Anthropologie 1

Histoire de l'évolution humaine

II. Histoire de l'évolution humaine

 

 

1.Un grand dessein

 

 

Comme toute science, celle de l'évolution humaine doit être resituée dans son contexte culturel : le changement des idées a naturellement suivi les aléas historiques.

Au moyen âge, aucun conflit sur la nature de l'homme  ne semble exister entre sciences et théologie : les êtres vivants constituent une " scala naturae " , une grande chaîne des êtres , où se reconnait le destin prividentiel. Toutes les découvertes relatives aux infusoires, aux zoophytes, à l'adaptation de la pollinisationdes fleurs aux insectes... ne font qu'apporter des preuves supplémentaires du dessein du créateur. 

La renaissance a influencé les esprits, et des oeuvres, telles que celle de Andreas Vesalius ( 1514-1564 ) ( De Fabrica et sa description de l'anatomie humaine ) et de Nicholaus Copernic ( 1473-1543) ( Révolution des sphères célestes ), ont marqué les sciences européennes . En plus de ces notions que ces ouvrages décrivent, ils sont à l'origine d'une révolution méthodologique basée sur des observations minutieuses et des descriptions dynamiques des systèmes .

Notre système planétaire est non seulement héliocentrique mais il impliqué aussi des mouvements réguliers. Le corps humain est non seulement décrit en détail, mais il est dès lors considéré comme un ensemble d'organes en continuelle interaction. 

Il peut toutefois être très dangereux de parler d'évolution humaine  : puisque cela a valut à Vanini ( 1585-1619), prêtre italien d'être accusé d'athéisme , d'avoir la langue coupée et d'être brûlé sur la place de la publique à Toulouse.

André Vésale forme francisée de son nom latin Andreas Vesalius (il s'appelait de son nom d'origine André Wytinck dit de Wesel, ville rhénane dont son grand-père était originaire) naît le 31 décembre 1514, à Bruxelles (Brabant) et meurt le 15 octobre 1564 dans l'île de Zante (Zakynthos) en Grèce.Sa statue en pied se dresse au centre de la place des barricades, à Bruxelles.

André Vésale a été un anatomiste, médecin brabançon, mais surtout, comme tous les humanistes de son temps, européen quand on examine l'ensemble de son parcours, considéré par de nombreux historiens des sciences comme le plus grand anatomiste de la Renaissance, voire le plus grand de l’histoire de la médecine. Ses travaux, montrent qu’ils ont fait entrer l’anatomie dans la modernité, mettant fin aux dogmes du galénisme qui bloquaient l’évolution scientifique depuis plus de mille ans aussi bien en Europe que dans le monde islamique. Il est l’auteur d'un des livres les plus novateurs sur l’anatomie humaine, De humani corporis fabrica (Sur le fonctionnement du corps humain). Il est aussi un grand humaniste de son époque.

Nicolas Copernic (polonais : Mikołaj Kopernik [miˈkɔwaj kɔˈpɜrnik], allemand : Nikolaus Kopernikus, latin : Nicolaus Copernicus Torinensis/Thorunensis/Torunensis), né le 19 février 1473 à Toruń, Prusse royale (Royaume de Pologne) et mort le 24 mai 1543 à  AFrombork, Prusse royale (Royaume de Pologne), était un chanoine, médecin et astronome de langue allemande. Il est célèbre pour avoir développé et défendu la théorie selon laquelle le Soleil se trouve au centre de l'Univers (héliocentrisme) et la Terre — que l'on croyait auparavant centrale et immobile — tourne autour de lui. Les conséquences de cette théorie — dans le changement profond des points de vue scientifique, philosophique et religieux qu'elle imposa — sont baptisées révolution copernicienne.

Je conseille la lecture des textes correspondant à ces URL :

Vésale : http://www.medarus.org/Medecins/MedecinsTextes/vesale_andre.html

Copernic : http://www.astrofiles.net/astronomie-nicolas-copernic

Je citerai ici, d'autres grands noms tels que William Harvey ( 1578-1657 ) et ses travaux sur le coeur, Galileo Galilei ( 1564-1642 ), son téléscope et et sa confirmationdu mouvement des astres, Isaac Newton (1642-1727), ses principes mathématiques de la structure de l'univers, Robert Hooke (1635-1703), ses observations de cellules de liège et de fossiles en tant que restes de plantes et d'animaux ayant réellement  vécu et John  Locke (1632-1704), qui s'est attaché à montrer comment  chez l'enfant se forment les idées et se constituent les connaissances à partir d'une tabula rasa.

Dès le XVIIè siècle , les activités scientifiques s'intensifient et commencent à être subsidiées par les autorités politiques . Il en résulte la création des sociétés scientifiques , telles, en 1662, The Royal Society, en Angleterre, et l'Académie française en 1666. L'échange des idées s'intensifie et les premiers écrits en langue moderne  apparaissent ( Galilee en Italie , Descartes en France ), rendant plus facile la diffusion des nouvelles idées. 

 

à lire sur le sujet :http://www.phi2080.uqam.ca/node/138

 

Au niveau de l'évolution, , la croyance universelle des Européens reste cependant la création divine de l'univers, de la terre et de l'homme, John Ray (1627-1705), The wisdom of god manifested in the word of the creation , où il attribue la diversité biologique à la volonté divine. La datation de la création est fixée en Irlande en 1658 par l'Archevêque James Ussherd'Armagh au 23 octobre 4004 avant  notre ère. Le vice recteur de l'Université de Cambridge  John Lightefood, ira même jusqu'à préciser l'heure  (9h du matin ). Ces données issues de la généalogie biblique sont les plus populaires. C'est dans ce cadre que des interprétations différentes apparaissent : les vulcanistes et les neptunistes voyant dans les changements géologiques les uns des effets volcaniques , les autres des effets marins .

Résumons nous :

 

2.L'éveil du transformisme

 


2.1 De l'Antiquité à la fin du XVIIè siècle

 

Peu de données scientifiques sur l'origine du monde, de l'homme. Les questions posées trouvaient réponse dans les DOGMES RELIGIEUX. Comme nous l'avons vu on parlait de "création" en un petit nombres d'étapes : l'univers et les êtres vivants .

 

2.2 Le XVIIIè siècle

 

Progrès importants en paléontologie ( Cuvier ) 

Les positions précédentes sont  devenues insoutenables car l'on met en évidence des " variations " dans la flore et la faune au fil du temps.

Ainsi à l'ère secondaire on met en évidence l'existence de Reptiles de type Ptérodactyles ( Ichtyosauriens ) aors que l'on en trouve plus trace à l'ère tertiaire.

 

2.3 Le XIXè siècle  

 

L'idée de "variation" est acceptée par tous les naturalistes, mais l'interprétation de ces variations  fut à l'origine de divergences profondes 

Deux grands courants d'idées :

Premier courant d'idées :

Existence de filiation entre les différentes formes ayant peuplé notre planète.  Celà implique des liens de parenté entre formes cohabitant à la même époque. Cette vision des choses s'appelle TRANSFORMISME ( transmutation des espèces ) ........ LAMARCQ, DARWIN.......... 

Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck (1er août 1744,Bazentin, Somme  18 décembre 1829, Paris) est un naturaliste français. Au début du xixe siècle, il a réalisé la classification des invertébrés, qui regroupent environ 80 % des animaux. Il est un de ceux qui ont pour la première fois utilisé le terme de biologie pour désigner la science qui étudie les êtres vivants.

Il est aussi le premier à proposer une théorie matérialiste et mécaniste des êtres vivants à partir de laquelle il élabore une théorie de leur évolution. Sa théorietransformiste est fondée sur deux principes :

la complexification croissante de l'organisation des êtres vivants sous l'effet de la dynamique interne propre à leur métabolisme ;la diversification, ou spécialisation, des êtres vivants en de multiples espèces, sous l'effet des circonstances variées auxquelles ils sont confrontés dans des milieux variés et auxquelles ils sont contraints de s'adapter en modifiant leur comportement ou leurs organes pour répondre à leurs besoins (cette modification n'étant pas le produit de leur volonté ou de leur désir, mais toujours de cette dynamique interne propre à la vie conçue ici comme un processus où les flux de matière nécessaires à la vie structurent la matière vivante et, par suite, les organismes).

Il est ainsi un des premiers naturalistes à avoir compris la nécessité théorique de l'évolution des êtres vivants.

Charles Robert Darwin (né le 12 février 1809 à Shrewsbury dans le Shropshire– mort le 19 avril 1882 à Downe dans le Kent)- est un naturaliste anglais dont les travaux sur l'évolution des espèces vivantes ont révolutionné la biologie. Célèbre au sein de la communauté scientifique de son époque pour son travail sur le terrain et ses recherches en géologie, il a formulé l'hypothèse selon laquelle toutes les espèces vivantes ont évolué au cours du temps à partir d'un seul ou quelques ancêtres communs grâce au processus connu sous le nom de « sélection naturelle ».

Darwin a vu de son vivant la théorie de l'évolution acceptée par la communauté scientifique et le grand public, alors que sa théorie sur la sélection naturelle a dû attendre les années 1930 pour être généralement considérée comme l'explication essentielle du processus d'évolution. Au xxie siècle, elle constitue en effet la base de la théorie moderne de l'évolution. Sous une forme modifiée, la découverte scientifique de Darwin reste le fondement de la biologie, car elle explique de façon logique et unifiée la diversité de la vie

- Deuxième courant d'idées :

Pas de filiation entre les espèces .

Cette vision à caractère religieux porte de nom de : TRANSFORMISME ou CREATIONNISME ( appel au créateur )

Idée de base : l'espèce une fois créée est IMMUABLE 

Mais dans ce cas comment expliquer les variations de faune ainsi que le " progressionnisme "? La théorie de la création unique selon une interprétation courante des textes religieux, étant devenue indéfendable,fut remplacée par un autre mode d'explication. 

Les tentatives d'explications s'articulent autour de deux mécanismes supposés :

- La théorie des créations successives ou créations spéciales.

- La théorie de la création continue.

1° La théorie des créations successives ou créations spéciales ( Promoteur : Agassiz) -Jean Louis Rodolphe Agassiz, né à Môtier le 28 mai 1807 et mort à Cambridge(Massachusetts) le 14 décembre 1873, est un botaniste, zoologiste, ichtyologiste et géologue américano-suisse. Il sera l'un des premiers scientifiques des États-Unis de renommée mondiale. )

Schéma :

sans-titre-1479.pngcréation n°1 : se maintenant des millions d'années grâce au statisme du milieu .......Bouleversements cataclysmes ......

création n°2 :................................................................................................................Bouleversements cataclysmes ......

création n°3 .................................................................idem etc etc...................................................................................

En passant de la création initiale à la finale : perfection croissante des êtres vivants

D'après Sedjwick : "Evolution graduelle de la puissance créatrice "

Point faible de cette théorie : discontinuité entre les créations  

Remarque :

- progressionnisme n'implique pas évolutionnisme

- Cette "élévation" des faunes successives ne s'est point faite par transmutation mais par additions à la création 

 2° Théorie de la création continue

 La mise en évidence de discontinuités entre les créations était insoutenable

 Pourquoi ?

 On rencontre à notre époque des formes inchangées depuis des périodes géologiquement les plus reculées. 

 Ex : Lingules, Brachiopodes déjà présents au primaire.

 Dans cette nouvelle théorie, on imagine que les extinctions des formes anciennes ne sont pas synchronisées.

A chaque époque :

- disparitions de certaines espèces

- en compensation : création de formes nouvelles     

Conclusion : bilan entre ces deux courants 

 Au XIXè siècle, les arguments paléontologiques en faveur du transformisme étaient faibles. Grosses difficultés pour cette théorie qui niait l'interprétation courante du concept divin : absence de formes intermédiaires. 

2.4 Le XXè siècle

 

AU XXe siècle, les preuves de l'évolution se multipliant, on fait basculer la totalité des biologistes et des paléontologistes dans le clan du transformisme. Au XXème siècle, ce transformisme, de purement  Darwinien au départ va se développer et s'approfondir pour générer des théories modernes comme la théorie synthétique de l'évolution, le néo darwinnisme de pointe, les équilibres ponctués, la théorie neutraliste de Kimura, profitant toutes de nouveaux apports en génétique, en génétique des populations, en biologie moléculaire  ect......Nous examinerons ces théories en " théories de l'évolution"

2.5 Cas particulier de l'évolution de l'homme

 

2.5.1 Balbutiements

 

Comme nous l'avons évoqué, au XVIII e siècle, on est intrigué par la masse d'informations des nouvelles explorations ; de nouvelles plantes, de nouveaux animaux dont la bible ne faisait pas mention, de nouveaux peuples amérindiens, polynésiens, africains,....dont on se demande s'ils sont réellement humains.Ces évènements provoquent une réflexion et sont accompagnés des premiers changements technologiques industriels ainsi que des changements politiques précurseurs des révolutions française et américaine.

L'homme restera unique, de même dans sa biologie. La réelle découverte des Primates ne se fait qu'au moment des colonisations. La première étude en 1699 est celle d'Edward Tyson (1650-1708) qui disséca un jeune chimpanzé mâle et publia comme Homo sylvestris   un "Orang outan "  ou un "pygmée"  . Il ne s'agissait ni de l'un ni de l'autre , mais Tyson évoca son étonnement vis à vis des grandes similitudes anatomiques avec l'homme. il montra en tout cas, qu'un singe ressemble en fait plus à l'homme qu'à tout autre animal . Les singes étant connus depuis l'antiquité, vénérés par les Egyptiens , disséqués par les grecs  (Vésalius a pu montrer que les travaux anatomiques de Galienétaient plus basés sur des singes que sur l'homme ); les similitudes anatomiques étaient donc connues également, mais les singes restaient des animaux "bruts". Le "pygmée " de Tyson devenait plus ambigu. 

2.5.2 Evolutionnisme

 

Diderot ( 1713-1784 ), qui fonda l'Enyclopédie  (1751), s'insurge dans sa "lettre sur les aveugles " contre cette " habitude de traiter de prodige tout ce qui vous paraît au dessus de vos forces " Il met en doute le fait qu'un créateur préside à l'origine du monde. Le pouvoir politique sanctionna le caractère subversif des idées de Diderot, qui sera emprisonné à Vincennes.  Les peuples sont, en effet, peu préparés au doute scientifique, habitués qu'ils sont aux certitudes des religions .

Les idées d'évolution se font d'abord jour en termes d'évolutionnisme culturel et avec des interprétations soit de dégénérescence, soit de progressisme : dégénérescence pour certains par la chute de divers peuples d'un passé brillant vers des situations présentes plus difficiles ( référence est souvent faite à l'âge d'or des grecs soit au jardin d'eden du christiannisme ) progressisme pour d'autres avec à l'origine de l'homme une situation" primitive" ou " sauvage ". Jean Jacques Rousseau ( 1712-1778 ) publie en 1755 le discours sur l'Origine des inégalités entre hommes . Il suggère que l'homme a cette capacité de perfectionner son esprit, que les sociétés sont les résultats du développement mental et donc que les changements sociaux sont perfectibles .

  http://gallica.bnf.fr/VisuSNE?id=oai_numilog.com_9782253093800&r=discours+sur+l%27Origine+des+in%C3%A9galit%C3%A9s+entre+hommes+&lang=FR

Anne Robert Jacques Turbot ( 1727-1781) suggère une évolution de la chasse vers le pastoralisme et l'agriculture, les propos les plus moderne sont probablement ceux d'Adam Fergusson (  ( 1723-1816)  ; les sociétés doivent être décrites par leur stratégie de subsistance. Les sociétés possédant une technologie primitive ne doivent pas être considérées comme vivant de manière meilleure ou pire qu'à notre époque moderne, elles sont simplement différentes.

Les idées d'évolutionnisme et de macroévolution ( changement d'une espèce en une autre ) n'apparaissent que plus tard avec Jean Baptiste Pierre-Antoine de Monet, Chevalier de Lamarck ( 1744-1829 ). Etudiant la collection de Mollusques du Musée d'histoire naturelle, il constate des analogies entre espèces fossiles et espèces actuelles, et propose un changement lent et graduel qui se produit lorsque l'environnement change en dehors d'un grand dessein .      

Les termes de microévolution et macroévolution séparent l'étude des phénomènes d'évolution en fonction de la grandeur d'échelle d'étude : la microévolution pour les changements au sein d'une même espèce, et la macroévolution pour ceux qui ont lieu au stade supérieur à l'espèce.

Le terme de microévolution est généralement utilisé pour signifier que l'axe d'étude porte sur les modifications ayant lieu au sein d'une population donnée, et observées le plus souvent sur une courte échelle de temps (typiquement quelques générations). Dans ce cadre, l'étude s'intéresse surtout à la modification des fréquences alléliques dans de petites populations isolées. Ces changements peuvent avoir plusieurs moteurs, qui agissent simultanément, dont notamment les mutations, la sélection naturelle ou artificielle, et la dérive génétique.

Le terme de macroévolution est généralement utilisé en paléontologie pour indiquer que le niveau d'étude porte sur des changements au-dessus du niveau de l'espèce, comme le clade, etc., et porte principalement sur le phénomène de spéciation et l'évolution dans le temps des groupes d'espèces ( Wikipedia ).

Auteur de la Philosophie zoologique (1809) il invente le terme " biologie"  pour désigner la science qui étudie les animaux et les végétaux. Dans le dernier chapitre de la Philosophie biologique, il décrit l'Homme comme étant le résultat d'une évolution naturelle . Mais les pressions religieuses étant de retour avec l'Empire, il conclut que les choses se sont déroulées naturellement autrement qu'il les a décrites ! le modèle de Lamarck suppose que les caractères corporels modifiés durant la vie de l'individu peuvent être transmis à sa descendance ( hérédité lamarckienne ). Les conditions mésologiques changeant, le degré d'adaptation des organes se modifie également et, en donnant donc suffisamment de temps à des changements mésologiques, de nouveaux organes et organismes apparaissent peuvent apparaître. A l'époque de Lamarck, le terme mésologique correspondait à : " La mésologie se veut être une science des milieux, qui étudie de manière interdisciplinaire et transdisciplinaire la relation des êtres vivants en général, ou des êtres humains en particulier, avec leur environnement".

Cette hérédité des caractères acquis est aujourd'hui  totalement rejetée , mais ses idées évolutionnistes étaient néanmoins révolutionnaires pour l'époque. Pour Lamarck, si une espèce animale est face à une extinction possible, elle se modifiera avec le temps en une autre espèce. L' Homo sapiens proviendrait  d'animaux quadrupèdes qui, en fonction de différentes circonstances , auraient perdu l'habitude de grimper aux arbres, d'user de leurs pieds pour agripper et de se défendre avec leurs mâchoires et canines. Ils utiliseraient dès lors leurs pieds pour se mouvoir et leurs dents et mâchoires pour une fonction uniquement masticatoire.

Bien entendu des oppositions créationnistes apparaissent dont la plus célèbre est sans nul doute celle de Georges cuvier ( 1769-1832), pour qui l'évolution est due à des catastrophes successives ( le catastrophisme ) : périodiquement la terre subit une catastroph majeure détruisant toute vie, une création d'animaux nouveaux et différents en résulte. La traduction anglaise parle de l'arche de Noé, comme étant le résultat de la dernière catastrophe éliminant les dinosaures. Pour certains, cependant, les fossiles ne sont que des tentations du Diable pour tester les sceptiques et les géologues. Georges Cuvier fit autorité dans ses travaux de zoologie , de paléontologie et d'anatomie comparée, il y rejette l'aspect linéaire de l'évolution et le concept de la "Grande chaîne des Etres vivants ", Cuvier insiste sur la fixité des espèces.

La théorie catastrophique de Cuvier est à l'époque universellement acceptée mais la controverse débute avec la publication de trois volumes ( 1830-1833 ) du très populaire Principes of geology par Charles Lyell ( 1797-1875 ) . Les géologues construisent, en effet, une vision totalement différente, celle du gradualisme ou uniformitarianism : non seulement ,6000 ans d'âge pour la terre est absurde ( 75.000 ans pour Buffon ), mais notre globe se modifie suite à des processus observables encore actuellement.  c'est le cas de James Hutton ( 1726-1797) et de charles Lyell, qui pour la première fois situe l'origine de la terre à un âge immensément lointain. La préhistoire humaine , aussi, va bien au delà de ce que les écrits ne permettent ( The antiquity of Man, 1863 ). Charles Lyell devint, par ailleurs, ami et confident de Charles Darwin à son retour de voyage.

la notion d'évolutionisme est renforcée par les découvertes archéologiques qui s'accumulent. Dans la foulée apparaît la conception chronologique des trois étapes : celle de la pierre, du bronze et du fer ( Thomsen , 1788-1865) ; les premiers pas de la préhistoire des Humains par Jacques Boucher de Crèvecoeur de Perthes ( 1788-1868 ) qui découvre de nombreuses pierres façonnées le long de la Somme en France, à attribuer, selon lui, à des hommes préhistoriques. Ses travaux sont ridiculisés par le monde scientifique en 1838 mais acceptés une vingtaine d'années plus tard.

2.5.3 Le départ de la conception évolutionniste avec Charles Darwin (1809-1882)

Charles Darwin ne fit pas de brillantes études, son père le Dr Robert Darwin, lui même fils de l'éminent Dr Erasmus Darwin l'envoya faire des études de médecine à Edimbourg, qu'il abandonna après deux années. En dernier recours, ses parents songent pour lui à la religion et l'envoient faire des études de théologie au Christ's collège de Cambridge . La théologie ne le passionne pas , par contre il s'intéresse aux sciences naturelles et suit régulièrement les cours du révérend John Stevens Henslow, botaniste et du géologue Adam Sedgwick. Il sera néanmoins titulaire d'un titre lui permettant de devenir Pasteur. Par l'intermédiaire de son ami Henslow, il reçut une lettre de recommandation pour occuper un poste de naturaliste dans une expédition scientifique, il avait 22 ans. il s'embarque donc sur le HMS Beagle le 27 décembre 1831 dans des conditions psychologiques particulières, en effet, son père s'était opposé à ce départ. pasteur débutant, amateur de botanique, de zoologie et de géologie, il se mit à un travail de collection et de dissection qui lui autorisait le statut de naturaliste professionnel. Ses observations lors de ce voyage l'amenèrent à considérer assez rapidement un mécanisme évolutif en lieu et place de son ancienne conception de fixité des espèces. Son voyage prend fin le 2 octobre 1836 .

Il coordonne ses observations et écrit un résumé de ses vues sur la sélection naturelle en 1942 qu'il révise en 1944. Cependant Darwin estime qu'il est trop tôt pour publier ses écrits et estime devoir encore accumuler des données et des arguments. C'est son ami charles Lyell qui l'incite à publier avant que sa théorie ne soit présentée avant lui. Darwin refuse cependant.

Effectivement, en 1858, Darwin reçut un article de Alfred Russel Wallace ( 1823-1913 ) : "On de tendency of varieties to depart indefinitely from de original type".  Par l'influence de son ami Lyell vis à vis de la Linnaean Society, les travaux de darwin et de Wallace y furent présentés un même jour : le 1er juillet 1858. Darwin , malade ne pût y être présent ainsi que Wallace en voyage. Les membres présents restèrent indifférents à cette présentation, étant donné leur " imperméabilité" au concept de sélection naturelle. Darwin se remit au travail et publia en 1959 son livre "On the Origin of Species ". Le concept central de cette théorie est la notion de sélection naturelle comme mécanisme reponsable de la transformation des espèces : La plus grande chance de survie et/ou de reproduction est attribuée aux individus porteurs d'un caractère plus favorable au biotope.

Le résultat de ses cogitations proviennent d'observation de :

- récifs de coraux, îles volcaniques

- Biogéographie, mise en évidence de similitudes de distribution géographique pour des espèces fossiles et vivantes apparentées       

Il a également été influencé par les écrits de Lyell, échelle de temps, gradualisme,... ainsi que par ceux de robert Malthus ( 1766-1834 ) qui montre l'influence de la limitation des ressources naturelles sur la fertilité humaine et sa capacité de doubler tous les 25 ans.

La publication de son ouvrage " On the Origin of species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Live "va changer la biologie de l'évolution, la sélection naturelle restant actuellement incontournable dans ce domaine scientifique.

Darwin évoque une conception originale de l'espèce en tant que population dynamique d'individus ( au contraire du concept d'espèce immuable admise jusque là ), il argumente à partir :

- La variation biologique naturelle

- l'évolution des races domestiques

- l'embryologie et l'anatomie comparées

- La biogéographie et les fossiles.

Les organismes vivants présentent un grande variabilité, il n'y a pas deux individus identiques. Il y a lutte pour la survie , des caractères comme la taille, l'agilité, la force ... avantage les individus qui les possèdent au meilleur niveau. Darwin postule que ces variations s'héritent, bien que l'on ne dispose pas des lois de l'hérédité à l'époque. Sur de longues périodes géologiques, ces variations peuvent produire de grandes différences et amener à de nouvelles espèces. L'application de ces principes à l'espèce humaine semble logique, mais Darwin n'en fait pratiquement pas mention dans son ouvrage de 1859.

C'est Thomas Henry Husley ( 1825-1895 ) qui démontre notre lien ancestral avec les autres Primates et notre énorme ressemblance avec le Gorille, le chimpanzé et l'Orang-outan. C'est ainsi que Darwin introduisit le mécanisme de la sélection naturelle dans l'évolution de l'Homme ( The Descent of Man, and Selection in relation to Sex, 1871). Peu importe , pour Darwin, le niveau technologique des populations humaines, il n'y a pas d'humanité " inférieure " . Il considère les cultures différentes comme équivalentes en terme d'observation, de raisonnement, d'imagination.

A l'opposé, l'Europe au XIX ème siècle a une très haute opinion de sa culture, pourvue d'un système social créé à l'image de Dieu. Considérer l'Homme comme proche des autres Primates pensés " inférieurs " constitue un anathème. Conformément à la compréhension littérale de la bible, l'Homme est séparé de toutes les autres espèces par un pont infranchissable.La logique darwinienne est donc difficile à accepter.

Cette logique darwinienne a des conséquences au niveau des conceptions biologiques , elle explique notamment l'apparition de structures complexes par un processus naturel. Ceci n'implique pas que toutes les structures soient parfaitement adaptées  : le monde naturel n'est pas le meilleur possible, il est simplement un des mondes possibles . Même si les facteurs de chance jouent un rôle important, dans l'évolution, la sélection naturelle intervient de manière déterminante , comme le montre la convergence d'organes dans des groupes d'animaux non apparentés soumis à des conditions environnementales similaires.       

Viendra  vers la fin du 19ème siècle l'époque où l'on relativise les cultures et où on refuse de les classer en supérieures ou inférieures. Boas ( 1858-1942), par exemple, reconnaît l'immense complexité des sociétés  et de leurs cultures et élimine toute idée de progrès et d'ethnocentrisme.

Les biologistes orientent leurs travaux vers la recherche des relations évolutives, c'est le cas notamment du célèbre biologiste allemand Ernst Haeckel qui popularise les arbres généalogiques. Au début du 20ème siècle , la génétique mendeléenne commence à être acceptée et ronald A. Fisher et sewal Wright (1889-1988) vont synthétiser la théorie darwinienne de la sélection naturelle et l'hérédité mendeléenne dans un concept connu comme neodarwinisme. Theodosius Dobshansky ( 1900-1975 ) décrira cette théorie synthétique en 1937, dans son livre " Genetics and the Origin of Species " et Ernst Mayr et le fit en 1942 avec " systematics and the Origin of Species ".

 Pour plus de détails sur l'évolution des idées sur la théorie de l'évolution, voir dans ce site : Les théories de l'évolution biologique  

2.5.4 L'Hérédité 

- L'hérédité a intrigué l'Homme de tout temps

- Nombreuses explications au cours de l'histoire qui nous apparaissent aujourd'hui comme des élucubrations, par exemple certains Grecs estimaient que l'hérédité chez l'Homme était une question de dominance d'un des partenaires pendant l'acte sexuel. Les Grecs croyaient que le premier Homme était moitié féminin et moitié masculin, qu'il avait 4 mains et quatre pieds, deux faces regardant dans des directions opposées et que les dieux l'avait divisé en deux sexes séparés. Eschyle ( 525-426 av JC ) disait dans la Trilogie de l'Orestie que l'enfant n'était pas produit par la mère  - elle n'en est que la nourrice - " c'est le père qui en est l'auteur " la tradition aristotélicienne soutenait que le sperme, l'éjaculation provenait de toutes les parties du corps par l'intermédiaire de la moëlle épinière et la "semence" était amenée par les nerfs au pénis. Léonard de Vinci a décrit ce processus qui expliquait que l'orgasme semblait impliquer le corps entier. Aristote pensait aussi qu'un conduit reliait l'aréole du seing à l'utérus et que c'est le sang menstruel qui était à la base de la sécrétion de lait. encore d'après Aristote, l'embryon possédait une âme végétative, se développait ensuite comme une âme sensible comme celle des animaux et enfin comme une âme rationnelle humaine. Ces conceptions eurent de l'influence sur la culture européenne occidentale. Au XIII ème Siècle, saint Thomas d'Aquin accepte le concept du développement de l'âme selon Aristote et conclut que, dans le développement humain, apparaît d'abord le vivant, puis l'animal et enfin l'Homme. L'église n'a que peu d'objections à formuler au sujet de l'avortement et considère même qu'il ne faut pas baptiser trop vite, avant l'apparition de l'âme rationnelle . Par contre, la semence comporte toute la potentialité de vie ce qui implique que la perte de cette semence par la masturbation où le coït interrompu sont des abominations. Le rôle de la femme dans la fécondation ne fût reconnue que plus tard et notamment par la théologie musulmane , la semence masculine à l'origine des os et des tendons est incomplète sans la semence féminine qui est à l'origine du sang et de la chair, la masturbation ne sera donc plus interdite.

Au XVIII è siècle, Linné suggère que les systèmes externes ainsi que le système cardio-vasculaire seraient déterminés par le père, alors que les systèmes internes, y compris le système nerveux seraient d'origine maternelle. a ce même siècle, une théorie intéressante a été élaborée, celle de la " préformation " selon laquelle le développement d'un organisme n'est que la croissance de ce qui est présent en miniature dans les cellules sexuelles ( l'homonculus ); les spermistes considères que cette préformation est présente chez l'Homme et les ovulistes eux la situe dans les cellules sexuelles de la femme. Ce principe ne concerne que les hommes et les animaux, les plantes étant considérées comme sans sexualité. L'Allement rudolph Camerarius montra la présence d'organes sexuels chez les plantes. Dès lors des études d'hybridation débutent, elles se poursuivent au XVIII et XIX è siècle sans toutefois donner de résultats probants , les plantes utilisées étant trop complexes et n'étaient pas suivies sur suffisamment de générations.

L'hérédité était considérée comme un mélange de caractères parentaux , car on observait fréquemment que les caractères des enfants formaient une sorte de moyenne des caractéristiques parentales. C'était aussi la théorie admise par Darwin, ce qui constitua la critique la plus sérieuse à son oeuvre. En fait par ce mélange de caractères parentaux , la variation de ces caractères devrait disparaître après des croisements aléatoires.

Ce n'est que vers 1860 que grégor Mendel ( 1822-1884 )proposera une solution. Né à Heinzendorf en Tchéquie d'une famille silésienne de fermiers  , il fait des études brillantes et ses professeurs le recommandent pour une école supérieure puis au Gymnasium à Tropau, où l'on reconnait également ses qualités. Il est ensuite inscrit à l'institut universitaire de philosophie d'olmutz , mais des problèmes financiers et de santé le font revenir chez ses parents pendant 1 an. il revient à l'université en 1841, mais y travaille tellement dur qu'il tombe à nouveau malade et en 1843, un de ses professeurs Friedrich Franz lui suggère d'intégrer un Monastère car celà correspond mieux à son tempérament. Il entre comme novice au Monastère de Brnö en 1943 sous le nom de Gregor. Très vite, on reconnaît qu'il n'a pas le tempérament pour devenir Prêtre de Paroisse car il est trop sensible aux malheurs des autres. Compréhensif, le Monastère le désigne comme professeur assesseur dans un Collège voisin . Il y acquiert une réputation de pédagogue brillant. Il ne peut cependant pas être nommé car il ne possède pas le certificat adéquat. Il poursuit donc des cours à l'Université de Vienne. C'est là qu'il rencontre des professeurs de physique de biologie et de mathématiques. Cette formation lui permettra ensuite de comprendre ses propres expériences. Il occupera même le poste de démonstrateur à l'institut de physique . Son professeur de botanique est Franz Unger, un évolutionniste.

Après ses études à Vienne, Mendel revient au monastère de Brnoet à ses jardins . Avant de débuter ses expériences, il décida de déterminer les différentes formes différenciées d'hybrides, de les ranger en générations parentales, filiales etc., et d'évaluer leurs proportions en termes statistiques. Tout ceci peut nous paraître banal, mais c'était neuf pour l'époque.

Par caractères différenciés, Mendel entendait des plantes qui possédaient 2 traits bien contrastés comme la couleur, la taille ... La recherche de telles plantes amène Grégor Mendel a étudier les pois de jardin ( Pisum sativum ) . Il choisit des plants contrastés pour 7 traits ( qui se sont avérés être situé sur des chromosomes autosomes différents , sans quoi ses expériences n'auraient probablement pas réussi ).

Lorsque les plantes étaient prêtes à fleurir. Mendel ouvrait le bouton, empêchait la plante de s'autofertiliser et réalisait dès lors lui même une fertilisation croisée. La génération des croisements entre deux individus de la génération filiale ( F2) donnait des rapport 3/1 , correspondant aux traits que Mendel qualifia respectivement de dominant et de récessif

après 8 ans de travaux , Mendel prépare son rapportqu'il présente en février 1865 à la sociétéd'Histoire naturelle de Brno. Non habitués à cette méthodologie , les membres de la société sont sceptiques ; à la vue d'équations algébriques, l'incompréhension est encore plus grande. Les rapports d'audience mentionnent l'absence de discussion sur ce rapport. La monographie est publiée et envoyée à de nombreuses autres sociétés, toujours sans succès.  

2.5.5 Vers la biologie moderne ... 

Les spermatozoïdes avaient déjà été découverts par Anthony Van Leeuwenhoeck ( 1678), Il crut qu'il s'agissait de parasites de la semence masculine et les appela "animal de semen", spermatozoïdes. l'ovule du mammifère ne le fut que bien plus tard  en 1827 par l'Allemand Karl von Baer, et lafertilisation en 1875 par le Belge Edouard van Beneden.

Dans les années 1860 Rudolf Virchow proposa que la cellule constitue l'unité fndamentale de l'être vivant et August Weismann distingua notamment les cellules germinales et somatiques, il comprit également les mécanismes des divisions cellulaires menant aux cellules sexuelles. Francis Galton, cousin de Darwin fonda les principes de la biométrie.

C'est dans ce contexte qu'il faut resituer les premières découvertes de fossiles humainset que naît la paléoanthropologie humaine.Le premier homme fossile identifié en tant que tel est l'homme d'Engis ( Liège ) découvert en 1833 par Schmerling. Précurseur de l'ambiance scientifique de son époque , les travaux de Schmerling ne furent pas pris en considération. En 1856, des restes de Néandertal furent trouvés dans une grotte de la vallée de la Néander à 12 km de Dusseldorf; cette calotte crânienne et ces fémurs ont fait naître des discussions, typiques de l'époque, qui ont été jusqu'à considérer l'Homme de Néandertal comme un cas pathologique. Cependant les découvertes se sont accumulées ensuite et ont mis fin aux discussions.

En 1860, Edoard Lartetdécouvre l'art rupestre et décrit des oeuvres représentant des animaux disparus , le Mammouth gravé de la Madeleine (Aurignac ) par exemple. L'homme de Cro-magnon est découvert dans une grotte aux Eyzies en 1868.

en 1866, le géologue belge Dupont recueille une mandibule humaine dans la grotte dite du trou de Naulette ( Dinant ). En 1887, Spy ( grotte de Betc.he aux Roches) livre deux squelettes humains aux chercheurs belges, le géologue Lohest, l'archéologue de Puydt et l'anatomiste Fraypont. Ces restes étaient accompagnés in situ d'un outillage en silex ainsi que d'une faune fossile de mammouths, d'hyènes des cavernes, de rennes et de cerfs élaphes. Toutes ces découvertes, ainsi que celles de Gibraltar ( faites en 1848, mais décrites en 1964 ) et de Banolas en Espagne sont attribuées à une même espèce fossile : l'Homme de Néandertal .

N'oublions pas que ce contexte exclut la connaissance de la génétique. Si Grégor Mendel ( 1822 1884 ) publie ses résultats en 1895, et si Darwin en possédait une copie, il croyait, comme ses confrères, que chaque partie du corps formait un germe se concentrant dans les gamêtes. Par la fusion de l'ovule et du sperme, il y a mélange des caractères , comme un mélange de couleurs en quelque sorte. Les lois de l'hérédité ne seront reconnues en tant que telles par Hugo de Vries aux Pays-bas, Karl Correns en Allemagne et Erik Tschermak en Autriche. Ils redécouvrent indépendamment les lois de Mendel, 16 ans après son décès.  

En 1901 Archibald Garrod étudie un désordre métabolique dénommé alcaptonurie démontre que les principes de la génétique sont applicables pour l'homme également. En 1901 aussi, le concept de mutations, changements brusques d'un gène modifiant le phénotype est popularisé par Hugo de Vries ( Die mutations theorie ) . toujours en 1901, Karl Landsteiner décrit le premier groupe sanguin, le système ABO. Enfin en 1902, l'Allemand Theodor Boveri propose que les composants nucléaires appelés chromosomes constituent le matériel génétique.

dans les trente années qui suivirent, la nature des mutations et les facteurs mutagènes eux-même vont être étudiés par Müller (1924, nature mutagène des rayons X sur les drosophiles) . les généticiens comprennent les deux mécanismes principaux de l'évolution : D'une part la présence et la production de variations génétiques ( différences entre individus ) et d'autre part la sélection naturelle ( fertilité différentielle des variations génétiques individuelles ). les principaux promoteurs de ces idées sont les Anglais Ronald Fischer ( The Genetical Theory of Natural Selection )et J.B.S. Haldane, l'Américain Sewal Wright, Sergeï Chetverikof en Union soviétique et Théodosius Dobzhansky ( Genetic and the Origin of Species 1937 ). Ces données sont synthétisées sous l'appellation de modèles "Néodarwiniens" et de la théorie dite " synthétique de l'évolution" . Plus tard la théorie neutraliste explique l'évolution comme le résultat de la dérive génétique et d'échantillonage d'une génération à l'autre. Le neutralisme explique l'essentiel de l'évolution moléculaire et le haut taux de polymorphisme observé dans les populations , voir dans ce site les théories de l'évolution biologique.  

L'ADN, sa structure et son code sont connus depuis 1953 mais les grandes percées ne se feront que dans les années 1970-1980, voir dans ce site "biologie moléculaire"  

Elles permettent d'envisager l'évolution à un niveau moléculaire . Ainsi en 1975, une méthode de séquençage des bases de l'ADN est découverte. En 1982, la première recombinaison d'un ADN humain de l'insuline est réalisée dans une bactérie et en 1987 la décision de cartographier l'ensemble du génome humain est prise. Comme beaucoup de grandes idées qui révolutionnent nos connaissances , l'évolution par sélection naturelle est relativement simple. Ce que Darwin développa au niveau des populations et des individus, la génétique l'étendit au niveau cellulaire et moléculaire.   

 

                 

 

               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 22/02/2015