offrandes et des outils. Le fait que tous les crânes soient tournés vers l'Ouest élimine tout doute quant à la signification de ce site. La faible proportion de crânes masculins a permis d'avancer l'hypothèse d'un massacre par une tribu rivale alors que les hommes étaient probablement à une partie de chasse.

c) Compléments sur les sépultures préhistoriques  

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Plusieurs critères sont pris en compte pour déterminer une activité sépulcrale.

Pour Bernard Vandermeersch, "il semble que le meilleur critère soit la préservation du squelette en connexion". C'est-à-dire que les ossements sont retrouvés positionnés de manière anatomique par rapport au corps originel.
D'une manière ou d'une autre, le corps a donc été preservé des charognards et de l'éparpillement des ossements. La tombe a pu ainsi être "aménagée" avec des blocs de pierre qui renforcent l'intérieur de la sépulture ou d'une dalle qui protège l'ensemble.
Les études taphonomiques peuvent révéler d'autres indices d'une inhumation volontaire.
- la tombe a pu être remblayée avec des sédiments différents de la pleine terre où a été creusée la fosse.
- le corps peut avoir été recouvert d'une matière spécifique. On a trouvé parfois des ossements présentant des traces d'ocres sur tout ou partie du corps.
- des objets accompagnant les corps démontrent la volonté d'accompagner le défunt dans son dernier voyage : outils, ossements d' animaux, qui ont pu servir d'offrande funéraire.

Découverte en 1934 par R. Blanchard, la sépulture simple de St Germain-la-rivière a livré le squelette d'une femme âgée d'une vingtaine d'années. La datation montre un âge de 15 780 ans BP.
Les preuves d'un rite funéraire sont multiples.

                                                                    

                                                                                                                                                            

Sépulture simple Noyen sur Seine 

 

 

 

 

- Le corps était en position repliée, une main posée sur sa tête, dans une attitude évoquant celle du sommeil.
- Elle portait autour du cou, un collier formé de 70 canines de cerf trouées.
- De petits coquillages ont été retrouvés au niveau du bassin (un reste de vêtement ?).

                                                                                                                               Skhul V , sépulture simple      


- L'ensemble de la sépulture était recouvert d'ocre rouge.                                             
- Le corps était déposé dans une fosse dont les parois étaient formées de dalles, le tout étant recouvert de 2 grosses pierres.                                 
                                                                                            
                                                                                                                              

 

 

 

On peut distinguer les types de sépultures en cherchant à savoir si l'inhumation a eu lieu en un seul ou plusieurs temps.

 

 

Les sépultures primaires

 
La découverte des ossements indique que ceux-ci ont été déposés en une seule fois, à un seul moment. Si le fossile a bénéficié d'une protection, on peut donc espérer retrouver la quasi-totalité du squelette.

Les sépultures secondaires

 
Les vestiges humains peuvent avoir été déplacés avant d'être inhumés. Les causes de ce déplacement peuvent être multiples : embaumement de tout ou partie du corps, rite "religieux"... On a pu remarquer que c'est souvent la tête du défunt (la boîte crânienne) qui a subi un traitement particulier.
Exemple : à la Ferrassie, le crâne de LF6 a été retrouvé à plus d'un mètre du corps.

On peut également classer les tombes suivant le nombre d'individus qui les composent.

La Sima de los Huesos

 
Ce site fait partie du complexe des sites pleistocènes de Atapuerca (Espagne).
Les restes de 30 individus on été retrouvés dans cet aven de 13 mètres de profondeur, tous représentants de l'espèce Homo Heidelbergensis. On estime l'âge des ossements à environ 350 000 ans.
La présence de tant de restes humains, concentrés dans une petite bande sédimentaire ne semble pourtant pas dûe à un événement catastrophique.
Par ailleurs, un outil lithique a été retrouvé, associé à cet ensemble d'hominidés.
La Sima de los Huesos, une sépulture collective ?
Si la communauté scientifique est divisée sur le sujet, les plus grands spécialistes affirment que rien ne permet toutefois de penser que nous nous trouvons face à une sépulture collective.

Les sépultures simples

 
Les inhumations les plus fréquentes : la tombe ne contient qu'un seul individu.
Exemple : à Laugerie Basse la sépulture d'un homme.

 

Les sépultures doubles


Ici deux individus sont présents dans la même fosse. Pour des sépultures doubles, les corps doivent avoir été enterrés au même moment (voir la découverte d'un couple enlacé en Italie, à Mantua). Dans le cas contraire il est possible que la tombe ait été simplement réutilisée, sans qu'aucun lien n'existe entre les deux corps.
Exemple : la récente découverte à Krems en Autriche d'une sépulture double.

 

 

 

 

 

Les sépultures multiples


Il peut arriver de retrouver dans une même fosse le corps de plusieurs individus. A de rares exceptions près, les inhumations ont été multiples et les corps déposés sur une période plus ou moins longue (jusqu'à plusieurs dizaines d'années).

 

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 Unité d'échelle en abscisse 1000 années

 Succession des différentes espèces d'homininés dans le temps (Wikipédia)

 

Le Néolithique est la seconde grande période de la Préhistoire et le nouvel âge de la pierre. Le Néolithique marque un tournant décisif. De prédateur, collecteur et chasseur-pêcheur, l'homme devient désormais pasteur, forestier, défricheur, paysan, mineur, artisan spécialisé, commerçant, constructeur. Concentré dans des villages qui annonceront bientôt les villes, il devient sédentaire et s'attache à sa terre.

Jusqu'au VIIIème millénaire avant J.C. au Proche-Orient et jusqu'au VIème millénaire en Europe, l'homme vivait en prédateur de chasse, de pêche et de cueillette. Au néolithique, son monde de vie change profondément : il produit lui-même sa nourriture en élevant du bétail et en cultivant la terre. L'orge, plusieurs espèces de blé et d'autres plantes poussent naturellement au Proche et au Moyen-Orient, dans le "croissant fertile", zone qui s'étend de la côte méditerranéenne au nord de la Syrie et à la Mésopotamie. On y trouve, à l'état sauvage, des moutons, des chèvres, des porcs et des bœufs. Les premiers animaux et plantes domestiques apparues en Europe viennent de ces régions à travers le bassin méditerranéen ou en suivant le cours du Danube. Grâce à l'élevage, les hommes s'assurent une réserve alimentaire toujours disponible; les animaux leur fournissent, en plus de la viande, du lait, du cuir et de la laine.

Au Proche-Orient, la fondation des premiers villages précède l'élevage et l'agriculture ; en Europe, ils sont souvent simultanés. Mais ces trois aspects sont étroitement liés : le berger et surtout le paysan ont besoin d'un habitat fixe.

Parallèlement à cette nouvelle organisation socio-économique, le néolithique se caractérise par un certain nombre d'innovations techniques majeures : la céramique, le polissage de la pierre ainsi que le tissage. La pierre reste un matériau de base pour la fabrication des outils et des armes. Ces instruments sont de mieux en mieux travaillés. Quelquefois leur taille se termine par un polissage (le néolithique est l'âge de la pierre polie).

Des mines de silex sont exploitées dans notre pays dès cette époque. Celles de Spiennes, près de Mons, sont très connues. Certains de nos ancêtres ne faisait pas que travailler la terre et élever du bétail. Ils creusaient aussi des galeries dans le sol et recherchaient des blocs de pierre propices à la taille et au polissage.

 

 

 

 

Meule et broyeur en pierre

La meule et le broyeur sont des objets souvent fragmentés lorsqu'ils sont découverts dans des sites de surface soumis aux assauts des engins agricoles. Ils apportent la preuve que les populations du Néolithique cultivaient des céréales pour leur consommation. La meule est une pierre relativement plate (qui se creuse avec le frottement) sur laquelle était moulu le grain grâce à un broyeur. Ces objets sont souvent en grès comme c'est le cas pour la  photo ci-dessus.

 Au Vème millénaire avant notre ère, de la mer Noire à la mer du Nord, les premiers paysans construisent de longues maisons rectangulaires en bois et en torchis, de 10 à 40m de long sur 6 à 8m de large. Ils vivent dans des villages de cinq à six maisons chacun, abritant une centaine de personnes. Outils, vaisselle et vêtements, le groupe familial fabrique presque tout ce dont il a besoin.

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Variantes de l'habitat néolithique

 

 

Les croyances des agriculteurs-éleveurs de la préhistoire prolongent et approfondissent l'animisme des  derniers chasseurs-cueilleurs. La même attention est portée à la naissance et à la mort. Des figurines féminines continuent d'être sculptées tandis que les défunts demeurent l'objet de soins. 

 

 

Les premiers agriculteurs-éleveurs observent la nature qui les entoure. Par exemple, ils savent que les plantes ont besoin de chaleur et d'humidité pour grandir. Mais ils savent aussi que trop de chaleur ou trop d'humidité sont nuisibles. Ils rendent, pense-t-on, un culte au soleil, à la pluie, aux sources, à l'orage, au vent, aux tempêtes, etc. Les agriculteurs-éleveurs de la préhistoire possèdent des lieux pour « prier ». Ils y construisent des monuments en pierre qu'on pourrait déjà appeler des temples. Il existe à Stonehenge, dans le Sud-est de l'Angleterre, les restes d'un complexe mégalithique qui date de 2000 ans environ av. J.-C. Le site est célèbre.

 

 

site de stonehenge

 

 

Site de Stonehenge

 

 

 

Plan du site de Stonehenge. 1. la pierre d'autel ; 2 et 3. tumuli ; 4. la pierre de sacrifice ; 5. la « Heel Stone » (pierre talon) ; 6. deux des quatre « stations » ; 7, 8, 9. fossés, talus ; 10. l'« Avenue » monumentale, qui mène à la rivière Avon, à 3 km à l'est ; 11 et 12. les deux cercles de 30 trous « Y » et « Z » ; 13. les 56 trous d'Aubrey ; 14. entrée secondaire.
Le monument (cromlech) est situé à l'intérieur du cercle 12 : les mégalithes de grès « sarsen » sont en gris, et les « pierres bleues » en bleu

 

c) Les débuts de l'histoire

Suite intro et égypte

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 10/02/2016