I.Afrique de l'est Tanzanie

 

 

 

 

COMPTE RENDU DE DIVERSES EXPEDITIONS AFRICAINES  

 

I.Introduction

 

cette page Web correspond à l'étude préalable d'un projet de publication sur le contexte écologique et faunistique de l'Afrique de l'Est

 

Lien en construction : Champion Safaris Ltd

 

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CHAPITRE I : L'AFRIQUE NATURELLE 

1) contexte géologique et géomorphologique

2) contexte climatique

3) contexte écologique

LES CARACTERES EN BRUNS CORRESPONDENT AU CAS PARTICULIER DE LA TANZANIE

La République-Unie de Tanzanie se trouve juste au sud de l’Equateur, entre 10 et 110 de latitude Sud et entre 290 et 400 de longitude Est, entièrement sous les Tropiques. Elle est limitée, dans sa partie continentale, par l’océan Indien à l’est, le Malawi et le Mozambique au sud, la Zambie, le Zimbabwe et le Rwanda à l’ouest et l’Ouganda et le Kenya au nord. Zanzibar et Pemba sont juste en face de la côte nord (voir figure 1). 

 

 

Figure 1. Carte de la République-Unie de Tanzanie

 

La République a été constituée en 1965 par l’union du Tanganyika et de Zanzibar. A l’époque pré-coloniale, la plus grande partie du pays se trouvait sous des régimes tribaux traditionnels et il n’y avait de structure ‘nationale’ identifiée; Zanzibar et quelques zones côtières se trouvaient sous l’autorité du sultan de Zanzibar et étaient considérés comme un fief du sultanat d’Oman. Le pays continental devint part de l’Afrique de l’Est allemande en 1886 puis, après le Traité de Versailles, un protectorat britannique sur mandat de la Société des Nations, jusqu’à son indépendance en 1961. Zanzibar était un protectorat britannique depuis 1873 et l’est resté jusqu’à son indépendance en 1963. La population est principalement bantoue, mais avec une grande richesse ethnique: on compte en effet quelque 120 groupes différents. Les peuples nilotiques sont très importants dans l’élevage, notamment les Masai et les Samburu, qui constituent aussi une grande partie des pasteurs au Kenya. La population, d’un peu plus de 17 millions d’habitants en 1978, était estimée à plus de 27 millions en 1993. Les groupes parlent chacun sa propre langue; le kiswahili est la langue officielle et l’anglais est largement utilisé.

I.1 géologie et géomorphologie générale du continent africain, cas particulier de l'Afrique de l'est

I.1.1 Formation de RODINIA

Notre terre existe depuis approximativement 4,55 milliards d'années, en dernière analyse. Durant 0,5 milliards d'années la terre fût le siège de phénomènes et mouvement instables mal connus précédent l'ébauche d'une croûte terrestre digne de ce nom. Jusqu'à preuve du contraire, les plus anciennes roches auraient 4,016 milliards d'années ( GA). Celles çi consacrent le départ d'une période appelée période achéenne s'étendant conventionnellement jusque - 2,5 GA.

L'on nomme Hadéen la période précédente d'instabilité des structures superficielles terrestres.

 

Les archives de l’histoire géologique de notre planète sont les roches, et puisque la roche la plus vieille connue a été datée à 4,016 Ga, l’histoire géologique documentée dans les roches commence donc à 4,016 Ga, avec la période

archéenne ... jusqu'à ce qu'on trouve une roche terrestre plus vieille et qu'on repousse la limite inférieure de l'Archéen.

Le calendrier qui est présenté ci dessus est étoffé pour constituer ce que l’on appelle une échelle stratigraphique :

Dans ce tableau, le groupe de terrain de base porte le nom d’étage, un ensemble d’étage constitue un système et à un certain nombre de systèmes correspond une ère géologique.

Des séries sont souvent intercalées entre systèmes et étages ( Système Permien, série inférieur)

Les temps géologiques ont été subdivisés en deux éons :

- l'éon Cryptozoïque (du grec signifiant Vie cachée) qui est un synonyme du Précambrien,

- l'éon Phanérozoïque (du grec Evidence de vie).

L'éon phanérozoïque est lui même divisé en trois ères :

- l'ère Paléozoïque (du grec Vie ancienne) ou Primaire,

- l'ère Mésozoïque (du grec Vie moyenne) ou Secondaire,

- l'ère Cénozoïque (du grec Vie récente) qui regroupe le Tertiaire et le Quaternaire.

Ces ères ont elles-mêmes été divisées en systèmes, par exemple l'ère Secondaire comprend les systèmes Triasique (ou Trias), Jurassique et Crétacé.

 On considère que le système solaire s'est formé par la condensation d'un gigantesque nuage de gaz et de poussières et que les planètes, dont la Terre, se sont formées par accrétion de matières il y a 4,55 Ga. La différenciation chimique a amené vers le centre de la terre les éléments lourds, comme le fer et le nickel, et a concentré dans le manteau, puis finalement dans la croûte, des éléments de moins en moins lourds. Cet âge de 4,55 Ga pour la formation de la terre nous est donné par la datation des météorites et non par la datation de roche terrestres.

L'élément stable de la croûte terrestre, c'est la croûte continentale. En effet, on a vu dans la première section de ce cours, qu'à cause de la tectonique des plaques, la croûte océanique est perpétuellement recyclée. Si on fait exception des lambeaux de croûte océanique qui sont coincés dans les chaînes de montagnes anciennes, donc dans de la croûte continentale, les plus vieilles croûtes océaniques datent d'au plus 170 Ma. Ce sont donc les continents qui vont nous fournir les principales archives nécessaires pour faire l'histoire de la terre.

La question de départ se pose ainsi : quand et comment se sont formés les premiers noyaux de croûte continentale?

 

les premières roches datées à 4,016 Ga devaient appartenir à de la croûte continentale puisqu'elles n'ont pas été recyclées comme l'ont été et le sont toujours les planchers océaniques (croûte océanique). Les premiers noyaux de croûte continentale ont donné des âges radiométriques qui s'étendent entre -4,016 et -2,5 Ga, soit correspondant à la période archéenne. La planisphère qui suit montre la répartition actuelle de ces premiers noyaux continentaux.

Ces premiers noyaux archéens se retrouvent au coeur des boucliers précambriens (plages vertes sur la planisphère) et occupent une surface bien inférieure à la surface actuelle des continents. évidemment, c'est là leur répartition actuelle qui n'a rien à voir avec celle du Précambrien.

L'âge des plus vieilles roches terrestres a été établi à 4,016 Ga par datation radiométrique. L'histoire des quelques 550 Ma qui ont précédé l'Archéen, c'est-à-dire entre -4,55 et -4,016 Ga, nous est mal connue puisque nous ne possédons pas de roches représentant ce temps.

 La planisphère qui précède montre la répartition actuelle de ces premiers noyaux continentaux.Il y a environ 700 Ma, les masses continentales de la planète étaient suffisamment rassemblées pour qu'on puisse parler d'un mégacontinent, une sorte de Pangée de l'époque. Ce continent a été appelé Rodinia. On a identifié ici un certains nombre de masses continentales qui sont les nôtres aujourd'hui, mais ils faut bien voir que ce ne sont là que des repères; nous savons que le découpage actuel de nos masses continentales n'existe que depuis l'ouverture de l'Atlantique, il n'y a que quelques 170 Ma.

Ces premiers noyaux archéens se retrouvent au coeur des boucliers précambriens (plages vertes sur la planisphère) et occupent une surface bien inférieure à la surface actuelle des continents. évidemment, c'est là leur répartition actuelle qui n'a rien à voir avec celle du Précambrien.

Pour expliquer la formation du continent africain nous faisons un bond dans le temps de 3,4.GA, aboutissant ainsi après plusieurs mouvements de la croute terrestre ( tectoniques ) à la formation d'un continent unique appelé Rodinia .

On voit donc que l'Afrique a pour origine un territoire présomptif situé dans la moitié sud du mégacontinent Rodinia , au Nord du bouclier arabe. 

On a identifié ici les masses continentales qui sont les nôtres, mais il faut bien voir que ce n'est là que des repères, puisqu'elles n'étaient pas encore individualisées; nous savons que le découpage actuel de nos masses continentales n'existe que depuis l'ouverture de l'Atlantique, il n'y a que quelques 170 Ma. Les bandes roses indiquent les anciennes chaînes de montagnes. Signalons ici qu'on retrouve côte-à-côte les blocs continentaux qui aujourd'hui forment le bouclier de l'Amérique du Nord et celui de l'Amérique du Sud. Entre les deux, il y a la chaîne de Grenville, cet Himalaya de la fin du Protérozoïque. Il est probable que cette chaîne soit issue de la collision entre ces deux masses continentales.

En somme, on peut dire que l'histoire des continents au Précambrien, une ère qui couvre près de 3 milliards et demi d'années d'histoire, soit près de 90% du temps géologique, se résume à l'établissement des premiers noyaux à l'Archéen et à leur croissance au Protérozoïque. C'est bien peu connaître en comparaison de tous les événements qu'on a répertoriés pour la période qui va du Cambrien (544 Ma) à nos jours.

I.1.2 Formation de la pangée

Ce continent Rodinia ( - 600.000.000 années ) va se fragmenter par un grand nombre de mouvements tectoniques, des subductions, etc...  

Ce mégacontinent s'est fragmenté et des morceaux de croûte continentale ont commencé à "dériver" les uns par rapport aux autres, entraînés par le déplacement de plaques tectoniques relié à la fabrication de nouveaux planchers océaniques et au processus du tapis roulant.

Cette première carte montre la position du continent Rodinia il y a 600 Ma, soit à la fin du Précambrien.

Rodinia se fragmente

Ces fragments se rassemblèrent au Paléozoïque pour former la Pangée, qui se divisa ensuite en deux autres supercontinents, la Laurasia au Nord et le Gondwana  au Sud.sans-titre-605.png

 Le Gondwana est un supercontinent formé à la toute fin du Néoprotérozoïque, et qui a commencé à se fracturer au Jurassique. On distingue le Gondwana du Paléozoïque (appelé aussi Protogondwana) et celui du Mésozoïque. Entre les deux, le Gondwana a fait partie du supercontinent la Pangée.

  • La Pangée est le nom donné au supercontinent rassemblant la quasi-totalité des terres émergées, qui a existé de la fin du Carbonifère au début du Jurassique. Sa formation est due à la collision des supercontinents : le Protogondwana et la Laurussia, qui sont entrés en collision au début du Carbonifère (orogénèse hercynienne), fermant l'océan Centralien et élevant d'imposantes chaînes de montagnes, dites hercyniennes (ou varisques). La Pangée commence à se fracturer à la fin du Trias par un rift séparant l'Amérique du Nord et l'Afrique. Ce rift a ouvert l'océan Atlantique nord et séparé la partie nord de la partie sud de la Pangée pour former deux nouveaux supercontinents : le Gondwana et la Laurasia.

 

Lors de la fracturation de la Rodinia, on distingue : -le Gondwana oriental (Afrique australe, Antarctique oriental, Australie, Inde, Madagascar, Arabie, Nouvelle-Guinée, Chine du Nord, Chine du Sud, Indochine et bassin du Tarim) et, -le Gondwana occidental (Amazonie, craton de Rio de Plata, Afrique occidentale, Floride, Avalonia et Europe du Sud). Ils entrent en collision il y a 600 millions d’années en prenant en tenaille le craton du Congo, formant l'orogenèse panafricaine. Pendant la période suivante, de l'Ordovicien au Carbonifère, des fragments de continents vont progressivement se détacher du Gondwana qui se situe alors autour du pôle Sud et dériver vers le nord : tout d'abord "Avalonia", suivi par les blocs armoricains et ibériques, puis les blocs chinois et indochinois. Au début du Carbonifère, le Gondwana, qui a lui-même lentement dérivé vers le nord, amorce sa collision avec le supercontinent Laurussia, créant l'orogenèse hercynienne qui soulève les Appalaches et les Maurétanides : c'est l'assemblage de la Pangée, achevé au début du Permien ( -200, -250.000000 années ). La mer séparant le Gondwana au Nord de la Laurasia au sud est appelée Téthys. Le Gondwana se morcelle durant le Jurassique supérieur, lorsqu'un rift sépare l'Afrique de l'Inde, puis l'Inde se détache entièrement, puis la Nouvelle-Zélande. Au début du Cénozoïque, le bloc Australien et la Nouvelle-Guinée se séparent à leur tour tout en restant connectés au Gondwana pour une longue période. Ensuite, l'Inde entre en collision avec l'Asie, forçant la croûte terrestre à se plisser et formant ainsi l'Himalaya ; plus récemment l'Amérique du Sud se lie à l'Amérique du Nord.

La Laurasia était un supercontinent qui se sépara du reste de la Pangée (appelée dès lors Gondwana) durant le Mésozoïque. La Laurasia se divise à son tour en Eurasie et Amérique du Nord avec l'ouverture de l'Atlantique nord.

  • La Laurussia était un supercontinent qui s'est formé au Silurien et qui comprenait les actuelles Amérique du Nord et Europe du Nord et de l'Est. Au Crétacé, la Laurussia, alors partie intégrante de la Laurasia, se fracture lors de l'ouverture de l'Atlantique.

 

I.1.3 Formation du rift est-africain

Au Crétacé, le bloc de Gondwana qui correspondra à l'Afrique entre en collision avec le mégacontinent Laurasia, ce qui provoquera un soulèvement des terrains à l'origine des reliefs élevés de la chaine hercynienne ( l'Hymalaya......;les Alpes françaises

Lorsque l'Afrique se sépare de l'Inde au Crétacé, il y a formation du Rift africain à l'Est (Traversant notamment le Kenya et la Tanzanie) .

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Cette vallée du grand rift (ou vallée du rift africain, ou grand rift est-africain) est un élément géologique majeur, qui s'étend du sud de la mer Rouge (au nord) au Zambèze (au sud) sur plus de 6 000 km de longueur, 40 à 60 km de largeur et quelques centaines à quelques milliers de mètres de profondeur.

Le grand rift est-africain coupe en deux la Corne de l'Afrique : la plaque tectonique nubienne, à l'ouest, s'éloigne de la plaque somalienne, à l'est, avant de se diviser, au sud, de part et d'autre de l'Ouganda. Le rift occidental englobe les montagnes des Virunga et Ruwenzori, et plusieurs des grands lacs africains, là où l'eau a rempli la faille profonde ( lac Tanganika par exemple .......)

 

Schéma d'un Rift

 

 

Le kilimanjaro étant un volcan, on comprend ainsi sa présence, par les mouvements et les compressions de la lithosphère à ce niveau, et qui ont provoqué des échauffements du magma sous-jacent. 

I.1.4 Les sols africains :

Le caractère commun des sols africains est leur pauvreté. La chaleur constante active le travail des micro-organismes qui ne fournissent ainsi que peu d’humus. D’autre part, les eaux chaudes fournies par les précipitations abondantes constituent l’agent essentiel de la décomposition de la roche par hydrolyse des métaux qui s’y trouvent.

Sols et cuirasses des régions à climat soudaniens.

La ferrilisation trouve des conditions idéales de son développement sous les climats à pluies assez abondantes et à saison sèche accusée : il y a assez d’eau pour que l’hydrolyse fonctionne normalement. Ces sols sont médiocres mais meubles ; ils caractérisent les régions de transition entre les massifs forestiers des latitudes équatoriales et le monde des savanes soudaniennes. Dès que la pluviosité est inférieure à 1 500 mm et que la saison sèche dure plus de trois mois, ces régions courent le risque de connaître le jeu du lessivage et de l’évaporation qui conduisent à la formation de la cuirasse latéritique. Toutes ces cuirasses couvrent d’immenses superficies dans l’hémisphère nord ; elles sont infertiles et constituent une véritable lèpre.

Les argiles rouges des régions forestières humides

Dans les régions toujours humides, l’imbibition du milieu est constante et l’altération chimique intense. La roche se décompose sur des épaisseurs considérables ; elles forment une argile rouge. Son imprégnation constante d’eau lui évite le cuirassement. Ces argiles rouges représentent par excellence les sols de la forêt dense, mais les taux d’humus sont faibles. Après défrichement, ces argiles fournissent des sols convenables, mais s’épuisent vite.

Sols ferrugineux et terres rouges des régions semi-arides

Les sols des pays semi-arides connaissent une altération chimique embryonnaire. Le lessivage est minime du fait de la faible durée de la saison des pluies. Ils donnent des terres légères, meubles, sablonneux.

Les sols azonaux

Les sols volcaniques ou d’alluvions modernes sont très fertiles. Sur le littoral, les vasières de poto-poto donnent, après défrichement et dessalage, de bonnes terres à riz. Les sols africains offrent une grande variété. Par le seul jeu des facteurs naturels, un équilibre climatique entre le sol, le climat et la végétation a pu se constituer. Mais l’homme, par ses interventions, tend à le détruire avec son arme la plus dangereuse : le feu de brousse. Il favorise ainsi l‘érosion en faisant disparaître le faible couvert végétal.

 

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 Ces dénominations sont faites pour les pédologues, néanmoins nous pouvons remarquer qu'en Tanzanie et au Kenja l'on rencontre essentiellement 4 types de sols : Nous allons en donner une dénomination à peu prêt équivalente en langage pédologique français 

les Acrisols :

Classés dans les "sols ferrallitiques faiblement lessivé ( acidifié )"

Exemple :

Les sols ferrallitiques sont des sols rouges très riches en oxydes de fer et en oxydes d'alumine. Ces sols se forment sous couvert forestier et en climat tropical ou équatorial. Ce sont des sols très riches, mais extrêmement fragiles. Dès l'instant où l'on supprime le couvert forestier qui les protège de l'érosion, mais surtout du lessivage, ces sols se transforment rapidement en cuirasses par suite d'une latéritisation. Les oxydes de fer et d'alumine colloïdale précipitent pour former des nodules (alios) qui, s'ils se soudent, forment des cuirasses définitivement stériles.

On reconnaît les horizons : - A, rouge, légèrement organique ; - E, rouge clair, légèrement appauvri en argile ; - Sk, rouge, argilo-sableux, d'altération à structure pédologique, riche en kaolinite Ce sol est très différencié lessivé. Dénomination WRB : Acrisol

 

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Les lixisols :

Classés dans les "sols ferrugineux  lessivés ( peu acides )"

Exemple :

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Ces sols se forment essentiellement dans les régions où règne une très longue saison sèche et sur un pédoclimax de savane à graminées, c'est-à-dire en Afrique tropicale, en Amérique centrale ou en Asie méridionale.

Ces sols sont riches en fer, en argiles (kaolinite), mais pratiquement, voire totalement dépourvus d'alumine libre.

L'horizon A1 est peu épais, riche en matières organiques et en minéraux. Il surmonte un horizon éluvial A2 et un horizon Bt enrichi en colloïdes argileux, entraînés par lessivage.

Si ces sols se révèlent peu sensibles à l'action humaine, il n'en va pas de même de leurs couvertures végétales qui, suite aux cultures sur brûlis, sont profondément et durablement appauvries. 

Les calcicols :

Classés dans les "sols bruns calciques" de la classification européenne,

Ce sont des sols bruns qui ont subit une décarbonatation, le calcium est présente sous forme ionique, par exemple sur basalte en climat subtropical humide ( ex : à proximité du Kilimanjaro sur laves basaltiques).

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Les plinthisols :

Classés dans les "sols bruns lessivés à gley"  ( présence d'une nappe mobile en hauteur ) pouvant évoluer vers le sol rouge à cuirasse de plinthite

 Ce sont des sols possédant un 'horizon-B est riche en argile. A partir de 75 cm de profondeur, les taches rouges se composent de plinthite. Celle-ci est une argile ferme et riche en fer, qui devient irrémédiablement dure lorsqu'elle est alternativement mouillée et séchée à plusieurs reprises, formant alors une cuirasse ferrugineuse ou hardpan. voir ci-après

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Ce sol après multiples désèchement donne un sol latéritique que l'on trouve communément dans les climats tropicaux et subtropicaux où les saisons séches et humides alternent. L'horizon-B est enrichi en argile et en sels de fer. A partir de 70 cm de profondeur, la photo montre une cuirasse ferrugineuse (hardpan), une couche continue, similaire à de la roche et composée de plinthite irréversiblement durcie et où les composants ferrugineux sont les agents de cimentation (acrisol ferrique, Nigéria). 

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De manière générale, les sols intertropicaux à deux saisons ( une sèche et une humide ) d'Afrique noire sont sensibles au processus de latéritisation générant des " cuirasses latéritiques "

Ce terme désigne une évolution pédologique au cours de laquelle des sols tropicaux ferralitiques sont transformés en latérite. Les sols ferralitiques ou latéritiques se forment par altération des couches superficielles des roches silicatées ou carbonatées sous l'action des agents atmosphériques en climat d'alternance chaud sec et chaud humide. Ces sols sont tout à fait impropre à quelque forme d'agriculture que ce soit ; extrèmement pauvres en cations échangeables , leurs complexes absorbants ( alumine colloïdale associée à divers oxydes de fer ) sont désaturés. 

Les seuls écosystèmes adaptés à ces sols sont des écosystèmes forestiers. Si ces formations végétales sont détruites et remplacées par des formations graminéennes destinées à l’élevage bovin ou caprin et surtout par des cultures, en quelques années et toujours moins d’une décennie, les sols ferralitiques se transforment en sols latéritiques qui, s’ils sont soumis à une forte érosion laissent apparaître les cuirasses installées profondément. Les sols deviennent définitivement stériles.

La latérisation se produit dès l’instant où la couverture végétale forestière détruite ne protège plus les sols ferralitiques à la fois du fort lessivage des pluies tropicales pendant la saison humide et des fortes évaporations et évapotranspirations pendant la saison sèche. Tous ces mouvements d’eau conduisent à la formation dans les horizons inférieurs du sol de nodules de précipitation de gibbsite (oxyde d’aluminium), d’hématite et de gœthite (oxydes de fer).

Les nodules forment dans un premier temps un alios plus ou moins profond, puis en présence de silice et de sesquioxyde de fer, les concrétions se soudent et conduisent à la formation de cuirasses dont la consistance et la couleur rappellent celles de la brique et qui sont pareillement fertiles. Sans couverture végétale de protection, les couches superficielles, souvent extrêmement friables, sont vite entraînées par l’érosion et les cuirasses profondes sont mises à jour.

Bien que ce phénomène soit connu depuis fort longtemps, de nombreux gouvernements de pays situés en zone tropicale ou équatoriale et totalement dépassés par les problèmes récurrents qui touchent les pays pauvres (surpopulation, endettement, pression du FMI, politique néo-colonialiste des pays riches « protecteurs » et d’abord clients pour les matières premières ou les cultures industrielles, etc.) continuent d’encourager le défrichage des forêts ombrophiles pour installer des agriculteurs ou des éleveurs qui verront leurs terres définitivement stérilisées au terme de quelques années d’efforts aussi vains qu’illusoires.

Notons encore l'existence de Vertisols ( ex : Tanzanie zone du lac Eyazi ) pourvu d'argiles gonflantes qui provoquent en saison sèche des fissures remarquables ( fentes de retrait ) sur une partie du profil en profondeur , ils sont moyennement fertiles mais difficiles à travailler. 

Les vertisols sont toujours argileux. Les argiles sont à forte majorité de type gonflant (de type 2/1). La différenciation des horizons d'un vertisol est essentiellement structurale et la couleur de ces horizons est presque uniformément gris foncé à noire. Les vertisols présentent toujours des fentes de dessiccation à la surface, dues à la sécheresse, et des faces de glissement en profondeur, témoignant du phénomène de mouvement dans la masse du profil. Les vertisols sont en général riches en calcium et magnésium et parfois en sodium. Ils peuvent présenter à la surface un microrelief ondulé appelé «gilgaï». Deux conditions sont donc nécessaires pour que se forment des vertisols: un pédoclimat saturé d'eau suivi d'une saison très sèche et une roche-mère susceptible de fournir des argiles gonflantes, soit directement, soit par décomposition (cas des roches calcaires).  

 I.1.5 Relief africain

Toute cette histoire géologique détermine le relief général des pays du monde et en particulier de l'Afrique de l'Est. En effet les importants dénivelés provoqués par  les plissements et subductions diverses ont subit les effets de l'érosion mais celle-ci a laissé subsister divers reliefs montagneux, la Tanzanie étant un pays où l'altitude moyenne tourne autour de  1500 mètres. Nous savons par la géodynamique interne et la tectonique, que dans les zones de rencontre de plaques tectoniques, la subduction provoque l'apparition de points chauds au niveau du magma,générateurs de volcans  à l'exemple du Kilimanjaro  dont l'érection fût favorisée par les mouvements responsables de l'ouverture du rift est africain.

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Sur cette carte, l'on peut localiser la steppe " masaï , zone recouvrant une grande partie de notre Safari.

Le relief est également un  déterminant important des aspects quantitatifs et qualitatifs des bassins hydrographiques. l'aspect du relief couplé à l'aspect hydrographique correspont à l'adjectif  oro-hydrographique ( carte oro-hydrographique).  

 Altitude et localisation des principaux sommets africains

En Afrique de l’Est :

Kilimandjaro, près de 5863 m d’altitude, localisé en Tanzanie ;

Mont Kenya, près de 5194 m d’altitude, localisé au Kenya ;

Ruwenzori, près de 5119 m d’altitude, localisé au Rwanda ;

 Dans le reste de l’Afrique :

Mont Djebel Toubkal, près de 4165 m d’altitude,Maroc ;

Mont Cameroun, près de 4071 m, Cameroun ;

Drakensberg, près de 3657 m d’altitude,  Afrique du Sud ;

Tibesti, près de 3415 m d’altitude,Extrême nord du Tchad

Ahhagar, près de 3000 m d’altitude, Extrême sud de l'Algérie

Darfour, près de 3024 m d’altitude,Soudan

A l’exception  d’une étroite bande côtière, la République-Unie de Tanzanie est pour l’essentiel située au dessus de 200 mètres. De vastes plaines et plateaux contrastent avec des reliefs et des formations physiques spectaculaires: le Kilimandjaro s’élève à 5 895 m d’altitude; le lac Tanganyika est le deuxième lac le plus profond du monde (1 436 m); la vallée du Rift, dans sa partie est, s’étend du nord au sud, formant de nombreuses dépressions étroites et profondes, souvent occupées par des lacs. Un bras occidental du Rift court le long de la frontière ouest et se distingue par la présence des lacs Tanganyika et Rukwa. Le bras oriental forme la grande vallée du Rift, de la frontière kenyane, dans la région des lacs  Eyasi, Natron et Manyara, jusqu’au lac Nyassa à la frontière mozambicaine. Le plateau central, qui couvre plus d’un tiers du pays, s’étend entre les deux bras du Rift.

I.1.5 Bassins hydrographiques de l'Afrique

 Fleuves et lacs rencontrés en Afrique

L’exploitation de la carte hydrographique de l’Afrique met en relief six grands fleuves et quatre  lacs. Il s’agit notamment de :

- Les fleuves : Nil, Congo, Niger, Zambèze, Orange et Sénégal.

- Les lacs : Lac Victoria (près de 68 100 km2) ; Lac Tanganyika (près de 31 900 km2) ; Lac Malawi (30 800 km2) et Lac Tchad (environ 14 000 km2).

Cours des principaux fleuves africains

• Le Nil (6700 km) : le Nil nait dans les montagnes d'Afrique centrale, près de l'équateur, puis coulent vers l'est dans le lac Victoria, et vers le nord dans le lac Édouard et le lac Albert. Après avoir reçu l'affluence du Bahr el-Ghazal sur sa rive occidentale et le Sobat, le Nil Bleu et l'Atbara des plateaux d'Éthiopie, il creuse sa vallée fertile à travers le désert avant de se jeter dans la Méditerranée en formant un immense delta.

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• Le Congo (4700 km) : le Congo nait en Afrique orientale, près des lacs Tanganyika, Malawi et Bangwelu. De ce dernier sort le Congo, qui effectue un virage vers le nord à travers le lac Mweru puis descend vers le bassin de l'Afrique équatoriale, qu'il traverse en une large courbe. Après avoir reçu les eaux de nombreux affluents, il s'incurve vers le sud-ouest avant de se jeter dans l'Atlantique.

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• Le Niger (4200 km) : Le Niger, troisième plus long fleuve africain, prend sa source à la frontière de la Sierra Leone et de la Guinée, soit proche de l'extrême ouest de l'Afrique continentale et coule vers le nord-ouest, à rebours du Congo. Sa trajectoire s'incurve fortement au Mali entre Tombouctou et Gao, puis il coule vers le sud-est avant finalement se jeter dans le golfe de Guinée donnant sur l'Atlantique.

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• Le Zambèze (2700 km) : le Zambèze prend sa source sur les plateaux du Katanga (près de la frontière entre la RDC et la Zambie), il fait une courte incursion en Angola avant de revenir en Zambie, qu'il traverse du nord au sud, puis se dirige vers l'est. Au sud-ouest, le système fluvial du Zambèze interfère avec celui de l'Okavango duquel il reçoit de temps en temps de l'eau, le reste se perdant dans un delta salin au cœur du désert.

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• L’Orange (1850 km) : il prend sa source au Lesotho et coule en Afrique du Sud. Séparant l'Etat libre d'Orange de la province du cap en traversant d'Est en Ouest des zones arides, son cours est coupé de chutes.

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• Le Sénégal (1750 km) : il naît dans le Fouta Djalon guinéen et se dirige d'abord vers le nord-ouest avant de décrire une boucle de 500 km de longueur s'achevant dans le delta.sans-titre4-11.png

 

Débit des principaux fleuves africains

• Le Nil (6700 km) : il a un régime caractérisé par de hautes eaux d'été, qui commencent en mai, renforcées par les apports de ses affluents tropicaux, le Nil bleu et l'Atbara à partir de juin. La décrue commence en octobre, le débit passant de 8000 m3/s (en septembre) à 500 m3/s en juin.

• Le Congo (4700 km) : le Congo, à son embouchure, a un débit de 80000 m3/s (le plus puissant des fleuves africains). Son régime est à la fois abondant et régulier, en raison d'une alimentation énorme et permanente : il reçoit de nombreux affluents alimentés par les pluies équatoriales.

• Le Niger (4200 km) : Il a un régime tropical, avec de hautes eaux d'été. Le cours inférieur pénètre dans une région de forte pluviosité et les crues se prolongent jusqu'en mai, si bien que le Niger a des eaux abondantes toute l'année, le débit moyen atteignant 7000 m3/s (30000 m3/s lors de la crue).

• Le Zambèze (2700 km) : il a un régime tropical avec de hautes eaux de novembre à mars sur le cours supérieur (près de 4000 m3/s), de février à juin sur le cours moyen (près de 3000 m3/s).

• L’Orange (1850 km) : il a un régime tropical avec des hautes eaux en saison de pluies (près de 3500 m3/s).

• Le Sénégal (1750 km) : placé sous la dépendance des pluies tropicales tombant sur le Fouta-Djalon, son régime est simple, de type tropical, avec des hautes eaux de juin à septembre (près de 4000 m3/s). Durant l'étiage, le débit est parfois indigent, 2 à 3 m3/s, entre avril et juin.

A chaque grande région climatique correspond un type de fleuve :

- Dans la région équatoriale, les fleuves (Congo, Ogooué, Oubangui, etc.) ont un débit soutenu (hautes eaux) toute l'année.

- Dans la région tropicale, les fleuves (Niger, Sénégal…) ont leurs hautes eaux (un débit soutenu) en été.

- Dans la région méditerranéenne, les fleuves (Sebou…) ont au contraire leurs hautes eaux en hiver.

La Tanzanie compte de nombreux lacs; le lac Victoria, le deuxième lac d’eau fraîche du monde en termes de taille, ne fait pas partie de la vallée du Rift. Il n’y a pas de grands cours d’eau mais les trois grands fleuves d’Afrique naissent en République-Unie de Tanzanie: le Nil, le Congo et le Zambèze, qui s’écoulent respectivement vers la mer Méditerranée, l’océan Atlantique et l’océan Indien. Les bassins de ces rivières ne se rencontrent pas et sont séparés par le plateau central. Tous les cours d’eau principaux - Ruvuma, Rufiji, Wami et Pangani – coulent vers l’océan Indien. Le  Kagera se jette dans le lac Victoria. Des cours d’eau secondaires coulent vers des dépressions dans la vallée du Rift.

Nous rermarquons donc que la Tanzanie n'est pas traversée par ces grands fleuves, mais qu'elle contient nombre de rivières et beaucoup de lacs dont les plus connus sont le Lac Tanganika, la bordure du lac Malawi , une partie du Lac Victoria.  

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Exemple du lac natron :

Le lac Natron est un lac salé alcalin endoréique ( alimenté uniquement par l'eau de pluie ) d'origine tectonique dont la superficie variable le cantonne au nord de la Tanzanie ou lui fait traverser épisodiquement la frontière avec le Kenya. Ses eaux chargées de micro-organismes attirent une importante communauté de flamants nains qui se régalent d'algues bleues et qui s'y reproduisent et y nidifient.

Le lac tire son nom du natron, un minéral dont l'un des constituants, le bicarbonate de soude, est dissous en grande quantité dans ses eaux. Il a une teneur en sels minéraux tellement élevée que seuls des organismes particulièrement adaptés peuvent y survivre.

Exemple de la rivière Mara

La Mara est une rivière  coulant au Kenya et en Tanzanie. Elle donne son nom à la réserve nationale du Masai Mara située au Kenya.

La Mara prend sa source dans les montagnes de l'ouest du Kenya, dans la vallée du grand rift et coule vers le sud-ouest en direction du Masai Mara qu'elle traverse du nord au sud. Elle franchit ensuite la frontière et passe en Tanzanie où elle se dirige vers l'ouest en traversant rapidement le nord du parc national du Serengeti puis se jette dans le lac Victoria après avoir formé un immense marais.

Les crocodiles sont communs aux abords de cette rivière comme de nombreuses espèces d'oiseaux. Des ongulés comme le gnous migrant entre le Masai Mara et le Serengeti doivent franchir son cours ce qui occasionne de nombreux décès chez ces animaux, précisément du fait des attaques des crocodiles au milieu de la rivière, lorsque les gnous sont les plus vulnérables.

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I.2  Climats africains, cas particulier de la Tanzanie

Une grande partie du continent est soumise à l’influence du climat tropical. En Afrique orientale, des montagnes arrêtent la mousson de l’océan Indien.On distingue plusieurs grandes zones climatiques. La partie centrale du continent et la côte orientale de Madagascar ont un climat caractéristique de la forêt pluviale tropicale. La température moyenne est d’environ 26,7 °C, avec des précipitations annuelles proches de 1 800 mm. Le climat de la côte de la Guinée ressemble au climat équatorial, mais les pluies se concentrent en une seule saison ; il n’y a cependant pas de mois sans pluie. Au nord et au sud, le climat de la forêt pluviale laisse la place au climat tropical, caractérisé par une saison humide pendant les mois d’été et une saison sèche pendant les mois d’hiver, qui s’allonge à mesure que l’on approche des tropiques

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Les précipitations annuelles totales varient de 1 500 mm à 550 mm. De part et d’autre de l’équateur, l’humidité décroît lorsque la latitude augmente, et l’on passe de la forêt dense à la forêt à feuilles caduques puis à la forêt claire et enfin à la savane. Le Sahel est une zone climatique intermédiaire entre la savane et le désert où les précipitations (400 à 600 mm) permettent encore la culture du mil sans irrigation, donc l’existence d’une agriculture de subsistance élémentaire.Les zones de climat et de végétation méditerranéens se trouvent dans l’extrême nord-ouest et l’extrême sud-ouest de l’Afrique. Ces régions sont caractérisées par des hivers doux et humides, et des étés chauds et secs. Sur les plateaux d’Afrique orientale, en particulier au Kenya et en Ouganda, les précipitations sont bien réparties tout au long de l’année et les températures sont égales. Le climat du haut plateau de l’Afrique du Sud est tempéré dans la région du Cap

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L’Afrique est donc un continent chaud dont avec quatre grands types climatiques symétriques à l’Equateur, à savoir :

- Le climat équatorial (autour de l’équateur) : il compte quatre saisons dont deux de pluies et deux saisons sèches. L’humidité de l’air y est très élevée, les vents assez faibles et la moyenne des températures y est de 26° C.

On distingue deux variétés de climat équatorial : une variété humide au Centre et à l’Ouest (1500 mm à plus de 2000 mm de pluie par an) et une variété plus sèche à l’Est (total des pluies inférieur à 1m).

- Le climat tropical (entre les Tropiques, à l’exception de la zone équatoriale) : il a deux saisons dont une de pluies et une saison sèche. Les vents y sont assez importants (Alizés) et la température moyenne est de 27° C. Il y a deux types de climat tropical : le tropical humide et le tropical sec.

On distingue donc deux variétés de climat tropical : une variété humide (1200 à 1500 mm de pluie par an ; 3 à 6 mois de saison sèche) et une variété sèche (500 à 1200 mm de pluie par an avec 6 à 9 mois de saison sèche).

Le type sec dans sa version semi-aride constitue une bande centrale traversant la Tanzanie du Nord au Sud  le cas principal de la zone Tanzanienne, toute la steppe masaï à l'exception par exemple de la zone de protection du Ngorongoro ( pourtour de la caldeira) est de ce type. En général, partout ou l'on a des élévations ponctuelles du relief une zonation verticale des climats s'ajoute à la zonation horizontale. Ainsi à partir de 3000 mètres au Kilimandjaro, le climat commence à se rafraîchir fortement pour finalement être glacial au sommet.

On retrouve la version chaude et humide à hiver sec sur la bordure ouest de la Tanzanie ( zone du lac TANGANIKA et du lac  VICTORIA) ainsi que sur une importante zone au sud est bordure de l'océan indien ainsi qu'une petite zone douce et humide à hiver sec au nord du lac TANGANIKA.

- Le climat désertique (près des Tropiques) : avec moins de 200 mm de pluie par an, il est marqué par une grande irrégularité de précipitations. Il peut y avoir plusieurs années sèches (sans pluies) consécutives. La sécheresse de l’air et les amplitudes thermiques diurnes (jusqu’à 30° C) et annuelles (plus de 50° C) sont considérables.

- Le climat méditerranéen (aux extrémités du continent) : son caractère principal est la division de l’année en une saison estivale (été) très chaude et sèche (l’inverse du tropical) et une saison hivernale (hiver) fraîche et pluvieuse. Il y tombe en moyenne 700 mm d’eau par an.

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Le climat du pays est caractérisé par sa situation subtropicale. La zone centrale connaît d'assez longues périodes de sécheresse qui prennent occasionnellement des proportions dramatiques (famines menaçantes des années 1973-1974 ou des années 1981-1982. Le climat de la Tanzanie est varié, influencé par la mer et, à l’intérieur des terres, par l’altitude. La côte et les îles sont soumises à la mousson ; le climat y est tropical, chaud (température moyenne comprise entre 24,5 °C et 30,3 °C) et humide (les précipitations varient entre 1 016 mm et 1 930 mm). Sur les hauts plateaux, le climat est chaud et sec.

I.3 Contexte écologique africain : cas particulier de la Tanzanie

L'ensemble des données exposées ci-avant, constituent les données physiques de base permettant d'apréhender l'écologie tanzanienne

Les grandes régions de l’Afrique sont celles de la forêt, de la savane, de la steppe et du désert. Le climat crée l’ambiance, le milieu végétal le paysage.

I.3.1 Les zones végétales

A.LA FORET

Le domaine de la forêt dense, humide ou ombrophile s’identifie de la Sierra Leone à la cuvette congolaise sur 2 250 000 km². Dans ce milieu, les plantes édifient beaucoup de cellulose ce qui explique une véritable exubérance végétale. Les arbres forment une voûte verte qui intercepte les rayons du soleil et fait du sous-bois le domaine de l’ombre. Du sol aux cimes géantes, la forêt s’étage en strates végétales reliées entre elles par un lacis inextricable de lianes. Cette forêt se pare toujours d’une belle teinte verte, la défeuillaison n’obéissant à aucun rythme saisonnier. C’est sur ses marges que la forêt se révèle la plus vulnérable ; l’apparition d’une saison sèche explique le passage à une forêt de transition, mésophile, entre la forêt humide et les forêts sèches et savanes des pays du Soudan. Les arbres sont moins hauts, les défrichement plus faciles. Les sites de bas-fonds, mal drainés, marécageux, associent aux espèces de la foret dense des espèces à échasse, des palmiers et des raphias. Les galeries forestières ourlent les rives des cours d’eau et prolongent le domaine de la forêt dense Le domaine forestier constitue la région la plus dynamique de l’Afrique. Aux richesses du bois se sont ajoutées les ressources de plantations sur les argiles rouges : cacaoyer, caféier, bananier, palmier à huile...

En Tanzanie elles couvrent une certaine étendue du pays dans de zones particulières comme les bordures de cours d'eau ( forêts galerie ), à proximités de zones plus humides et lacs, ou en altitude .....

B.FORETS CLAIRES ET SAVANES

Les forêts claires et savanes représentent le paysage végétal typique de climat tropical humide soudanien. La caractéristique commune de toutes les formations végétales est l’association de l’arbre et de l’herbe. C’est un monde en perpétuelle transformation. Aux premières pluies d’hivernage, le paysage se pare d’une extraordinaire gamme de verts ; en fin de saison des pluies, les teintes jaunes apparaissent. Les herbes se dessèchent sur pied, les feuilles tombent ; commence alors la période de repos total, de mort végétale de la saison sèche. L’intervention de l’homme conduisant à la destruction de l’arbre mène au processus de savanisation puis de désertification. Au contact de la forêt, la mosaïque forêt-savane offre une multitude de nuances : alternance de hautes herbes et de petits massifs de forêt sèche, puis le tapis herbeux devient de plus en plus continu. Les arbres ne dépassent plus quinze mètres ;ils se groupent en petits bosquets ou piquettent le tapis herbeux d’individus isolés. C’est le domaine de la savane arborée. Les savanes arbustives font transition avec la steppe. Les herbes sont plus courtes, moins denses, les arbres moins hauts et plus espacés. C’est le domaine des agriculteurs, des grandes chasses aux fauves,.........

Courantes en Tanzanie ou elle constituent un climax. En langage vernaculaire,la savane, lorsqu'elle est complétée d'un sous bois ou taillis porte le nom bien connu de " Brousse " , parfois on appelle "brousse" uniquement la zone de taillis

Si l'on tient compte des deux types de forêts ( humide et plus sèche ), celles-ci couvrent plus ou moins 30 % du territoire tanzanien. 

C.STEPPES ET PRAIRIES

Les pays du sahel déjà semi-arides assurent le passage au désert. Un tapis herbeux discontinu et fugitif, des arbustes rabougris, sont des éléments du paysage monotone de la steppe ou de la brousse à épineux. Les végétaux doivent s’adapter à une longue sécheresse. Ces steppes couvrent d’énormes superficies. Le grand problème est celui de l’eau. L’agriculture sous pluie n’apparaît que dans les sites les plus humides (vallées des grands fleuves). Cette région est le domaine privilégié des éléphants qui sont aussi les principaux ennemis de la steppe avec l’homme (bois de chauffe).

 

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Recouvrant d'immenses zones en alternance avec la savane. En Tanzanie, c'est le paysage typique des safaris Nord-tanzaniens. Comme nous l'avons dit : la forêt peut être présente dans les zones d'altitude plus élevée ( Ngorongoro ) ou plus humides .

C'est la zone des grands herbivores et des grands carnivores se dépalaçant au gré des saisons sur d'immense espaces en quête de nourriture : Une partie des herbivores migrent vers de meilleurs pâturages et une partie des carnivores les suivent.

La répartition des diverses espèces, est influencée par la zone végétale concernée.

La faune aquatique est également mobilisée par la variation des régimes pluviaux en fonction des saisons.

L'objet du Titre suivant sera d'exposer les caractéristiques et les principaux représentants animaux de ces régions, en particulier la Tanzanie   

La végétation reflète les zones climatiques. La région de la forêt pluviale tropicale, où les précipitations annuelles moyennes dépassent 1 300 mm, est couverte d’une végétation dense de fougères et de mousses, dominée par de grands arbres à feuilles persistantes et de nombreuses espèces de bois dur tropical. Au sud de l’équateur, la forêt primaire occupe encore des zones non négligeables, notamment dans l'est de la République démocratique du Congo, sur les pentes du Ruwenzori et des monts Virunga, favorisée par des précipitations importantes (4 000 à 6 000 mm et plus, avec une humidité de 90 p. 100). Il existe une zone de forêts de montagnes, avec des précipitations annuelles moyennes moins importantes que celles de la forêt pluviale tropicale, dans les hauts plateaux du Cameroun, en Angola, en Afrique orientale ( cas de la Tanzanieet dans quelques régions de l’Éthiopie, où une étendue couverte de broussailles fait place à des arbres à bois dur et à des conifères primitifs.

Une savane boisée, avec des précipitations annuelles de 900 à 1 400 mm, couvre de vastes étendues de végétation résistante au feu : herbes, légumineuses et broussailles mélangées à des forêts de feuillus. La savane arbustive, avec des précipitations annuelles d’environ 500 à 900 mm, est couverte de hautes herbes, d’arbustes, de petits bosquets de feuillus isolés d’où émergent parfois de grands arbres, vestiges d’une ancienne grande forêt aujourd’hui disparue. La disparition de ces petites forêts ( protégées dans les parcs naturels), dont il ne reste souvent que des arbres et des arbustes clairsemés, annonce la transition avec la savane herbeuse, une zone particulièrement sensible à la désertification, introduisant insensiblement un paysage sahélien ( cas de la Tanzanie). 

Dans le Sahel, l’homme, ses cultures et ses bovins vivent à la limite des possibilités de la nature et pâtissent du moindre accident climatique. C’est la brousse, avec une végétation de steppe, et des précipitations annuelles d’environ 300 à 500 mm ( certaines zones du Serengeti en Tanzanie ). L’herbe y est plus basse et les arbustes couverts d’épines. La zone subdésertique (130 à 300 mm), où poussent quelques arbustes épars, verdit après les pluies pendant une courte période. C’est l’antichambre de la zone désertique (moins de 130 mm) où la végétation, rare ou inexistante, ne peut nourrir que les chameaux et parfois quelques chèvres.

SUITE

 

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Commentaires (1)

1. Paul Bourcier 17/08/2016

Justement je suis allé en Tanzanie pour avoir l'occasion d'observer les différents sols et climats (plaine du nord a proximité du Kilimandjaro, monts paredu sud et le mont meru) Les sols du mont meru sont vraiment exceptionnels : argile plus légère que du sable sur plus de deux mètre de profondeur.... Vraiment super ce site !

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Date de dernière mise à jour : 21/04/2013