III. Faune tanzanienne

 

III.FAUNISTIQUE DES STEPPES ET SAVANES.

 

Faune tanzanienne . Introduction.

 

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III.1 Introduction

 

Comme nous l'avons vu précédemment, les paysages  principaux que nous allons rencontrer sont la zone semi aride des steppes, les steppes arbustives moins sèches, la savane guinéenne et des lambeaux de forêt ou des zones humides diverses.

Il est opportun, maintenant, de réaliser un tour d'horizon, forcément non exhaustif, des éléments faunistiques que nous  pouvons rencontrer dans ces milieux : Une bonne partie des photographies sont issues de deux safaris de 15 et 25 jours réalisé dans les parcs de Serengeti, Manjara lake, Tarangire, Arusha en Tanzanie ainsi que la zone de conservation de Nogorongoro et la réserve de la caldeira de Nogorongoro en Tanzanie. nous avons visités ces zones protégées à la saison sèche 2012 (15----->30 août ) et à la  grande saison humide 2013 ( 20 mars----->15 avril 2013) , nous avons également visité la zone de la gorge d'Olduvaï, abordé le lac Victoria par la ville de Mwanza et effectué un passage dans la région du lac Eyazi pour y voir les forgereons Datogas et prendre la mesure de l'extrême ancienneté des chasseurs cueilleurs Hadzabés ( mode de vie paléolithique)

En se basant essentiellement sur le degré de parenté qui rapproche les Mammifères d'une même contrée, les écologues et biogéographes ont réalisé une zonation du monde, qui correspond à peu près au limites des continents.

 L’Afrique présente deux zones zoologiques distinctes : la zone nord et nord-ouest, comprenant le Sahara - faisant partie de la zone paléarctique -, et la zone éthiopienne, reprenant toute l’Afrique subsaharienne. Au nord du Sahara, on trouve communément des moutons, des chèvres, des chevaux et des chameaux. Le mouton de Barbarie, le daim rouge d’Afrique sont originaires de la côte d’Afrique du Nord. Dans le Sahara, on trouve des fennecs, ainsi que des lièvres, des gazelles et des gerboises, un petit rongeur se déplaçant par bonds. La zone éthiopienne abrite une grande variété d’animaux et d’oiseaux. Dans les régions boisées et herbeuses vivent de nombreuses espèces d’antilopes et de daims, des zèbres, des girafes, des buffles, des éléphants d’Afrique, des rhinocéros et différents singes. Le gorille, le plus grand singe du monde, est en voie de disparition. Végétarien, il habite les forêts de montagne de l’Afrique équatoriale (Rwanda, République démocratique du Congo). On trouve des lémuriens à Madagascar.

Parmi les carnivores figurent le lion, le léopard, le guépard, l’hyène, le chacal, le Serval, le Lynx et la mangouste. La plupart des oiseaux appartiennent au Vieux Monde et certains sont migrateurs : ils quittent l’Europe l’hiver pour venir hiverner dans les deltas et les marais d’Afrique (Sénégal, Okavango, sud-Soudan, Lac Victoria). La pintade est un des oiseaux les plus chassés. Il existe un grand nombre d’oiseaux aquatiques, notamment les pélicans, les hérons goliath, les flamants, les cigognes et les aigrettes. L’ibis se trouve dans la région du Nil et l’autruche, qui a quasiment disparu du Sahel, vit dans l’est et le sud de l’Afrique.

 

En ce qui concerne les reptiles, on trouve en Afrique lézards, crocodiles et tortues. Il existe plusieurs serpents venimeux dans toute la zone éthiopienne, dont le redoutable mamba. Parmi les serpents étouffant leur proie figurent les pythons, principalement en Afrique occidentale où ils sont l’objet d’un culte ; le boa constricteur est originaire de Madagascar.L’eau douce abonde en poissons. On recense plus de 2 000 espèces. Le continent présente une variété d’insectes nocifs, notamment les moustiques, les fourmis migratrices, les termites, les criquets migrateurs et les mouches tsé-tsé. Ces dernières transmettent la maladie du sommeil aux hommes et aux animaux, interdisant par exemple l’élevage des bovins en zones forestières.


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III.2  SAVANES ET STEPPES TANZANIENNES 

 

2101-1.jpgIII.2.1 Zonation, origine, et développement des savanes

 

De manière générale sur ces grandes étendues nous apercevons de tous côtés des herbivores, souvent en groupe, les Antilopes sont superbes, l'élégance de leurs cornes et la variabilités des robes.Citons la magnifique gazelle de Grant avec son pelage couleur de sable, les agiles gazelles de thompson dont le flanc est barré d'une large raie noire, des Bubales, des Damalisques et des Gnous forment des troupeaux de quelques dizaines à parfois plus de 1000 individus. C'est un cadeau de cette région, qui nous permet d'imaginer à quoi ressemblait  le tableau faunistique terrestre avant que l'homme ait bouleversé bien des milieux naturels. 

 

Notons pour être complet que certaines réserves kenyanes offrent le même type de spectacle ( Amboseli, Masaï Mara,........) .

 

Il n'y a donc rien d'étonnant qu'un certain nombre de touristes et de scientifiques affluent dans cette région ou l'équilibre écologique naturel n'a quasiment pas été bousculé par l'homme.

 

 VDS août 2012 : Savane tanzanienne

 

Certaines régions volcaniques de l'Afrique de l'est occupées par de vastes steppes ont un sol développé à partir d'une roche mère constituée d'une épaisse couche de lave durcie, ce sol n'y est pas épais et et rend très difficile la croissance d'arbres ou d'arbustes à grosses racines , le développement de la forêt y est extrêmement laborieux, presque inexistant.2015.jpg

 

VDS Août 2012 : Steppe sur fond de savane , Tanzanie

 

 Une pluviométrie de 120 à 150 litres d'eau par mètre carré fait de ces régions un désert, 400 litres une steppe et 1250 litres une savane si les précipitations ont lieu en une saison suivie d'une longue saison sèche. Si les précipitations sont régulières tout au long de l'année, le sol nourrit alors un espace boisé. Des exceptions existent où l'on trouve ces espaces boisés dans des conditions différentes  à proximité des zones humides ( certaines zones de la vallée de la rivière Mara en Tanzanie, Tanganyka, lac Victoria ) ou plus en altitude ( zone de protection externe du Ngorongoro ). Cependant et de manière générale, de grandes régions de la Tanzanie sont propices au développement des savanes. Certaines zones au Nord y représentent également des transitions savanes/steppes  ou steppiques arbustifs .  

 

III.3. LA CHAINE ALIMENTAIRE DANS LES STEPPES ET SAVANES TANZANIENNES

 

 III.3.1 Caractéristiques en rapport avec l'alimentation des " herbivores "

 

Les plantes de ces régions de steppe et de savane sont soumises à des incendies et au piétinement des herbivores,  les formations herbacées sont bien adaptées à ce régime agressif, après destruction, elles peuvent retrouver très vite leur luxuriance naturelle. C'est par évolution que ces plantes ont put résister parallèlement à l'évolution des herbivores depuis plusieurs millions d'années.C'est ainsi que la dentition des herbivores portent des couronnes aux incisives et molaire, ce qui leur permet de couper et de broyer les végétaux dans les meilleures conditions .

 

sans-titre-723.pngLa zone de croisance des plantes herbacées est à la base de la tige et non située au sommet comme chez les arbres, celà permet aux herbes de repousser après avoir été broutées par les herbivores ou détruites par le feu. De plus certaines espèces possèdent des rhizomes souterrains , ce qui leur permet de redémarrer immédiatement après destruction.

 

En plus de leur dentition particulière, on remarque qu'une grande partie des herbivores sont très agiles et doués pour la course, tout en étant d'anatomie très variée, du Buffle au délicat Dik-dik, à peine plus grand qu'un lièvre, ils possèdent des membres longs aux fines attaches terminés par des sabots. Cette caractéristique est une adaptation aux sols durs leur permettant de réaliser rapidement de grands déplacement à la recherche de pâturages, mais permet aussi de fuir éperdument pour échapper aux prédateurs toujours à l'affût. Les spécialistes ont donc logiquement appelé ces Mammifères " Ongulés " puisqu'ils possèdent à l'extrémité de leurs membres un étui corné ( sabots ) entourant et protégeant la dernière phalange de leur doigt.

 

Nous n'entrerons pas dans le détail de la classification des Ongulés mais nous distinguerons dans ce groupe les Périssodactyles à nombre impair de doigts et les Artiodactyles à nombre pair de doigts 

 

Périssodactyles  : Rhinocéros ( 3 ), Zèbre ( 1 )

 

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VDS août 2012 : Tanzanie : Zèbres couagga ( ou Zebre de Grant : Hippotigris couagga )

 

Artiodactyles : Hippopotame ( 4 ), Buffle ( 2 ) , ... Gazelles .......... divers Suidés ( Phacochère, hylochère , ........), Giraffes.....

 

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 VDS août 2012 : Tanzanie : Antilope Bubale ( Alcelaphus busephalus )

 

De manière générale, la classification se fait comme suit :

 

 Les ongulés : C'est l'ensemble des mammifères possédant un ou plusieurs sabots.

Ce super-ordre se divise en 4 ordres (périssodactyles, artiodactyles, proboscidiens, hyracoïdes) :      

 

 - les ongulés à nombre impair de doigts (cheval, rhinocéros, ...)      

 

 - les ongulés à nombre pair de doigts (Suidés, Gazelles, hippopotame, chameau, chèvres...)  

 

- les proboscidiens, les éléphants (les pattes antérieures ont 4 ou 5 doigts, les postérieures 3 ou 4 doigts)      

 

- les hyracoïdes, le daman (les pattes antérieures ont 4 doigts, les postérieures 3 doigts).

 

Notons encore qu'en plus de l'adaptation à la course, et une denture adaptée, les herbivores peuvent, vu leur système digestif, se mettre en adéquation avec la nourriture herbacée, cet aliment coriace et  difficile à digérer en raison de la présence de cellulose dans ses tissus, aucun vertébré n'est capable d'assimiler totalement cette cellulose qui est composant essentiel des plantes. 

Au cours de l'évolution, les phytophages ont développé une solution qu'est la symbiose avec des micro-organismes capables de digérer cette cellulose.

En effet, les Insectes végétariens possèdent dans leur intestin des colonies de bactéries et de protozoaires  dotés de telles possibilités ; il en fut de même pour les reptiles du mésozoïque . Grace à ces millions de bactéries et de protozoaires, les ongulés peuvent tirer le maximum de parti des végéteaux.

En général cette fermentation à lieu dans une excroissance particulière du tube digestif de ces herbivores :

- le caecum de 30 litres chez les Equidés (Zèbres)

- La panse ou rumen chez les Bovidés ect...... 

Chez les bovidés, le rumen occupe un volume important  de 5 ( Dik dik ) à 200 litres ( Buffle ) selon l'espèce. Il représente près de 90 % du volume des poches stomacales. Le rumen constitue une vaste cuve de fermentation anaérobie, où les aliments, finements divisés par la première mastication puis par la rumination, imprégnés de salive, se trouvent exposés pendant un temps prolongé (de trente à soixante-dix heures) et dans des conditions qui leurs sont favorables, à l´activité des micro-organismes. Protozoaires, bactéries et champignons vivent en symbiose avec le bovin. Ils lui permettent, en échange « du gite et du couvert », de digérer la cellulose et autres constituants des végétaux, de mieux utiliser les matières azotées de la ration et de ne pas manquer de vitamines du groupe B qu´ils synthétisent. 

Lors de la rumination, les parois végétales sont brisées, les membranes cellulaires des aliments sont également brisées, ce qui expose leur contenu à l´action des enzymes microbiennes. La rumination provoque aussi une sécrétion intense de salive, qui constitue une solution tampon pour le rumen, c´est-à-dire qui en stabilise le pH ou "niveau d´acidité". Cette stabilité - un pH idéalement compris entre 6 et 6,8 - est favorable à la vie de tous les micro-organismes du rumen.

La rumination est un mouvement mi-réflexe, mi-volontaire. La rugosité des aliments, lorsqu´ils passent au niveau de la gouttière osophagienne et du réseau, favorise le déclenchement du réflexe. La rumination n´est possible que dans le repos, le bovin reste couché pendant 80 à 90 % de son temps. La rumination se déroule en six à huit périodes par jour, de 45 minutes environ chacune. Le rumen doit être suffisamment rempli pour que la masse alimentaire soit au contact du cardia (orifice du rumen à la jonction de l´osophage). S´il est trop rempli, l´excès de gaz inhibe la rumination. 

 

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                                                                                                                          Tuve digestif de bovidé

 

Le mécanisme de la rumination est le suivant :

 

Après une première mastication, le bol alimentaire arrive au niveau du rumen où il est brassé et attaqué par les microbes, par des mouvements rétrogrades du tube digestif, ce bol brassé parvient à nouveau à la cavité buccale ou beaucoup de salive est produite, à nouveau l'aliment remastiqué et prédigéré descend dans l'oesophage court circuite le rumen et aboutit dans le vrai estomac, à savoir la caillette, c'est le début de la rumination.  

 

III.3.2 l'interaction écologique alimentaire, les Carnivores

 

Dans les steppes et savanes de Tanzanie, rien ne se passe comme dans les films à sensation, le paysage est calme et dégagé et permet d'observer la faune dans de bonnes conditions. Il n'en va pas de même dans les forêts où la visibilité moindre rend l'observation difficile.

 

Les récits d'aventure exotique mettent en scène des lions qui rugissent et montrent les crocs, ce n'est pas le cas, le plus souvent, ils dorment paisiblement au pied des acacias à l'ombre en groupe famillial. Les amateurs d'émotions fortes seront surpris de voir que les Zèbres et les antilopes paissent tranquillement en se contentant de lever la tête de temps à autre pour observer les fauves . Même le Guépard bien souvent considéré par les néophytes comme le plus acharné et le plus audacieux des prédateurs est un  grand paresseux bien souvent siestant calé entre deux branches d'acacias.

 

Du point de vue statistique, un zèbre ne risque pas plus d'être dévoré par un lion qu'un citadin de mourir au volant de sa voiture. Une tension permanente de la part des chasseurs comme des chassés ne conduirait qu'au gaspillage d'énergie, ce qui s'oppose au lois d'économie qui sont celles de la nature.Tant que les carnivores peuvent vivre des restes d'une grande proie et tant qu'ils sont rassasiés, ils ne font aucun mouvement superflu et ne se livrent pas à l'exercice de la chasse pour le simple plaisir de tuer. Les herbivores sont adaptés au comportement des fauves et sont outillés pour capter dans la nature les mouvements et intensions de ses ennemis, il ne mettra ses systèmes d'alarme complexes et efficaces qu'au dernier moment.  

 

LES FAUVES NE DEVIENNENT DANGEREUX POUR LEUR PROIES QUE LORSQU' ILS SE CACHENT

 

Alors, le moindre mouvement suspect, effluve, même imprécisément localisé provoque chez les herbivores la terreur et le désordre, c'est ce que les lions cherchent pour provoquer la fuite éperdue et chaotique des troupeaux et hardes. A la tombée de la nuit, les lionnes s'agitent et des rugissements saccadés surgissent de la plaine. On ne voit plus d'herbivore , gazelle, zèbre, damalisque ...broûter la tête baissée : le jeu de la vie et de la mort vient de commencer . ces spectacles sauvages de chasse peuvent émouvoir, d'autant qu'après l'intervention des lions sur le gibier, les hyènes nettoyent la carcasse grossièrement et les vautours finissent le travail, ce qui est encore digestible sera achevé par les bactéries...... qui livreront ainsi au sol des éléments nutritifs pour les plantes, c'est un cycle et celà s'appelle chaîne alimentaire.

 

Le jeune Zèbre, s'il n'est pas mangé, continuera à accumuler de l'énergie pour vivre, et transformera des protéines végétales en protéines animales ( sa chair ). Si ce zèbre vit suffisamment longtemps pour se reproduire, il engendrera des individus ayant les mêmes fonctions que lui. Le lion de son côté est incapable de se nourrir à partir de végétaux comprennant un type de protéine qui ne lui convient pas. C'est donc en chassant les protéines animales des herbivores qu'ils peuvent survivre. les hyènes nécrophages et les vautours profiteront des restes laissé par les carnivores lors de leur festin.

 

Les divers intervenants à ce cycle de l'énergie ( herbivores, carnivores, nécrophages) vivent tous de manière directe ( phytophages ) ou indirecte ( carnivores, nécrophages )  de la matière alimentaire fournie par les plantes et celles ci poussent à partir des minéraux du sol de l'eau et de l'énergie solaire.

 

Tous les organismes après leur mort finissent par retourner au sol où ils sont pris en charge par les décomposeurs de la microfaune du sol et les bactéries.

 

Finalement, les minéraux prélevés à la roche par les racines des végétaux verts sont transformés et assimilés à divers échelons dans des tissus animaux  pour constituer le cycle naturel de l'énergie. Les organismes vivants essaient d'éviter l'issue mortelle par leur instinct de conservation, permettant ainsi la perpétuation et l'évolution de l'espèce.

 

Les herbivores se défendent donc farouchement en offrant résistance ou en fuyant, les fauves doivent dépenser de l'énergie pour chasser et tuer, ils doivent donc choisir leur proies en manière telle que la chasse ne consomme pas plus d'énergie que la proie en apporte.

 

La lutte pour la survie est difficile pour tous les organismes de ces régions. 

les steppes sont le royaume des herbivores, nous allons le voir.

A certaines époques de l'année, les paturages steppiques verdissent et permettent ainsi la vision de milliers d'animaux venus se nourrir. Du haut d'un promontoire rocheux( courant dans le Serengetti: kopjes ), de grands troupeaux de Gnous, de Zèbres sont visibles,

3067.jpg   - Famille de Zèbres

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 - Troupeaux de Zèbres et Gnous en saison sèche .

accompagnés de quelques familles d'Autruches, Tandis que les Gazelles de Thompson occupent toute la prairie. 

4573.jpg - Autruche femelle

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- Gazelles de Thompson

 On peut également observer des Girafes qui broutent dans des bosquets d'Acacias, des Gazelles de grant, des Impalas, ....... des Damans .........etc.....

3873.jpg- Girafes dans les Acacias 

Dans les bosquets d'acacias broutent les girafes, les gazelles de Grant et les impalas  

Parlons encore des babouins qui, juchés sur les sommets auront peut-être la chance de découvrir un nid d'Aigle de Verreaux, magnifique rapace vétu de noir .

Bien entendu, ces différentes espèces animales se partagent la grande étendue de la savane et se répartissent sur des zones déterminées, où elles trouvent nourriture et abris convenables.

Il faut cependant prendre conscience que par cette simple observation, l'on ne peut pas appréhender toute l'hétérogénéité de ce biotope.

En effet, Mammifères, Reptiles, Oiseaux, Poissons et Amphibiens y sont légion de manière très diverse.   

Quelle que soit la spécialité du naturaliste ou du zoologique concerné, il sera comblé par les sujets d'étude qui correspondent à sa discipline, il en est de même pour le botaniste, lorsque l'on sait que rien que le Genre Acacias, se décline sous plus de 80 variantes botaniques spécifiques.

 De manière générales, tous les carnivores actuels ont en commun une parfaite aptitude à la capture des proies, cependant, ils diffèrent quant à leurs techniques de chasse.

- les Canidés : chacals, Lycaons, ont un physique parfaitement adapté à la poursuite, ce sont des " coureurs de fond" infatigables à poitrine étroite mais profonde qui ont développé  qui ont adopté des techniques de chasse et de poursuite remarquables. Ils possèdent des membres fins terminés par des doigts équipés d'ongles robustes et de coussinets élastiques leur donnant l'appui nécessaire pour s'élancer. L'acquisition de cette résistance à la course va de pair avec un allègement du corps, ils sont minces et élancés et ne peuvent compter lors de combats que sur leurs mâchoires et leur denture très complète, ils ne sont pas bien armés pour la lutte individuelle. C'est peut être pour cette raison qu'ils ont adopté un mode de chasse en meute, typique des chasseurs sociaux et plus efficace que la chasse d'un animal seul. La socialisation des techniques cynégénétiques exige une intelligence de groupe très développée et un sens aigu de la hiérarchie à l'intérieur des hardes. Ce  type de système permet aux canidés de maîtriser et de mettre à mort des animaux beaucoup plus puissants qu'eux.

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Le Lycaon ( african wild dog )

- Les Félidés :  Autre grande famille de Carnivores ont un comportement différent avec leur lourde musculature, leurs mouvements précis et leurs réflexes très coordonnés sont adaptés aux attaques fulgurantes . Ils disposent d'armes exceptionnelles : des griffes rétractiles chez la plupart d'entre eux taillées en forme de faux et protégées dans un replis cutanés , ce qui leur permet de rester parfaitement acérées. Elles font saillies lorsque l'animal se lance sur sa proie.

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Griffe rétractile du lion

 

Ce sont des animaux qui chassent à l'affût et peuvent déployer en quelques secondes une énergie offensive considérable, ils se fatiguent cependant vite. Il doivent évidemment avoir la possibilité de se dissimuler afin de surprendre leur future victime. La couleur de leur pelage, qui leur permet de se dissimuler, et l'approche discrète et silencieuse, favorisée par les coussinet digitaux, sont des éléments favorables à leur action. La diversité et la mobilité merveilleuse des félins témoignent bien du succès de leur évolution.       

La classification générale des Mammifères carnivores  est la suivante

L'ensemble des Mammifères carnivores terrestres est classé dans le groupe des fissipèdes.

Ce groupe comprend deux super familles : les canoïdés et les féloïdés

Dans la super famille des canoïdés, l'on regroupe les familles suivantes :

- Canidés ( loups, lycaons*, chacals*,.........)

- Ursidés  ( Ours brun, Grizzli, ours malais, panda,Ours nain africain .......) 

- Procyonidés ( Coatis, Kinkajous,Ratons laveurs,.........)

- Mustélidés (Zorilles*,Civettes*, Genettes*, Loutres, Putois, Martre, Blaireau, Loutres* ........)

Dans la super famille des féloïdés, l'on regroupe les familles suivantes :

- Félidés (Lion*, Tigre,Léopard*,Jaguar, Guépard*, Lynx*, Chat sauvage,.....)

- Viverridés ( Genette*, Civette*, Linsang, Mangoustes*.......)

- Hyénidés ( Hyène tachetée*, Hyène rayée, Hyène brune, Protèle*,........)

(*): animaux présents en Afrique de l'Est : Tanzanie .  

 

Les Mammifères carnivores aquatiques constituent le groupe des Pinnipèdes

Ce sont les Morses, Otaries et Phoques.

 

III.3.3 Multitude nomade du Serengeti

 

Les parcs et réserves de Tanzanie abritent des communautés qui n'ont été que très peu modifiées par l'intervention de l'homme :

des instituts de recherche et leurs laboratoires ont été installés dans ces régions protégées, dont les recherches mettent à notre portée des informations inestimables. 

Nous avons accédé au parc de Serengeti  par la piste qui traverse la zone de conservation de Ngorongoro et le plateau semi-aride où où se concentrent à la saison des pluies un demi-million de grands herbivores. Après avoir laissé à notre droite la célèbre gorge d'Oluvaï ( Oldupaï) , s'étend devant nous une plaine immense, presque dépourvue d'arbre où ondule une harbe un peu terne. Nous avons pu y observer un immense troupeau dont les groupes se perdent à l'horizon. Ils constituent des groupes de 400.000 Gnous, 200.000 Zèbres, 500.000 Gazelles. C'est la grande saison humide ( mi-mars---->avril), en dehors de celle-ci le paysage aurait été plus sec, malgré sa fertilité, la zone ne représente alors qu'une vaste pleine semi-désertique couverte de maigres brousailles désséchées occupée par quelques Gazelles  furtives et quelques familles d'Autruches. Cette alternance sécheresse-humidité est à la base d'un phénomène massif : Les herbivores abandonnent à la fin de la saison des pluies, début de la saison sèche ces hauts plateaux pour n'y revenir que 6 mois plus tard lors de la seconde saison des pluies, plus réduite ( petite saison des pluies qui dure de début novembre à mi-décembre. Durant cette période, il ne pleut pas toute la journée, seulement à certaines heures, et ce n'est pas désagréable ).    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 21/04/2013